La petite princesse

Attention!  Grand coup de coeur!

Il y a de ces livres qui laissent au lecteur, une fois la dernière page tournée, une empreinte indélébile. La Petite Princesse en fait incontestablement parti. Dans le flot des nombreux récits de la littérature enfantine, la culture américaine et britannique regorgent d’histoires féériques qui sont toujours agréables de redécouvrir, particulièrement en hiver, lorsque le froid mordant s’insinue un peu plus chaque jour dans les chaumières. Un bon moyen de réchauffer les cœurs nostalgiques à défaut des corps. Il  semblait donc naturel de se repencher sur les lectures d’antan pour vous faire partager ses petits joyaux littéraires.

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Jules et Jim

Qui est l’auteur?

La vie d’Henry-Pierre Roché, écrivain dilettante de nature, est peu banale. Voyageur, artiste-peintre, traducteur et chroniqueur, Henri-Pierre Roché est sorti de l’ombre à l’âge de soixante- quatorze ans et n’a écrit que deux romans, Jules et Jim (dont le titre original est un pur amour à trois) suivi de Deux anglaises et le continent. Décédé en 1959, le romancier ne vit jamais son œuvre portée à l’écran par  François Truffaut.

Résumé:

La plupart des lecteurs seront peut-être déstabilisés par cette tragi-comédie prônant l’amour libre. L’histoire raconte l’étrange amitié de deux hommes, Jules et Jim épris de la même femme. Jules timide et étranger, débarque à Paris où il fait la connaissance de Jim, un français séducteur. Très vite, une amitié singulière débute entre eux deux. Ils se découvrent des goûts communs pour les cafés littéraires et partagent leur passion de la philosophie.

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La femme d’à côté

Après avoir découvert le coffret des meilleurs films de Truffaut dont l’adaptation cinématographique du livre Jules et Jim, j’ai eu envie de vous parler deLa femme d’à côté, un film qui m’a ébloui. Certes, au premier abord, il n’a rien à voir avec la littérature. Cependant, tout comme les films de Jean-Luc Godard, ceux de François Truffaut sont caractérisés par une forme de narration addictive, une voix off qui nous conte une histoire et nous présente des personnages comme si on les découvrirait pour la première fois à la lecture d’un roman.

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Alexis Zorba

Peu de lecteurs connaissent l’auteur philosophe Níkos Kazantzákis ni son chef-d’œuvre paru en 1946. Pourtant, Alexis Zorba remporta un tel succès lors de sa publication aux Etats-Unis comme en Europe, qu’aujourd’hui encore, il demeure l’une des grandes références de la littérature grecque. Adhérant à la pensée bouddhiste, Nikos Kazantzaki fut jusqu’à sa mort en 1957, un romancier et essayiste prolifique, à qui l’on doit notamment le Christ ressuscité (ou la passion grecque).
A travers les bribes de souvenirs nostalgiques de Zorba, relatées sous formes d’anecdotes tantôt ridicules, tantôt tristes, l’écrivain brosse le portrait du peuple crétois des années 1930 en faisant le constat de sa nature impitoyable et égoïste.
L’histoire débute lorsqu’un jeune auteur caresse l’idée de renoncer à ses lectures pendant quelques mois pour se confronter à la dure réalité de la vie. Dans cet objectif, il décide de se rendre en Crète où il a l’intention de reprendre à son compte une mine de lignite désaffectée et peu rentable. A peine arrivé sur la petite île grecque, le jeune homme fait la connaissance de Zorba, un sexagénaire énergique et aux idées peu orthodoxes. Cette rencontre inoubliable entre ces deux individus, l’un manuel, l’autre intellectuel, donnera lieu à de nombreuses conversations philosophiques qui les amèneront à s’interroger sur leur condition humaine.
Voilà un roman dense à ne surtout pas manquer si l’on souhaite découvrir et comprendre la culture grecque.
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Une famille de vampires

Qui est l’auteur?

