L’île sous la mer

Après avoir lu Les Déracinés, une œuvre magnifique et passionnante qui m’a donnée l’envie furieuse de m’évader à l’autre bout du globe, Catherine Bardon ayant un talent inné de conteuse, je me suis tournée vers l’une de mes romancières fétiches, la grande Isabel Allende, afin de poursuivre encore un peu plus l’exploration de cette terre énigmatique qu’est la République dominicaine. Si cette destination fait aujourd’hui rêver les touristes en mal de vitamine D et d’escales exotiques, cette terre n’a pourtant pas toujours été aussi paisible et accueillante car l’histoire de son peuple s’est principalement bâtie sur du sang, celui d’esclaves arrachés à leur pays d’origine: La Guinée, l’île sous la mer comme la nomme avec nostalgie ceux qui ont survécu à leur déracinement. 

Fin du XVIIIème siècle, Saint Domingue, Zarité surnommée “Tété” est vendue à l’âge de neuf ans à Toulouse Valmorain, un aristocrate français désargenté qui se voit confié, à la mort de son père, sa plantation de cannes à sucre de prime abord peu prometteuse. La petite Tété découvre alors qu’elle grandit, la rude vie des esclaves dans les champs, tout comme leur sort funeste: maltraités, torturés et inlassablement humiliés par des maîtres implacables qui ont le droit de vie ou de mort sur leur misérable existence, ces esclaves luttent chaque jour pour leur survie. Malgré, cet univers infâme et d’une brutalité bestiale, Zarité survivra grâce à son courage et à une détermination chevillée au corps, celle d’accéder un jour à sa liberté… Lorsqu’une insurrection menace la disparition de sa plantation, Valmorain qui échappe de justesse au massacre, n’a d’autre choix que de fuir à la Nouvelle-Orléans pour reconstruire son empire. Tété l’accompagne pour le servir une fois encore… Mais le combat pour l’émancipation des noirs est loin d’être terminé… Il ne fait que commencer. Zarité sans le vouloir se retrouvera au coeur de cette débâcle et participera elle aussi à l’effondrement progressif de l’esclavage…

Voilà un grand roman foisonnant et captivant ! Cette lecture formidable m’a transportée. Isabel Allende conte avec maestria la révolte progressive du peuple haïtien. Sans oeillères, elle fait revivre une époque incroyable qui semble presque plus proche d’un rêve (voire d’un cauchemar !) que de la réalité et pourtant, cette période effroyable et glaçante de l’histoire a bel et bien existée. J’ai été particulièrement abasourdie et révoltée de découvrir les horreurs commises sur les esclaves pour le profit. On oublie souvent qu’elles ont été leurs conditions de vie. Ils étaient considérés avec bien moins d’égard que de vulgaires bêtes de somme, s’ils tentaient de s’enfuir, ils pouvaient subir la colère furieuse de leurs maîtres. Ainsi  les coups de fouets, tout comme l’amputation d’un membre pour donner une leçon à l’esclave insolent et récalcitrant, était monnaie courante. Les viols de petites filles noires par leurs maîtres qui engendraient des bâtards à tour de bras faisaient également partie du quotidien des blancs établis dans les Caraïbes. Zarité appartient à son maître qui entretient avec elle une étrange relation de dominant à dominé. Valmorain, cet aristocrate sûr de son bon droit, violent et possessif est un personnage qu’on aime détester. Il est raciste et est convaincu d’être un propriétaire terrien juste. Il rechigne à torturer excessivement ses esclaves et laisse la sale besogne à ses gérants plus cruels. Il ne souhaite pas s’embarrasser des ses vétilles qu’ils considèrent nécessaires bien que vulgaires… En somme,  il est difficile de lui trouver des qualités expiatoires.  

A contrario, pour son époque, on le considère comme un homme bon et généreux, un tantinet sentimental !  Valmorain abuse de Zarité dès son plus jeune âge.  Violée et battue, elle lui restera cependant fidèle jusqu’à son émancipation. 

J’ai également découvert qu’il existait à cette époque une hiérarchie de couleurs aussi importante que les classes sociales dans les Antilles. Ce classement complètement incongru et absurde a encore des répercussions sur la population actuelle dominicaine. Saint-Domingue est composée d’une population assez hétéroclite. Les Grands Blancs (qui sont les colons européens blancs) dominent la société aristocrate de l’île, les Petits Blancs représente la classe pauvre des blancs stationnée dans les Caraïbes, les mulâtres issus du mélange blancs et noirs “dégradant” pour l’époque vivent en retrait de la population noire qu’ils méprisent. Enfin, si la plupart du peuple haïtien est asservi, certains sont aussi en revanche affranchis. Les raisons de leur émancipation ne sont malheureusement pas souvent louables, un esclave peut être libéré “généreusement” par son maître s’il ne représente plus aucun intérêt de rendement… Un infirme peut ainsi rejoindre la multitude d’affranchis condamnés à la mendicité faute d’opportunités d’emplois…

Enfin, j’ai appris avec surprise qu’il existait au sein même de la société mulâtre un classement d’importance. Plus la couleur de la peau était claire et se rapprochait de celle d’un blanc et plus les possibilités d’un avenir prometteur étaient grandes. Certains colons blancs pouvaient ainsi par le recours d’un “plaçage” entretenir une maîtresse métissée et faire des enfants avec elle. Ses derniers pouvaient être selon le bon vouloir du blanc, vendus par leurs propres pères au plus offrant en tant que esclaves ou, s’ils étaient chanceux être élevés comme des mulâtres aisés dans des pensions privées en espérant un jour pouvoir être émancipés…

Pour conclure, ce roman dense à la fois sensible et déroutant fut une lecture formidable. J’ai englouti L’île sous la mer en l’espace de quelques jours malgré l’épaisseur du livre (611 pages)! J’ai à nouveau retrouvé la plume pleine de panache d’Isabel Allende qui m’avait enchantée il y a quelques années à la lecture de Zorro et de La maison aux esprits. J’ai ainsi aimé la suivre dans les coulisses de l’Histoire et trembler pour Zarité, une héroïne profondément touchante et humaine. Son destin tortueux m’a ému jusqu’aux larmes.

La romancière nous entraîne ainsi donc dans un tourbillon étourdissant de rebondissements palpitants où le lecteur rencontrera une multitude de personnages fantasques et hauts en couleurs inoubliables tels que Toussaint Louverture, dans un univers teinté du réalisme magique propre à la littérature latino-américaine que j’adore. Si j’ai beaucoup aimé le personnage de Zarité, la grande héroïne du roman, je garde tout de même une préférence pour Violette Boisier, une cocotte mulâtre à la peau d’albâtre qui tentera avec ses propres “petits” moyens de venir en aide à Zarité…

En bref: Une grande saga historique envoûtante et inoubliable mêlant habilement le réalisme magique latino-américain emprunt d’exotisme. Je vous invite à suivre  le périple extraordinaire de Zarité et ainsi découvrir la véritable histoire de l’indépendance d’Haïti et la naissance de la Louisiane au XVIIIe siècle. Si vous aimez vous aussi Isabel Allende, n’hésitez pas à faire un tour ici  pour lire mon billet sur La maison aux esprits !

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Les déracinés de Catherine Bardon

Attention coup de coeur !

Dans le cadre du book club, j’ai dernièrement fait l’acquisition de ce roman magnifique. L’une de mes copines du club l’avait grandement apprécié, c’est pourquoi j’ai délaissé toutes mes lectures du moment pour me plonger complètement dans ce premier tome, celui d’une saga familiale déjà fort prometteuse ! Les déracinés conte l’incroyable aventure humaine d’une petite famille juive et bourgeoise d’origine autrichienne qui, pour fuir le nazisme galopant en Europe, s’embarque dans un voyage fou à l’autre bout du globe et atterrit malgré elle en République dominicaine où elle doit monter un Kibboutz (une exploitation agricole communautaire)… 

L’histoire débute de ce fait à l’aube de la Seconde Guerre mondiale à la fin des années 30. La première partie du roman suit l’effondrement progressif de l’Autriche et de sa capitale Vienne, cette ville lumière, noyau intellectuel de l’Europe. Almah et Wilhelm vivent le parfait amour, leur avenir semble tout écrit. Elle deviendra dentiste, quant à lui, il est promis à une brillante carrière de journaliste. Tous deux mènent une petite vie bourgeoise de bohême et observent la nazification de leur pays d’un œil distant. Ils ne se sentent pas vraiment concernés par la traque des juifs qui sont de plus en plus traités comme des pestiférés et mis au ban de la société autrichienne. Le couple appartient avant tout à une communauté de juifs assimilés, ils ne sont en effet pas vraiment pratiquants (ils ne parlent d’ailleurs pas l’hébreu comme leurs pairs) et refusent de circoncire leur propre fils pour satisfaire les coutumes ancestrales de leurs parents, qu’ils jugent particulièrement barbares. Ils célèbrent même Noël et ne dérogent jamais à la tradition du sapin. En somme, ils se considèrent avant tout autrichiens plutôt que juifs… Et pourtant l’Histoire se chargera de leur rappeler leurs origines. 

     En lisant cette œuvre foisonnante , j’ai eu l’impression de lire deux romans combinés en un seul tant les événements et bouleversements de ce livre sont multiples et riches. J’ai retrouvé dans la première partie une atmosphère romantique et désespérante analogue aux œuvres majeures de Stefan Zweig. L’aura de ce grand romancier est ainsi présente à chaque page, son suicide est par ailleurs suivi de prêt par le personnage de Wilhem qui voit l’écrivain comme son mentor. Les premiers chapitres sont particulièrement denses, un nombre important de termes allemands sont employés au fil de l’histoire, ce qui pourrait de prime abord déstabiliser un lecteur peu aguerri. Toutefois, l’écriture limpide de l’auteure rend cette lecture somme toute prenante.

L’atmosphère demeure dans la première partie assez oppressante puisque l’on suit les méandres de ce couple qui décidera trop tardivement de quitter son pays pour tenter d’échapper à la Shoah. Le couple est d’abord balloté d’un camp de déportation à un autre (Almah et Wilhelm resteront plus d’un an en Suisse à vivre et survivre dans des conditions spartiates) avant finalement de pouvoir arriver à bon port. 

J’ai découvert avec effroi que si certains juifs avaient pu fuir l’horreur des camps de concentration, ils n’étaient pas non plus les bienvenus à l’étranger, et étaient refoulés d’un pays à l’autre. Il existait, en effet, un quota de juifs autorisé pour chaque nation, ce que j’ignorais. Pour pouvoir obtenir un visa, il fallait pouvoir payer le prix fort des tarifs de contrebande, et beaucoup d’entre eux étaient malheureusement souvent victimes de malhonnêteté, et des fameux profiteurs de guerre qui n’hésitaient pas à les déposséder de tous leurs bien pour se remplir les poches. Quelle tristesse de voir nos deux héros vendrent jusqu’à leurs dernières toilettes pour pouvoir obtenir une éventuelle porte de sortie…

La seconde partie du roman prend un tournant on ne peut plus surprenant ; des ténèbres jaillit finalement une lumière et le jeune couple, à peine débarqués en Amérique, est ainsi la victime d’une arnaque et se trouve contraint à rebrousser chemin. Les visas se révèlent être en effet des faux.Wilhelm et Almah ont alors le choix entre retourner en Europe pour rejoindre à nouveau un camp de déportation où ils auront de fortes chances d’y moisir pendant plusieurs mois avant d’être inexorablement envoyé dans un camp de concentration pour être exterminés ; ou bien rejoindre une communauté d’illuminés à Sosua, en République dominicaine, pour bâtir un kibboutz, une idée farfelue de la “Joint », une organisation humanitaire chargée de protéger les juifs. On découvre finalement que ce projet n’a rien d’innocent, la communauté sert avant tout de cobayes pour la réalisation d’un kibboutz gigantesque en vue de la création de l’État juif en Palestine. 

   J’ai particulièrement aimé cette partie du roman car par certains aspects j’y ai retrouvé l’ambiance des expatriés que relatait ma grand-mère dans ses journaux intimes à Madagascar (qui faillit bien devenir une colonie de peuplement juif). Les personnages évoluent dans un univers suspendu dans le temps. Les jours s’égrènent avec lenteur, la touffeur du climat est amollissante. Je ne connaissais rien pour ainsi dire de l’histoire des Caraïbes.

En 1938, durant la conférence d’Evian organisée par les Américains, trente-deux pays sont conviés pour décider du sort des réfugiés juifs, or, aucun ne souhaite vraiment leur venir en aide (quelle honte et quel gâchis de pertes humaines !), la France incluse… Seul un petit pays perdu au milieu des mers des Antilles répondra à leur appel. Rafel Trujillo, un dictateur atteint de mégalomanie, leur propose en effet un refuge sur son île dominicaine. Ce mulâtre raciste voit l’opportunité de se refaire une réputation d’homme charitable en s’attirant les bonnes grâces de l’Amérique qui lui reproche le génocide à peine dissimulé de 30 000 Haïtiens. Il pense aussi par la même occasion pouvoir « blanchir » un peu plus sa population qu’il juge trop noire et marquée par le métissage. 

Quelle histoire incroyable tout de même ! Ce roman formidable aux accents de robinsonnade est étonnamment ambitieux. J’ai été happée dès les premières pages par ce récit. Si les événements semblent parfois rocambolesques, cette épopée extraordinaire reste tout de même réaliste car elle s’appuie sur des faits véridiques, bien que les personnages soient fictifs (au milieu du livre, l’auteure a pris soin d’ajouter de vieux clichés des habitants et du lieu pris sur le vif dans les années 30). Ainsi donc, il y a bel et bien eu des pionniers juifs envoyés en République dominicaine pour établir un kibboutz. La romancière aurait d’ailleurs rencontré l’un de ces premiers réfugiés sur l’île qui lui aurait conté l’histoire de sa famille lors de son arrivée en 1939. 

