Chambre 1408 de Stephen King

514cyle-jNL._SX327_BO1,204,203,200_Mike est un écrivain désabusé et chasseur de fantômes étonnement sceptique. Pour lui, les esprits appartiennent au domaine de la fiction. Il a d’ailleurs passé suffisamment de temps dans des endroits réputés hantés pour le confirmer… Jusqu’à ce qu’il enquête sur l’existence de la chambre 1408 du Dolphin Hotel où d’étranges phénomènes pour le moins inquiétants se seraient produits. L’endroit maudit aurait en effet provoqué la mort de nombreuses personnes au fil des années… Mike qui a dans l’idée de fournir à son éditeur un recueil de nouvelles de fantômes à la manière d’un “guide du routard” souhaite y ajouter un récit inédit et juteux, une anecdote croustillante sur cette chambre troublante dont le directeur persiste pourtant à lui refuser l’entrée … Lorsque ce dernier cède enfin, l’écrivain blasé décide d’y séjourner une nuit… à ses risques et périls …

Fervente admiratrice de Stephen King, cette nouvelle m’a d’emblée séduite tout comme cette édition à la couverture mauve très soignée et initialement destinée à un jeune lectorat. La collection Wiz chez Albin Michel nous propose de découvrir ou de redécouvrir les nouvelles qui ont le plus marqué la carrière excellente du maître de l’horreur dans un format très attrayant. Une initiative que je ne peux que saluer (je compte bien entendu me faire toute la collection, j’ai déjà jeté mon dévolu sur la nouvelle Le corps adaptée par Steven Spielberg dans le film Stand by me !) Ce court roman publié pour la première fois en 1999 et qui a été réédité en septembre dernier est une pépite qu’il me tardait de lire.

Bien que l’histoire ne soit pas, à proprement parler vraiment effrayante, elle a du moins le mérite de nous plonger dans un certain malaise, un malaise qui dure même bien après avoir refermé le livre. Comment ne pas penser à l’hôtel de Shining? Il y règne le même climat oppressant. On semble en effet dès les premières pages pénétrer dans un univers parallèle. D’ailleurs, cette nouvelle aurait fait un épisode parfait de La quatrième dimension. … Lorsque Mike franchit la porte tordue de la suite 1408, il n’imagine pas ce qui l’attend derrière … Pour lui, les histoires de revenants sont avant tout une source d’inspiration intarissable et un gagne-pain attractif pour pouvoir produire les histoires à dormir debout dont ses fans crédules et amateurs sont si friands. Il déchante très vite au contact de cette pièce maléfique, car comme le dit si bien le directeur Olin du Dolphin Hotel, s’il est bien question de hantise, cet endroit tristement célèbre ne semble pas habité par des esprits frappeurs mais par une entité bien plus diabolique et puissante … Le dialogue entre Olin et Mike où le directeur tente désespérément de convaincre l’auteur fanfaron d’abandonner ses recherches demeure pour moi un passage particulièrement glaçant (et réjouissant). A travers une conversation au départ apriori anodine,  Stephen King réussit brillamment à instaurer progressivement un climat de terreur qui s’intensifie au fil des pages:

 -Dans ce cas, je n’aurai rien à redouter dans la chambre 1408, n’est-ce pas?

-Et pourtant, si, répondit Olin. Vous aurez quelque chose à redouter. Parce qu’il n’y a pas de fantômes, dans la chambre 1408, et il n’y en a jamais eu. Il s’y trouve par contre quelque chose, une chose dont j’ai moi-même ressenti la présence, mais il ne s’agit pas d’une présence spirituelle. Dans une maison abandonnée ou dans le donjon d’un vieux château, votre incrédulité peut vous servir de protection. Dans la chambre 1408, elle ne fera que vous rendre encore plus vulnérable. Renoncez, monsieur Enslin. C’est pour cette raison que je vous ai attendu ce soir, pour vous demander, pour vous supplier de ne pas y aller. Parmi toutes les personnes qui doivent se tenir le plus possible à l’écart de cette chambre, l’homme qui a écrit ces ouvrages jubilatoires exploitant des histoires de fantômes vient sans aucun doute en tête de liste.” J’adore !

Voilà le génie de l’auteur, cette capacité extraordinaire à nous faire ressentir l’atmosphère pesante  et imprégnée d’une moiteur gluante de cette chambre 1408 qui nous colle à la peau d’un bout à l’autre de la lecture.  L’histoire contée n’en devient que plus claustrophobe. 

1408-poster2Si ce récit fantastique d’épouvante est excellent, je dois admettre avoir eu une petite préférence pour son adaptation cinématographique de 2002 qui reprend d’ailleurs certains passages légendaires de la novella, comme le dialogue alarmant du directeur Olin, incarné par un Samuel L.Jackson impeccable. Ce personnage trouble et ambigu m’a donné la chair de poule. Quant à John Cusack, un grand acteur des années 90 que j’affectionnais particulièrement adolescente, ce rôle de romancier alcoolique un tantinet méprisant et imbu de lui-même semblait parfaitement taillé pour lui.  Dommage que ce dernier ait lui aussi sombrer dans l’alcool tout comme son personnage mettant ainsi fin à une carrière pourtant brillante… Où est-il aujourd’hui?

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En lisant les critiques peu indulgentes sur ce film devenu pourtant culte, je me suis demandé pourquoi tant de mépris? Cette adaptation reste à mes yeux “diablement” réussie ! Point de gore ici mais des passages malgré tout bien inquiétants. J’ai sursauté à de nombreuses reprises, le film m’a en outre procuré quelques sueurs froides et les dernières scènes du dénouement m’ont marqué. Il semble que pour ce film tout comme cette novella les avis diffèrent grandement. Soit on aime, soit on déteste.

Pour ma part, cela reste un coup de cœur. Ce petit film d’épouvante efficace est un très bon divertissement, idéal pour une soirée frissonnante en famille. C’est devenu une tradition pour nous, chaque année pour Halloween nous le visionnons. Il y a aussi de belles trouvailles dans le scénario qui est plutôt surprenant et bien ficelé. Les effets spéciaux ont par ailleurs plutôt bien vieilli et les “jumps scares”, ces fameuses scènes de “sauts de peur” sont au rendez-vous. Il existe en outre deux fins alternatives, celle officielle où Mike Enslin réécoute l’enregistrement de son magnétophone est plus convaincante que la deuxième trop macabre à mon goût. Elle gâche un peu la qualité de l’adaptation en rendant l’histoire trop grotesque. Je vous laisse le soin d’en juger par vous-même …

En bref : un huis-clos claustrophobe inquiétant pour les amateurs de terreur à ne pas manquer ! Stephen King joue habilement avec nos nerfs dans cette histoire de hantise glaçante. Oserez-vous à votre tour franchir la porte de la suite 1408 ou passerez-vous votre chemin?

La bande-annonce de l’adaptation:

Voici donc une nouvelle contribution au Challenge Le mois Halloween et ma première participation au bingo du défi dans la catégorie Demeures et campagnes hantées.

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L’auberge de la Jamaïque

md18227019468Marie Yellan, une jeune fermière, se retrouve sans le sou après que sa mère ait succombé d’épuisement. Sur son lit de mort, cette dernière lui a fait promettre de rejoindre sa jolie tante Patience, l’épouse d’un aubergiste au commerce florissant. Là-bas, à l’auberge de la Jamaïque, l’attend une vie meilleure, loin du labeur éreintant de sa modeste condition. Mais à son arrivée, la jeune femme déchante promptement, l’endroit est lugubre, les cochers ne tardent guère dans ce lieu infâme à la réputation plus que douteuse. L’auberge sinistre se dresse en effet sur une colline déserte, balayée par des bourrasques infernales… Dans ce lieu reculé, Marie Yellan découvre plein d’effroi un climat des plus austère, et son oncle, Joss Merlyn, un homme rustre et vulgaire au tempérament colérique et brutal. Quant à sa tante, ce petit bout de femme fragile et larmoyante, elle semble terrifiée par son environnement. Que se passe-t-il vraiment au sein de cette auberge? Où sont donc passés les clients? Et pourquoi l’endroit n’est pas davantage entretenu? La jeune héroïne se retrouve malgré elle prisonnière de ce lieu effroyable qui lui révèle peu à peu les terribles secrets des naufrageurs, ces brigands qui parcourent la nuit les dunes de sables pour y commettre des crimes abominables …

Publié pour la toute première fois en 1936, ce roman noir aux accents gothiques n’a pas pris une ride ! Quelle intrigue haletante!  Il reste encore aujourd’hui un pur joyau de la littérature britannique et un classique indétrônable. C’est un sans faute pour cette œuvre ensorcelante qui nous transporte à travers les siècles en nous faisant découvrir les Cornouailles d’antan. L’auberge de la Jamaïque est un endroit fantomatique et hypnotique inlassablement cinglé par une pluie froide et fine qui recouvre l’ensemble de ce paysage morne et à demi-sauvage. C’est aussi le théâtre de nombreux crimes sinistres. Le lecteur sent bien qu’il s’y passe de terribles méfaits mais ne voit pour ainsi dire rien. L’écrivaine fait perdurer le mystère presque jusqu’aux derniers chapitres en distillant au fil du récit des indices comme pour renforcer un peu plus le malaise déjà pesant de cette atmosphère pour le moins asphyxiante. Ainsi, une corde pendue à une poutre se balance doucement dans une pièce sale et déserte, quelques taches de sang ont coulé sur le sol… Qui donc a bien pu être exécuté dans l’auberge un soir de pleine lune? Car si le jour, l’endroit semble complètement abandonné, la nuit, des rôdeurs viennent y déposer des cargaisons suspectes, certaines en bois ont même la forme de cercueils… Marie Yellan pense d’abord innocemment à des produits de contrebande mais l’horreur s’accentue peu à peu, jusqu’à atteindre son paroxysme dans les dernières pages du livre et c’est ainsi que cette demeure insalubre, auréolée de mystères, livre au fur et à mesure ses secrets …

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Ces secrets sont d’ailleurs révélés de la bouche du tavernier lui-même qui, lorsqu’il succombe à ses vices en s’adonnant à la boisson, est soudainement pris de remords et tente d’absoudre ses péchés en les confessant dans une transe macabre pour finalement oublier dès son réveil sa faible conscience. Une trouvaille d’écriture tout simplement géniale de la romancière ! Quel style fluide et rythmé ! 

Rien de surprenant à ce que Hitchcock, le grand maître du supsence, se soit intéressé de prêt à l’œuvre de Daphne du Maurier et ait même adapté plusieurs de ses livres. Il avait reconnu le talent indéniable de cette grande romancière britannique. Il est cependant regrettable que l’adaptation de 1939 de l’auberge de la Jamaïque pour le grand écran (la plus célèbre) soit si dépassée et finalement devenue aujourd’hui une parodie grotesque du genre. Le film a en effet très mal vieilli (je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout) a contrario de Rebecca (ma chronique ici) qui reste à mon sens encore un chef-d’œuvre intemporel du genre. A quand d’ailleurs une nouvelle adaptation?  J’ai vu qu’une adaptation pour la télévision en mini-séries a vu le jour en 2015, je ne sais cependant si elle est de qualité (je compte bien la voir prochainement). La réalisation magistrale de Ma cousine Rachel de 2017 avec Rachel Weisz dans le rôle-titre, a prouvé que l’œuvre de Daphne du Maurier pouvait encore résonner aujourd’hui dans notre époque. La place de la femme dans sa société étant également au coeur de ses livres.

Marie Yellan est par ailleurs avant tout un personnage féminin étonnement féministe pour son temps. Mais ce qui rend aussi ce récit particulièrement intéressant et original est cette vision de l’auteure très documentée et réaliste qui met en lumière une femme évoluant toujours selon les codes de son époque. Cet aspect du roman renforce un plus encore le caractère authentique de l’histoire. Nous sommes de ce fait plongé dans le milieu du XVIIIème siècle, la place de la femme est soit aux fourneaux soit aux côté de son homme ou les deux à la fois ! Sans complaisance, l’auteure en fait le constat. Notre héroïne est toutefois bien consciente des limites que son rang lui impose tout comme de ses propres faiblesses et pourtant, elle fait toujours preuve d’un courage inébranlable face aux terribles événements qui la submerge sans cesse. Elle sait également que l’amour la perdra irrevocablement comme elle a perdu sa tante Patience, désormais devenue une loque humaine. Elle qui était si belle et pimpante a ainsi donc perdu tout éclat. Les feux de sa jeunesse se sont éteints, détruits par la tyrannie de son époux Joss Merlyn, un homme séduisant devenu en un rien de temps un rustre effroyable, ivrogne et brutal. 

R (3)L’écrivaine se frotte ainsi donc toujours à la question du mariage et au rôle de la femme dans cette société. Elle souligne le caractère faible de son sexe incapable selon elle de vivre indépendamment de l’homme. Pour elle, la femme aspire à une liberté toute masculine mais sa position de femme freine inexorablement ses désirs d’évasion. Certains dialogues entre Marie Yellan et le héros ténébreux et ambigu du roman Jem incarnent parfaitement cette vision et ce questionnement :

« Si vous étiez un homme, je vous demanderais de venir avec moi, vous grimperiez sur le siège, vous enfonceriez vos mains dans vos poches et nous resterions ensemble aussi longtemps qu’il vous plairait. (…) vous n’êtes pas un homme. Vous n’êtes qu’une femme, ainsi si comme vous l’apprendriez à vos dépens si vous veniez avec moi.”