Il est triste que cet auteur si illustre en Russie ne soit pas plus connu des lecteurs français. Alexeï Tolstoï, lointain cousin du célèbre auteur de Guerre et Paix, a pourtant bel et bien écrit cette histoire en français. Une initiative que l’on ne peut qu’admirer,  le style étant étonnamment bon pour un auteur si jeune alors. En effet, cet écrivain, poète et historien n’a que 24 ans lorsqu’il s’attèle à la rédaction de ces récits horrifiques. Issu de la grande lignée des comtes Tolstoï, ce dernier a été éduqué selon les préceptes russes de sa société et maîtrise à la perfection de nombreuses langues européennes.

Mais pourquoi donc son œuvre n’occupe-t-elle pas une place de choix dans notre littérature ? L’édition les carnets de l’Herne ne lui rend pas crédit et la couverture toute noire donne peu envie de le feuilleter. Qu’attendent les directeurs de collection pour publier cette nouvelle dans une belle édition de poche ?

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Alabama Song

Zelda ou les illusions perdues.

Gilles Leroy fut initialement professeur pendant une courte durée (deux ans), puis journaliste à Paris avant de décider de se retirer à la campagne pour se consacrer à sa grande passion, l’écriture, dont il vit chichement selon ses propres dires. Alabama Song est son premier « roman américain » puisque le romancier s’intéresse à la vie d’une personnalité illustre, d’Outre-Atlantique, Zelda Fitzgerald, bien qu’il ait conservé la langue française pour la dépeindre. Cette œuvre contemporaine magnifique a été saluée unanimement par la critique à la suite de sa sortie en librairie et a été récompensée du prix Goncourt de l’année 2007.

 A travers cette biographie fictive narrée par Zelda Fitzgerald, l’épouse du célèbre auteur de Tendre est la nuit et de Gatsby le magnifique, Gilles Leroy, rend un très bel hommage à la belle du sud et lui redonne un visage bien plus humain que celui connu des médias. L’auteur a choisi de reprendre le prénom sous lequel Zelda Fitzgerald s’était dissimulée dans son seul et unique roman publié, Accordez-moi cette danse, un récit officiellement fictif mêlant toutefois de nombreux éléments autobiographiques inspirés de la vie du couple rival Fitzgerald. Sous forme de psychanalyse, Gilles Leroy nous dévoile l’emprise destructrice de Scott Fitzgerald sur Zelda, l’essence de ses écrits.

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Mademoiselle de la Ferté

Pierre Benoit, romancier et académicien, auteur de romans d’aventure tels que l’Atlantide, s’est lancé en 1923 dans le récit romanesque en écrivant Mademoiselle de la Ferté. Parmi ses  nombreux travaux d’écriture, cette œuvre a été longtemps considérée par les critiques de l’époque comme étant la plus littéraire et la plus profonde. Pierre Benoit se serait inspiré de sa propre famille et en particulier de ses cousins pour ses personnages. La maison familiale, la demeure de Saint-Paul-Lès–Dax est devenue depuis un musée rebaptisé La Pelouse en l’honneur du roman.

Mademoiselle de la Ferté relate l’amitié trouble entre deux rivales amoureuses du même homme.

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Une vie

« La vie voyez-vous,  ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit ».

Peu de lecteurs français ont lu Une vie ou l’humble vérité, qui pourtant ne fait pas mauvaise figure à côté de Madame Bovary, l’œuvre éminente de Gustave Flaubert. Une vie, paru initialement sous forme de feuilleton pour le journal Gil Blas, est le premier roman de Guy de Maupassant. Avec un titre si ambitieux, on s’attendrait à suivre les péripéties rocambolesques d’un personnage hors du commun. Or l’écrivain normand brosse les tourments d’une femme modeste.

Résumé:

Le roman s’ouvre sur les douces rêveries de Jeanne. Durant le printemps 1819, la jeune couventine quitte enfin les murs du Sacré-Cœur de Rouen où elle a passé la majeure partie de son adolescence. En vue de parfaire son éducation, son père, le baron Simon-Jacques Le Perthuis des Vauds, la conduit à la propriété de Les Peuples, un château familial situé dans un petit bourg normand de pêcheurs à Yport. Là, elle rencontre le vicomte de Lamare dont elle tombe éperdument amoureuse. La chance semble lui sourire, les parents consentent à l’alliance. Mais Jeanne est à peine installée dans sa nouvelle vie d’épouse qu’elle éprouve déjà un sentiment nostalgique. Elle se remémore sa brève expérience de jeune fille. A-t-elle bien fait de se marier si hâtivement avec Julien?