En bref: Pour conclure, ce roman nous transporte, c’est un pur chef-d’œuvre. Un témoignage magnifique et bouleversant. La romancière  Catherine Bardon fait revivre avec maestria un pan méconnu de l’histoire de l’exode juif. Plus de 900 000 juifs ont par ailleurs fui leur patrie originelle pour échapper à l’obscurantisme du nazisme. L’Autriche qui comptait un nombre incalculable de romanciers et d’artistes brillants a subi une véritable holocauste intellectuel. Les deux héros, apatrides,  de ce premier tome représentent bien cette élite contrainte de se réinventer en tant qu’exilés… Si j’ai particulièrement aimé le personnage d’Almah, c’est par ce qu’à mon sen, elle est la vraie héroïne de cette histoire, une femme extrêmement féminine et pourtant féministe, à la capacité d’adaptation phénoménale et une âme pure ; j’ai en revanche moyennement réussi à m’attacher à Wilhem trop ancré dans le passé et parfois trop pessimiste à mon goût.

Certes, le ton de ce roman demeure assez triste, mais malgré l’ombre persistante de la Shoah, les enfants de cette nouvelle génération de réfugiés juifs grandiront et s’épanouiront dans un endroit idyllique.  Loin du souvenir effroyable des camps de concentration, ils parviendront à faire le deuil de leur nation d’origine sans toutefois renier leur identité et trouveront enfin leur place en cultivant leur propre terre ailleurs, car comme le dit si bien Almah (un prénom qui lui va si bien), cette vieille âme qui est la sagesse incarnée: “sans racine, on n’est qu’une ombre” … Une belle leçon de vie à méditer !

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La p’tite PAL de Poupouche

Si les billets consacrés à la littérature sont légion sur ce blog, il était temps d’ouvrir une petite rubrique dédiée aux découvertes livresques des touts petits. Maman d’une toute petite fille de 18 mois, je m’intéresse de plus en plus aux ouvrages destinés à l’éveil des enfants, j’apprends au fur et à mesure que ma fille grandit et il m’arrive même de redécouvrir parfois des trésors de mon enfance que j’avais malheureusement oubliés au fil des années. En flânant sur les blogs des copinautes, j’ai  ainsi suivi avec plaisir les lectures qu’elles faisaient en compagnie de leurs petits bouts de choux, cela m’a donné envie de vous faire partager les nôtres.

A mon tour, je vous propose donc une petite sélection des livres et magazines qui sont venus s’ajouter à la PAL de ma Poupouche. Je pense vous en parler régulièrement. Les livres ont toujours eu une place de choix dans ma vie et j’espère de tout coeur transmettre cette même passion à ma fille, c’est pourquoi, j’ai cherché des idées de lectures d’éveil accessibles à son âge et à ses intérêts. 

Cette semaine, nous avons parcouru ensemble le magazine Abricot qui était dédié ce mois-ci à la galette des rois. Cela tombait bien puisque nous venions de célébrer cette tradition en famille autour d’un bon repas. La Poupouche a tout de suite repéré la couronne des rois et a indiqué de son petit doigt dodu sa tête ce qui m’a bien fait sourire. Elle commence à associer les images aux idées. Il y avait dans ce numéro, deux petits jouets qui ont remporté un franc succès à la maison, deux petits escargots sur roulettes pour jouer à la course. Ce cadeau original nous a occupé toute la soirée. La Poupouche a aussi aimé les petites histoires proposées. Il y a une bande-dessinée très sympathique sur les indiens. L’histoire était suffisamment simple et courte pour qu’elle puisse la suivre jusqu’au bout. En ce moment, nous aimons bien lire une petite histoire avant de se coucher. Sa durée de concentration s’améliore de jour en jour. Il y a une autre histoire sur les bisous que je trouve tout simplement adorable. Les dessins sont doux dans des couleurs pastelles relaxantes. Nous avons eu quelques éclats de rire en nous entraînant à reproduire le “bisous trompette” (ces vignettes garantissent de bons moments de complicités). 

Bien que ce magazine s’adresse en principe aux enfants de 2 à 3 ans, il s’est révélé tout à fait accessible pour ma fille, aussi je compte bien en acheter un à nouveau. J’aime qu’il soit à chaque fois thématique. J’ai hésité à prendre un abonnement mais j’ai déjà craqué pour un autre, la Poupouche est désormais abonné au Magazine Mikey Junior. Fondant m’a convaincue (merci à toi si tu passes par ici), elle en faisait l’éloge sur son blog dans cette chronique. Son petit lardon l’avait grandement apprécié. Je vous parlerai  donc prochainement de cette revue.

Nous avons aussi découvert le Hors-série de Petit ours brun qui paraît tous les mois. Ce magazine peut être abordé dès l’âge d’un an, il semblait donc tout à fait adapté à la Poupouche. J’ai beaucoup aimé le petit décor ainsi que les figurines qui complètent le numéro. La thématique de l’hiver est représentée avec des illustrations magnifiques et féériques. Des jeux permettent d’apprendre à l’enfant à repérer des objets ainsi que des personnages dans de jolis paysages. Nous allons le tester dans les semaines à venir. Pour le moment, la Poupouche a été davantage sensible aux figurines plutôt qu’au livret qui malheureusement l’a laissée assez de marbre. Pas grave, nous tenterons demain soir lorsqu’elle sera plus calme… Il a fallu d’ailleurs batailler pour maintenir le décor en un seul morceau, la tâche n’a pas été aisée ! 

Nous avons également acheté un hors série du magazine Popi, un régal pour les yeux. Ce numéro est aussi dédié à l’hiver et nous fait voyager dans le pays des esquimaux. Il y a une palette d’autocollants superbe et bien fournie, de quoi occuper la Miss durant les après-midis pluvieux. Faute de balade, elle pourra au moins s’amuser à jouer avec ses décors. Nous aimons beaucoup les stickers et elle en raffole particulièrement. 

Enfin, deux livres d’histoires Disney sont venus rejoindre la petite bibliothèque de bébé. La Poupouche est en effet passionnée par les dessins-animés (nous avons pris la plateforme Disney +). Si le temps de télévision à la maison est surveillé et restreint, notre farfadet adore les chansons de Vianna que nous écoutons aussi en boucle en français comme en anglais dans la voiture (seul moyen de calmer les pleurs durant les longs trajets…).  Elle chantonne et fredonne les mélodies devenues familières. Depuis quelques semaines, elle a aussi compris le sens des livres et pose son doigt sur l’écriture pour faire comme maman et faire semblant de lire comme une grande… Leclerc propose désormais des livres de seconde main dans notre ville et à des prix franchement imbattables. J’avais l’habitude de me fournir dans les points culturels, je compte bien profiter de cette aubaine pour renflouer la petite PAL de notre Miss. Pour moins de cinq euros, je suis repartie avec deux livres en excellent état et sans ratures ! La Poupouche vous tiendra au courant de ces lectures ! Pour l’heure, nous allons tenter de l’occuper, elle n’a nullement envie d’aller se coucher…. La nuit ne fait que commencer…

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L’ange de Marchmont Hall de Lucinda Riley

Nouvelle année et nouveaux objectifs de lecture ! Ces derniers mois ont été éprouvants moralement pour chacun d’entre nous et je dois bien l’avouer les livres ont été mon principal refuge pendant cette période trouble. J’ai retrouvé grâce à eux le goût de la curiosité, tout  comme celui de l’émerveillement. J’ai rêvé, pleuré, j’ai voyagé et j’ai été transportée d’un livre à l’autre. Je me suis de ce fait fixé un nouveau défi pour 2021: poursuivre cette grande aventure, en tentant coûte que coûte de rester régulière sur ce blog en essayant de partager avec vous, un maximum de lectures.

Lucinda Riley est une auteure irlandaise fantastique que je viens à peine de découvrir grâce à la lecture passionnante de L’ange de Marchmont Hall. C’est en effectuant en décembre, les dernières emplettes que j’ai déniché au détour d’un point culture, ce roman fabuleux… Quelle belle surprise ! Dès les premières pages, j’ai été complètement happée par cette lecture, au point de délaisser mes tâches ménagères ! Cette saga familiale suit le parcours cahoteux de trois générations de femmes. L’histoire oscille entre les années d’après-guerre (1945) et les années 80.  

1985. Greta retourne pour Noël à Marchmont Hall, une magnifique demeure située dans les collines de Monmouthshire au Pays de Galles. Elle n’y a pas mis les pieds depuis une trentaine d’années. David, un acteur talentueux et séduisant qui l’a invitée, espère pouvoir raviver la mémoire défaillante de sa vieille amie. Cette dernière est devenue amnésique à la suite d’un terrible accident de voiture qui a effacé de sa mémoire vingt ans de sa vie. Durant une promenade dans le parc, Greta trébuche sur une tombe dissimulée sous la neige, celle d’un petit garçon… Cette étrange découverte la bouleverse ; qui était donc ce petit ange trop tôt disparu? Peu à peu, ses souvenirs, par bribes fragmentaires refont surface… Des images douloureuses, celles notamment de sa fille Cheska qu’elle avait elle aussi oubliée. Greta parviendra-t-elle à faire le deuil de son passé pour réécrire son histoire et peut-être même envisager un possible futur?

Si vous êtes, lecteurs, à l’affût d’un “page turner” pour occuper vos soirées cet hiver, ne cherchez plus, ce livre est la solution ! Certes, ce roman est tout de même une belle brique de 700 pages, mais on ne s’ennuie jamais.  Derrière une histoire en apparence anodine, celle du récit d’une femme amnésique, un choix d’écriture qui pourrait paraître un brin sans surprise, se dissimule finalement un petit bijou d’inventivité. La trame de ce roman est en effet riche en émotions. L’intrigue est ainsi particulièrement bien troussée car Lucinda Riley a un talent inné de conteuse. J’ai aimé suivre le récit poignant de Greta, sa lente convalescence et l’évolution de sa relation avec David, cet homme foncièrement bon et généreux qui a tout tenté par amour pour veiller à son bonheur. Dans cette galerie foisonnante de personnages, je retiendrai le portrait glaçant et à la fois désespérant de Cheska, une femme-enfant trop tôt aspirée par Hollywood… L’auteure décrit d’ailleurs admirablement bien la descente aux enfers de ce personnage féminin ambivalent qui, schizophrène, sombre peu à peu dans une folie destructrice. Le lecteur suit ainsi les déconvenues de trois femmes: la mère, sa fille ainsi que sa petite-fille … Si l’héroïne Greta par son opportunisme et sa volonté obsessionnelle de faire de Cheska une star, (une erreur monumentale dont elle devra subir les conséquences tout au long de sa vie), est un personnage parfois un tantinet agaçant, elle demeure malgré tout bouleversante. Sa vulnérabilité tout comme son amour aveugle et démesuré pour sa fille est touchant.

En bref : cette lecture addictive est une merveilleuse découverte, un grand coup de cœur !  Par certains aspects, cette saga familiale alternant avec brio les sauts dans le temps m’a rappelé les romans de Kate Morton, bien que je me rends compte que Lucinda Riley maîtrise incontestablement mieux le genre … Je ne serais pas étonnée de voir son œuvre adaptée pour le petit écran dans une mini série so British … Elle serait un vivier d’inspiration prodigieux, et donnerait sans-doute naissance à un projet bien plus tentant  et abouti que la série Period drama de Bridgerton (qui devait soit-disant détrôner Downtown Abbey), une petite daube produite actuellement par Netflix et dont l’intrigue est malheureusement d’une superficialité désolante… Quel gâchis d’idées ! 

Qu’à cela ne tienne, j’ai encore quelques bons romans de Lucinda Riley sous le coude à découvrir. Je compte par ailleurs me procurer d’autres titres de cette romancière excellente. La saga Les sept sœurs me tente grandement tout comme La chambre aux papillons. Affaire à suivre !

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Attention énorme coup de coeur ! 

XIXème siècle, sur l’île du Prince Edward, Canada. Anne Shirley, jeune orpheline d’une dizaine d’années vient d’apprendre une nouvelle extraordinaire, la voilà enfin adoptée par un frère et sa sœur, tous deux âgés et sans enfants, dans la jolie ferme bucolique de Green Gables à Avonlea. A son arrivée, Anne n’en croit pas ses yeux, cet endroit enchanteur aux paysages romantiques semble tout droit sorti d’un rêve ou d’une carte postale… Se pourrait-il que cette orpheline, tant de fois maltraitée, ait enfin trouvé son foyer?  À son grand désarroi, l’orpheline déchante malheureusement très vite, elle n’est une fois de plus pas vraiment désirée, on attendait un garçon pour aider à la ferme et voilà que débarque à sa place à la gare, une petite rousse extravagante particulièrement bavarde… La fratrie Cuthbert d’abord réticente à l’idée de garder cette fille curieuse, un nouveau fardeau pour ce drôle de couple et une nouvelle bouche à nourrir, décide finalement contre toute attente et malgré les avertissements de leur entourage, d’accueillir l’orpheline sous leur toit. Cette décision étrange et étonnante marquera le début d’une grande aventure humaine pour ce frère et cette sœur qui depuis de nombreuses années vivent reclus et embourbés dans une réalité triste et routinière…

Comme j’ai aimé cette lecture, comme j’ai pleuré et comme je me suis émerveillée au fil des chapitres en découvrant le destin rocambolesque de ce petit bout de femme un brin féministe avant l’heure. J’ai en effet été profondément émue par le personnage d’Anne qui rappelle par certains aspects de sa personnalité la vaillante Jo des Quatre filles du Docteur March. Tout comme cette dernière, Anne est une petite fille fantasque à l’imagination fertile et à la langue bien pendue (dénuée de filtres…) qui commettra un nombre incalculable de bourdes pour enfin s’épanouir en une merveilleuse jeune femme à l’esprit vif. 

J’ai d’ailleurs eu l’agréable surprise de découvrir que ce roman était en vérité le premier tome d’une longue saga de huit livres qui avaient été publiés initialement entre 1908 et 1942 ( le deuxième tome devrait paraître en français en février 2021).