Rappelons-que Daphné du Maurier elle-même s’était résignée à un mariage de convenance et que comme ses héroïnes de papier elle subissait elle aussi les conventions de sa propre époque, malgré sa soif d’indépendance et son caractère bien trempé ! Pour plus d’informations sur ce sujet, je ne peux que vous encourager à lire Manderley Forever, la magnifique biographie romancée de Tatiana de Rosnay (ma critique ici).

Pour conclure, j’ai adoré ce roman sombre et inquiétant, un énorme coup de cœur que j’avais découvert pour la toute première fois il y a une quinzaine d’années et dont je gardais un souvenir impérissable. Daphne du Maurier nous embarque dans une aventure maritime haletante nous contant l’Histoire terrible des naufrageurs, ses assassins de grands chemins, sans foi ni loi, qui attiraient des navires sur le rivage pour les laisser se fracasser contre les récifs. Lorsque ces bateaux étaient enfin à terre, ils mettaient en place des expéditions diaboliques pour piller et éliminer tout survivant. Attirés par des feux illusoires comme des papillons de nuit à la lueur d’une bougie, les victimes se retrouvaient prises au piège.

En bref : de la grande littérature comme on l’aime avec en prime une belle romance gothique bien satisfaisante (on est jamais loin de l’atmosphère envoûtante des Hauts de Hurlevent)! On frémit d’horreur aux côtés de notre héroïne, on tremble pour elle et on achève la lecture dans un soupir de contentement, en se disant que, tout de même, on a tenu entre nos mains, un sacré bon bouquin !

Un dernier mot sur les origines de L’auberge de la Jamaïque : Daphne du Maurier s’est inspirée d’un endroit réel du même nom, situé dans le sud-ouest de l’Angleterre qui est encore aujourd’hui réputé… hanté ! De nombreux touristes y séjournent chaque année pour se donner quelques frissons, un musée est même consacré à l’écrivaine. J’y suis allée il y a quelques années pour rêver, je n’ai pas été déçue. Ce lieu plein de charme est une excursion incontournable en Cornouailles. Je vous invite à découvrir le site internet de l’hôtel qui regorge d’informations croustillantes sur l’oeuvre de Du Maurier ainsi si que sur les origines de l’auberge : https://www.jamaicainn.co.uk/daphne-du-maurier

Et la bande-annonce de la version télévisée de 2015 de Jamaïca Inn qu’il me tarde de voir (elle a l’air tout de même prometteuse) avec la belle actrice de Downtown Abbey, Jessica Brown Findlay qui incarnait merveilleusement la douce Sybil Crawley. Je vous en parlerai dans un prochain billet …

Nouvelle participation au Mois Halloween en partenariat avec Le Challenge Cottagecore !

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Le Challenge Cottagecore et le Mois Halloween s’associent !

Place aux lectures cocooning ! Bienvenue au mois d’Octobre ! Nous y voilà enfin ! La saison des lectures frémissantes est ouverte. J’ai d’ores et déjà débuté les soirées au coin du feu à lire et à engloutir quantités de livres pour l’occasion. Je suis actuellement plongée dans l’univers ésotérique et fantastique de H.P Lovecraft que je dévore ! Je vous en parlerai très prochainement … Il y a temps à dire sur ce sujet!

Challenge Cotagecore 2021 2 (1)Le Challenge Cottagecore s’est officiellement achevé hier et il est grand temps de vous faire un tout petit bilan de ces dernières lectures. Si je n’ai malheureusement pu honorer toutes les catégories, j’ai réussi, malgré la charge de travail habituelle, à lire un peu plus que de coutume, une douzaine de livres, ce qui n’est pas si mal si on connait ma vitesse de lecture, celle d’un escargot au repos … J’ai même découvert quelques pépites telles que Souvenirs de Marnie, Miss Charity, Là où chantent les écrevisses, La chambre aux papillons ainsi que Mandy, des lectures inoubliables qui m’ont enchantées. Je ne peux que vous les conseiller, elles se sont en effet révélées de très belles surprises.

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Comme promis, trois des participants au challenge recevront une petite surprise : Jojo en herbe, Steven et Blandine sont les gagnants cette année (j’attends votre message sur le groupe Facebook du Challenge Cottagecore pour que vous puissiez me fournir vos adresses). Bravo pour votre motivation ! 

Bien que je ne puisse récompenser tout le monde. Je tiens à tous vous remercier pour votre participation. J’ai aimé lire vos chroniques et vos impressions. Nos échanges m’ont passionnée et donné l’envie de lire toujours plus. Vous étiez aussi de grands tentateurs car de nombreux livres ont rejoint ma PAL grâce à vous ! Bien entendu, avec un tel succès, je compte bien rempiler pour une nouvelle année. Aussi le challenge reprendra-t-il dès le mois de mai prochain avec un tout nouveau programme.

Lou et Hilde m’ont proposées d’associer le Challenge Cottagecore au Mois Halloween et bien entendu je n’ai pu résister à cette belle idée, c’est pourquoi le défi jouera les prolongations ce mois-ci et jusqu’à la mi- novembre. Vous pouvez publier et partager des billets libres selon vos envies sur ce blog et sur celui du Mois Halloween (les filles ont un groupe Facebook particulièrement actif).

On mettra donc ici à l’honneur les demeures isolées en pleine campagne des romans gothiques tout comme les ambiances cosy du style Cottagecore. Les filles ont d’ailleurs créé pour l’occasion ce superbe logo ! Merci ! 

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Que les festivités commencent ! Je vous souhaite de très bonnes lectures automnales et vous donne rendez-vous dès demain pour mon prochain billet dédié à un roman noir de la littérature anglaise, un petit bijou parfait pour le Mois Halloween...

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4 histoires fantastiques d’Edgar Allan Poe

R (2)L’heure des soirées lectures cocooning a enfin sonné! Je déclare officiellement la saison des billets frissonnants ouverte ! Les températures chutent progressivement à la tombée de la nuit, ce matin à l’aube, j’ai d’ailleurs pu constater que le gel avait fait son retour. Les jours rétrécissent aussi de plus en plus et les feuilles de nos arbres fruitiers commencent peu à peu à roussir. Quant à ma garde-robe, les couleurs bariolées de l’été ont fait place à des teintes  principalement ocres et bleu indigo, des tons que j’affectionne tout particulièrement et qui m’aident à affronter la grisaille saisonnière. Me voilà donc parée pour accueillir comme il se doit l’Automne ! 

Je suis fin prête à pousser les portes grinçantes du manoir hanté de Lou et Hilde pour y découvrir si d’étranges et inquiétantes créatures ne sont pas tapis dans l’ombre … Bien que cette année, les ambiances cosy et réconfortantes au coin du feu sont avant tout mises à l’honneur pour cette nouvelle édition du Challenge le mois Halloween (pour la période du 15 septembre au 15 novembre 2021), sur Art De Lire on aime toujours autant se faire peur…  Toutefois, c’est promis, point d’effusions de sang dégoulinant par ici, nous nous efforcerons de nous concentrer sur des histoires fantastiques un brin étranges (en gardant une toute petite place aux récits d’épouvante) … Les lectures angoissantes se mêleront donc aux ambiances chaleureuses du Pumkin Autumn challenge, des atmosphères  qui finalement ne sont pas autant incompatibles qu’elles n’y paraissent.  Voilà donc le petit programme prévu, un programme qui je l’espère vous réjouira tout autant que moi. 

Alors installez-vous confortablement sur votre canapé, allumez une jolie bougie parfumée, enfilez votre plus beau pyjama d’intérieur et préparez-vous un breuvage bien chaud. Il ne vous reste plus qu’à suivre le guide !

Pour inaugurer cette période merveilleuse, une petite incursion dans l’univers sombre et un tantinet macabre d’Edgar Allan Poe me semblait une belle façon d’introduire en douceur le Mois Halloween… Ce petit recueil de nouvelles semblait à première vue bien innocent puisqu’il se destinait initialement à un jeune lectorat. Je pensais ainsi rester dans une catégorie gentillette. Toutefois, il ne faut jamais se fier aux apparences. Ce petit échantillon adapté des histoires d’Edgar Allan Poe s’est révélé extrêmement dérangeant. Ma connaissance de son oeuvre étant très lacunaire, j’ai fait la découverte inattendue d’un univers complètement fou et tordu où des personnages névrosés, aux comportements souvent imprévisibles, mués par un instinct bestial, sont capables des pires bassesses pour arriver à leur fin. 

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Ce petit condensé, davantage une mise en bouche qu’un vrai recueil abouti, inclut quatre nouvelles incontournables d’Edgar Allan Poe.

♠La première intitulée Le chat noir est incontestablement ma nouvelle préférée. Un homme amoureux des bêtes, versant peu à peu dans la boisson, est poussé jusqu’à la folie par un félin aux griffes acérées… La chute de cette histoire est terrible et m’a donné la chair de poule. Je l’ai depuis relue dans sa version intégrale pour le plaisir de découvrir la plume acérée tout comme l’ambiance sinistre mais néanmoins hypnotisante que décrit Edgar Allan Poe avec maestria. 

♠La deuxième nouvelle plante son décor dans un cadre moyenâgeux où la peste que l’on nomme “La mort rouge” s’invite à un bal masqué. Tandis que ce terrible fléau ravage les campagnes environnantes d’un château prospère, un prince noceur d’un égoïsme crasse, décide de se confiner dans son royaume. Barricadé avec sa cour, il a déserté sans scrupule son pauvre peuple  qui se retrouve abandonné à son triste sort… Mais la faucheuse avide d’âmes en déroute ne se soucie guère des classes sociales, elle balaie sans vergogne tout sur son passage et s’immisce par tous les interstices, rien ne peut lui résister …

♠La troisième nouvelle, Hop-Frog,est celle que j’ai le moins aimée. Les protagonistes et le dénouement sont particulièrement glauques. Cette courte histoire morbide m’a mise profondément mal à l’aise. Un  nain, bouffon du roi, lassé d’être constamment humilié, décide de se venger de son oppresseur et de sa cour en leur jouant un vilain tour … L’expression “les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures” prend ici tout son sens. La conclusion est d’une violence inouïe, j’en tremble encore… Je doute de la relire un jour même dans son intégralité. Je ne suis pas sûre qu’elle soit adaptée à un jeune lectorat… Bien que l’illustrateur américain Gris Grimly ait réussi brillamment l’exploit de ne jamais versé dans le gore, ses esquisses conservant toujours une part d’humour noir savoureuse. Par ailleurs, il ne dévoile jamais à travers ses dessins les scènes brutales de torture et de meurtres en préférant avant tout croquer le portrait de ses personnages qui frisent parfois la caricature.

♠Enfin, l’ultime nouvelle La chute de la Maison Usher me plait beaucoup. Je ne l’ai pas tout à fait achevée, aussi reviendrai-je vous en parler lorsque j’aurais lu cette nouvelle dans une version non abrégée, appréciant assez peu celle que je possède. Dès les premières pages, l’atmosphère sombre et gothique est néanmoins admirablement bien restituée. Le curieux propriétaire du logis, à l’aspect cadavérique et au teint cireux fait froid dans le dos. Cette histoire de maison hantée m’a d’emblée conquise mais je compte bien la relire dans son texte en version originale, même si bien évidemment cette traduction de Charles Baudelaire est de qualité car la langue d’Edgar Allan Poe doit être indubitablement exquise. J’ai aussi dans l’idée d’étudier des extraits en anglais avec mes élèves … Une version abrégée en édition bilingue existe a priori pour les collégiens.

Pour conclure, si les illustrations originales, qui rappellent entre autre l’univers fantasmagorique des Orphelins Baudelaire ainsi que l’atmosphère sinistre et morbide de Tim Burton sont très belles, cet album illustré donne avant tout plutôt l’envie de se plonger dans l’œuvre originale d’Edgar Allan Poe. Ce conteur hors pair intrigant m’a charmé même s’il faut l’avouer, on est à la fois fasciné et répugné par ses histoires. Si effroyables et farfelues, elles n’en demeurent pas moins extraordinaires ! J’ai déjà craqué en faisant l’acquisition de la somptueuse édition pour adulte de luxe des « Maîtres du fantastique » dont la couverture noir agrémentée de gravures de l’époque est exceptionnellement réussie et soignée. Le texte intégral étant dense et touffu, je prends mon temps pour lire et relire chaque nouvelle afin de pouvoir m’imprégner pleinement de cette atmosphère si particulière où l’épouvante suinte à chaque page.