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Le goût de la mangue

Le goût de la mangue, dont le titre à la sonorité exotique m’inspirait naguère un désir irrépressible d’évasion, est une lecture de jeunesse qui m’avait laissé un souvenir marquant durant mes premières années de collège. J’ai souhaité le relire pour pouvoir vous le faire partager. Ce roman a t-il survécu à l’épreuve du temps?

Consacré à l’adolescence, cet ouvrage narre les mémoires d’une jeune fille française, établie à Madagascar durant les années 50.

1956, Tananarive.

A quinze ans,  Anna vit l’âge des premiers émois amoureux sous les cocotiers, à Madagascar, une colonie française. Si cette île paradisiaque fait rêver ses camarades de classe, la jeune fille habituée au temps rude de sa  Bretagne natale, ne s’y sent pourtant pas chez elle et n’apprécie guère cette jeunesse blanche dorée et insouciante, qui  s’abandonne paresseusement sur la plage ou à la piscine, sans se préoccuper de l’existence de la population indigène. De la culture malgache, Anna n’en connait qu’une infime partie, celle que sa nénène Séraphine et les marchands du zoma veulent bien lui dévoiler. C’est en faisant la connaissance de Léon, un jeune étudiant malgache merina qu’Anna découvre avec émerveillement les us et coutumes du pays. Ce garçon attirant et cultivé instille en elle le goût de la passion. Mais la quiétude tranquille de son univers colonial rassurant est sur le point de vaciller dangereusement car les tensions  autonomistes malgaches subsistant depuis le soulèvement de 1947 vers l’indépendance,  semblent annoncer la montée de futurs conflits. Le monde  d’Anna n’en sera que plus bouleversé.

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Au pays du long nuage blanc

Avant de vous livrer par le menu détail mes impressions sur cette lecture insolite, attardons-nous un instant sur la couverture alléchante de ce journal. De prime abord, la photographie est plutôt flatteuse. Elle représente un Maori recouvert de tatouages tribaux. Son regard méditatif est fixé sur l’horizon qui s’étend à perte de vue sous ses yeux. Cette figure contemplative paraît délivrer un message subliminal : en ouvrant cet ouvrage, le lecteur s’apprête à plonger dans les récits d’aventures d’un voyageur passionné, ou plus probablement, dans un essai historique et ethnologique (à la manière de Lévi-Strauss…) dont l’étude porterait principalement sur l’origine des peuples néo-zélandais. Du moins, c’est ce que semble vouloir suggérer une telle couverture. Cependant, à mon grand regret, il s’est avéré que le but recherché était tout autre.

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Le Mépris

La première fois que j’ai vu l’adaptation de Jean-Luc Godard, Le Mépris je n’ai rien compris.  Tous ces arrêts sur images sur les courbes affolantes de la blonde sulfureuse B.B, ces monologues abstraits sans fin, non franchement, c’était à n’y rien comprendre.  Le film me parut au premier abord d’une lenteur et d’une mollesse épouvantables. Toutefois, j’y trouvais une certaine beauté lyrique, un certain désespoir romantique dans la musique tout comme dans les paysages italiens. Mais de quoi pouvait bien parler ce film, difficile de l’expliquer. D’amour déçu, d’adultère ? Qu’en savais-je vraiment ? Ce n’est qu’en lisant le roman d’Alberto Moravia, que j’eus enfin la clé pour saisir toute la portée de cette œuvre culte. Et quelle ne fut pas ma surprise quand en visionnant le film une seconde fois je fus happée par ce récit intimiste. Oui, je dois l’admettre cette espèce d’ovni cinématographique m’a remué les tripes. C’est ça le Mépris : ou on l’adore ou on le déteste. Moi, j’ai plongé la tête la première dans cette tragédie moderne pour en ressortir sonnée.