S’il est vrai que certains passages et en particulier dans la première partie du roman versent un tantinet trop dans le pathos, Anne étant malmenée et traitée initialement par sa famille adoptante sans véritable égard, (comment d’ailleurs ne pas penser aux romans sombres et à la fois lumineux de Dickens?), ce grand roman populaire canadien méconnu du lectorat français, n’a cependant rien à envier à Oliver Twist. Ses mésaventures sont tout aussi palpitantes et enrichissantes pour le lecteur. 

Bien que les coups du sort semblent de prime abord s’acharner sur elle, fort heureusement, une éclaircie jaillit promptement dans ce paysage sombre, notre héroïne attachante, grâce à un optimisme inébranlable et un courage admirable, parviendra bien évidemment à séduire son entourage pour le plus grand bonheur de ses lecteurs. Cette jolie histoire, une véritable madeleine de Proust, est ainsi une douce croisière, certes sans véritables remous, mais qui, malgré tout, a le pouvoir étonnant de nous transporter.

Anne de Green Gables (adaptation série T.V 1985)

Derrière une intrigue en apparence somme toute simpliste se cache de ce fait une véritable ode à la vie. Qu’importe si les méchants ne sont pas foncièrement mauvais, si le bien triomphe toujours, cette lecture nous dévoile avant-tout la recette du bonheur en profitant pleinement de l’instant présent, en croquant la vie à pleines dents comme on le ferait en savourant une pomme délicieuse et juteuse dans un verger verdoyant. A Green Gables, comme le nom l’indique si bien, la nature règne en maîtresse, elle possède un don quasi mystique et apaise l’âme de ses habitants.

C’est par ailleurs à travers le regard doux et rêveur d’Anne que les personnages de Marilla et de son frère Matthew vont peu à peu s’épanouir et trouver l’étincelle qui manquait à leur existence. Leur relation de prime abord dure avec la petite rouquine va progressivement s’adoucir pour se métamorphoser en un amour solide et pur. Cette évolution dans leurs sentiments est profondément touchante et parfois même bouleversante. J’ai adoré ces deux protagonistes.

Marilla et Matthew Cuthbert dans Ann with an E (2017-2019)

En terminant cet incroyable roman, je me suis questionnée sur le succès surprenant de ce classique. Pourquoi ce livre suscite-t-il de nos jours un regain d’intérêt depuis ces deux dernières années? A l’heure où l’humanité s’interroge sur son sort futur, où les incertitudes plombent nos espoirs de projets d’avenir, Anne de Green Gables (connu également sous le titre Anne, La maison aux pignons verts) nous ramène à mon sens à l’essentiel. Si nous sommes privés actuellement de nombreuses libertés, notre imagination tout comme notre capacité d’émerveillement demeurent encore les meilleurs remparts face aux malheurs qui semblent nous assaillir. En ce sens, ce roman est une bouffée d’air pur, un remède efficace à la déprime ambiante et au pessimisme crasse que nous renvoient les médias.

En bref : Je vous conseille de vous précipiter sur ce chef-d’œuvre intemporel d’écriture sans plus tarder, vous ne serez pas déçus du voyage. Anne de Green Gables, à l’instar de La petite Princesse, est un petit joyau qui illuminera vos après-midis moroses. Cette héroïne bourrée d’imperfections, et au romantisme certes parfois un tantinet trop exalté, est incontestablement adorable. Un dernier mot sur cette couverture somptueuse, ce bel écrin a été admirablement bien choisi par les éditions Monsieur Toussaint Louverture pour mettre en valeur cette pépite. Ayant terminé cette lecture avec regret, j’ai désormais hâte d’acquérir la suite pour compléter au fur et à mesure ma collection (je suis devenue une fan inconditionnelle !).

À noter qu’une énième adaptation télévisée de cette œuvre à vu le jour en 2017 (en trois saisons) sous le titre Ann with an E, et est actuellement toujours disponible sur la plateforme de Netflix. Si cette adaptation très libre qui reprend les préoccupations actuelles tout en conservant bien l’esprit de l’œuvre originale, est quelque peu divertissante, elle n’égale en rien les romans de Lucy Maud Montgomery. J’ai moyennement supporté l’actrice qui incarne Anne à l’écran, ses répliques bavardes m’ont irritée et j’ai eu bien du mal à aller au-delà de la première saison… En revanche, les personnages de Marilla et Matthew sont interprétés avec brio. Je pense donc persévérer et visionner la série jusqu’au bout !

Publié le par missycornish | 17 commentaires

Le Père Noël et ses lutins sont passés ! Merry Christmas !

Joyeux Noël à tous ! Je vous souhaite de passer d’excellentes fêtes en famille. J’espère que vous avez été tous gâtés, que vous avez bien ripaillé, et  que  vous profitez de la compagnie de vos proches en toute sécurité. Ici, malgré la pandémie, le Père Noël est tout de même venu nous rendre visite et une fois de plus, il nous a apporté de merveilleuses surprises. J’ai reçu de très beaux cadeaux, un parfum Miss Dior, une fragrance que je porte depuis plusieurs années offert par mon tendre et dont je ne me lasse pas, un ensemble pyjama pour traîner devant la télévision et jouer à Bridget Jones (je compte d’ailleurs me faire bientôt une petite après-midi marathon pour visionner les trois films), des jolis pulls en laine La Redoute, un très beau pantalon rouge grenat Grace & Mila, des mocassins en croûte de cuir Monoprix, un sac à main très élégant Camaïeu, un  Bullet Journal en cuir offert également par mon Homme pour débuter la nouvelle année et noter mes idées de rédaction de prochains billets, sans oublier une quantité impressionnante de livres à lire ! Je vous laisse la découvrir. Deux autres romans de Lucinda Riley sont en chemin et n’ont pu être déposés à temps sous le sapin mais ils devraient arriver à bon port dès lundi. De quoi, m’occuper au cas d’un éventuel troisième confinement… Ma pile de livres commençait doucement à diminuer, la voilà bien remplie ! 

De la gauche vers la droite: La bilbliothèque des coeurs cabossés (une lecture légère que je lirai sans-doute durant les vacances), Cornes de Joe Hill (un thriller fantastique), le troisième tome du comics, Locke & Key, une série de Joe Hill que je dévore actuellement, Le costume du mort (un roman terreur) de Joe Hill, la bande-dessinée rétro de Stephen King basée sur une série B télévisée d’histoires terrifiantes qui ont inspirées aussi Les contes de la crypte, la B.D After Life ( une histoire de zombie rétro au graphisme plein de peps), le roman d’aventure de ma soeur, La piste des Inlands, (un exemplaire original avant qu’elle ne l’envoie à la publication, j’ai hâte de découvrir ce premier tome de sa saga), enfin, une adaptation libre en roman graphique du chef-d’oeuvre de Bram Stocker, Dracula ! Je vais me régaler ! Et vous, votre PAL s’est-elle également agrandie? Quels nouveaux romans ou livres ont rempli vos étagères?

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Noël à la Librairie des Coeurs Brisés d’Annie Darling

Par l’entremise du défi “Il était huit fois Noël”, ce roman à la couverture de carte postale aguicheuse, tout comme son titre alléchant, est apparu sur mon fil d’actualité. Après avoir lu d’innombrables critiques enthousiastes et positives sur cette auteure, l’acheteuse compulsive que je suis n’a pu résister à la tentation de se précipiter avant les fêtes dans la première librairie de sa ville pour dénicher un exemplaire de son œuvre. J’ai par ailleurs profité de l’occasion pour participer à une lecture commune avec ma copinaute Syl. Cette édition joliment travaillée a paru exceptionnellement pour les fêtes sous forme de coffret collector, une merveille pour les yeux. Les éditions Hauteville ont ainsi donc soigné avec goût la forme mais quant est-il vraiment du fond?  Ce roman vaut-il vraiment la peine d’être lu? Au risque d’en décevoir plus d’un, ce livre m’a fait l’effet d’un véritable flop ! Il m’est littéralement tombé des mains… J’admet à ma grande honte l’avoir terminé en diagonale… Ce qui est une première. J’attendais avec impatience, une envolée, un éclair pour attiser ma curiosité mais les dialogues trop présents, le manque de descriptions m’ont rendu cette lecture somme toute insupportable.

J’ai beau avoir un faible pour les romances et ne pas bouder un petit téléfilm de Noël de temps en temps, je dois avouer l’avoir malheureusement  trouvé éprouvante… Je me suis ennuyée ferme d’un bout à l’autre du livre. A la page 50, mon agacement était à son apogée. Mattie m’était insupportable, son personnage de grincheuse blasée et aigrie de la vie qui déteste Noël m’a laissé dubitative. La raison de cette haine viscérale pour cette célébration m’a paru un tantinet tirée par les cheveux. Les protagonistes de ce roman sont  en effet particulièrement agaçants voire carrément antipathiques. Cette fameuse héroïne est une petite mijaurée insupportable et hautaine qui méprise ses collègues libraires.  Certains passages du roman sont tellement mal écrits qu’ils en deviennent risibles: le chapitre des croissants phalliques loin de me faire rougir m’a fait plutôt l’effet d’une douche froide… L’un des personnages décrit d’ailleurs « son bas ventre qui frétille » (oh secours !!!) à la vision de Tom, autre Grinch de Noël ronchon et péteux. Ce libraire aux lunettes d’écailles et aux costumes en tweed élimé est le stéréotype même du ténébreux mystérieux qui dissimule un passé lourd de secrets (dont finalement on se tamponne quelque peu…). Je ne voudrais pas spoiler cette intrigue déjà hautement palpitante…

Curieuse de nature, je tente souvent d’élargir un peu plus mes horizons littéraires en me tournant vers des lectures plus modernes… Les bluettes ne sont pas toujours désagréables, elles peuvent parfois nous transporter dans une petite parenthèse de bonheur somme toute plaisante. Néanmoins, lorsque le style d’écriture est déplorable, que les personnages ont des comportements ridicules et incohérents, que les dialogues sonnent faux, on a beau vouloir embrasser la magie de Noël et faire fi des préjugés, la lecture devient malgré tout  indigeste. 

Si vous êtes toutefois amateurs de cupcakes et de roulés de saucisses, ce livre est pour vous, en revanche si les trop nombreuses références culinaires qui monopolisent constamment une intrigue un brin trop prude, quasi-nulle et déjà vacillante vous horripile, fuyez pendant qu’il est encore tant ! Vous voilà prévenu !

Petite consolation, cette lecture commune m’aura tout de même valu quelques petits fous rires solitaires et en particulier durant une après-midi d’échange sur Facebook avec Syl à l’humour débridé. J’ai bien ri merci ! Nous  nous sommes dévouées jusqu’au bout mais quelle corvée ! Pour lire son billet c’est ici !

  Participation aux challenges de Noël : Mya’s Christmas et Il était huit fois Noël.

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Un jour en décembre de Silver Josie

Qu’il est bon parfois de lire des romans tendres et enlevés.  Lorsque autour de nous tout semble vaciller, le monde des livres nous réserve encore de jolies petites surprises comme cette bluette idéale pour attendre sagement Noël sous un plaid, une tasse de chocolat chaude fumante à la main. Je cherchais depuis plusieurs semaines une lecture légère mais distrayante, en somme une petite parenthèse littéraire relaxante qui me permettrait d’oublier les tracas quotidiens (et il semble y en avoir tellement ces temps-ci).

Si vous êtes tout comme moi une midinette dans l’âme avec un petit faible pour les romances de Noël, ce livre est fait pour vous ! 

Josie Silver est une conteuse née. Cette charmante histoire d’amour a eu d’ailleurs sur moi un effet thérapeuthique. J’ai volontairement ignoré mes préjugés habituels quant aux romans à l’eau de rose dégoulinant de mièvrerie, pour me plonger dans cette romance touchante. Il faut l’admettre, j’en avais grandement besoin. L’intrigue était pourtant assez simpliste au départ :

Par une journée de décembre enneigée, Laurie aperçoit à travers la buée de la vitre de son bus, le regard électrisant d’un jeune homme. C’est le coup de foudre… La jeune femme tout comme ce mystérieux bel inconnu semble tout deux envoûtés… Malheureusement, la réalité ne tarde pas à les ramener sur la terre ferme, ne dit-on pas d’ailleurs que les coups de foudre ne durent jamais que l’instant d’un éclair? Le bus redémarre avec Laurie à son bord laissant derrière lui, le beau jeune homme, tout comme la promesse possible d’un amour trop tôt avorté. Dès lors, Laurie n’aura de cesse de tenter de retrouver à travers la grisaille londonienne celui qu’elle croit être son véritable âme sœur, en vain. Alors que la jeune femme s’apprête à renoncer à ses chimères, le destin lui joue un tour des plus douteux…

Sa meilleure amie et colocataire lui présente le soir de Noël, l’homme qu’elle a l’intention d’épouser… Jack, qui n’est autre (oh surprise!) que le bel inconnu aux yeux verts du bus… 

Cette trame somme toute banale aurait pu donner naissance à une romance gnangnan à souhait, mais la romancière a décidé de faire durer le plaisir en inventant un chassé-croisé amoureux à la fois poignant et ancré dans un univers finalement plutôt réaliste. Cet aspect du roman est en outre intéressant car l’histoire d’amour n’est ni brève, ni expéditive, encore moins facile. L’intrigue se déplie en effet sur une dizaine d’années, ce qui permet au lecteur de découvrir peu à peu la personnalité de chaque protagoniste. Les personnages évoluent donc au fil du temps tout comme leur psychologie. Certes, cela reste avant tout une romance, l’amour triomphe toujours bien évidemment et certains passages sont un brin mièvres (l’héroïne chouine parfois un peu trop à mon goût et verse un torrent de larmes quasiment à chaque chapitre). Toutefois, l’auteure a tout de même tenté d’apporter une certaine épaisseur à l’ensemble. Ce roman a bien des égards présente quelques similitudes au livre One Day (Un jour, pour sa traduction française) qui, s’il m’avait grandement plu, m’avait tout de même un peu plombé, la fin gardant malgré tout une touche d’amertume. Un jour en décembre est davantage un roman feel-good et c’est ce qui le rend charmant. C’est un petit roman qui se savoure délicieusement et qui ne m’a pas ennuyé une seule seconde, au contraire il me tardait de retrouver mon livre chaque soir, ce qui avouons-le est tout de même un bon point !