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Un dernier mot concernant cette édition jeunesse parue aux Éditions Flammarion en 2004. Il est regrettable que la couverture de l’album soit si peu attirante et donc si peu vendeuse. Les illustrations de Gris Grimly sont pourtant surprenantes. En outre, cet artiste américain renommé a reçu de nombreuses distinctions tout au long de sa brillante carrière d’artiste pour ses travaux. Ses illustrations auraient de ce fait mérité un meilleur écrin… Cette édition ne rend ainsi donc pas justice à son contenu et manque à mon sens d’originalité tout comme de pep’s.  J’ai bien l’intention de poursuivre durant ces prochaines semaines mon exploration livresque de l’œuvre d’Edgar Allan Poe, c’est pourquoi le premier tome illustré de ses nouvelles par Benjamin Lacombe devrait rejoindre très prochainement les étagères de ma bibliothèque … Je partagerai aussi mon ressenti sur cette énième adaptation dans les jours à venir, en espérant que cette fois-ci le texte n’ait pas été trop tronqué …

Première participation au Challenge Le Mois Halloween (merci les filles pour ce superbe logo qui me donne envie de ressortir mes écharpes et plaids en tartan ) et au Pumpkin Autumn challenge dans le menu Automne frissonant, le Folklore de Chipenden (fantastique et obscure).

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La bicyclette bleue/tome 1 de Régine Desforges

Avant de me lancer pour de bon dans le Pumpkin Autumn Challenge et de débuter enfin ma saison favorite en amorçant une première lecture pour le Mois Halloween que j’attends avec fébrilité depuis plusieurs semaines déjà (les portes du manoir hanté s’ouvriront le 15 septembre, plus que quelques jours à patienter sagement!), je souhaitais partager avec vous mon ressenti sur une petite lecture de vacances, La bicyclette bleue, un roman de hall de gare par excellence que j’ai lu quasiment d’une traite.

J’avais entendu de nombreuses critiques mitigées et partagées quant à la véritable qualité de cette saga littéraire. La romancière avait d’ailleurs été fortement vilipendée à la publication de son premier roman (à juste titre…). Elle s’était, en outre, retrouvée au cœur d’un gigantesque procès pour plagiat mais avait réussi par je ne sais quelle prouesse à être innocentée… En effet, en lisant les tous premiers chapitres du livre, il est bien difficile de ne pas penser au chef d’œuvre de Margaret Mitchell, Autant en emporte le vent dont l’intrigue a été sans aucun scrupule calquée et copiée dans La bicyclette bleue. L’auteur s’est initialement bien gardé d’assumer ce plagiat éhonté… Et pourtant, il est bel et bien réel, impossible de pas y songer au fil de la lecture… Et en particulier dans la scène d’ouverture qui est parfois à quelques mots près la même !

L’histoire de ce roman de piètre qualité littéraire est somme toute assez simpliste, une jeune fille capricieuse et insouciante, amoureuse du fiancé de son amie se retrouve malgré elle au cœur d’une guerre qui va bien évidemment bouleverser sa vie tout comme son cocon familial. Ici, il n’est plus question de guerre de Sécession mais de la Seconde Guerre mondiale. Léa est tout bonnement Scarlett en plus garce et l’histoire plante son décor non plus à Tara, une plantation sudiste de coton mais dans un vignoble du sud de la France nommé Montillac, une propriété familiale florissante qui évoque à elle seule une vieille société bourgeoise bien franchouillarde et prospère…

Je dois avouer avoir eu du mal à m’attacher au personnage féminin principal, une jeune fille gâtée à son papa et dépourvue de toute bonté. Léa est tout bonnement infecte. Son joli minois lui permet cependant de séduire son entourage, admiratif devant ses charmes soit-disant exquis… mais cela suffit-il pour la rendre agréable aux yeux du lecteur? Certes non. C’est avant tout une pimbêche narcissique.

Ce petit roman m’a d’abord, à ma grande honte et consternation, bien divertit. J’ai passé un agréable moment mais, une fois la dernière page tournée,  je me suis aperçue qu’il ne me restait plus grand-chose de cette lecture trop légère. Les personnages ont retrouvé des contours flous et brumeux. Il m’était dès lors impossible de me souvenir d’eux clairement, mes pensées revenaient en outre toujours à Autant en emporte le vent. J’ai par ailleurs eu une envie furieuse de retrouver la verve brillante de l’écrivaine tout comme son héroïne quelque peu controversée, cette fameuse Scarlett au caractère bien trempé, bien plus complexe, que cette midinette de Léa si agaçante.

Pour conclure, cette découverte du premier tome de cette saga s’est révélée un tantinet mitigée car l’auteure manque à mon sens d’honnêteté. Aujourd’hui, on évoque davantage une transposition moderne de l’œuvre originale plutôt qu’une contrefaçon, une sorte d’hommage déguisé, suis-je vraiment néanmoins convaincue? Ce roman trop inspiré manque malgré tout de finesse.

Je n’ai néanmoins pas boudé mon plaisir en le lisant car Régine Deforges, plutôt futée et culottée, a tenté avec plus ou moins de talent (et de lourdeur…) d’apporter une petite touche d’originalité en pimentant son récit de scènes érotiques bien racoleuses. L’époque de la Résistance ainsi que de la Collaboration en France est aussi bien documentée et semble plutôt authentique. J’ai aimé le passage consacré à l’exode des français vers le sud (un exode qu’à connu ma propre grand-mère jusqu’à Montargis sous les attaques des Stukas, ces avions de guerre impitoyables). Les scènes de bombardements sont très bien décrites et éprouvantes. Elles sont particulièrement vives. On à l’impression d’y être. Malgré ces petits points positifs, le lecteur ne peut cependant être dupe. La contrefaçon est flagrante.

Je ne souhaite pas m’étendre davantage sur cette œuvre qui a déjà bénéficié d’une publicité importante bien qu’extrêmement malhonnête de la part de la presse française qui s’est empressée d’évoquer un “bijou du patrimoine français original”! On repassera pour cette dernière qualité.

En bref: les pages ont bien entendu défilé à un rythme effréné mais comment ne pas aimer le roman quant l’intrigue quasi-identique à Autant en emporte le vent y est “pompée”? Je suis une fan incontournable de ce chef-d’œuvre littéraire que j’ai lu à deux reprises dans son intégralité. Si comme je l’ai dit précédemment, j’ai donc  passé un agréable moment de lecture sur le moment, cela n’a malheureusement pas été suffisant pour me donner l’envie de me plonger dar dar dans le deuxième tome qui devra attendre la fin de l’automne pour être ouvert… Je suis curieuse de savoir si l’auteure parviendra à se détacher de l’œuvre originale ou si elle persistera dans sa supercherie. Affaire à suivre…

Un dernier mot sur l’adaptation télévisée de 1999 qui prend de nombreuses libertés d’écriture une fois encore dans l’intrigue, comme pour tenter de faire oublier le plagiat trop évident des romans. Les costumes sont somptueux et l’époque est plutôt bien restituée mais la qualité de son est tout bonnement catastrophique. Il m’a fallu beaucoup de concentration pour entendre les dialogues. Pourquoi a-t-on toujours autant de difficultés à entendre les acteurs français qui parlent souvent dans leur barbe?

Toutefois, j’ai trouvé que pour une fois le héros masculin, François Tavernier, était bien appétissant. L’acteur masculin choisi pour le rôle est charismatique et séduisant, ce qui reconnaissons-le ne gâche rien… Quant à Laetitia Casta qui incarne avec maladresse Léa, si elle est bien entendu toujours sublime et possède une plastique de rêve, à mon grand regret, elle joue comme un pied. Quel dommage ! Un extrait:

Je n’ai pas tenu et n’ai pu me résoudre à voir le téléfilm dans son intégralité, ce petit nanar agréable mais sans éclat, en deux parties ne m’a pas particulièrement captivée… Je me suis arrêtée au premier épisode. Tant pis, une autre fois peut-être ou pas !

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Agatha Raisin et La quiche fatale

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Papotages littéraires en vrac #2

OIP (5)Les vacances estivales touchent à leur fin…  Pour moi, elles n’ont pas été des plus joyeuses. Espérons que les prochaines seront meilleures. La vitamine C m’a manqué cette année et les mauvaises nouvelles se sont accumulées au point de me laisser complètement rincée. Même plus l’envie de lire… Ceux et celles qui me suivent sur Instagram comprendront. Mais il est grand temps de positiver ! N’est-ce pas là la recette secrète du bonheur?

Cela tombe bien, le Pumpkin Autumn Challenge revient pour ma plus grande joie et m’aidera à chasser les ondes négatives et à me remettre le pied à l’étrier. Je suis actuellement en train de préparer mon « petit » menu et vous partagerez ma page de Bullet Journal dédiée à l’élaboration de ma liste de futures lectures pour l’occasion. Le thème est Le grenier des mystères. Allez-vous, vous aussi, y participer? Voici le lien de la vidéo de présentation ici. Je suis fin prête ! Reste, à ne pas succomber à la tentation d’ajouter encore et toujours de nouveaux titres à ma PAL déjà bien fournie ! (j’ai déjà craqué ce mois-ci, le troisième tome d’Anne de Green Gables va venir rejoindre mes étagères…) Je vous laisse un petit aperçu de mes envies de lectures avec en prime mon gros matou Ramsès qui s’est invité pour la photo :

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Quant au challenge Cottagecore, il s’achèvera le mois prochain, à temps pour me permettre de me focaliser davantage sur la thématique de L’Automne et sur le Challenge Halloween de mes copinautes que je guette déjà avec fébrilité … Les trois premiers lauréats du challenge Cottagecore recevront chacun une petite surprise pour les remercier de leur participation. Alors à vos livres ! Vous avez encore un mois pour poster vos billets ! Le groupe Facebook demeurera aussi ouvert tout au long de l’année pour permettre à tous et toutes de continuer d’échanger et bien entendu ce challenge consacré à l’amour de la campagne et aux atmosphères bucoliques et romantiques devrait revenir l’année prochaine pour une seconde saison car il a bien fonctionné grâce à vous tous qui avait été au taquet ! Un grand merci à vous pour ce bel accueil ! 

Je publierai donc un petit récapitulatif des billets, ainsi que les résultats du défi le 22 septembre, soit la date officielle de l’arrivée de l’Automne. Je reviendrai dès ce soir vers vous pour partager ma dernière lecture de l’été. Je vous donne un indice, il s’agit d’un Cosy mystery bien sympathique qui plante son décor dans un cadre campagnard bien britannique…  Après avoir été en pause ce été, le blog reprend doucement son rythme habituel pour se préparer progressivement à la rentrée qui ne va pas tarder  …

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A la lumière des étoiles de Thomas Hardy

M2910-31XIXème siècle. Une jeune châtelaine, Lady Viviette Constantine, esseulée depuis que son époux l’a abandonnée pour la chasse au lion en Afrique, parcourt son domaine en quête d’une possible distraction.  Dans une tour désertée, une lumière jaillit d’un interstice. Une présence humaine semble y avoir pris ses quartiers. Lady Viviette décide d’y jeter un œil et découvre à son émerveillement un jeune astronome séduisant qui vient chaque nuit observer les astres pour les étudier. Les protagonistes de cet étrange couple vont peu à peu nouer des liens amoureux et tenter malgré leur place dans la société de s’unir secrètement… Mais ces deux êtres, que tout semble éloigner se trouvant pourtant attirés l’un à l’autre malgré leurs différences sociales, peuvent-ils vraiment s’opposer aux tumultes de la vie et au fossé grandissant creusé par la différence de leurs âges ? Cet amour pourra t-il surmonter les obstacles qui semblent continuellement les séparer à mesure qu’ils tentent de se rapprocher?

Pour la lecture de mon Book club du mois d’août dédié au classique littéraire, mon choix s’est porté sur un titre appartenant à la collection sublime et raffinée “Les romans éternels”. J’ai ainsi sélectionné pour l’occasion un roman assez méconnu de Thomas Hardy, A la lumière des étoiles, dont le titre évocateur m’avait d’emblée plu. Étant une fervente admiratrice de ce brillant romancier britannique depuis mon coup de foudre pour Loin de la foule déchaînée (un pur joyau littéraire), je n’avais qu’une hâte : me plonger dès son acquisition dans ce merveilleux livre pour une fois de plus laisser la magie opérer. Finalement, une fois la dernière page terminée, que reste t-il vraiment de cette lecture? Eh bien, à mon grand regret, je dois bien l’admettre pas grand-chose. Cette découverte livresque demeure à ma grande déception en dents de scie. J’ai trouvé ce roman bien moins abouti que les précédents et je me suis d’ailleurs demandée si ce livre avait vraiment rencontré un franc succès lors de sa première parution, en 1882, et s’il ne s’agissait pas plutôt d’un manuscrit posthume. Ne vous détrompez pas lecteurs, ce roman est bien évidemment bon, mais il n’égale en rien Tess d’Uberville ni Jude l’Obscure. Cette jolie romance un peu mièvre m’a semblé bien trop forcée et fait pâle figure face à ces chef-d’œuvre d’écriture. Certes, on retrouve ici la noirceur et le pessimisme propres aux écrits de Thomas Hardy, dont l’action a lieu dans une campagne étriquée et un peu étouffante, où les espoirs semblent s’anéantir dans ce climat morose et isolé. Qui plus est, la relation qu’entretiennent Lady Constantine et Swithin sonne fausse. 

La première partie consacrée à la rencontre de la jeune châtelaine et de cet astronome un peu étourdi m’a particulièrement ennuyée, tout comme les considérations scientifiques du jeune astronome qui aime noyer son discours dans des élucubrations parfois un tantinet nébuleuses. En fait, j’espérais découvrir une histoire d’amour échevelée où les passions des personnages s’enflamment à mesure que l’histoire se déplie… Mais cet amour semble toujours “artificiel”, comme illusoire.