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Publié dans Ovni littéraire | 4 commentaires

Il est grand temps de faire le bilan du marathon. Je n’ai malheureusement pas terminé la liste que je m’étais préparée. Le sommeil m’a rattrapé et je n’ai pu y résister. Toutefois je suis contente d’avoir participé à cet exercice difficile. J’ai apprécié chacune de mes lectures pour diverses raisons que je vous expliquerai en détails prochainement, et je n’ai eu qu’un seul gros coup de cœur pour le roman de Françoise Sagan, Bonjour Tristesse.

J’ai donc lu hier dans l’ordre chronologique :

Syngué Sabour d’Atiq Rahimi (154 pages)

Les orangers de Versailles d’Annie Pietri (222 pages)

La fin de la jalousie et autres nouvelles de Marcel Proust  (107 pages)

No et moi de Delphine de Vigan (250 pages)

Bonjour Tristesse de Françoise Sagan (154 pages)

Ce qui nous fait un petit total de 887 pages.

Un grand merci à Arieste pour l’organisation impressionnante de ce grand défi littéraire. Je me réinscrirai peut-être pour une nouvelle aventure.

Publié le par missycornish | 13 commentaires

Syngué Sabour, Pierre de patience

Et voilà l’heure tant redoutée de vous faire part de la progression de mes lectures a enfin sonnée!

J’ai ouvert le bal ce matin avec le roman Syngué Sabour Pierre de patience (154 pages) d’Atiq Rahimi. Ce roman avait été honoré du prix Goncourt pour l’année 2008. J’en avais fait l’acquisition au cours du Festival des Etonnants Voyageurs, qui s’était déroulé en 2009. J’étais repartie le sourire aux lèvres avec une élégante dédicace calligraphiée de la main de cet écrivain, sans même connaître le contenu du livre. La couverture minimaliste m’avait quelque peu rebutée, il était temps de le lire!

«…La pierre t’écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu’à ce qu’un beau jour, elle éclate. »…« Je vais tout te dire, ma syngué sabour, tout. Jusqu’à ce que je me délivre de mes souffrances, de mes malheurs… ».

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Publié dans drame social | 9 commentaires

Le Read-A-Thon d’Automne

Une fois n’est pas coutume, j’ai succombé au défi très alléchant d’Arieste, qui lance ce mois-ci un  R-A-T (un read-a-thon ou marathon de lectures) pour célébrer la venue de l’automne. Les règles du jeu sont assez simples, les participants doivent lire un maximum de pages durant une période donnée.

Cette année, (soyons fous !) j’ai eu l’idée folle de m’inscrire au niveau le plus élevé et participerai donc à l’aventure ce samedi 13 de 10h (c’est-à-dire 9h en Angleterre) au dimanche 14 à 10h également. Etant novice en la matière, j’espère pouvoir poster mes billets à un rythme régulier (c’est toujours selon moi l’épreuve la plus difficile) et écluser à temps cette petite pile de livres que j’ai concoctée spécialement pour l’occasion.

Je suis dans les starting blocks, j’ai fait de la place sur mon bureau,  astiqué l’écran de mon ordinateur et ai préparé mon calepin pour pouvoir organiser mes idées au fur et à mesure de mes lectures. J’ai même trouvé mon supporter personnel,  je débuterai cet incroyable challenge littéraire sous l’œil bienveillant de Darcy (soupir !).

Bon courage à tous les blogueurs participants !

Pour en savoir plus sur ce R-A-T d’automne, rendez-vous ici sur le blog d’Arieste.

A demain !