J’ai aimé suivre les péripéties tout comme les mésaventures de nos héros. Bien qu’ils soient pétris de défauts, ils restent fort attachants malgré eux. Laurie est une femme adorable d’une grande loyauté. Quant à Jack sous ses dehors de bad boy torturé, il cache un cœur d’or. 

Digne d’un bon téléfilm de Noël, ce roman est un cocktail multivitaminé de bons sentiments, un shot d’optimisme et une bouffée d’air pour se regonfler à bloc. Si vous cherchez une lecture divertissante et lumineuse, une comédie romantique à la Bridget Jones dans une ambiance festive et décalée à la Love Actually, ne cherchez plus, le voici ! A savourer sans modération !

Et hop! Une nouvelle contribution au challenge Il était huit fois Noël et au défi Christmas time.

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Christmas Read-A-Thon (billet de suivi et bilan)

Et nous revoilà pour un nouveau marathon littéraire, cette fois-ci dédié à inaugurer la saison des fêtes ! J’avais tellement hâte de pouvoir y participer.  Le challenge Il était huit fois Noël a repris depuis début décembre et je vais m’efforcer d’honorer du mieux que possible ce défi ! Ce super Read-a-thon hivernal commence dès 21h ce soir et s’achèvera dimanche à minuit. Le concept est simple lire des livres autour de la thématique de Noël et de l’hiver et visionner des petites cucuteries bien sympathiques pour se plonger dans l’ambiance merveilleuse et festive de cette saison. J’ai bien l’intention d’en profiter pleinement même si une fois de plus, tout comme pour le challenge d’Halloween, je suis toujours accompagnée de ma Tornade rousse qui pour le moment n’a nullement envie de plisser l’œil ! (et hurle à plein poumon dans son lit… Je vais devoir écourter ce premier billet). La soirée s’annonce mouvementée. J’ai malgré tout préparé ma petite PAL pour ce mois-ci. J’ai d’ailleurs effectué quelques emplettes pour l’occasion. Certains livres ne sont pas encore arrivés, je guette donc le courrier. 

Je vous retrouve toute à l’heure, le devoir m’appelle, mon petit Gremlin est en colère ! La nuit ne fait que commencer…🤯😅 Pour découvrir le programme alléchant que nous ont concocté Samarian et ChickyPoo pour l’occasion, c’est ici ! Bon challenge à tous! 

21h50: mon petit elf vient enfin de s’endormir! Ouf! Je me suis installée confortablement auprès de l’Homme de cro sur le divan en mode Hygge. Mon homme m’a fait une tisane bien chaude, j’ai enfilé mon pyjama de Noël à carreaux façon Bridget Jones.  Je suis enfin prête pour débuter les festivités ! J’avais l’intention d’amorcer le marathon en lisant un Anne Perry, malheureusement, mon petit troll a mis le salon sens dessus dessous et je suis désormais incapable de le retrouver… Ce sera donc pour demain si le livre veut bien refaire surface… On reste zen… 

J’en profite pour vous présenter ma PAL, elle est particulièrement bien fournie cette année. Je doute tout lire bien entendu ce week-end mais j’espère bien pouvoir en découvrir un maximum avant la fin du défi qui devrait s’achever le 3 janvier. Challenge accepted !

Samedi 12 décembre

9h05: je suis levée depuis 4h30…  Bébé s’est réveillé tôt. Hier je n’ai pas pu lire trop épuisée pour pouvoir me concentrer sur mes pages. J’avais commencé à revoir sur Netflix, The Knight before Christmas mais j’ai somnolé devant l’écran. Au final, je me suis couchée à 22h30 complètement claquée. 

J’ai tenté de lire un petit peu mais bien évidemment la Tornade rousse en a décidé autrement… J’ai lu les toutes premières pages du Cupcake Café sous la neige (42 pages). J’ai pour l’instant du mal à rentrer dans le livre, c’est une suite qui peut apparemment être lue indépendemment des autres romans de l’autrice. Le style est par contre très fluide ce qui rend la lecture aisée. Je prends tranquillement mon petit déjeuner avant d’aller me préparer. J’ai un cours de conversation à donner à 11h ce matin. Je vous retrouve toute à l’heure. 

10h46: Ma fille est partie faire les courses avec ses grand-parents tandis que l’homme de cro prépare un bon feu dans la cheminée. La maison est propre et bien rangée. J’en profite pour bouquiner quelques pages avant ma leçon en visio-conférence. Je suis enfin rentrée dans le livre. Certains passages me font sourire. Le personnage féminin Izzy a une amie qui parle inlassablement de son bébé d’un an et qui a du mal à se détacher de ce sujet. Elle met sa fille sur un piédestal et est obsédée par les couches, l’allaitement… Izzy n’en peux plus, elle voudrait pouvoir aborder d’autres sujets de conversation… Ahaha. Je me demande si je suis pareille… Sans-doute. L’auteure en profite pour fustiger gentiment et avec humour les mamans trop autoritaires et possessives qu’elle trouve un peu malsain. J’ai lu 10 pages. J’y retourne! C’est pas mal du tout, ça fait réfléchir. 

11h27: les joies de l’informatique. La jeune fille à qui je devais donner une leçon a malheureusement rencontré des soucis de connexion. Après 30 min d’attente nous avons décidé de reporter. Pas grave! J’en ai profité pour poursuivre ma lecture et je dois dire que je suis finalement accro! J’adore le personnage d’Izzy, elle est vraiment sympathique et toujours enjouée.

17h38: Bon, la journée a été un peu chaotique même si nous avons passé un super moment en famille. Je n’ai quasiment rien lu… (Honte à moi) mais j’étais pourtant bien dans l’ambiance de Noël. Mon homme, la Tornade et moi avons fait les boutiques pour effectuer les derniers achats avant le réveillon. Nous sommes allés faire un petit tour en ville, il y avait un chalet en bois où l’on pouvait prendre un bon chocolat chaud et une délicieuse crêpe. Etant une grande gourmande, j’ai succombé… Impossible de faire régime en ce moment. Je ne pense qu’à manger du chocolat. J’ai au passage ajouté un nouveau roman à ma pile de livre, je suis tombée sur le titre Noël à la librairie des coeurs brisés qui me faisait de l’oeil depuis quelques temps déjà (la couverture est à tomber, elle est en relief!). Je poursuis donc enfin mes lectures. La Poupouche s’est endormie pour une sieste qui sera sans-doute de courte durée… Je vais donc tenter de glisser quelques pages de lectures avant son réveil. 

21h19: Bon j’ai finalement réussi à lire. J’ai délaissé Le cupcake café sous la neige qui finalement commençait à m’ennuyer (il ne s’y passe pas grand chose). Je trouve le style inégal et les recettes que l’autrice glissent au fil de l’histoire freinent un peu la narration. Je le lirai toutefois jusqu’au bout pour le challenge mais j’ai eu envie d’un autre type de lecture pour ce week-end. Je me suis donc tournée vers le roman de Lucinda Riley, L’ange de Marchmont Hall, une saga familiale. Et je dois dire que cette fois-ci, j’ai mieux accroché. J’ai lu 94 pages. Le style est très fluide et l’histoire prenante. L’intrigue plante son décor dans la campagne anglaise dans un petit cottage bien douillet où une jeune femme enceinte et lâchement délaissée par son amant vient se réfugier. Le roman fait des allez-retours dans le temps entre la fin des années 40 et le début des années 80. Je fais une pause pour rejoindre l’homme de cro. Nous allons regarder un petit film de Noël. 

Dimanche 13 décembre

9h45: je suis levée depuis 7h30 du matin. Pendant que l’homme de cro a gardé notre Tornade, j’en ai profité pour faire une petite séance sportive. J’ai couru sur mon tapis de course pendant 45 minutes histoire de me défouler un peu avant le petit déjeuner. J’étais initialement peu motivée mais finalement cela m’a fait un bien fou. Notre bébé a fait une nuit complète, je  suis donc en pleine forme, pleine d’énergie. Ensuite, petit ménage et douche. J’ai quand même réussi à lire 34 pages du roman de Lucinda Riley qui est très prenant. J’y retourne, la Poupouche est de bonne humeur et est toute gentille, elle joue calmement. Je retroune donc tranquillement à mes lectures. A toute à l’heure!

19h03: Je suis toujours de la partie même si je dois dire que je n’ai pas eu beaucoup de temps de disponible. La journée a filé a une vitesse inquiétante. Entre le ménage, les courses, la Poupouche qui a été intense. Nous n’avons pas arrêté. Nous sommes sortis pour gérer les courses de la semaine et avons fait un petit tour en ville pour voir le marché de Noël un peu tristounet cette année. Il n’y avait pas grand monde. J’ai tout de même pu acheter de nouvelles décorations en bois et me suis aussi achetée des chaussettes thermos pour cocooner à la maison. Cette après-midi, j’ai lu une trentaine de pages supplémentaires de mon roman. J’aime toujours autant le livre. Je fais une pause détente avec mon homme. Notre elf dort profondément et nous regardons un petit film sur Netflix, The Prom (qui m’a l’air moyennement réussi…). Je compte encore lire ce soir, la soirée n’est pas terminée. 

19h36: Bon, nous avons délaissé Netflix pour nous tourner vers la plateforme de Dinsey +. Nous nous sommes offert pour Noël l’abonnement annuel. Nous venons d’ouvrir le catalogue, il y a plein de petits films sympas. Nous commençons Godmothered, une comédie fantastique pleine de magie et de féérie qui a l’air parfaite pour nous plonger dans l’ambiance de Noël. Ce soir, c’est donc soirée en amoureux au coin du feu avant de reprendre mes lectures. A toute à l’heure! Voici la bande-annonce:

Lundi 14 décembre

Bilan du challenge: Et me revoilà pour un petit récapituatif du défi. Le score n’est pas mirobolant… J’ai quand même réussi à glisser quelques pages (55 pages) hier soir avant d’aller me coucher. J’étais malgré tout contente de participer une fois de plus avec vous à ce merveilleux R.A.T. Je poursuis bien entendu le challenge et vous retrouve dès demain pour partager avec vous mes billets de lectures. Bonne semaine! Bientôt les vacances, je vais pouvoir souffler un peu et me consacrer pleinement au blog. 

Total de pages lues: 235 pages. C’est peu mais c’est mieux que rien. Pour ce qui est des défis, j’en ai au moins relevé deux… J’ai pris une photo en train de lire même si on ne voit pas mon visage et j’ai lu une lecture qui se déroule à Noël. Bonne semaine!

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Swap hivernal


Quelle meilleure idée pour introduire les festivités de fin d’année que ce merveilleux swap de organisé avec ma copinaute Maggie !

Ce paquet bien sympathique est arrivé à point nommé. Je venais tout juste de terminer une matinée éreintante au collège et j’avais furieusement envie de retrouver la chaleur réconfortante de ma maison. Maggie m’a franchement gâtée. J’ai entamé dès réception les petits chocolats Kinder (qui sont déjà finis à l’heure où j’écris ce billet…) et me suis régalée en débutant mon tout premier manga! Je dois bien l’admettre, je suis agréablement surprise. Les premières minutes de lecture d’Isabella Bird ont été un tantinet laborieuses car il m’a fallu trouver le coup de main pour m’habituer à lire à l’envers mais j’ai très vite été happée par l’histoire, au point de cesser tout autre activité pour m’y plonger pleinement (je vous en parlerai dans un billet ce week-end). Je me suis donc installée confortablement sur mon canapé, emmitouflée dans un plaid de Noël, une tasse de tisane encore fumante sur ma table basse, prise en sandwich entre mes deux adorables toutous. Un pur bonheur ! Il ne me faut pas grand-chose pour être aux anges ! Ma maison ressemble au cottage douillet du film The Holiday, j’ai allumé une bougie à la cannelle, le sapin a retrouvé sa place familière prêt de la cheminée où les flammes crépitent dans l’âtre et apportent une lumière chaude au salon. Je me gave de cucuteries délicieuses de Noël (je compte vous concocter très prochainement une petite liste bien sympathique de films pour notre rendez-vous de soirées ciné mensuel). J’en profite pour vous faire un petit point de mes dernières lectures. Malgré la charge de travail qui ne cesse d’augmenter (les copies sont un véritable tonneau des Danaïdes), je m’octroie régulièrement des petites parenthèses littéraires. J’ai commencé quelques lectures de saison en prévision du challenge Il était huit fois Noël. J’espère pouvoir vous partager au moins une ou deux bonnes pioches ayant malheureusement déjà eu une petite déception à la lecture du roman Pas de Noël cette année de John Grisham dont je vous parle ici. Je suis actuellement en pleine lecture d’un nouveau roman d’Anne Perry (j’avais adoré Le spectacle de Noël  et il me tardait de retrouver cette romancière britannique). Ce livre est très original puisqu’il plante son intrigue dans un décor des plus exotique (mais chut ! C’est une surprise !) et j’ai presque terminé une comédie-romantique littéraire dans la même veine que Love Actually dont je vous parlerai j’espère dès ce weekend. Je compte participer au prochain read-a-thon de Noël (dont je ne connais toujours pas la date exacte, il va falloir que j’y jette un oeil). J’ai préparé une PAL assez conséquente pour ce défi. Je doute tout lire mais j’aurais au moins le choix ! Je vous retrouve très vite ! Bon challenge ! 

Encore un très grand merci Maggie pour ces délicieuses attentions qui ont enchantées mon après-midi et une longue vie j’espère à notre amitié bloguesque !  Mille fois merci, ça m’a réchauffé le coeur ! Allez hop ! Je m’en vais revoir mon film favori de cette saison… Vous avez deviné lequel ?