Je n’ai d’ailleurs pu apprécier véritablement Swithin qui m’a agacée d’un bout à l’autre du livre. Je le trouve assez inconstant et peut-être bien un peu opportuniste sous des dehors pourtant innocents … Swithin fait en effet  preuve de peu d’initiative et bien entendu c’est en conséquence l’héroïne qui subit silencieusement son sort. Lady Constantine est une femme d’une droiture exemplaire mais inlassablement confrontée à ses principes moraux et religieux, aussi tente-telle vainement de conserver une certaine dignité malgré son amour un peu “honteux” pour un homme de dix ans son cadet. Une fois encore, cette histoire d’amour avorté qui s’achève par une tragédie excessive, presque risible, est d’une grande cruauté.

Au fond, Swithin poursuit son chemin et sa carrière sans avoir été vraiment bouleversé par la disparition de son amante dont il semble peu se soucier. Cet aspect du roman m’a rendu le personnage masculin égoïste et hypocrite, et pour tout dire je l’ai trouvé peu digne d’une telle femme qui, malgré sa situation de veuve désargentée, s’est acharnée à l’épauler dans son entreprise scientifique en finançant comme une mécène une grande partie de ses projets. Swithin est-il vraiment attiré par la jeune dame ou par ce qu’elle possède? Sans-doute un peu des deux mais je doute que son amour ait été désintéressé. 

R (6)Lady Constantine m’a en revanche fait beaucoup de peine. La trentaine, cette jolie veuve est encore considérée dans sa société comme un parti plutôt attractif. Follement éprise de Swithin, elle est en effet prête à renoncer à tout pour le satisfaire et ne pas devenir une entrave à sa progression, quitte à sacrifier ce qu’elle a de plus cher… Mais ce jeu en vaut-il vraiment la chandelle quand c’est elle qui sans cesse cherche du regard Swithin? Trop absorbé par ses étoiles, ce dernier ne voit pas vraiment les sacrifices de cette femme étincelante, et ce n’est qu’en attendant son entourage évoquer une possible liaison illicite avec elle qu’il finit vraiment par la considérer comme une éventuelle conquête. Le dénouement m’a bouleversée malgré tout car Lady Constantine, bien trop vulnérable, est une fois encore une victime de l’égoïsme pur masculin. Elle s’éteindra pourtant le sourire aux lèvres avec la certitude d’être aimée et chérie par un homme faible qui ne voit au fond en elle qu’une triste femme à la beauté déjà fanée …  Une fin pour le moins amère … Était-ce intentionnel de la part de l’auteur? Sans aucun doute !

Pour conclure, malgré des longueurs et une première partie un brin brouillonne et trop lente à mon goût, Thomas Hardy maîtrise toujours à la perfection la finesse psychologique de ses personnages fictifs qui deviennent progressivement au fil de l’intrigue des êtres d’une humanité rare, oscillant inlassablement entre leur désir d’amour et la place qui leur est assignée dans une société inflexible et cloisonnée. Cette lecture demeure cependant mitigée et manque à mon sens d’un certain souffle romanesque …  J’ai tout de même lu des critiques très élogieuses à son sujet, et je ne dénigre en rien la qualité d’écriture de ce roman, mais il pêche selon moi dans le découpage de l’intrigue. Je compte d’ailleurs poursuivre à présent mon incursion littéraire dans l’œuvre de Thomas Hardy en attaquant le beau roman Les forestiers, qui trône depuis déjà un an sur mes étagères … Je me le réserve pour cette rentrée, la couverture aux tons ocres étant tout à fait idéale pour l’automne naissant … J’en profiterai avec plaisir au coin du feu. Pour l’heure, je suis plongée dans des sagas littéraires un peu plus légères qui s’accordent à merveille avec la saison estivale …

Lecture dans le cadre du challenge Cottage core dans la catégorie: Retour aux sources

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Participation également au challenge A year in England

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Filles de mer

R (3)Années 40.

Au sud de la Corée, sur l’île de Jeju, vivent Hana et sa sœur Emi, dans la communauté de « Haenyeo », des femmes qui font vivre le ménage de la famille, en plongeant en apnée dans les fonds sous-marins pour pêcher du poisson. Un jour où Hana, à peine seize ans, plonge en mer tandis que sa sœur cadette l’attend sur le rivage comme de coutume, elle aperçoit un soldat japonais se dirigeant droit sur Emi. Les deux filles connaissent les dangers de se retrouver seules aux côtés d’un soldat japonais, leur mère les a, en effet, maintes fois averties des risques encourus. De nombreuses filles ont disparu suite à une rencontre funeste, sans laisser aucune trace de leur passage. Qu’est-il donc arrivé à ces pauvres malheureuses? Hana, pour sauver sa sœur des griffes de ce soldat japonais malhonnête et intéressé, est à son tour emmenée de force loin des siens. Elle découvrira le triste sort réservé à ces oubliées de L’Histoire, et en particulier le dur labeur de ces filles de réconfort, des esclaves sexuelles triées sur le volet pour assouvir les désirs insatiables des soldats de l’empire nippon, qui viennent envahir les bordels clandestins avant d’affronter le combat… Hana, forte et déterminée, tentera coûte que coûte de retrouver sa petite sœur Emi, qu’elle aime d’un amour indéfectible. Son souvenir sera sa force pour supporter sa condition effroyable …

La semaine dernière, j’ai déniché chez un bouquiniste une copie de ce roman âpre relatant la destinée funeste d’Hana, une jeune fille de “délassement” en Mandchourie. Je n’avais jamais entendu parler de ce pan terrible de l’Histoire coréenne où des jeunes filles et femmes, même parfois mariées, étaient kidnappées pour être ensuite transférées dans des bordels japonais dans le but de “servir noblement” la nation japonaise (les Coréens ayant été sous la domination japonaise pendant plusieurs siècles). Leur identité était volontairement gommée afin qu’on ne puisse retrouver aucune trace de leur existence. Elles étaient transportées dans des camions comme du bétail la nuit vers des destinations inconnues. Torturées, malmenées, et violées quotidiennement, beaucoup d’entre elles n’ont pas survécu au voyage. Les soldats japonais impitoyables jetaient leur dépouille dans de vulgaires fosses communes qu’ils creusaient au bord des routes. En tant qu’occidentaux, on a du mal à imaginer le calvaire que ces filles ont vécu durant la seconde guerre mondiale pour maintenir une tradition de droit de cuissage écoeurante, semblant tout droit sortie d’une époque moyenâgeuse obscure. Il semblerait que quelque 200 000 femmes asiatiques et européennes aient été contraintes de se prostituer durant cette époque. Quelle horreur !

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Filles de délassement coréennes en 1943

Autant l’avouer sans détour, ce roman est particulièrement dur. Certaines scènes sont par ailleurs d’une brutalité extraordinaire. Sans oeillères ni voyeurisme, l’auteure américaine d’origine coréenne, Mary Lynn Bracht, décrit l’abominable vérité. On en ressort glacé et choqué qu’une telle tradition ait pu être entretenue si longtemps sans que personne n’y trouve à redire. Ce passé tumultueux demeure encore un point diplomatique très sensible entre le Japon et la Corée du sud. Ces deux nations n’arrivent toujours pas vraiment à faire table rase du passé, mais peut-on vraiment en vouloir aux coréens qui ont été longtemps traités comme des pestiférés sous l’occupation nippone? Le destin de ces femmes de réconfort fait depuis longtemps polémique. Ces femmes qui travaillaient d’arrache-pied chaque jour dans des maisons closes, usées jusqu’à la corde, n’ont pas toujours eu la reconnaissance qu’elles méritaient. Le Japon a d’ailleurs nié leur existence pendant presqu’un siècle…

Ce trafic humain, sombre et déplorable, ne s’étendra pas seulement aux coréennes mais bien à l’ensemble de l’Asie durant les années 40. Une Hollandaise et son témoignage glaçant ébranlera l’Occident. Peu à peu, les femmes victimes de sévices prendront finalement la parole. Depuis 1992, des femmes venues du monde entier viennent manifester pour reconnaître ce passé trouble devant l’ambassade du Japon à Séoul. En 2011, une statue d’une fille de réconfort a même été érigée. Elle symbolise aujourd’hui cette lutte constante pour entretenir la mémoire de ces prostituées, victimes de guerre. 

Aujourd’hui, 46 femmes encore vivantes (à l’heure où le livre a paru) ont été indemnisées par le gouvernement japonais qui n’ont eu d’autres choix que de plier face aux récriminations et aux protestations des manifestants de tous horizons, toujours plus nombreux chaque année. La Corée du sud ayant été une société patriarcale, celles qui s’en sont sorties se sont longtemps tues car elles craignaient de déshonorer leur famille en dévoilant la vérité. Fort heureusement, les mentalités ont changé et ont quelque peu évolué. Les langues se sont déliées !

 

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Malgré quelques faiblesses d’écriture dans le développement des personnages parfois trop superficiels, ce roman aussi captivant que dépaysant, a su traiter avec brio la question de la résilience humaine, et rappelle par de nombreux aspects Pachinko (ma chronique ici). Si j’ai particulièrement aimé ce témoignage historique passionnant, j’ai toutefois trouvé quelques longueurs dans les derniers chapitres un brin trop sombres et pessimistes à mon goût. On a l’impression désagréable d’être nous aussi maintenus en apnée d’un bout à l’autre du roman, comme asphyxiés par ces événements. J’ai refermé le livre, soulagée d’en avoir enfin fini avec cette époque glauque où il ne semble y avoir que très peu d’échappatoires pour les femmes, toujours sous la coupe d’un homme malveillant et violent. Une chose est certaine, cette lecture, un roman sur l’importance de la mémoire, ne laisse pas indifférent… Ainsi donc si la tension monte crescendo nous incitant à faire défiler les pages, le dénouement arrive cependant comme une bénédiction. 

D’ailleurs, ce dénouement plutôt optimiste en comparaison du reste du roman demeure selon moi un peu trop édulcoré et finalement peu convaincant, comme si la romancière elle-même doutait  véritablement d’une possible issue pour ces femmes données en pâture à ces soldats sanguinaires et barbares, dénués d’empathie. Elle écrit d’ailleurs dans les dernières pages comme pour justifier son choix d’écriture :

“Durant l’écriture de ce livre, je suis tombée amoureuse d’Hana qui pour moi, incarnait toutes ces femmes et victimes de ce sort. Je ne pouvais pas la laisser mourir (…). Certes, ses chances de survie étaient minces, mais la fin que j’ai choisie est celle que je souhaitais à Hana et aux autres filles qui ont vécu le même calvaire”.

J’ai également trouvé que certains passages de l’intrigue manquaient cruellement de profondeur psychologique ; ou peut-être sont-ce les sentiments qui sont toujours enfouis derrière un carcan de froideur propre à la culture coréenne très pudique, qui m’ont quelque peu désarçonnée ; toujours est-il que le roman souffre  à mon sens, tout comme je l’avais déjà remarqué en lisant Pachinko, d’une expression des émotions parfois un peu trop lisse.

En outre, le personnage de Morimoto, ce soldat barbare et impitoyable qui fait subir d’innombrables tortures à notre héroïne et qui campe le “vilain” principal de l’histoire, m’a paru parfois un peu trop caricatural. Il est totalement dénué de complexité dans l’ébauche de son caractère. On s’interroge sur les raisons qui le poussent à traquer inlassablement Hana comme une vulgaire proie au fil des pages. Pourquoi elle et pas une autre? La poursuite dans les steppes en Mongolie à la fin du roman plus romanesque que l’ensemble du livre est bancale et trop convenue.

En bref : sans être un bijou d’écriture (le style étant souvent répétitif), ce roman passionnant est néanmoins admirablement documenté.

On retiendra surtout finalement, la peinture  émouvante du portrait saisissant de ces deux sœurs et de l’amour qui les unit malgré leur séparation déchirante et leurs destins brisés.

Reste que, Filles de la mer, cette lecture sombre et un tantinet trop pessimiste à mon goût, à la portée universelle, m’a quelque peu plombée.

En bref: une lecture certes passionnante et fort instructive sur les atrocités dont les Japonais furent responsables en Extrême-Orient au cours de la Seconde Guerre Mondiale, mais dont l’intensité et la violence ne vous laisseront sans-doute pas insensibles. 

Une nouvelle contribution au challenge Un mois au Japon. Mieux vaut tard que jamais!

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Papotages littéraires en vrac #1

alex-green-ft-woman-readingMe voilà de retour par ici … Je profite de ce nouveau format “fourre-tout“ pour vous donner quelques nouvelles … 

Les vacances défilent à la vitesse de la lumière ! Si je lis avec voracité, la tâche d’écrire mes billets semble un peu plus délicate que de coutume. Le beau temps étant particulièrement clément ces temps-ci, je paresse au bord de l’eau et je profite de chaque occasion pour pouvoir flâner à droite  et à gauche. Il y a deux jours, j’ai ainsi participé à une brocante à Omaha Beach où j’ai pu vendre quelques babioles qui encombraient mon grenier. J’ai passé la journée en famille à cuire au soleil. L’ambiance était bon enfant et j’ai réussi à résister à la tentation de ne pas dépenser tout l’argent que j’avais durement gagné en cochonneries sur les stands voisins … A mon retour, j’ai découvert une petite somme suffisante pour me permettre de m’offrir un joli budget livres pour les vacances (sait-on jamais, je pourrais encore manquer de lectures cet été !). Je compte dès demain faire un tour à la Ressourcerie de ma ville qui propose quantités de trésors littéraires de seconde main et vous partagerai bien évidemment mes trouvailles.