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Le blé en herbe/ Article rapatrié

« Il venait d’avoir dix-huit ans, c’était le plus belle argument de sa victoire, il ne m’a pas parlé d’amour, il pensait que les mots d’amour sont dérisoires. Il m’a dit : « j’ai envie de toi », il avait vu au cinéma le Blé en herbe. Au creux d’un lit improvisé, j’ai découvert émerveillée, un ciel superbe ». (Extrait de la Chanson Il venait d’avoir dix-huit ans de Dalida).

imagesSans faire de véritable remous, le Goût de la mangue de Catherine Missonnier, une histoire sentimentale un peu creuse et bancale relatant les premiers amours en 1956 d’une jeune héroïne française plutôt insipide à Madagascar, ne m’avait guère encouragé à poursuivre l’exploration des méandres de la vie adolescente. Cependant pour amorcer le challenge Lisons Colette cet été, un défi auquel je me suis inscrite il y a quelques semaines afin de découvrir les œuvres de cette éminente romancière française, j’ai dû m’intéresser d’un peu plus près à ce thème, particulièrement récurrent dans les lectures estivales, qu’est le trouble de l’adolescence. Parmi les trois titres de Colette qui m’attendaient sagement sur mes étagères, le Blé en herbe, a tout de suite retenu mon attention.

Cette œuvre subtile et pleine de pudeur publiée en 1924 dépeint la perte de l’innocence de Vinca âgée d’une quinzaine d’année et de Philipe seize ans et demi, durant les années 20.

Vinca et Philipe sont inséparables depuis leur plus tendre enfance, comme chaque été ils se retrouvent en Bretagne pour passer leurs grandes vacances ensemble au bord de la mer près de St Malo.  Mais cette année, leur complicité juvénile s’est amollie sans que ni l’un ni l’autre ne saisissent vraiment la raison de leur éloignement respectif. Des changements se sont opérés graduellement, des détails d’abord à peine perceptibles puis de plus en plus flagrants. A mesure que les mailles du chandail se resserrent chaque jour un peu plus sur la petite poitrine comprimée de Vinca, le fil distendu de leur enfance s’étiole davantage, accentué par le désir réprouvé de Philipe pour la jeune « Pervenche ».

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La chambre des officiers

Ce récit historique a été récompensé par de nombreux prix dont celui des Libraires et celui des Deux-Magots. Contrairement à ce que pourrait laisser croire son titre, cette histoire n’a rien de glorieuse, elle relate les mémoires fictives d’un officier français, l’un de ceux que l’on surnomma plus tard « les gueules cassées », des soldats défigurés au combat par des éclats d’obus allemands durant la période de 1914. 

í2ionq`è2ì2H/uC’est lors d’une récente sortie scolaire en Belgique où j’accompagnais des élèves de cinquième sur les anciens champs de batailles de la Première Guerre Mondiale, que j’ai dégoté au détour d’une boutique souvenir d’un musée de guerre, ce livre poignant. Je savais qu’il y avait un film du même nom car j’avais visionné la bande-annonce très sobre, mais je ne connaissais pas le roman dont il était inspiré. Ma curiosité aux aguets, je me suis plongée dans cette lecture passionnante dès son achat. D’autant plus qu’éreintée par le voyage qui me paraissait interminable (plus de douze heures de route avec des enfants bruyants et infatigables !) j’avais décidé de déserter en douce les champs de batailles et ses milliers de tombes sans noms, immaculées de blanc et alignées selon une rigueur très militaire ; tout comme notre guide trop bavarde à mon goût, pour regagner le bus et me réfugier à l’intérieur, seule, tranquille et bien au chaud. Un vent glacial nous fouettait le visage depuis deux jours et la vue d’un ciel à l’aspect gris métallique annonçant l’arrivée de nouvelles averses ne m’encourageait guère à me lancer dans la recherche de lugubres tranchées sur des chemins boueux… Mes inquiétudes se confirmèrent d’ailleurs puisqu’en quelques minutes les élèves furent assaillis par de puissantes trombes d’eau qui les laissèrent grelottants et trempés jusqu’aux os. L’atmosphère morne était donc propice pour lire la chambre des officiers.

En bonne autodidacte que je suis, j’ai toujours préféré apprendre l’Histoire en laissant courir mon imagination par la lecture, à l’abri des intempéries, plutôt que d’affronter un terrain de gadouille, associé généralement à un froid mordant… (Je ne me rappelle pas avoir déjà visité des monuments historiques relatifs à la Première et la Seconde Guerre Mondiale sous un soleil de plomb, et vous ?).

France 1914.