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The Boys/ Soirée Pop Corn #3

Maggie et moi sommes de retour pour notre Soirée Pop Corn ciné mensuelle. Ce mois-ci, nous avons décidé de visionner quelques films et séries télévisées de super-héros. N’ayant rien vu de transcendant ni d’innovant du côté des blockbusters, mon choix s’est finalement porté sur The boys, une série un tantinet irrévérencieuse mais diablement originale, adaptée d’un comics de 2006. Maggie a d’ailleurs elle aussi visionné cette série et vous en parle ici ! 

 

Écrite par Garth Ennis et Darick Robertson et diffusée pour la toute première fois l’année dernière sur Amazon Prime, cette série de science-fiction prend le contre-pied du mythe du super-héros, chevalier des temps modernes et justicier bienveillant. Les protagonistes aux pouvoirs extraordinaires sont ici des monstres pourris jusqu’à la moelle, avides de reconnaissance et à l’égo surdimensionné. En somme, ce sont des mégalo narcissiques dépourvus de tout scrupule, qui manipulent inlassablement la populace pour flatter leur image tout en réalisant sous cape d’innombrables méfaits: crimes et tortures en tout genre tels que des massacres impunis et ignorés voire même, parfois couverts par le gouvernement qui redoute les conséquences de leur colère.

Le concept de cette série de « méchants » super-héros complètement inédit m’a d’emblée séduite car elle offrait des possibilités infinies d’écriture… J’ai d’ailleurs Binge-watché l’intégralité de la saison 1 en l’espace de quelques jours, tellement accro à l’intrigue prenante et haletante des premiers épisodes !

The Boys évoque en effet l’émergence d’un nouveau type de héros, des êtres ordinaires dénués d’habiletés exceptionnelles mais profondément humains qui vont allier leur force malgré leurs origines éparses pour anéantir des supers-vilains.  Nos anti-héros plutôt “couillus” (n’ayons pas peur de le dire !), une bande de bras cassés complètement frappadingues, vont donc fomenter malgré eux une véritable rébellion qui, au fil des épisodes, finira par se mouvoir en une croisade pour le moins épique… 

Autant l’avouer, certaines scènes sont tout simplement génialissimes ! Le début m’a scotchée !

L’humour décapant des dialogues, teinté d’une petite touche d’arsenic, est par ailleurs franchement jouissif. Le personnage haut en couleur de Billy Butcher aux allures de loup de mer néo-zélandais et au vocabulaire fleuri demeure l’un de mes protagonistes favoris. J’ai également trouvé l’un de ses acolytes, le dénommé “Frenchy”, un petit malfrat français à l’âme romantique plutôt charmant et particulièrement bien brossé. Il est interprété avec brio par l’acteur Tomer Kapon, un acteur israélien prometteur à suivre de prêt…

Quant au personnage du super-vilain, “Homelander”, il est bien évidemment exécrable et particulièrement terrifiant. Antony Starr nous livre une performance époustouflante, incarnant un protagoniste aux allures aryennes inquiétantes… On a rarement vu de méchant aussi convaincant et à la psychologie si admirablement travaillée sur le petit écran ! Rien qu’à l’évoquer, j’en tremble !

Ainsi donc, cette série t.v étrange et un tantinet déjantée est indéniablement prometteuse. J’ai, dans l’ensemble, apprécié cette incursion farfelue dans cet univers parallèle de super-héros corrompus.

Cependant, certaines scènes trop violentes et extrêmes ont malheureusement quelque peu terni mon ressenti. Elles frisent parfois l’écoeurement et n’apportent finalement pas grand-chose à l’intrigue… Quel intérêt? De plus, les thématiques abordés en filigrane dans les derniers épisodes sont un chouilla trop convenus (dénonciation de la mysogénie contre la gente fémine à la sauce hashtag me too en autres) et parfois même trop politiquement correct à mon goût, au point d’en devenir presque caricaturaux. 

J’ai commencé la saison 2, je sens poindre malheureusement déjà quelques signes d’essoufflement dans la trame. Aïe ! … A voir si la suite tiendra vraiment ses promesses en matière de rebondissements. Je compte tout de même visionner l’ensemble pour ne rien manquer.. Affaire à suivre !

Le teaser:

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Le spectacle de Noël d’Anne Perry

Je déclare la saison des fêtes officiellement ouverte !  Pour mon grand bonheur, Le Cold winter challenge arrive à grand pas. Même si mes lectures sont encore pour le moment consacrées aux thrillers, afin de respecter la thématique du Black November, je n’ai qu’une hâte, attaquer les lectures de Noël et me réfugier dans un univers douillet et enchanteur, une bulle de bonheur rassurante qui nous déconnecterait de l’ambiance morose actuelle…  J’ai ainsi fait l’agréable découverte à l’occasion du R.A.T d’Halloween de ce petit bijou d’écriture, un roman policier court d’Anne Perry intitulé Le spectacle de Noël. Ce petit polar très original s’est révélé finalement le vrai coup de cœur de ce mois-ci. Je n’en ai fait qu’une bouchée. J’ai longtemps dédaigné les « cosy mystères ». Je ne sais pourquoi je trouvais cette catégorie littéraire un tantinet surannée et vieillotte, plutôt destinée à un lectorat « ancien »… Bien entendu, c’est complètement faux ! Il ne faut jamais se fier à une première impression !

Si cette autrice prolifique, à l’âge honorable de quatre-vingt deux ans, écrit depuis de nombreuses années (elle  produit toujours à un rythme effréné), ses séries de romans remportent encore aujourd’hui un franc succès à chaque parution. Elle a d’ailleurs un comité de fans très étendu (et pas seulement des lecteurs du troisième âge !). Je lorgne d’ailleurs la dernière publication en date, Un Noël au bord de la Tamise et compte bien l’acquérir dès la fin du mois. 

Le spectacle de Noël relate ici l’arrivée d’une petite troupe d’acteurs de théâtre dans une bourgade du York. La compagnie qui vit plutôt chichement a été engagée pour produire l’adaptation brouillonne de Dracula écrite par une petite aristocrate un brin capricieuse. L’occasion semble rêvée pour eux, le contrat est alléchant. Les parents de la demoiselle espèrent bien que le petit chef-d’œuvre de leur fille prodige donne naissance à une représentation magistrale devant un petit comité familial enthousiaste pour les fêtes de réveillon. Malheureusement, l’adaptation est un véritable casse-tête: entre les prises de bec des acteurs qui jouent les divas et les idylles qui se nouent et se dénouent provoquant des tensions au sein de la troupe, l’entreprise semble insurmontable… Le temps semble de plus jouer contre la troupe qui se retrouve bientôt prise au piège dans le manoir alors qu’à l’extérieur une tempête de neige fait rage, isolant l’ensemble des hôtes… L’arrivée impromptue d’un visiteur à l’identité énigmatique n’est pas non plus des plus rassurante…. Qui est donc cet étrange visiteur qui semble connaître intimement l’esprit créateur de Bram Stocker ? 

Celle que l’on nomme la reine du polar victorien prouve incontestablement son talent d’écriture. Dès les premières pages, il m’a, en effet, été impossible de délaisser cette lecture. Certes, l’intrigue n’est pas à proprement parler extrêment fouillée, le meurtre tarde un peu à poindre au fil des pages et l’enquête reste finalement avant tout un prétexte d’écriture pour appater le lecteur. Toutefois, cette méthode, peut-être un brin mercantile, ne m’a en rien dérangée. J’ai passé un très bon moment de lecture. C’est un roman d’atmosphère distrayant qui ferait une merveilleuse série de period dramas, je l’imagine bien adaptée pour le petit écran à l’occasion des fêtes de fin d’année en téléfilm, à la manière des aventures d’Aurora Teagarden ou de la série télévisée française très réussie des Petits meurtres d’Agatha Christie

J’ai cependant regretté que le filon fantastique ne soit pas davantage exploité tout au long de l’histoire. L’introduction inattendue d’un personnage énigmatique inquiétant au sein du manoir ; qui n’était pas sans rappeler le maître de la nuit Dracula lui-même, présageait une histoire aux accents gothiques particulièrement angoissante, versant peut-être aussi dans l’horreur propre à ce genre littéraire, or, il n’en est rien. L’autrice plante finalement son intrigue dans un décor bien réel et le dénouement, bien que farfelu, reste très terre-à-terre. 

Reste que ce petit bémol n’a en rien entâché mon plaisir de lecture, au contraire ! Cela reste un bon cru ! Anne Perry décrit habilement les coulisses du théâtre victorien au XIXème siècle. A travers les voix des protagonistes qui débattent et argumentent quant aux détails scéniques de l’adaptation de Dracula, l’auteure révèle quantité d’anecdotes passionnantes sur la création de l’oeuvre de Bram Stocker, tout comme les origines de son inspiration, un délice pour les passionnées de littérature gothique. De plus, l’idée de faire côtoyer deux atmosphères a priori diamétralement opposées, était à mon sens, particulièrement brillante. Le Spectacle de Noël combine merveilleusement bien l’ambiance inquiétante et mystérieuse d’Halloween tout comme le climat euphorique de l’expectative des fêtes de fin d’année… Une belle transition pour dire au revoir aux lectures automnales et introduire les premières lectures hivernales… Je n’ai qu’une envie, me replonger très prochainement dans une nouvelle petite enquête victorienne très cosy… Des suggestions ?

Une petite contribution au British Mysteries de Lou et Hilde !

Et ma deuxième contribution aux challenges Christmas Time 2020 (chez Mya) et Il était huit fois Noël (chez Samarian et Chicky Poo). Merci les filles pour ce super défi !

Publié dans Challenge British Mysteries, Chich-lit, Littérature anglaise, roman gothique, Thriller | 19 commentaires

Pas de Noël cette année de John Grisham

C’est décidé, la famille Krank ne célébrera pas les fêtes de Noël cette année. Non, leur fille étant pour la première fois absente du foyer, partie au Pérou pour une noble mission humanitaire, ce petit couple de bourgeois américains ventripotents a décidé de ne pas sombrer comme à chaque saison dans un matérialisme indécent en dépensant aveuglément son argent… Cette fois-ci, ils sont déterminés à s’offrir une petite croisière bien méritée aux Caraïbes. Ils ont d’ailleurs anticipé leur voyage en prenant un forfait d’UV bien onéreux pour peaufiner leur bronzage avant le grand départ… Luther et Nora Krank refusent donc toutes dépenses liées de près ou de loin aux fêtes de fin d’année… Pas de sapin, ni de bonhomme de neige, ni de cadeaux farfelus qui seront retournés dès réception, encore moins d’illuminations grandioses sur le toit de leur maison, pour lesquelles ils avaient pourtant remporté le prix des plus belles décorations du quartier, l’année précédente.  Malheureusement, cette rébellion insolente, une attaque éhontée à l’esprit de Noël, n’est pas du goût de leurs voisins qui appellent l’ensemble du lotissement à la résistance… Les Krank pourront-ils réaliser leur rêve d’évasion alors que les catastrophes semblent s’accumuler ?

En flânant sur les propositions alléchantes de lectures consacrées à Noël sur la toile (j’ai finalement dégoté une version de seconde main très correcte sur Vinted), mon choix s’est porté sur ce titre qui semblait à propos, à l’heure où l’incertitude en France règne encore quant à la célébration des fêtes de fin d’année : allons-nous d’ailleurs pouvoir célébrer Noël avec nos proches ?  Un rassemblement sera-t-il autorisé, ou serons-nous privés une fois de plus de cette liberté essentielle ?

 L’idée de cette farce sociale était initialement intéressante mais elle m’a peu convaincue. Le principal bémol n’est pas tant l’écriture, mais le sujet qui est étonnamment décalé dans le contexte actuel… Cela relèverait presque de la science-fiction aujourd’hui… Qui a vraiment envie actuellement de boycotter Noël ?

Sans être un grand roman, cette comédie satirique des moeurs se lit malgré tout agréablement bien. Sous le couvert de la farce, John Grisham fustige les excès des fêtes : la pression ridicule que l’on s’impose pour le menu du réveillon, le coût écrasant des présents déposés sous le sapin qui s’accumulent en une gigantesque pile de boîtes indécente tout comme les rassemblements familiaux qui ne sont pas toujours vraiment désirés… Peut-on faire l’impasse sur la veille grand-tante cancanière et pénible au dîner ? (il semble que cette année, la réponse est oui…).

 Le personnage de Luther, ce père de famille marié et expert-comptable, un brin radin, est peu attachant. Ce protagoniste mi-Grinch mi-Scroodge déteste Noël, c’est un ours grincheux qui préfère le confort et la quiétude de son foyer… Il rêve paradoxalement d’évasions pour pouvoir s’adonner à l’une de ses activités favorites : reluquer les belles gambettes bronzées des jolies touristes en bikini sur la plage. Bref, c’est le personnage typique du bonhomme hypocrite piqué de jeunisme, un trait de caractère peu louable qui le rend assez antipathique d’un bout à l’autre du roman… Quant à elle, son épouse Nora est une femme hystérique larmoyante, franchement agaçante et dépourvue de véritable densité psychologique ; c’est la femme trophée par excellence à la cervelle de moineau…

Autant l’avouer, cette lecture un peu superficielle manque cruellement de saveur… 

Si cette comédie plutôt acide s’est révélée quelque peu divertissante, et redonne tout de même un peu le sourire, elle reste malheureusement assez fadasse. Le dénouement est trop convenu et les personnages sont de véritables caricatures… Certaines situations rocambolesques sont par ailleurs complètement ridicules.

J’adore Noël tout comme l’euphorie qui l’accompagne.  L’idée même abstraite de ne pas pouvoir fêter cette célébration merveilleuse reste pour moi un vrai crève-coeur (encore plus aujourd’hui !). Je n’ai de ce fait pu m’intéresser aux états d’âme bien futiles de ces personnages : des Américains moyens obsédés par les qu’en dira-t-on, tout comme leur obsession vénale pour les portefeuilles bien fournis… Finalement, je me suis interrogée sur l’intérêt d’un tel roman… Pourquoi tout ce fatras ? Rien de transcendant…

En bref : cette lecture aussitôt lue est aussitôt oubliée ! Elle aura au moins eu le mérite de nous rappeler, lecteurs, qu’un Noël même improvisé vaut mille fois mieux que pas de Noël du tout… L’essentiel n’est pas la qualité du menu ou le nombre de cadeaux offerts, encore moins les dépenses inconsidérées, mais bien la compagnie des proches, ceux qui comptent et qui sont encore si loin de nous, c’est cela véritable magie de Noël… Qu’en pensez-vous ?