En ce moment, je dévore les romans asiatiques, si vous avez d’ailleurs des suggestions à me faire, n’hésitez-pas à me les partager, je suis preneuse ! Mais par pitié, pas de Murakami ! Je n’en peux plus ! Suis-je la seule à demeurer hermétique à son univers?

J’ai également retrouvé il y a quelques jours mon club de lecture à Honfleur. Nous nous sommes rassemblées entre filles pour papoter autour de nos nouvelles découvertes livresques. Le thème du mois était le roman cottagecore qui mettait en avant des ambiances champêtres et bucoliques. J’avais présenté Souvenirs de Marnie (ma chronique ici), mon grand coup de cœur et le premier tome de La petite maison dans la prairie que j’ai beaucoup aimé et dont je vous parlerai dans un prochain billet cette semaine.

Une de mes copines m’a donné envie de lire La mer en hiver, un livre prenant pour toile de fond l’Ecosse du XVIIe siècle. J’ai d’emblée pensé à Outlander et me suis empressée de l’acquérir. Je suis aussi repartie avec le premier tome d’Agatha Raisin qu’une copine m’a gentiment prêtée pour les vacances. J’ai hâte de débuter cette nouvelle série de Cosy Mystery

Nous avons décidé de lire pour notre prochaine rencontre mensuelle des classiques de la littérature. J’ai ainsi commencé la relecture de Jane Eyre que je n’avais pas lu depuis plus d’une quinzaine d’années (je suis toujours aussi fan). Je ne sais pourquoi, j’ai éprouvé l’envie furieuse de me replonger dans les romans gothiques ces dernières semaines, sans-doute le mauvais temps y était pour quelque chose. Les sœurs Brontë me semblent être un excellent choix pour retrouver cette atmosphère sombre et inquiétante que j’affectionne tant ! Je lirai bien aussi un roman de Dickens car Bleak House me fait de l’œil et peut-être bien le premier tome de la saga Forsyth, Le propriétaire, ce qui me donnerait une bonne excuse de revoir l’excellente adaptation télévisée avec le séduisant Damian Lewis (quel beau gosse!). Je me suis procurée la collection complète de la saga littéraire sur Vinted pour la modique somme de vingt euros, une aubaine!

Enfin, je suis actuellement plongée dans le roman Le miroir des courtisanes de Ariyoshi Sawako qui était dans ma ligne de mire depuis plusieurs mois déjà. J’en avais entendu parler grâce à l’émission Radio Sud que j’écoute parfois le midi à l’école lorsque j’ai un peu de temps devant moi pour souffler. J’aime particulièrement la courte chronique de Gérard Collard. En parallèle de cette lecture japonaise, je suis aussi en train de lire un très beau roman jeunesse de Sara Pennypacker déniché dans la boîte aux livres de ma ville et intitulé Pax et le petit soldat. La couverture aux couleurs automnales me faisait grandement envie. 

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Je reviens très bientôt pour vous parler des Filles de la mer, un roman puissant qui ne m’a pas laissé indifférente … Affaire à suivre. Et vous que lisez-vous en ce moment et que me conseillez-vous de lire prochainement?

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Souvenirs de Marnie

OIP (3)Anna, une jeune fille solitaire et introvertie, est envoyée par Mme Preston, sa mère adoptive, chez un couple de vieux amis, les Pegg, qui vivent paisiblement à la campagne pour y passer l’été. Cette décision n’enchante guère Anna qui se sent une fois de plus abandonnée. La timide jeune fille, d’une tristesse désolante depuis que ses parents tout comme sa grand-mère ont péri en la laissant orpheline, n’a d’autre choix que de se plier à la volonté de Mme Preston. Cette dernière est en effet inquiète de la voir chaque jour de plus en plus renfermée sur elle-même. Elle ne sait plus comment aider cette petite, toujours chagrine et contrariée. Qu’est-ce qui peu bien passer par la tête d’Anna, toujours rêveuse et si distante?

Lorsque la petite orpheline réservée débarque chez les Pegg qui résident dans un charmant cottage anglais bien coquet, elle n’en croit pas ses yeux. L’endroit est entouré de champs vallonnés et de collines verdoyantes. On entend au loin les embruns et le chant strident des mouettes. Anna prend plaisir à marcher au bord de cette mer sombre et changeante qui s’étend à perte de vue. Elle aime sentir avec un frisson divin les vagues lécher ses pieds nus. Un soir, alors que la marée monte, une demeure vétuste en pierre attire son œil scrutateur. La maison sombre qui semble à première vue abandonnée, dénote dans ce cadre champêtre acceuillant. Tout semble calme et tranquille. Pourtant lorsque la marée monte soudainement, Anna se voit contrainte de gravir précipitamment les marches qui mènent à la grille rouillée du manoir. Une vision furtive à la fenêtre du dernier étage vient troubler la jeune fille… Anna a peut-être rêvé mais il semblait bien qu’une lumière ait été allumée. N’a-t-elle pas cru entrevoir la silhouette d’une jeune fille blonde à la vitre d’une fenêtre? … C’est ainsi qu’Anna fait pour la première fois la rencontre de Marnie, cet ange presque spectral qui apparaît et disparaît inlassablement au gré de ses envies … Une rencontre providentielle qui marquera à jamais son destin …

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Qu’il est bon de pouvoir paresser chez soi, un livre à la main et sans aucune entrave professionnelle pour freiner ses envies de lecture ! A défaut de bronzer au soleil, j’ai repris mes bonnes vieilles habitudes de blogueuse. Je dévore tout ce qui passe entre mes mains ! 

Ce mois-ci, mon Book Club a décidé de lire un roman de style Cottage Core, un choix que je ne pouvais que saluer puisque, justement, j’organise sur le blog un challenge sur cette thématique ! (pour plus d’infos à ce sujet, c’est par ici !) Je fais donc une pierre deux coups !

La couverture de Souvenirs de Marnie m’a d’emblée enchantée ! Quel bijou ! Le grain de papier est par ailleurs d’une grande qualité, bien épais et très agréable au toucher. Décidément, les éditions Toussaint Louverture se sont une fois encore surpassées pour nous fournir un magnifique livre-écrin. Il est sublime ! J’avoue qu’une fois n’est pas coutume, c’est la couverture qui m’a de prime abord donné l’envie de découvrir ce livre et non son résumé qui est absent dans cette édition (achat compulsif quand tu nous tiens…).

Mais quelle belle surprise ! J’ai eu un grand coup de cœur pour cette lecture fabuleuse lue gouluement d’une traite !

Souvenirs de Marnie fait partie de ces romans de l’enfance qui nous marquent à jamais une fois terminé. On en ressort comblé, comme revigoré. Cette lecture onirique m’a transportée et émue. Il y a, en outre, une atmosphère étrange et singulière qui se dégage de cette prose toute en retenue et d’une fluidité rare. Le cadre bucolique est aussi admirablement bien rendu. On imagine aisément Anna sillonner les petites routes de campagne anglaises et monter discrètement la nuit, à l’abri des regards dans sa petite barque pour accoster la vieille demeure du marais et y rejoindre secrètement son amie Marnie. Il est également étrange de ne pas connaître véritablement le cadre temporel de l’histoire… Il faudra attendre les dernières pages pour le découvrir. Bien entendu ce choix n’est pas anodin ! Il fait partie des mystères qui englobent la trame du roman.

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Ce roman merveilleux nous rappelle de surcroît qu’il faut chaque jour croquer la vie à pleines dents, en s’ouvrant au monde qui nous entoure. Le temps est précieux et l’existence demeure éphémère comme ses instants de bonheur. Anna a peur d’être rejetée, si bien qu’elle préfère s’ostraciser elle-même des autres, et comme elle le dit avec ses propres mots, elle est toujours “en dehors” tandis que les autres sont “en dedans”. Elle demeure de ce fait observatrice de son univers mais ne souhaite en aucun cas y prendre part. Quelle petite fille attachante et déroutante ! Elle semble porter une carapace invisible qui la détache de son corps et la rend insaisissable aux yeux de son entourage. J’ai trouvé sa relation avec sa mère adoptive, Mme Preston, teintée d’une certaine tendresse contenue, extrêmement touchante. Ces deux êtres étrangers vont devoir s’apprivoiser progressivement avant de pouvoir véritablement s’aimer.

Quant au personnage de Marnie, auréolé de mystère, quelle trouvaille de l’auteur ! Ce lien d’amitié indélébile entre cette petite fille énigmatique et Anna, cette pauvre orpheline, est bouleversant ! D’où vient ce fantôme de la nuit et pourquoi vit-elle, elle aussi isolée? Je ne pourrais malheureusement vous en dire plus au risque de vous dévoiler des secrets … J’avais, dès les premières pages, une idée sur l’identité de Marnie mais à mon grand bonheur, je n’avais pas tout compris ! J’ai terminé ce roman les yeux brillants et le sourire aux lèvres …

La dimension fantastique de ce roman immersif est d’ailleurs étonnamment bien maîtrisée. Anna rêve-t-elle, est-elle témoin d’un sortilège? Marnie est-elle un pur produit de son imagination ou bel et bien réelle? 

Enfin, la description de la demeure de vacances du marais malgré tout un tantinet inquiétante, semble tout droit sortie d’un roman victorien aux accents gothiques, ce qui m’a d’emblée bien évidemment séduite ! L’auteure s’est sans doute inspirée de ses propres lectures de jeunesse pour y planter son décor mystérieux et envoûtant…

La romancière Joan G Robinson dont le roman enchanteur Souvenirs de Marnie fut publié en 1967 est ainsi donc une conteuse née. Son intrigue ne faiblit pas un seul instant. La fin est très originale. J’ai fureté un peu sur la toile pour en savoir davantage sur cette auteure quasi-méconnue en France. Elle aurait vécu tout comme les protagonistes de son histoire, une enfance solitaire et un peu malheureuse. Souvenirs de Marnie serait son œuvre la plus intime et son plus grand succès littéraire. Son œuvre n’a encore, à l’exception de ce titre, jamais été publiée en France, quel dommage ! Je tenterai de me procurer un autre titre en version originale (ils sont tous encore disponibles sur des sites de librairies anglophones mais en seconde main). J’ai repéré ces deux titres : 

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En bref : Souvenirs de Marnie est une œuvre poétique et contemplative merveilleuse sur la complexité de la jeunesse. Ce classique intemporel, une véritable pépite littéraire sur le pouvoir infini de l’amour et l’acceptation du deuil chez les enfants, relève bien plus du conte que du roman et s’est  révélé surprenant. Il est devenu incontestablement l’un de mes livres favoris. J’ai adoré cette lecture qui m’a transportée ! A lire et à relire sans modération !

OIP (4)Un dernier mot sur l’adaptation libre des studios Ghibli de 2014. Si l’histoire plante son décor au Japon, la trame diffère peu. J’ai beaucoup aimé cette transposition insolite. Le décor est somptueux. Je regrette cependant qu’il n’existe encore aujourd’hui, à ma connaissance, aucune adaptation anglaise du roman original … Cela donnerait sûrement pourtant un très beau téléfilm. La BBC aurait pu s’y atteler… Qui sait? Peut-être verrons-nous fleurir une version télévisée dans les prochaines années? Les classiques oubliés semblent avoir le vent en poupe actuellement … 

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du challenge Cottagecore dans les catégories respectives Rêveries au bord de l’eau, propriétés et jardins dissimulés ainsi que retour aux sources !

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Elle participe aussi au challenge A year in England !

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La fabrique de Poupées d’Elizabeth Mcneal

OIPEnfin les vacances ! Après ces dernières semaines extrêmement éreintantes au collège et une fatigue persistante qui m’a laissée complètement amorphe, le blog a tourné un peu au ralenti. Rassurez-vous, les billets vont progressivement reprendre par ici. Je suis bien contente de pouvoir souffler. Je regrette cependant de n’avoir pu apporter davantage de contributions au Mois anglais qui, cette année, a filé bien trop vite à mon goût (mon bilan est d’ailleurs assez mauvais, deux livres tout au plus et une série visionnée, aïe !). Tant pis, on ne peut pas être sur tous les fronts !

Je poursuis tout de même le challenge A year in England avec cette excellente lecture britannique, campée dans un cadre victorien particulièrement étrange et un tantinet glauque… Autant vous l’avouer sans détour, cette œuvre repérée chez Fondant (merci à toi pour cette belle surprise) m’a happée jusqu’à la dernière page tournée car l’intrigue fut étonnement bien ficelée !