Adrien, jeune officier français a tout pour lui, du charme, de l’intelligence et un avenir prometteur dans l’ingénierie. Seulement voilà, sa vie bascule lorsqu’il est touché par un éclat d’obus allemand qui le défigure dès sa première mission. Il ne verra pas la peur dans les yeux de ses ennemis puisqu’il ne sera plus jamais en mesure de les affronter face à face. Sa mission s’arrête là, on l’envoie inconscient, en convalescence au Val-de-Grâce, un institut reclus où les miroirs sont bannis des pièces pour ne pas effrayer des patients déjà fragiles, qui y verraient leur propre image abominable et difforme se refléter. Dans sa chambre solitaire, incapable de parler depuis qu’il a perdu l’usage de sa mâchoire, défoncée par l’éclat d’obus, Adrien se remémore les instants heureux qu’il avait passé peu de temps avant son accident, et en particulier sa passion brève et intense pour la jolie Clémence, une jeune femme qu’il avait rencontré dans une gare de province avant de s’engouffrer dans un train pour rejoindre son régiment. Si leur chemin se recroisait une fois encore, Clémence le reconnaîtrait-elle ? Serait-elle épouvantée devant son apparence, elle qui aimait tant sa belle gueule d’ange ? Et surtout, pourrait-elle encore vraiment l’aimer ?

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Le repos du guerrier

Lorsqu’au cours de l’une de mes promenades sans but à Cabourg, j’ai déniché aux dernières vacances de Pâques cette petite curiosité littéraire sur l’étalage d’un modeste bouquiniste de la ville, je n’ai pas pu résister à la tentation de mettre la main à la poche, et pour la somme modique de 2 euros, je suis repartie le sourire aux lèvres, satisfaite de ma petite emplette.

le repos du guerrier romanC’est avec empressement que, rentrée chez moi, j’ai entrepris de parcourir ce roman psychologique pour inéluctablement laisser de côté mes lectures du moment et m’y immerger complètement. Il est vrai que si je n’avais pas par hasard visionné quelques jours auparavant la bande-annonce de l’adaptation cinématographique, lors d’une journée pour le moins pluvieuse et cendrée comme nous sommes si souvent habitués ici au coeur du Pays d’Auge, ce simple titre, en apparence peu significatif, n’aurait sûrement jamais attiré mon œil pourtant scrutateur, malgré le charme de cette couverture rétro et vieillotte où figure comme une adorable figure de proue Brigitte Bardot. L’auteur ne m’était pas non plus tout à fait inconnu car je connaissais de réputation Christiane Rochefort et en particulier son roman Les petits enfants du siècle, naguère au programme scolaire du BAC de français.

Cette dernière, romancière féministe, est née dans un quartier populaire parisien du XIVème arrondissement et a été renvoyée alors qu’elle occupait le poste très convoité d’attaché de presse à Cannes, en 1968, en raison de sa liberté de pensée trop controversée. Avant de se vouer à sa véritable passion, l’écriture, Christiane Rochefort fit ses études d’Ethnologie et de Psychologie à la Sorbonne. Le roman Le repos du guerrier emprunte son titre à une expression phallocentrique qui daterait du XIXème siècle. Cette formule symboliserait le délassement sexuel de l’homme qui après s’être battu vaillamment durant de nombreuses années revient au foyer pour honorer sa femme, fidèle à son poste d’épouse sage et dévouée. L’expression a été remise au goût du jour à la suite de la publication de ce livre.

Geneviève Le Theil (incarnée dans le film par la splendide BB), jeune bourgeoise très respectable, quitte Paris pour un bref séjour en province dans le but de régler l’héritage que lui a légué une tante. A peine arrivée, la demoiselle apprend avec surprise le montant inespéré du legs, et la voilà fraîchement millionnaire. Pour couronner le tout, elle se retrouve malgré elle, grâce à son passage inopiné dans un hôtel minable, le témoin d’un drame qui aurait pu tourner en tragédie si elle ne s’était pas interposée malencontreusement en se trompant de porte. C’est en franchissant le seuil d’une chambre inconnue que Geneviève découvre avec horreur un homme étendu inconscient sur un lit miteux. Ce dernier, un alcoolique désespéré prénommé Renaud, a tenté de mettre fin à ses jours.  Après le sauvetage in extrémiste du mystérieux suicidaire, Geneviève se prend de pitié pour ce débris humain qu’elle recueille comme elle le ferait d’un chien errant. Elle finira finalement par s’éprendre de lui. Renaud amusé par la jeune samaritaine volontaire et bien naïve, décide de remettre son existence piteuse entre ses mains. Mais Geneviève nourrissant l’espoir fou de réussir à se faire aimer de lui et à l’extraire définitivement de sa déchéance, n’a nullement l’intention de lâcher prise. Au contraire elle se démènera corps et âme pour lui, au risque d’y brûler ses propres ailes.