Je pense tout de même visionner l’adaptation cinématographique qui à l’air plus sympathique… Je suis particulièrement fan de Jamie Lee Curtis… A voir…

La toute première contribution aux challenges Il était huit fois Noël (chez Samarian et Chicky poo) et Christmas Time 2020 (chez Mya). Je m’échauffe pour débuter officiellement dès décembre! Pour s’inscrire au défi c’est ici!

Publié dans Challenge cold winter, Littérature américaine | 23 commentaires

Rebecca de Daphne du Maurier

A l’occasion du défi, le Black November challenge, j’ai déterré de ma bibliothèque cette magnifique édition offerte pour Noël dernier qui propose une traduction française plus récente (et non tronquée comme la précédente !) en restituant plus fidèlement l’œuvre de Daphne du Maurier. Je voue depuis de nombreuses années une admiration fervente à cette grande romancière britannique. J’ai d’ailleurs eu la chance de partir sur ses traces en Cornouailles et de visiter la fameuse « Jamaïca Inn » (L’auberge de la Jamaïque) il y a déjà dix ans ! Comme le temps file !

Rebecca relate l’histoire d’une jeune fille timide et réservée qui travaille comme demoiselle de compagnie pour une dame acariâtre et cancanière, Mme Van Hopper. Cette dernière l’emmène avec elle à Monte-Carlo. Là, la jeune narratrice un peu gauche fait la connaissance d’un séduisant veuf d’âge mûr, Maxime de Winter qui la convainc de l’épouser et de le suivre en Angleterre… A son arrivée, la jeune femme déchante très vite, son époux est distant et le personnel de Manderley, son nouveau foyer, l’accueille froidement… En effet, l’ombre de Rebecca, la première épouse défunte de Maxime de Winter semble toujours planer sur les habitants tout comme sur la demeure elle-même.  Le malaise s’installe, seraient-ils tous sous l’emprise d’un étrange sortilège ?

Cette relecture de Rebecca ce mois-ci tombait parfaitement à pic car elle concordait avec la diffusion sur Netlfix d’une nouvelle adaptation. En effet, le réalisateur, Ben Wheatley s’est emparé du chef-d’œuvre et a tenté non sans mal de dépoussiérer ce classique en proposant sa propre adaptation pour le petit écran… Le résultat n’a, selon moi, malheureusement pas été à la hauteur du sujet… Si j’ai découvert une fois encore avec fascination l’atmosphère gothique de Manderley en relisant Rebecca, à nouveau envoutée par l’écriture magnétique de Daphne du Maurier, je n’ai à mon grand regret pas retrouvé cette ambiance si fascinante et auréolée de mystère dans ce film…

Certes, la photographie de cette adaptation est indéniablement sublime. Digne d’une publicité glacée de parfum, l’œuvre est en revanche étonnamment creuse et décorative. Il semblerait que le réalisateur n’ait pas lu le livre ou l’ai survolé. Ce long-métrage s’est d’ailleurs révélé un tantinet soporifique et manque cruellement de souffle romantique. Autant l’avouer, on s’ennuie ferme d’un bout à l’autre. Le réalisateur a tenté non sans mal d’apporter une certaine densité à l’héroïne pour la rendre plus intéressante… Ces efforts sont vains. Cette figure féminine terne et sans grande témérité est une poupée de chiffon finalement assez antipathique. Elle enchaîne bourdes sur bourdes… Dans le roman, ses faiblesses lui sont excusées car elle est manifestement trop jeune et inexpérimentée pour tenir le rôle de maîtresse de maison ; elle est d’une timidité maladive et s’efforce de plaire à son époux de vingt ans son aîné.

Mais cette relation ambivalente entre les deux protagonistes principaux est très mal exploitée dans le film, tout simplement par ce que l’écart d’âge entre eux deux à l’écran n’est pas vraiment respecté.

Ainsi, l’acteur qui incarne de Winter, Armie Hammer, est très séduisant. Toutefois, il n’a pas l’étoffe d’un personnage sombre et torturé… Il est par ailleurs bien trop jeune pour le rôle…  Je l’avais pourtant trouvé excellent dans U.N.C.L.E où il incarnait un agent secret du KGB. Il était à tomber ! Dans Rebecca, lui aussi est trop décoratif… Le film est donc étrangement bancal et ennuyeux, est -ce dû à une erreur de casting ou à un réalisateur incapable de diriger ses acteurs et de leur donner une ligne directrice claire ?

Quant à Lily James, si j’apprécie grandement cette actrice qui semble avoir actuellement le vent en poupe (elle enchaîne en effet les rôles-titres tels que dans Mama Mia, Le cercle littéraire des épluchures de patates entre autres), néanmoins, elle est en revanche beaucoup trop âgée pour ce rôle. L’héroïne du roman devrait avoir la vingtaine tout au plus. L’actrice a facilement dix ans de trop et n’est pas du tout crédible en jeune écervelée… Son attitude de femme-enfant la rend au contraire agaçante et un tantinet cruche à l’écran. On a du mal à s’attacher à elle. Dans le roman, si la narratrice est assez insipide, elle suscite du moins une certaine pitié.

Je reste cependant convaincue que ce personnage féminin d’héroïne qui n’en est pas vraiment une était calculée. Du Maurier ne voulait pas lui donner trop d’importance dans son roman, ce que le réalisateur n’a manifestement pas compris. Il préfère s’attarder trop sur la romance des personnages et passe ainsi à côté du sujet principal de l’œuvre originale : le génie de ce roman ne réside en effet pas dans le portrait peu flatteur des deux protagonistes principaux mais dans l’écriture brillante de cette romancière, sa manière bien à elle de distiller une ambiance sombre et parfois même inquiétante. Le secret terrible sous-jacent de la mort de Rebecca, ce fantôme imposant qui écrase l’existence de l’héroïne incapable d’avoir sa propre identité est la véritable trouvaille de ce roman et, ce qui aurait dû être mis davantage en lumière dans le film. La narratrice n’est rien et ne laissera aucune trace de son passage lorsqu’à son tour elle décédera… Son identité est de ce fait volontairement tu dans le roman. Elle est ainsi condamnée à vivre dans l’ombre de cette première épouse qui rayonne encore et continue de séduire son entourage même après son dernier souffle. Il y a de la sorcellerie dans l’air… Rebecca est un personnage sombre et malsain dont le souvenir trop prégnant suinte à chaque coin de la demeure… Elle hante Manderley. C’est cette trouvaille géniale et d’une psychologie rare qui m’a séduite dans le roman original et non les protagonistes en eux-mêmes.

Rappelons tout de même que Rebecca est avant tout un roman d’atmosphère qui puise sa principale inspiration dans les œuvres gothiques du XIXème siècle. Comment ne pas dès lors penser à Jane Eyre et à son héroïne tout aussi insipide que la narratrice de Rebecca? Une jeune femme maladroite qui, grâce à sa bonté, réussira malgré elle finalement à conquérir le cœur tout comme l’esprit de son maître… A l’instar de Mr Rochester qui a séquestré sa première épouse complètement folle, le protagoniste principal dissimule lui aussi une vérité abominable…

Pour conclure, si cette adaptation un peu brouillonne tente de s’émanciper de la version classique et originale, elle s’est révélée malheureusement totalement creuse. J’ai longtemps hésité à la revoir pour tenter de comprendre ce qui ne m’avait pas plu à l’écran, et je me suis rendu compte que même ma curiosité n’était pas assez aiguisée pour en connaître la vraie raison. C’est dire si le film en vaut la peine…

Reste, que les costumes sont somptueux, Lily James porte des tenues sublimes. Le choix de musique un brin anachronique était aussi une tentative osée mais une fois de plus, elle n’est pas particulièrement bien exploitée. Saluons tout de même la performance magistrale de Kristin Scott Thomas à l’écran qui incarne avec maestria le rôle de cette gouvernante glaciale et délétère. Cette dernière cultive une fascination morbide pour son ancienne maîtresse Rebecca et a conservé ses effets tout comme sa chambre qu’elle a transformé en véritable mausolée. Ce personnage à la voix doucereuse est particulièrement ignoble et demeure encore le plus mémorable du livre… Hitchcock l’avait admirablement bien restitué dans sa version de 1940 (une adaptation excellente que je vous recommande chaudement) et avait accentué encore davantage son ambiguïté…

 

En bref :  Cette nouvelle adaptation peu fidèle de Ben Weathley s’est malheureusement révélée être une jolie coquille vide sans grand intérêt. Quelle déception ! Toutefois, elle m’aura au moins permis d’apprécier à nouveau la lecture de Rebecca, ce petit bijou d’écriture paru en 1938. Il reste un classique incontournable de la littérature anglaise. Quinze ans après sa première lecture, l’aura de Rebecca a toujours le même impact sur moi… Il reste l’un de mes livres de chevet favoris. 

La bande-annonce du film:

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C’est aujourd’hui que débute le Read-a-thon ! (qui devrait durer tout le weekend du 6 au 8 novembre) Une belle manière de finir en beauté le mois Halloween.  Lou, Hilde, Bidib et FondantGrignote nous ont concocté un programme effroyable pour se tenir compagnie durant ce second confinement… Le concept d’échange est fort sympathique, j’ai donc décidé d’apporter ma modeste contribution pour la première fois. Même si je doute pouvoir respecter et valider à la lettre l’intégralité du défi…  Et oui, je suis accompagnée de mon petit Gremlin de seize mois, j’ai nommé « La tornade rousse » qui n’apprécie pas de ne pas avoir H24 toute l’attention de sa maman… Elle pianote toutes les deux secondes sur le clavier, frustrée lol… Difficile de rédiger ce billet ! Les copinautes qui participent sont nombreuses: FondantGrignote, Jojo en herbe, Samarian, Clarabel, Myrtille, Lou, Hilde et Bidib.

Le défi propose plusieurs étapes à suivre : lire au moins une heure à la bougie, lire à peu près 666 pages, découvrir quelques contes et légendes sur les sorcières et les fées, introduire une lecture étrange de Noël puisque nous sommes toujours dans l’atmosphère sombre d’Halloween, enfin, partager quelques plats et goûters concoctés pour cette occasion. Je compte aussi poursuivre un peu mes lectures du moment. Je vais essayer de terminer la lecture de Le diable tout le temps en prévision du challenge littéraire le Black November et je lis en parallèle en anglais depuis plusieurs semaines déjà A discovery of Witches. J’aimerais en lire plus, ce challenge devrait me booster. J’ai un peu délaissé cette lecture de côté…

J’ai également l’intention de commencer ces deux lectures pour le read-a-thon, « un cosy Mystère » d’Anne Perry et un court album illustré de contes que j’ai déterré de ma bibliothèque. On verra selon l’humeur de ma petite tornade. Je piocherai selon l’envie… Très bonnes lectures ! Et bon challenge pour ceux et celles qui participent!

Je vous retrouve après sa sieste pour un petit bilan matinal…

Premier jour:

11h21 : Je n’ai donc pas pu accéder tout de suite au clavier. Levée à 6H00 après une nuit en pointillée. La tornade est un peu intense ce matin. Elle a une énergie débordante et saute partout ! Je me suis préparée un petit coin de lecture dans sa chambre sur le sol sur une couverture polaire de Noël, adossée au radiateur. Si la journée est ensoleillée, la maison est un vrai frigo. On gèle ici ! Je bouquine pendant que la tornade s’en donne à cœur joie… On dirait qu’il y a une bombe qui a explosé au milieu de la pièce ! Les jouets sont éparpillés partout. Je lis donc l’album de contes : Amusons-nous avec la sorcière, un recueil de petites histoires étranges et fantastiques déniché dans la bibliothèque familiale. Ma mère l’a acheté en 1985 ! Et elle me l’a offert petite fille, ma tornade profite des images avec moi.

12h42: La tornade dort enfin! J’ai terminé la lecture du recueil de contes. J’adore ce beau livre. Les illustrations sont superbes et les histoires même si elles sont parfois farfelues m’ont enchantées. Certaines relèvent plus de l’anecdote que d’un vrai conte abouti mais il y en a d’autres qui sont très intéressantes. J’aime beaucoup la courte histoire intitulée « Un très long nez », je l’avais lu toute petite fille et elle m’a toujours beaucoup plue. Elle raconte l’histoire de trois frères et d’une sorcière. Ces trois jeunes hommes sont tous épris de la même femme, la belle Margaret. Chacun leur tour, ils vont tenter de lui demander sa main. Les deux premiers frères vont rencontrer sur leur route la sorcière Molly, une femme extrêmement laide dont les villageois se moquent sous cape. La vieille sorcière va les saluer et les deux aînés trop fiers vont lui tourner le dos. Bien entendu, ils seront punis pour cet affront. La jolie demoiselle les éconduira tout deux. Robin le cadet, est un garçon au long nez.  Plus doux et généreux, il s’arrêtera sur son chemin pour discuter avec la vieille Molly, qui touchée par sa bonté le récompensera en lui offrant une bague magique pour conquérir le coeur de sa dulcinée.

Il y a une touche moralisatrice à la fin de cette histoire qui n’est pas pour déplaire. Les bons sont récompensés parce qu’ils font preuve de tolérance. Bref, ce petit conte en apparence simpliste est une belle leçon de vie. J’ai donc lu 33 pages.

13h: Après un petit ménage rapide et un petit passage éclair pour aller dorlotter mes bêtes dans ma mini ferme (cochon, chèvres et poules!) il est grand temps de manger… Je compte profiter de cette petite pause pour bouquiner et avancer la lecture de Le diable tout le temps… Je fais quand même un petit tour rapide pour aller voir les blogs des copinautes qui participent à l’aventure… Je passe plus de temps à flâner chez elles qu’à lire! Mais je me régale! Pas grave! Je me rattraperai plus tard…

14h: Je me suis accordée après le repas des petites douceurs (on ne se laisse pas aller!) Bon, finalement la tornade n’a pas dormi longtemps… Elle est de retour et me prend tout mon temps. Je reprendrai les lectures plus tard… Lol je venais de me poser avec Le diable tout le temps j’ai lu deux pages! On avance bien lol.