Londres 1850. Les badauds n’ont qu’une hâte, venir admirer la dernière innovation de ce siècle, le majestueux Crystal Palace, un vaste palais en fonte et verre installé pour abriter la première grande exposition universelle de la capitale. A deux pas, Iris, une petite main modeste d’une fabrique de poupées, aspire à quitter son atelier misérable pour devenir une artiste-peintre renommée et indépendante. Malheureusement, sous la coupe d’une méchante patronne qui l’exploite honteusement et d’une famille de Thénardier pour le moins fourbe et intéressée (des parents qui ne voient en elle qu’un atout pécuniaire et une soeur jumelle d’une jalousie maladive depuis que cette dernière a été atteinte de la petite vérole et s’est retrouvée par la suite défigurée), Iris se sent tristement seule. Pourtant, deux hommes attirés par sa beauté insolite- un visage doux plutôt harmonieux mais une posture de bossue due à la difformité d’une clavicule- vont drastiquement changer le cours de son existence en apportant avec eux leurs lots de malheurs … Iris peut-elle faire confiance à ce séduisant peintre qui semble admiratif de son travail tout comme à ce curieux taxidermiste romantique qui assure l’aimer passionnément? Que dissimule vraiment cet attrait soudain pour sa petite personne?

Voilà un roman pour le moins glaçant ! Cette lecture s’est en effet révélée éprouvante ! J’en tremble encore ! J’ai été partagée d’un bout à l’autre entre un sentiment d’écoeurement insoutenable pour certains passages qui m’ont terrifiée, et une fascination croissante pour cette histoire pour le moins sordide qui semble à bien des égards tout droit sortie d’un épisode de Penny Dreadful.

Ce roman est de ce fait empreint d’une atmosphère sombre et gothique analogue. On y retrouve également des protagonistes monstrueux tant physiquement que moralement. A l’instar de Silas, ce mystérieux taxidermiste à la personnalité ambigüe et complexe.

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En outre, l’auteure semble avoir puisé sa principale inspiration d’écriture dans les grandes œuvres romantiques du XIXème siècle. Comment ne pas penser dès lors à Frankenstein, en particulier lorsque Iris est présentée au cercle très sélect et fermé de trois artistes préraphaélites? J’ai d’emblée trouvé qu’Iris ressemblait étrangement à Mary Shelley, née Wollstonecraft, qui aimait partager elle aussi sa passion pour les histoires gothiques avec ses compagnons artistes, le jeune poète au destin funeste, Shelley qui devint son époux, Lord Byron, l’auteur légendaire de Don Juan, ainsi qu’à John Polidori qui écrivit l’illustre nouvelle fantastique, Le vampire. Les pas d’Iris sillonent d’ailleurs les mêmes pavés sordides des bas-fonds londoniens de cette époque victorienne pour le moins lugubre.

Ce roman soulève aussi des questionnements pertinents qui font une fois de plus écho au roman gothique Frankenstein. Comment définir la monstruosité? Si la difformité d’Iris la rend au premier coup d’oeil peu séduisante et si les marques de la petite vérole marquent le visage de sa soeur Rose, ces deux femmes ont toutes deux pourtant malgré leur physique monstreux, un coeur, à la différence de Silas, ce taxidermiste énigmatique qui prend un malin plaisir à dépecer de pauvres créatures pour des raisons prétendument scientifiques …Ce personnage m’a particulièrement dégoûtée. Il est tout bonnement repoussant. Il dissimule par ailleurs toujours une violence contenue inquiétante …

d93f0bb72b5c2d6dfcd9d248ee07c273De nombreux critiques se sont permis de déceler une ressemblance très dickensienne dans la plume trempée de cyanure d’Elizabeth Mcneal. Cette comparaison me semble un tantinet trop facile. Certes, les personnages de ce roman font souvent référence au grand écrivain au fil de l’intrigue et sont censés être ses contemporains, mais n’ont toutefois l’atmosphère morbide qui se dégage de cette oeuvre. En outre, l’ambiguïté de ses personnages n’ont rien à voir avec les protagonistes un peu lisses mais hauts en couleur des romans de Dickens qui sont souvent des stéréotypes de la société victorienne. La vision de cet auteur est somme toute toujours très manichéenne. Les bons sont récompensés pour leurs bonnes actions, les mauvais finissent toujours par être punis pour leur vilenie. Or ici, dans La fabrique de poupées, il n’en est rien. Le mal s’immisce partout et l’auteure fait fi de considérations religieuses. De plus, Dickens avait un talent inné pour dépeindre la misère avec une certaine beauté. Elizabeth Mcneal décrit quant à elle cette pauvreté sordide avec un réalisme déconcertant. Cette laideur et cette saleté immonde des bas-fonds londoniens, peuplées d’orphelins édentés, de prostituées usées et d’êtres difformes trop souvent maltraités par les coups du sort, sont donc représentés dans un cadre très réel. Cet aspect du livre m’a de prime abord désarçonnée, d’autant plus que la couverture trompeuse aux couleurs gaies et aux illustrations quelque peu poétiques suggérait une douce romance victorienne. J’ai très vite déchanté !

Pour conclure, si l’intrigue s’est révélée finalement peu renversante, ce roman d’atmosphère sombre à souhait et contemporain de l’époque de Jack l’Eventreur ne déçoit tout de même pas. Cette lecture fébrile et troublante fut haletante d’un bout à l’autre, bien que certaines descriptions graphiques perturbantes m’ont mise profondément mal à l’aise. L’horreur latente monte crescendo au fil des chapitres et nous prend à la gorge. On en ressort sonné, la boule au ventre et le cœur au bord des lèvres !

L’image que je ne suis pas prête d’oublier? Le taudis malsain qui sert de cabinet de curiosités à Silas, le taxidermiste épris d’Iris et d’où émanent des effluves de formol et de décomposition. Ce vautour sociopathe dégénéré et obsédé par la mort, collectionne des petites souris empaillées qu’il revêt d’habits de poupées comme celles que confectionne Iris dans son atelier…

Si l’auteure est écossaise, l’intrigue plante principalement son décor à Londres. Une nouvelle lecture effectuée dans le cadre du challenge A year in England
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L’étrange disparition d’Esme Lennox

Publié dans Littérature irlandaise, Roman noir/policier | 25 commentaires

Mandy de Julie Andrews

OIP (5)Mandy, une adorable orpheline d’une dizaine d’années, très solitaire et un brin rêveuse, recherche désespérément un endroit qu’elle pourrait considérer comme son propre foyer. Un jour qu’elle flâne dans la cour de son orphelinat lugubre, elle décide d’escalader le mur de vieilles pierres dans l’idée de jeter un œil à ce qui pourrait bien se cacher derrière… Mandy découvre avec émerveillement un monde à part, suspendu dans le temps et qui abrite un petit bois dissimulé en pleine campagne ainsi qu’un adorable cottage qui semble abandonné. La petite fille a pris sa décision, elle deviendra la gardienne de ce jardin secret et en fera son repaire … Les saisons défilent et Mandy prend très à coeur cette nouvelle mission. Ce lieu merveilleux bien qu’en jachère, mérite un soin tout particulier. Notre orpheline travaille donc d’arrache-pied à désherber, débroussailler, tailler et planter pour redonner à cette propriété cachée son éclat d’antan. Parfois, elle n’a d’autre choix que “d’emprunter” des outils pour entretenir et aménager son petit monde devenu au fil des mois un véritable havre de paix. Malheureusement, un soir d’orage, Mandy attrape froid, la voilà souffrante dans son cottage glacial où l’humidité suinte à travers chacun de ses recoins. Personne ne semble connaître sa cachette. La petite fille intrépide est alors portée disparue … Mais un “admirateur” secret veille sur elle …  

Voici un joli roman à l’ambiance charmante et bucolique qui m’a grandement plu. C’est pour moi un petit coup de cœur. J’adore ce style de roman enfantin bourré d’optimisme qui réussit à nous mettre du baume au cœur dès la première page avalée. Malgré une atmosphère a priori un tantinet triste qui a parfois tendance à verser un peu trop dans le pathos (préparez les mouchoirs), cette œuvre douce demeure particulièrement rafraîchissante. Julie Andrews est une conteuse née.

OIP (6)Non seulement elle est une actrice talentueuse mais à ma grande surprise j’ai découvert qu’elle était aussi une romancière hors pair à la plume classique et d’une grande fluidité. Son roman est une friandise délicieuse dont je me suis délectée. En outre, cette lecture en version originale s’est révélée plutôt accessible. Certes, le vocabulaire peut parfois paraître un brin désuet pour un lecteur habitué aux lectures contemporaines, mais c’est aussi là que réside son originalité. Cette lecture paraît plus ancienne qu’elle ne l’est véritablement. On y décèle quelques clins d’oeil aux romans victoriens anglo-saxons, un choix d’écriture qui n’est sans doute pas anodin connaissant l’auteure classieuse qui l’a écrit…

Quant aux personnages, Mandy est incontestablement le point central de cette jolie histoire. C’est une petite fille très attachante. Sa détermination force le respect et son désir insatiable d’amour est poignant. On ne peut s’empêcher d’aimer cette orpheline si extravagante et différente des autres enfants. Même si on sait d’avance que l’issue du livre ne peut qu’être heureuse, on souffre et on s’inquiète malgré tout de son sort au fil des chapitres. J’ai ainsi retrouvé une atmosphère douce-amère analogue aux romans de Frances Hodgson Burnett tout comme la même personnalité fantasque et courageuse de l’adorable Sarah, l’héroïne principale de ce roman qui m’avait beaucoup marquée. J’en parle ici dans ce billet. Cependant, Mandy est plus chanceuse car autour d’elle ne gravitent que des personnages bienveillants et protecteurs. Point de vilains dans cette histoire somme toute innocente et où il ne se passe au fond pas grand-chose, car cette lecture récréative est avant tout destinée à un très jeune lectorat. Bien entendu, ce récit s’inscrit également dans les romans moralisateurs du XIXème siècle très dickensien où les âmes charitables sont toujours récompensées pour leur droiture et leur grande bonté, une vision quelque peu simpliste mais réconfortante et qui a par ailleurs le mérite de nous faire du bien en nous redonnant foi en l’être humain. Après tout, les pensées positives génèrent du bonheur … N’est-ce pas là la théorie controversée mais diablement intéressante du roman de développement personnel « Le secret » qui nous invite à développer la pensée positive pour accéder à la félicité? … Une théorie finalement plutôt pétrie de bon sens…

Enfin, les scènes paisibles et bucoliques dans le cottage où paresse Mandy durant de longs après-midis m’ont enchantée. Sans faire de véritables remous, elles m’ont tout bonnement donné envie de me ressourcer, en cultivant à mon tour mon propre jardin. Etrangement, ce livre a eu sur moi un pouvoir apaisant, bien plus que le roman « L’été de la sorcière » dont le message trop fumeux m’avait laissée assez dubitative (chacun sa sensibilité). J’ai depuis pris plaisir à soigner mes plantes et en particulier mes rosiers. Je compte bien moi aussi préparer un petit potager pour savourer les légumes de saison que mon jardin voudra bien m’offrir. Ce qui est une première, n’ayant jamais auparavant trouvé un plaisir quelconque à mettre les mains dans la terre. Finalement, je me rends compte que rien n’est jamais perdu. Mandy a réussi l’exploit de me transmettre son amour des plaisirs simples. On oublie souvent la chance que l’on a d’avoir un petit chez soi, il faut en profiter…

Pour conclure, ce roman joliment écrit paru dans les années 70 et au style un tantinet ampoulé reste un petit bijou, une merveille d’inventivité et un bel hommage aux classiques de la littérature enfantine britannique. Le vocabulaire en anglais est très accessible et le livre est agrémenté de très belles illustrations en mode sépia. 

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En bref : une douce lecture pleine d’espoir et de bons sentiments délicieusement revigorante. A mettre entre toutes les mains. Seul bémol, ce roman n’a, ne semble t-il, jamais été traduit en français ! Quel dommage ! Il pourrait pourtant faire l’objet d’une magnifique édition limitée et de luxe, à l’image des romans de Anne de Green Gables si bien mis en valeur par les Editions Toussaint Louverture…

Je vous partage en passant quelques photos prises ce soir des roses de mon jardin…  Les pétales sont en train d’éclore progressivement… Je n’ai pas vraiment la main verte mais j’apprends doucement à les entretenir. Si vous avez des conseils pour soigner les rosiers, n’hésitez-pas, je suis toujours preneuse !

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Cette lecture s’inscrit dans le challenge Cottagecore  dans les catégories Retour aux sources, Les propriétés et jardins dissimulés ainsi que The cottage lifestyle puisqu’on y trouve aussi de précieux conseils pour se lancer dans le jardinage. Ce roman participe également au Mois anglais !

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RIP Lucinda Riley

R4897b84342836d37f1e121f8baa67f96C’est avec une grande tristesse que ce soir en rentrant du travail, j’ouvre mon ordinateur pour apprendre cette terrible nouvelle. La grande Lucinda Riley, une romancière irlandaise prolifique que j’affectionne tellement, vient de s’éteindre. J’ai le coeur gros. J’avais d’emblée été prise sous le charme de sa plume saisissante en dévorant l’Ange de Marchmont Hall, un si beau roman émouvant sur une relation mère-fille compliquée. La récente découverte de La chambre des papillons avait confirmé mon enthousiasme pour cette auteure remarquable.