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Never let me (Auprès de toi toujours)

  « …We thought it would reveal your souls. Or to put it more finely, we did it to prove you had souls at all ». 

Sous un titre emprunté à une chanson fictive Never Let Me Go,  Kazuo Ishiguro nous livre un roman inquiètant, une contre- utopie, sur le clonage et la fragilité de la vie.

Dans un univers parallèle mais contemporain au nôtre, Kathy,  une jeune femme solitaire, se remémore son enfance lorsqu’elle étudiait à Hailsham, un pensionnat  mystérieux.  Perdue dans une contrée reculée de la campagne anglaise, cette école accueille des élèves particuliers : des clones d’êtres humains. Eduqués pour servir dans une institution aux principes rigides, Kathy et ses deux camarades de classe Ruth et Tommy, ont appris la résignation pour se préparer à  leur finalité, celle de donner leurs organes à la science dès que leur vie d’adulte débutera.

Comme un documentaire au ralenti, parsemé de descriptions quasi- chirurgicales et de flash- back, l’auteur nous dévoile la vie paisible et  banale d’individus aux destins funestes.

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La jeune fille à la perle

Tracy Chevalier a imaginé l’histoire qui a conduit à la création de l’œuvre, La Jeune Fille à la Perle, réalisée par un peintre flamand de renom, Johannes Vermeer. Appelée aussi « La Joconde du Nord », pour ses multiples similarités avec celle de Léonard de Vinci, cette peinture a été achevée en 1665.

A travers les ressentis d’une jeune servante, Griet, l’auteur tente de donner une réponse alternative au mystère qui entoure le tableau depuis sa conception. Intriguant et fascinant, ce portrait est le seul de Vermeer où le modèle se retourne pour voir au dessus de son épaule comme pour fixer quelqu’un. Sa position suggère que la jeune femme regardait le peintre lui-même dans les yeux lorsqu’il l’a peinte. Une telle audace n’aurait  pu être permise que par quelqu’un d’intime avec l’artiste. C’est à partir de cet élément que l’auteur a choisi d’inventer les mémoires fictives de celle qui inspira ce génie du XVIIème siècle.

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The death of the heart

Tout comme les écrivains Virginia Wolf ou DH Lawrence, Elizabeth Bowen appartient au mouvement du modernisme littéraire. Sa narration est donc basée essentiellement sur le flot de pensées de ses personnages plutôt que sur l’intrigue. Ce style d’écriture transforme des faits ordinaires en expériences extraordinaires.

Dans ce livre publié en 1938, elle raconte la perte de l’innocence d’une jeune fille orpheline, prénommée Portia qui après la mort de ses parents est recueillie par son demi-frère et sa femme Anna. La jeune femme va très vite s’apercevoir qu’elle n’est pas la bienvenue dans cette maison luxueuse où sa propre famille la considère comme une « indésirable », le fruit d’une union non consacrée.

Séparé en trois parties basées sur l’expérience : Le Monde, La Chair et l’Esprit du Mal, ce livre décrit avec un sens aigu la rigidité des conventions d’une société britannique des années 1920 qui ne peut se défaire de ses traditions victoriennes vétustes. Tout comme les romans français de Flaubert, Elizabeth Bowen s’intéresse à l’éducation sentimentale. Ici, c’est celle d’une adolescente désillusionnée qui exprime son ennui à travers son journal intime. Le personnage principal relate les événements banals de son quotidien, analysant les relations des êtres humains qui l’entourent.

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