 

Zut! Black, Pépite et Ramsès, mes décos de canapé préférées m’avaient pourtant réchauffée la place sur le divan! Je vais me balader avec ma tornade pour nous aérer un peu dans le jardin.

19h52: Après une après-midi on ne peut plus mouvementée, la tornade ayant fait une forte chute et s’étant retrouvée avec un hématome gros comme une orange (plus de peur que de mal mais on veille au grain quand même hein!), je reprends mes lectures. Bébé est couché, je lis Le diable tout le temps, un roman très bizarre sur des péquenauds de l’Amérique profonde. Le roman ne fait pas vraiment peur mais qu’est-ce qu’il met mal à l’aise. C’est glauque. Le langage est parfois cru mais pourtant je suis intriguée, je ne peux pas m’empêcher de lire. Je veux connaître la suite… Il y a des personnages complétement frappadingues dont un prédicateur qui pour attirer la foule verse des bocaux géants d’araignées vivantes sur sa tête et mange des cafards pendant ses prières…

Voilà un extrait: « Toutes les deux minutes, il interrompait son prêche et sortait d’un vieux seau à appâts un ver en train de se tortiller, ou un cafar croustillant, ou une limace gluante, et les mâchait comme un bonbon. »

Bref, drôle de livre pour l’instant. Les protagonistes sont décrits comme des « bouseux » rustres, ils vivent au milieu de nulle part entourés d’ignares. Ils abattent des écureuils pour se nourrir et mâchent du tabac à chiquer toute la journée… ça fait rêver quoi. J’ai lu 37 pages. Je fais une pause dîner et j’y retourne…

20h42: Après avoir lu quelques pages trop sombres et décadentes à mon goût, j’ai finalement bien envie de me regarder un petit film sympa sur Netflix… Pourquoi pas une cucuterie? J’ai repéré le Grinch que je n’ai jamais vu. Malheureusement, notre petit Gremlin a encore frappé, la télécommande a disparu. Impossible d’utiliser la télévision lol. Bon, pas grave je suis fatiguée de toute façon et j’ai un dvd sous le coude que je n’ai pas encore vu. Je me rabats sur mon ordinateur portable, comme quand j’étais étudiante et je me met en mode cocooning sous la couette avec mes deux toutous. La maison est toujours en mode frigo. J’ai mis le pyjama le plus confortable (donc le plus laid) et j’ai ajouté les chaussettes dépareillées d’équitation, celles à carreaux (ce sont les plus chaudes, en plus elles montent jusqu’aux genoux!) et la polaire Queshua (franchement c’est moche mais qu’est-ce qu’on est bien dedans). J’ai l’impression d’être Bridget Jones ambiance All by myself! C’est la misère. L’écran est tout petit, le film a du mal à se lancer mais je suis déterminée.  J’arrête les digressions. Je regarde donc bien évidemment un film qui fiche la frousse: La malédiction Winchester, une histoire de fantômes.

21h09: Pssst! C’est vraiment pas de bol lol, à croire que je suis vraiment maudite. Impossible de voir ce fichu film! L’ordinateur est en grève! Bon, c’est pas grave je retourne donc à mes lectures et tenterai ma chance demain… Rrrr! Je fais un sort à ma boîte de chocolats célébration (je vous dis Bridget Jones! Dans toute sa splendeur et sa décadence). Pas grave, demain est un autre jour. Allez hop! On reprend le fil des lectures. Je vais commencer Le spectable de Noël, j’ai envie de tenter ce « cosy mystery ».

21h38: Je viens tout juste de me mettre à lire mais mon petit démon s’est réveillé. Pause biberon… Bébé a un gros chagrin, elle a dû faire un cauchemar.

21h57: J’ai donc repris ma lecture du livre d’Anne Perry qui me plait déjà beaucoup. L’idée est pas mal du tout: à l’approche de Noël, une troupe de théâtre un peu désargentée se retrouve invitée dans un vieux manoir du York pour adapter une pièce de théâtre inspirée du roman de Bram Stocker, Dracula. On est en 1898! J’adore l’ambiance so british de ce period drama! Il ya une petite analyse intéressante du mythe du vampire faite à travers les échanges des protagonistes:

-Toute cette histoire relève du… fantastique.

-Pas du tout insista Caroline. Elle sort des ténèbres des cauchemars que nous portons en nous »

Je trouve que c’est plutôt bien écrit! J’ai lu 42 pages.

22h37: Je fais une courte pause pour répondre aux copines et faire un tour sur leur blog respectif. J’ai repéré au passage un titre de livre qui me fait envie chez Fondant: La villa des Mystères d’un auteur italien… Oh! J’en profite pour flâner sur Amazon et lire les avis! ça à l’air génial et en plus il y a aussi une ambiance gothique puisque le roman raconte les origines de Frankenstein! Merci Fondant pour cette idée de lecture! Hâte de connaître ton avis!

23h02: Extinction des feux! Je suis claquée et vous retrouve demain pour poursuivre les festivités!

9h33: Bonjour à tous et à toutes! Me voici de retour! Après une nuit de folie, la Tornade rousse nous a fait passer une nuit blanche (quatre réveils au total…), je suis encore dans l’ambiance d’Halloween, en mode Zombie… Je me suis levée de bonne heure vers 6h30 pour faire ma petite séance sportive quotidienne (aujourd’hui c’était Barre Blend de Beachbody). Après cela douche, petit dèj et thé vert, et je suis prête pour ce deuxième jour de marathon! J’ai lu ce matin et pendant la nuit entre deux biberons, 44 pages du roman de Anne Perry. J’apprécie toujours autant cette lecture. C’est fluide et très intéressant. La romancière nous apprend pas mal de choses sur l’Histoire du mythe du vampire à travers les voix des personnages. J’aime aussi les explications concernant les choix scèniques pour l’adaptation du roman de Bram Stocker. Le lecteur découvre les coulisses du théâtre et le travail titanesque de la mise en scène. C’est passionnant!

Un personnage étrange et auréolé de mystère (qui à un je ne sais quoi de Dracula) vient de débarquer au manoir alors qu’une tempête de neige fait rage quelques jours avant Noël. Tous les invités sont pris au piège au sein de cette demeure. C’est prenant… Mais je vais devoir interrompre ma lecture, j’ai un cours de soutien à donner. Un grand ménage s’impose également dans la maison. Ce n’est que partie remise!

11h43: Après une matinée ultra chargée qui a défilé à la vitesse de l’éclair,  entre des cours de soutien d’anglais pour des élèves, le bain de bébé, le repas des animaux et une tentative moyennement fructueuse de ménage, interrompue par l’homme de croc et ma tornade qui, à eux deux ont transformé la maison en un gigantesque chantier,  j’ai à peine eu le temps de passer l’aspirateur.  La Tornade réclame son biberon, c’est l’heure de la sieste. J’arrête donc mes tâches ménagères car je suis obligée de faire tout sur la pointe des pieds et de respirer en apné de peur de la réveiller. L’homme de cro est chargé de nettoyer la cuisine et moi je me repose enfin!  Faut pas exagérer quand même! Je vais bouquiner vite fait en prenant une tasse de thé… avant d’aller préparer à manger… Et zut la Tornade ne dort toujours pas…

14h31: Le Gremlin dort à point fermé, j’ai réussi à lire pendant une petite heure en dégustant des petits carrés de chocolat au lait. Je me suis mise confortablement près du feu et j’ai lu en câlinant ma Pépite sur les genoux, qui en profite d’avoir un petit peu de temps libre avec sa maîtresse. En ce moment, elle est un peu chose, je passe beaucoup de temps avec ma fille et je pense qu’elle se sent délaissée alors j’essaie de compenser un peu quand j’en ai l’occasion.

J’ai repris la lecture de Le diable tout le temps. C’est de plus en plus sombre. J’avance bien mais je trouve l’atmosphère trop suffocante. Il y a des chapitres qui sont consacrés entièrement au périple d’un couple de psychopathes dégénérés qui ramassent sur la route des auto-stoppeurs pour les martyriser et prendre des photos artistiques des corps torturés. Je me demande où ce livre nous mène. Je suis moyennement fan, j’ai l’impression de faire du voyeurisme… Je vais finir le roman pour le Black November challenge mais je doute que je lirai à nouveau cet auteur. Je préfère les « cosy mystery », je suis une tendre. J’ai lu 57 pages. Je pense reprendre le livre d’Anne Perry que je garde au chaud pour ma pause goûter. En attendant, le devoir m’appelle, la Tornade rousse s’est réveillée, je vais la balader un peu dans le jardin. Elle râle…

16h20: La Tornade et moi avons joué longuement dans le jardin qui est tapissé de belles feuilles d’automne. Nous en  avons profité pleinement avant que le temps ne se dégrade. La journée a été belle et douce. Nous sommes rentrés au chaud avec des belles images en tête, cela m’a fait du bien après la lecture trop glauque de Le diable tout le temps que je délaisse momentanément. Je vais me tourner vers des lectures plus optimistes. Je commence à avoir envie de flocons et de chocolat chaud au coin du feu. J’ai bien envie de sortir mon sapin… C’est trop tôt, vous pensez?

Nous avons aussi improvisé un petit goûter gourmet avec le thé: une délicieuse tarte aux pommes faite avec la recette de ma mère et les pommes du jardin. Merci Maman! Un vrai régal! Miam! Je reprend tranquilement ma lecture d’Anne Perry tout en sirotant mon thé à l’orange tandis que mon petit farfadet babille et gribouille…

18h59: La Tornade rousse est au lit, elle n’a quasiment pas dormi de la journée et elle est intense! Elle ne dort évidemment pas même si elle n’arrête pas de se frotter les yeux. Je regarde The nightmare before Christmas (L’étrange Noël de Monsieur Jack). Je me rends compte que je ne l’ai jamais vu en entier. J’adore la scène de la découverte de Christmas town quand Jack s’émerveille devant toutes les couleurs et les décorations… Je pense que demain ce sera atelier déco de la maison avec l’Homme de croc! On va sortir le sapin!

L’univers de Tim Burton à ses débuts était tellement original. Dommage, que depuis il n’ait pas su se réinventer… L’Homme de cro m’a appris que cette chanson était en fait inspirée d’un poème de Tim Burton… Bon, je doute voir le film en entier, je vous laisse mon Gremlin m’appelle!

20h00: Je suis K.O! La Poupouche dort enfin! Je regarde une petite cucuterie de Noël. J’ai cherché un film léger sur Netflix et j’ai trouvé une comédie romantique française. Je pensais que ce serait très mauvais mais en fait c’est très sympa! C’est dans la même veine que Virgin River. Les dialogues sont drôles, c’était un peu lent au départ mais ça se regarde gentiment. Une avocate novice au grand coeur qui est sur le point de se faire licencier la veille de Noël se voit envoyer en Laponie pour effectuer le redressement d’une usine de bois. Elle sait qu’elle doit faire preuve de fermeté et ne pas se laisser attendrir par le patron de l’entreprise, elle est d’ailleurs dans la ligne de mire de son propre patron qui la trouve trop faible… Arrivée sur place, malheureusement les choses ne se passent pas comme prévu… Le patron de l’usine de jouets en bois qui l’accueille est un sacré beau gosse au charme redoutable (l’acteur est pas mal du tout miam miam!)…

Cette comédie rafraichissante est une bonne excuse pour découvrir les us et coutumes en Laponie (bien entendu tout y passe, les rennes du Père Nöel, les chiens de traîneaux, etc). J’en ai profité pour grignoter des cookies faits maison en dégustant une petite tisane verveine menthe (faut vraiment que j’arrête de manger, je vais finir le confinement obèse, ça me déprime cette ambiance)… Je n’ai pas lu grand-chose, je compte me rattraper après ce petit visionnage. Bref, ce film est mignon et met du baume au coeur! ça fait du bien un peu de légereté même si cela donne envie de partir s’évader vers de nouveaux horizons!

21h38: J’ai terminé ce petit film de Noël bien sympa! Une jolie bluette plein de bons sentiments et d’espoir. ça fait son job, j’ai passé une agréable soirée! Allez hop! Je retourne lire!

23h30: J’ai donc repris la lecture de Le spectable de Noël d’Anne Perry. Juste au moment où j’étais en train de me dire que l’histoire commençait à être un peu trop bavarde, hop, un meurtre survient! Et me voilà complètement accro. Je n’ai pas vu le temps passé. J’ai enchaîné les pages à un rythme effréné. J’aime beaucoup le personnage féminin principal… J’en parlerai dans mon billet dédié à cette lecture! J’ai lu 65 pages. Je suis exténuée, d’autant plus que j’ai décidé demain de me reprendre en main côté sport et alimentation. Mon tapis de course est pour l’instant en panne, je ne peux malheureusement pas courir mais en attendant je suis des programmes sportifs en streaming tous les matins avant d’attaquer la journée. Bonne nuit! Et bon repos!

Jour 3:

12h58: Je suis de retour! Oui Oui, je poursuis bien toujours l’aventure, mais la matinée a été ultra chargée! Je n’ai même pas encore mangé! C’est pour dire! Levée aux aurores à 5h30 pour donner le biberon au petit Gremlin qui a enfin fait une nuit complète! (le bonheur!), du coup Maman a la pêche aujourd’hui! J’ai fait une longue marche à pieds (1km bien entendu) munie de mon casque de musique (et de mon attestation dans la poche). Cela fait un bien fou d’être un peu seule avec ses pensées. Au retour, j’ai fait une séance de Barre Blend de 30 minutes (sport sur Beachbody). J’étais prête pour le petit dèj. Pendant que l’Homme de cro s’occupe de notre farfadet, je me lance dans un énorme ménage et nous en profitons pour installer le sapin de Noël. J’ai allumé une bougie rouge à la cannelle, la maison sent bon! Hourra! Elle a enfin retrouvé figure humaine. Cette après-midi, je devrais pouvoir me consacrer à mes lectures. Je compte terminer Anne Perry en espérant pouvoir avoir suffisamment de temps à ma disposition. A toute! Notre elf ne veut pas faire sa sieste!