J’ai acheté dernièrement le premier volume de son immense saga Les sept sœurs qui a happé des millions de lecteurs et lectrices à travers le monde et me faisais déjà une joie de le lire prochainement. J’avais d’ailleurs commencé doucement à me constituer une petite collection de ses ouvrages et c’est étrange, hier en feuilletant les premières pages de La belle italienne, l’un de ses tout premiers romans, je m’étais justement dit que je n’avais pas lu d’écrivain aussi talentueux depuis des années, capable de garder une telle qualité d’écriture aussi consistante au fil du temps. Peu d’auteurs en sont vraiment capable et beaucoup s’essouflent en chemin. Je me demandais ce qui arriverait quant elle disparaitrait? Que lire ensuite quand tous ses romans seraient épuisés?

Elle laisse derrière elle de nombreux admirateurs malheureux et une famille dévastée. Une grande artiste est partie aujourd’hui … Son dernier tome vient à peine de paraître et on évoque déjà un manuscrit désormais inachevé… 

Je vous partage le texte poignant que sa famille a écrit à l’intention de sa communauté de lecteurs en anglais sur sa page Facebook :

« We are so sorry to have to tell you that Lucinda died peacefully this morning, surrounded by her family, who were so important to her. 

« We realise that this will be a terrible shock for most people, who wouldn’t have been aware that Lucinda had been battling cancer for four years. »

« Lucinda touched the lives of all those she met, and those who turned the pages of her stories. She radiated love and kindness in everything she did, and will continue to inspire us all forever, » her family said.

« Above all, Lucinda loved life, and lived every moment to the fullest, » 

Et sa traduction en français:

“Nous sommes désolés de vous apprendre que Lucinda est morte paisiblement ce matin entourée de sa famille qui était si importante à ses yeux. Nous réalisons à quel point cette nouvelle est un choc pour la plupart des gens qui ne savaient sans doute pas que Lucinda se battait contre un cancer depuis près de quatre ans. Lucinda a touché les vies de tous ceux qui l’ont rencontrée et de ceux qui ont tourné les pages de ses histoires. Elle rayonnait d’amour et de bonté dans tout ce qu’elle entreprenait et continuera de nous inspirer pour toujours. Plus que tout, Lucinda aimait la vie et profitait de chaque instant pleinement”.

Lucinda Riley a dit un jour cette phrase marquante reprise par les éditions Charleston pour annoncer sa mort :

“A travers la douleur et la joie du voyage, j’ai appris la leçon la plus importante que la vie peut nous offrir, et j’en suis heureuse. L’instant présent est tout ce que nous avons”… De belles paroles pleines de sagesse à méditer…

Merci Lucinda pour ses merveilleuses histoires … Et bon voyage, puisssiez-vous enfin vous reposer.

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The Serpent/ Soirée Ciné Popcorn#8

OIP (4)Cette semaine, pour honorer mon rendez-vous mensuel Soirée Ciné Pop corn, j’ai “binge-watché” The serpent, une mini-série policière britannique particulièrement haletante, en huit épisodes. Le filon du True Crimes semble avoir actuellement le vent en poupe sur Netflix. Dirty John suivi de Dirty Betty (mon billet ici) avait tous deux rencontré un certain succès lors de leurs premières diffusions en 2018 et 2020. Avec The Serpent produit par la BBC, Netflix monte encore d’un cran en nous proposant une série hautement addictive, d’une grande qualité et dont le scénario est étonnamment bien ficelé. Un tour de force !

Cette série anglaise très originale retrace le parcours invraisemblable de Charles Sobhraj, un négociant français en pierres précieuses ainsi que de sa compagne Marie-Andrée Leclerc, une Québécoise, accusés d’avoir commis une quinzaine de meurtres sanglants en Asie durant les années 70. Ce duo, qui rappelle bien évidemment le destin trouble de Bonnie & Clyde, avait détroussé des touristes occidentaux, pour la plupart de jeunes hippies, en les droguant, avant de les assassiner dans le seul but de prendre leurs identités. Le couple infernal accompagné de leur fidèle acolyte, Ayay Chowdhury, a sévi à travers toute l’Asie et en particulier en Thaïlande, au Népal et en Inde. Une gigantesque chasse à l’homme a  d’ailleurs été menée par Interpol durant les années 1975 et 1976. 

Traqué par un diplomate néerlandais ainsi qu’une poignée de touristes, Charles Sobhraj deviendra un personnage médiatique. La presse s’emparera de son histoire et en fera un héros à la notoriété discutable…

Autant l’avouer sans détour, cette série m’a happée d’un bout à l’autre ! Je suis restée scotchée sur mon divan. The Serpent revient sur la période tant controversée de “l’Hippie trail” quand de jeunes touristes quittaient l’Europe avec peu de sous en poche et un simple sac sur le dos pour s’embarquer vers l’Asie. Cette tendance qui a pris de l’ampleur dans les années 60 puis 70 consistait à fuir la sédentarité occidentale pour s’embarquer dans une aventure humaine mémorable. Malheureusement, cette épopée se clôturait bien souvent dans la mendicité, faute de moyens. Les jeunes touristes bien insouciants ont terminé la plupart dans des bouges insalubres … Charles Sobhraj a saisi cette chance pour dépouiller ces grands naïfs…

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Ce personnage masculin charismatique est par ailleurs franchement glaçant. Il hypnotise ses proies avec la même dextérité qu’un cobra. Plutôt bel homme, cultivé et d’une intelligence fine, le Serpent a ainsi donc nourri de nombreux fantasmes. Bien qu’il croupit encore actuellement dans les geôles népalaises, il continue pourtant de fasciner les médias qui gardent toujours un œil scrutateur sur ses frasques. Et croyez-le ou non, elles sont nombreuses… 

L’acteur français Tahar Rahim incarne à la perfection cet homme inquiétant. Charles Sobhraj alias Alain est un homme dangereux qui, sous des dehors amicaux et serviables, dissimule une personnalité fourbe et calculatrice. Détruire pour réussir, assassiner pour détrousser, tout est permis pour parvenir à ses fins. Le timbre de voix lent et hypnotisant, presque inhumain et dénué d’émotion qu’emprunte l’acteur est une trouvaille excellente. J’ai été bluffée par sa performance à l’écran, moi qui de coutume déplore le manque de professionnalisme des artistes français. L’acteur semble ici parfois même habité par l’âme noire de Charles Sobhraj. On en tremble d’effroi.

Si cet homme machiavélique est bien évidemment le principal pillier de cette mini-série, d’autres personnages ont eux aussi leur importance. Herman Knippenberg, ce jeune attaché d’ambassade néerlandais, épris de justice, force ainsi l’admiration. Certes, cet homme de l’ombre est davantage discret. Cependant, il est bel et bien le véritable héros de l’histoire. Grâce à lui, le Serpent sera finalement pris au piège. Sa traque infatigable se fera au détriment de sa vie de couple qui pâtira de cette obsession quelque peu malsaine. Lorsque Herman décide de s’attaquer à cette affaire non classée, il jette un sacré pavé dans la mare. Son ambassadeur tentera par ailleurs de décourager cette initiative qu’il juge inappropriée pour un fonctionnaire…

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J’ai de ce fait aimé le développement psychologique des personnages même secondaires, extrêmement bien fouillé et ambigu, en particulier la relation qu’entretient Monique avec Alain qui est franchement glauque. Ce dernier a une emprise presque diabolique sur elle. Il l’a façonné à son image et elle le suit aveuglément dans ses délires de mégalomaniaque. 

Jenna Colman, repérée dans Doctor Who est parfaite dans son rôle de femme si amoureuse qu’elle en frise la folie. Elle incarne à merveille la duplicité féminine. Son admiration et sa confiance quasi imperturbables en son amant sont déconcertantes. Monique se doute bien que son Alain n’est pas un ange et qu’elle flirte chaque jour avec la mort mais comment résister quand son amant possède le charme du diable? On comprend aisément qu’une femme ait pu tomber dans sa toile. 

Pour conclure, la BBC nous dévoile une fois de plus une brochette d’acteurs exceptionnels. La direction est impeccable et les stylistes ont fait un travail remarquable. Cette reconstitution fantasmée des années 70 est séduisante même si elle manque sûrement parfois d’authenticité. Reste que les costumes de Marie-Andrée alias Monique sont magnifiques. J’ai repéré quelques tenues dont j’aimerais m’inspirer. Lunettes de soleil teintées, cols pelles à tartes, blouses fluides et fleuries, tout y est. Des images d’archives ont par ailleurs été intégrées au fil de la série pour renforcer encore la crédibilité de l’histoire.

En outre, l’intrigue rythmée nous tient en haleine jusqu’au dernier épisode. Pas de scènes de sexe à tout va, ni de violence excessive, juste la dose nécessaire pour instiller le malaise et nous faire ressentir la touffeur d’un paradis qui finalement a tout l’air d’un enfer sur terre…. Nous voilà à notre tour subjugués. 

En bref : cette mini-série surprenante vaut sacrément le détour. Elle aborde également au passage avec beaucoup de finesse les déviances des voyages improvisés … On y réfléchira à deux fois avant de se lancer dans l’inconnu… Un sans faute pour ce thriller psychologique ébouriffant !

La bande-annonce:

Nouvelle participation au challenge Le mois anglais !

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Le charmant cottage d’Amelia par Abby Clements

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La chambre aux papillons

R88b9cb7fb9956ff99662557f46085635Suffolk dans la campagne anglaise. 

Posy Montague envisage de quitter son foyer, Amiral House, une demeure vétuste qui pourtant a abrité ses plus beaux souvenirs d’enfance. L’endroit accapare en effet toute son attention et la dame d’âge mûr ne se sent plus capable d’assumer les réparations de plus en plus coûteuses ni l’entretien fastidieux de cette bâtisse qui tombe malheureusement en décrépitude. Alors qu’elle s’apprête à prendre la plus grande décision de sa vie, un fantôme du passé refait surface à sa grande surprise. Cette réapparition surprenante la bouleverse d’autant plus qu’elle fait ressortir des souvenirs éprouvants qu’elle pensait pouvoir oublier à jamais … Pourquoi maintenant et quels secrets entourent cette soudaine réapparition? Posy pourra-t-elle affronter son passé afin de pouvoir enfin profiter sereinement du présent?

Voici ma deuxième rencontre avec cette romancière irlandaise et une fois encore la plume fluide et rythmée de Lucinda Riley a fait mouche ! J’admet sans rougir avoir été totalement bluffée par ce roman qui non seulement m’a procuré un plaisir de lecture immense comme je n’en avais pas ressenti depuis plusieurs mois, mis à l’exception peut-être de Miss Charity qui m’avait grandement plu, mais m’a également surprise par son retournement de situation inattendue. Ce roman s’est révélé une très belle surprise. J’ai en effet été ferrée dès les premières pages, impossible de détourner mes yeux de ce livre haletant (j’ai passé quelques nuits blanches agrippée à mon livre, les yeux rougis par la fatigue dans le seul but de connaître le fin mot de l’histoire). Je raffole des intrigues à tiroirs et il faut bien l’admettre, Lucinda Riley maîtrise à merveille ce genre tout particulier. Elle réussit avec brio à nous transporter d’une époque à l’autre sans jamais perdre un instant le fil conducteur de son intrigue qui est étonnamment riche. Je suis toujours admirative par tant de maîtrise. Les chapitres défilent de ce fait à une vitesse vertigineuse sans nous laisser vraiment le temps de pouvoir reprendre notre souffle. On ne s’ennuie guère à la lecture d’un roman de Lucinda Riley.

Cette lecture immersive hautement divertissante et addictive m’a d’ailleurs enchantée, bien plus que les derniers romans de Kate Morton qui m’ont paru un tantinet moins aboutis et finalement un peu ternes en comparaison. 

J’ai par ailleurs adoré suivre la jeunesse de Posy, l’héroïne principale du roman et en particulier son présent qui une fois n’est pas coutume m’a passionnée car cette femme d’âge mûr est tellement touchante ! Elle a ce je ne sais quoi de familier qui charme le lecteur dès les premières lignes. On s’attache à elle, on souffre pour elle et avec elle. J’ai aimé l’amour inflexible qu’elle ressent pour son père malgré les parts d’ombre de son passé. Sa mort soudaine est auréolée de mystère. Posy qui a grandi aux côtés de sa grand-mère, seule figure maternelle présente durant son enfance est une sorte de Jane Eyre moderne. Elle est à la fois vulnérable de par son triste passé, mais pourtant forte lorsqu’il s’agit de protéger les siens, ses fils tout comme leurs enfants et même sa bru pour qui elle éprouve un attachement tout particulier. Sa générosité est infinie. Le lien qu’elle entretient en outre avec Amy, sa belle-fille qu’elle sait pourtant délaissée et négligée par son propre fils, un rustre médiocre et brutal, est remarquable. Leur complicité est incontestablement l’un des points du roman qui m’a le plus touchée. Posy prouve bien que l’amour peut transcender les liens du sang. Une belle leçon de générosité.

Si la romance a bien entendu aussi une place prépondérante dans ce récit, elle n’empiète jamais sur l’intrigue. L’auteure évite ainsi toujours de sombrer dans les écueils des romans à l’eau de rose parfois trop mièvres à mon goût et dont je raffole peu. Certains passages sont cependant malgré tout bouleversants. J’avoue avoir versé ma petite larme en lisant les derniers chapitres.

OIP (3)Pour conclure, j’ai éprouvé étrangement une certaine mélancolie une fois la dernière page tournée. J’ai d’ailleurs eu du mal à me plonger dans une nouvelle lecture. Il m’a fallu du temps pour quitter cet univers so British tellement réconfortant. Je m’étais tant attachée à ces personnages de papier que j’en avais presque oublié la réalité. J’avais déjà eu la même expérience en lisant L’ange de Marchmont Hall que j’avais également adoré. J’ai dû de ce fait me faire violence pour remonter en selle, je me suis retrouvée confrontée à une curieuse panne de lecture. Tout me semblait fade. Le premier tome de la saga « Les Sept sœurs » m’attire depuis des semaines, je suis sous le charme… Vais-je faire une petite infidélité au mois anglais?… Le résumé est très alléchant, d’autant plus que les critiques élogieuses sur la toile sont légion. Affaire à suivre.  

En bref: si vous aimez les secrets de famille enfouis dans de vieilles demeures ancestrales, les histoires d’amour impossible dans un cadre bucolique particulièrement britannique, ce roman est fait pour vous. Cette lecture fut fabuleuse et m’a captivée au point d’en devenir insomniaque. Ponctuée de très belles surprises, l’intrigue est admirablement bien menée. Elle est par ailleurs servie par une écriture fluide et addictive.

Voici donc ma toute première lecture pour Le mois anglais. Si la romancière est officiellement irlandaise, l’intrigue de ce roman se déroule essentiellement en Angleterre. Les personnages sont par ailleurs tous britanniques. 

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Cette lecture s’inscrit également dans le Challenge Cottagecore dans la catégorie Les propriétés et jardins dissimulés. 

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Les dix ans du mois anglais/ Le Book club # auteurs irlandais

128534449_oLe mois anglais est enfin de retour et fête même ses dix ans cette année ! Les festivités reprennent ! Crissylda, Lou et Titine nous ont une fois encore concocté un menu très appétissant. J’attendais ce défi avec impatience. Ma Pal a d’ailleurs augmenté de façon exponentielle pour l’occasion ! Je ne sais plus où donner de la tête ni par où commencer tant les tentations sont grandes et les couvertures alléchantes ! J’ai en effet effectué pas mal d’emplettes sur la toile tout comme en librairie (certains titres sont en chemin). Je dois avouer que mon anniversaire a également contribué à faire encore augmenter ma liste de lectures déjà bien fournie. J’ai dû recevoir en cadeau pas moins d’une dizaine de livres (romans graphiques inclus neufs et de seconde main) de quoi tenir certainement jusqu’à l’année prochaine. Je suis aux anges ! Vous me connaissez néanmoins, il semble que je n’en ai jamais assez, à force de flâner à droite à gauche sur les blogs littéraires je me retrouve toujours avec de nouvelles idées d’achats compulsifs. C’est le porte-monnaie qui va une fois de plus souffrir !

Trêves de papotages, voici donc ma “modeste” PAL so british pour les semaines à venir, un petit échantillon (tout petit riquiqui…) :

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Bien entendu, je doute encore réussir à en venir à bout en l’espace d’un seul mois, qu’importe puisque le challenge A year in England nous permet de poursuivre notre incursion anglaise sans souci durant toute l’année ! Je trouverai bien le moyen de les placer… Je compte puiser au fil de mes envies dans cette liste. Les billets de cinéma seront également au rendez-vous. J’ai très envie de visionner enfin la série The Crown et de voir Bright Star, Miss Potter ainsi que Mary Shelley pour les soirées ciné Pop corn qui se poursuivent.

Challenge Cotagecore 2021 1Après le défi littéraire Un mois au Japon qui m’a tout de même permis de lire pas moins de sept livres et de découvrir trois films, tous chroniqués sur le blog, je me sens d’humeur à partir explorer de nouvelles contrées. La campagne anglaise me fait de l’œil depuis quelques semaines déjà, d’autant plus que j’ai aussi débuté pour la toute première fois mon défi le challenge Cottagecore qui met à l’honneur les ambiances champêtres et bucoliques. Me voilà donc parée pour de nouvelles aventures livresques ! Si vous souhaitez nous rejoindre c’est par ici ! Le mois anglais est tout à fait compatible avec ce dernier.

Pour cette nouvelle saison du mois anglais, j’ai décidé de suivre mes envies et de choisir le programme libre, ayant tendance à procrastiner lorsqu’il s’agit de poster mes billets en temps et en heure. De plus, les contraintes freinent souvent mes désirs de lecture qui varient inlassablement selon mes humeurs du moment. Il m’arrive de changer d’avis à la dernière minute… Je m’éparpille sans cesse c’est pourquoi il vaut mieux m’en tenir à mon rythme de croisière habituel.

Enfin, une fois n’est pas coutume j’avais grandement envie de partager avec vous mon programme de lecture du Book club auquel je participe activement chaque mois. Mes copines et moi nous retrouvons le 12 juin pour discuter autour d’une thématique précise. Nous avons sélectionné cette fois-ci les auteurs irlandais. Le Royaume-Uni sera donc au cœur de mes lectures. Heureusement, certains titres iront parfaitement bien dans le challenge Le mois anglais puisqu’il se déroule tous… en Angleterre ! (héhé voilà comment faire une pierre deux coups !) Voici une petite sélection pour l’occasion. N’ayant pas beaucoup de romans d’auteurs irlandais dans ma bibliothèque, j’en ai aussi profité pour faire un petit saut à la médiathèque :

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Je suis par ailleurs sur le point d’achever la lecture de La chambre aux papillons de Lucinda Riley, une auteure que j’affectionne énormément ! Peut-être même plus que Kate Morton… Je vous en parlerai dans mon tout prochain billet pour le rendez-vous du Cottagecore initialement programmé pour le 30 mai (une lecture qui met à l’honneur les animaux, insectes et fleurs) mais qui sera finalement repporté exceptionnelement demain pour ouvrir officiellement le bal du Mois anglais.

A défaut de pouvoir voyager ces prochains mois de l’autre côté de l’Atlantique puisque les frontières sont à nouveau fermées, je m’évaderai ce printemps ainsi que cet été à travers les livres et je profiterai pleinement des paysages reposants de ma campagne normande qui est si belle cette année… Je suis prête pour cette nouvelle aventure ! Et vous?

Publié dans blablas littéraires, Challenge A year in England, Challenge Cottagecore, Challenge Le mois anglais, La littérature fait son cinéma, Les challenges, Littérature anglaise, Soirée Pop-corn ciné | 21 commentaires

L’été de la sorcière de Nashiki Naho

OIP (2)Mai, une petite fille de treize ans, timide et introvertie, manque de confiance en elle. Sa mère ne la reconnaît plus et s’inquiète de la voir de plus en plus sombrer dans la mélancolie. Elle se terre dans le silence et ne veut rien divulguer. Du jour au lendemain, la jeune fille a décidé qu’elle ne voulait plus franchir les grilles de son école. Qu’est-il arrivé à sa fille si joyeuse ? Désemparée, sa mère, décide de l’envoyer se ressourcer durant les vacances d’été à la campagne chez sa grand-mère d’origine anglaise. Celle que l’on surnomme dans la famille la “sorcière” possèderait des dons de guérison pouvant panser les plaies les plus profondes. D’abord réticente à l’idée de quitter son foyer, dernier rempart à la vie extérieure qui l’effraie, Mai ne se doute pas de ce qui l’attend là-bas… Cet été demeurera pourtant à jamais l’un des plus beaux souvenirs de son enfance…

Je ne sais comment aborder la critique de ce petit livre… J’en garde déjà étrangement un souvenir vague à peine terminé, ce qui m’arrive rarement lorsque je lis… Ma lecture fut en effet à mon grand regret en demi-teinte. Si ce court roman durant sa première publication en 1991 avait remporté un petit succès d’édition et avait été couronné de trois prix, aujourd’hui à mon sens, l’histoire paraît un tantinet éculée. Pourquoi me direz-vous? Et bien tout bonnement parce que depuis ce petit phénomène littéraire, d’autres auteurs ont repris le même filon avec davantage de succès et d’inventivité. Il semble d’ailleurs que cette œuvre s’inspire déjà quelque peu des Souvenirs de Marnie de Joan G. Robison, un classique anglais du XXème siècle réédité cette année par les éditions de livres de luxe, Toussaint Louverture (sans-doute l’une des prochaines lectures programmées).

Néanmoins, les personnages sont touchants tout comme la relation qu’ils tissent peu à peu. Ce lien particulier qui unit une grand-mère à sa petite fille est très émouvant. Leur complicité évolue à mesure qu’elles découvrent toutes deux leur passion commune pour la terre. Autour du potager, de la culture des plantes et de la confection de confitures de délicieuses fraises cueillies au détour d’une clairière, Mai va peu à peu conjurer le chagrin et l’angoisse qui la tenaillent et l’empêchent d’avancer dans sa vie. En ordonnant son quotidien, elle découvre le plaisir des choses simples comme l’odeur du linge propre lavé avec soin … Ainsi, le personnage de la grand-mère dont on ne connait très peu le passé, lui apprend à maîtriser les émotions fortes qui la submergent inlassablement, et à affronter également sa peur viscérale de la mort… Elle lui inculque aussi la patience et la gratitude.

Cette recette du bonheur m’a grandement plu tout comme le jardin enchanteur de cette grand-mère si généreuse et bienveillante qui devient pour Mai un sanctuaire paisible. Malheureusement, à la lecture du livre, un aspect du roman semblait dissonant. L’écriture est finalement assez inégale. La première partie fut excellente à l’exception du monologue final de la grand-mère dans les derniers chapitres censé clôturer ce joli livre qui plombe le rythme du roman.

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Photo extraite de l’adaptation cinématographique japonaise du livre intitulée The Witch of the West is Dead (le film est introuvable malheureusement)

Au fond, si cette bluette aux vertus pseudo-thérapeutiques semblait prometteuse, elle s’est tristement révélée trop brumeuse et superficielle. Il semble que la romancière se soit essoufflée à mi-parcours. Certes, l’écriture est limpide, les descriptions de la nature sont merveilleuses et ont le mérite de nous faire ressentir à nous lecteurs, tout comme la jeune héroïne l’éprouve à mesure qu’elle découvre sa grand-mère, une certaine quiétude, apaisante et réconfortante. Mais le roman a t-il nécessairement besoin d’autant de digressions? Malgré sa petite épaisseur (164 pages), le livre m’a paru interminable. L’intrigue est inexistante et le dénouement semble avorté comme si l’auteure n’avait su comment conclure son histoire qui reste au final en suspens.

La narratrice m’a également souvent agacée par son attitude agressive et toujours sur la défensive. Ses états d’âme tout comme sa tristesse m’ont laissée de marbre. En outre, elle manque cruellement de sympathie. C’est une adolescente renfrognée. Bien entendu, ce comportement est lié à une sévère phobie scolaire mais on ne sait ce qui lui est véritablement arrivé en classe avec ses camarades. J’aurais aimé en savoir davantage sur son passé et ses traumatismes pour éprouver davantage d’empathie envers elle. Je suis restée sur ma faim. Les réflexions sur la vie qui passe sont en outre un peu survolées. La peur de la mort demeure une thématique récurrente dans les œuvres japonaises. Cependant, elle me paraissait mieux abordée dans de précédentes lectures, plus profondes et ce malgré leur brièveté. Le somptueux album illustré Le Kimono Blanc destiné à un lectorat jeunesse m’avait davantage touchée et émue (ma chronique ici) et pourtant il est bien court en comparaison.

Pour conclure, ce roman d’apprentissage est un peu trop tristounet à mon goût. Cette petite parenthèse pourtant douce mais sans véritable remous, à mon sens, est un peu fade. J’ai été d’abord particulièrement attirée par les thématiques proposées telles que l’acceptation de la mort ou encore la difficulté d’aborder le harcèlement à l’école avec un adolescent, mais à mon grand regret, l’ennui s’est promptement installé. Le livre a fini par me tomber des mains. J’ai dû me faire violence pour ne pas stopper net cette lecture un brin trop contemplative et devenue au fil des pages de plus en plus laborieuse et presque soporifique. Un vrai calvaire … Je suis complètement passé à côté de ce “bijou”…

Peut-être ai-je trop lu récemment de littérature japonaise et suis enfin arrivée en bout de parcours. Il semble que j’ai atteint avec ce roman une certaine lassitude… Heureusement le challenge Le mois anglais se profile doucement à l’horizon et fête d’ailleurs ses dix ans ! Nous voilà donc partis pour une nouvelle incursion littéraire qui promet d’être très enrichissante et passionnante ! Je suis sur les starting blocks ! Je vous retrouverai donc prochainement pour  partager pour l’occasion ma PAL avec vous !

Cette lecture conclue ma participation au challenge Un mois au Japon et s’inscrit aussi dans le challenge Cottagecore dans les catégories The cottagecore lifestyle, Retour aux sources et Propriétés et jardins dissimulés.
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