15h11: Et voilà! Le Gremlin dort profondément. J’ai enfin pu reprendre mes lectures! J’ai terminé le petit roman policier d’Anne Perry et je dois dire que j’ai passé un agréable moment. L’écriture était fluide et l’intrigue bien troussée! J’en parlerai peut-être davantage dans un billet particulier. Je pense m’en acheter d’autres. J’aime beaucoup le concept! Je devais lire un roman historique pour mon club de lecture qui doit dorénavant se donner rendez-vous sur Whatsapp, j’en profiterai pour le présenter. Pour l’heure, je vais faire un petit tour chez mes copinautes… J’ai lu 40 pages. Je pense ensuite lire peut-être un peu en anglais ou poursuivre la lecture de Le diable tout le temps, à voir, car j’ai déterré de ma bibliothèque un roman de Sarah McCoy, Un goût de canelle dans une jolie édition de Noël… Ce livre me tente grandement, peut-être vais-je finalement faire une entorse à mon programme…

20h11: Après la sieste de mon petit troll, nous sommes allés nous aérer un peu à l’extérieur du jardin. L’attestation à la main, nous avons marché sur 1km, le Gremlin était content de sortir un peu. Il ne pleuvait plus. Nous avons la chance d’avoir une piste cyclable le long de notre route ce qui nous permet de nous dégourdir un peu les jambes. Je me suis rendue compte que  l’hiver approchait à grands pas, la luminosité a vite baissé durant l’après-midi si bien que nous sommes rentrés à la tombé de la nuit. Il était à peine 18h! Le petit démon a joué longuement avec les animaux, presque 1h dans le jardin. Midnight et Balthazar, nos boucs nains tout comme Elliott le cochon étaient heureux d’avoir un peu de compagnie. Ils nous ont fait la fête lorsque nous sommes venus les nourrir. Je n’ai malheureusement pas pu lire de l’après-midi. J’ai cependant préparé un goûter gourmand: un délicieux banana bread au chocolat. Nous nous sommes régalés. Quelques photos de cette après-midi:

Ce soir, nous buvons de la soupe de courge que l’homme de cro a préparé il y a quelques jours (nous l’avons décongelé) et visionnons un film de Noël: Last Christmas! Une comédie romantique anglaise avec l’actrice de Game of Thrones, Emilia Clark. J’aime beaucoup cette fille, elle a un regard pétillant qui est très expressif. Le registre comique lui va bien. Certains passages sont vraiment cocasses, cela rappelle l’humour déjanté de Love Actually. On rigole bien, ça se moque gentiment des films de Noël. Je le regarde en plusieurs morceaux car la Tornade n’est toujours pas couchée… Ce soir, elle est en mode Grinch! Je n’ai pour le moment vu que le début mais il semble prometteur!

Je ne sais pas encore ce que je vais lire ce soir, Le diable tout le temps ne me fait plus trop envie, il faudrait pourtant que je le finisse pour le Black November Challenge. J’ai un Kate Morton dans ma PAL qui n’est pas vraiment une lecture de Noël ni une lecture Halloween mais plutôt une lecture cocooning. Je pense que je vais quand même me laisser tenter, le temps s’y prête tellement bien. J’ai envie d’atmosphère british à la Downtown Abbey… Je pense qu’Anne Perry m’a contaminée! Je vais encore attendre un peu pour me plonger dans le roman de McCoy sinon je n’aurais rien pour décembre…

Ah, et j’ai découvert par hasard en feuilletant mon livre de contes qu’il y avait une histoire de Léprechauns, ça devrait compter dans le défi celte, non?

22h32: Mon lutin vient enfin de s’endormir! Elle fait ses dents et était inconsolable. Elle est restée éveillée jusqu’à la fin du film dans mes bras sur le canapé en mode koala. J’ai dû lui donner du Doliprane pour la calmer. Si j’ai pu regarder la fin du film, je n’ai malheureusement pas pu lire davantage. Last Christmas s’est révélé finalement plus triste que je ne le pensais. Il y a un retournement dans l’histoire qui nous bouleverse. Je n’en dirai pas plus… La fin diffère des comédies romantiques habituelles. Emma Thomson joue la mère d’Emilia Clark et elle est excellente comme à chaque fois. Son rôle est drôle et touchant. Je vais essayer de lire quelques pages des Brumes de Riverton de Kate Morton, ma prochaine lecture. Je reviendrai vous dire bonne nuit.

23h19: Je m’endors sur mon livre! Je suis trop fatiguée pour continuer ma lecture qui pourtant est passionnante! Je ne regrette pas mon choix de me replonger dans un roman de Kate Morton. Comme j’aime son écriture! Elle a un style classique d’une fluidité incroyable. On ne s’ennuie pas. D’ailleurs, finalement ce livre entre bien dans la catégorie « cosy » du R.A.T puisque c’est un livre idéal pour cocooner au coin du feu. J’adore son intrigue: c’est l’histoire d’un triangle amoureux et en particulier de deux soeurs éprises d’un même homme.  Elles vont être témoins de son suicide; parce qu’il a été un grand poète anglais, la presse en fera des gorges chaudes et bien des années plus tard sa fin tragique inspirera un film… Grace, une ancienne domestique (de 98 ans) est contactée par une productrice de cinéma qui souhaite obtenir des détails sur cette affaire sordide. Bref, le roman alterne le passé et le présent (les années 1920), on redécouvre toute une époque disparue, notamment les coulisses de la domesticité et de la noblesse anglaise au milieu du XXème siècle. J’ai lu 38 pages.

Je suis fan! Je dois maintenant vous dire au revoir! J’ai été contente de partager avec vous toutes… Je vous retrouve demain matin pour un court bilan de ces trois jours de R.A.T qui ont clôturé avec beauté le Mois Halloween! Bonne nuit!

Bilan: challenge accepted but not validated… LOL

Et c’est avec regret que je termine ce premier R.A.T. J’ai tellement aimé cette expérience de partage. Elle m’a permis de faire des échanges avec de nouvelles blogueuses, de découvrir d’ailleurs des personnalités très sympathiques. Je compte venir visiter leurs blogs régulièrement. J’ai adoré lire les petites péripéties du quotidien de mes copinautes. Cela m’a remonté le moral pendant ce confinement un peu plus dur que le précédent.

Pour ce qui du score, il n’est pas fameux:

J’ai vu deux films de Noël et j’ai lu un court recueil de contes  sur les sorcières et les ogres (il y avait aussi des histoires de lutins et de Léprechauns), j’ai donc à la fois validé le défi contes et légendes et le défi celtique. J’ai aussi lu un roman d’Anne Perry, Le spectacle de Noël (j’ai validé la catégorie Noël étrange). J’ai avancé la lecture laborieuse de Le diable tout le temps et j’ai débuté un nouveau roman, une lecture plaisir Les Brumes de Riverton. 

Total de pages lues: 300! Aïe! Catastrophe! Bon, je me doutais bien que je le résultat ne serait pas très glorieux. J’étais néanmoins contente de participer avec vous! Merci aux organisatrices et au prochain R.A.T! Peut-être pour les périodes de Noël? Bonne semaine à toutes!

Publié le par missycornish | 113 commentaires

Coco

Il y a quelques jours, M6 battait son record historique d’audience en une soirée, en diffusant à l’occasion des vacances de la Toussaint, Coco. Si je n’étais pas de la partie, ayant loupé le coche, je me suis très vite rattrapée le lendemain, en profitant du replay. D’après Le Figaro, ce petit bijou aurait réuni plus de 4 415 000 téléspectateurs en une seule soirée !

J’avais visionné ce film d’animation produit par les studios Disney Pixar à sa sortie en salle en 2017, et en gardais un souvenir mémorable ! Comme j’ai pleuré ! Evidemment, la magie a une fois de plus opérée. Je ne sais si l’ambiance morne du confinement, ou les perspectives floues de l’avenir, ont contribuées à mon ressenti, ou qui sait? Parce que je l’ai revu à présent à travers mes yeux de jeune maman, mais ce film m’a cette fois­-ci davantage bouleversée. Coco est incontestablement un grand coup de cœur. D’où lui vient-donc cette popularité phénoménale qui perdure et s’intensifie au fil des années ?

Le message d’amour universel du film est sans doute l’une des principales clés de son succès. Si l’histoire prend pour toile de fond, la fête mexicaine des morts qui, d’ailleurs concorde avec le calendrier chrétien de la Toussaint (entre le 1er et le 2 novembre), elle relate avant tout l’importance de préserver la mémoire des ancêtres. Ainsi, le noyau familial semble être encore l’ultime rempart face aux innombrables détresses de notre vie sur terre, une existence oh combien brève et éphémère ! Ce message fait d’ailleurs étrangement écho à notre situation actuelle.

Miguel est un jeune garçon plein de fougue qui souhaiterait s’écarter du chemin tout tracé que lui réserve les siens. Il n’a aucunement envie de rejoindre l’entreprise familiale de souliers et ne rêve que d’une chose, devenir tout comme Ernesto de la Cruz, son idole, un grand musicien. Malheureusement, pour des raisons obscures, son entourage a banni la musique de sa vie… Un véritable crève-cœur pour Miguel. Ce dernier, décide donc de prendre la poudre d’escampette et de participer à un concert de guitare pour prouver son talent. Par un étrange concours de circonstances, il se retrouve propulsé au Pays des morts, un endroit fabuleux autant qu’inquiétant… Je n’en dirais pas plus au risque de gâcher tout le plaisir de la découverte de cette petite pépite, un film d’animation riche en émotion et à l’intrigue étonnement dense.

En visionnant une seconde fois Coco, j’ai d’ailleurs, à ma grande surprise réalisé que le titre de ce film d’animation n’était pas une référence au héros principal mais, à celui de son arrière-grand-mère. Ce long-métrage, par ailleurs, fourmille de belles scènes, à la fois drôles et attendrissantes. Je n’oublierai jamais ainsi, le passage de la chanson « remember me » (attention prévoyez une boîte de kleenex!) où Coco, vieille dame en déclin, se remémore les années de bonheurs insouciants qu’elle avait fugitivement passé auprès de son père, disparu trop tôt, alors qu’elle n’était encore qu’une toute petite fille. Rien que d’y penser, j’en ai les larmes aux yeux. Pixar a le chic pour nous toucher jusqu’aux tripes. On en ressort secoué mais grandi.

Si l’histoire est en effet profondément bouleversante, elle déborde néanmoins d’optimisme. En outre, Coco nous rappelle qu’il faut profiter pleinement de chaque instant passé en famille. Les souvenirs que nous gardons de ces précieux moments, qu’ils soient tristes ou joyeux, sont le sel de notre existence. Cette histoire touchante nous rappelle aussi que nous sommes tous le produit de nos ancêtres, ils vivent ainsi en nous et à travers nous.

Bien que la fête des morts au Mexique soit une célébration un tantinet morbide, elle reste néanmoins paradoxalement très joyeuse, et rime avec costumes colorés et musiques endiablées. Cette célébration permet aux vivants d’honorer ses disparus sans sombrer dans la mélancolie. Coco restitue à merveille cette ambiance étrange et troublante. Chaque année, durant cette saison, les mexicains envahissent leurs cimetières pour apporter des offrandes à leurs morts. Des objets personnels sont également déposés sur les tombes pour vénérer la mémoire de ces défunts. Cette tradition ancestrale, sous l’influence de la culture américaine et en particulier d’Halloween, a désormais évolué. Les enfants tout comme les adultes revêtent à présent eux-aussi des costumes effrayants pour défiler dans les rues… Peut-être un jour aurais-je l’occasion de voir de mes propres yeux cette fascinante coutume… J’en rêve !

En bref : Coco, est un long-métrage sublime sur la mémoire et un hommage vibrant à la culture mexicaine. Le graphisme des animations est soigné et les couleurs sont somptueuses. Ne vous fiez pas à son titre gentillet, cette œuvre est un petit joyau ! Voilà donc la magie des studios Disney Pixar, nous émerveiller encore et toujours ! Leur pouvoir transcende les âges, personne n’y est insensible. A voir sans modération !

Petite contribution au Mois Halloween et au Pumpkin Autumn Challenge (catégorie Automne douceur de vivre: Il fait un temps épouvantail!)

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Les nouvelles aventures de Sabrina/ Pumpkin Heads

Et voilà… Si Halloween est déjà terminé, le challenge littéraire, lui se poursuit jusqu’à mi-novembre, de quoi me permettre d’ajouter encore quelques lectures frissonnantes. Cela tombe à pic puisque je viens également de débuter en parallèle Le Black November ! Les Thrillers seront donc au rendez-vous sur le blog!

J’ai profité de ces derniers jours pour glisser deux lectures B.D détentes dont une en V.O

° Les Nouvelles aventures de Sabrina :

A la veille de son seizième anniversaire, Sabrina Spellman, une jeune fille, doit prendre une décision importante, elle doit en effet choisir entre mener une vie paisible de mortelle avec son petit ami et ses camarades de lycée ou, embrasser la destinée exceptionnelle d’apprentie sorcière que lui réserve sa famille depuis sa naissance.

Elle ne se doute pas que « Madame Satan », Lilith, vient de refaire surface et garde l’œil sur elle… Sabrina pourra-t-elle l’affronter sans risquer de perdre ceux qui lui sont chers ?

Il y a deux ans sortait sur Netlfix, la série étrange et pour le moins macabre Les nouvelles aventures de Sabrina. Ni une ni deux, je m’étais empressée de « binge-watcher » l’intégralité des épisodes disponible sur la plateforme. Le concept était irrésistible : une version de Sabrina Spellman, l’apprentie sorcière (un personnage de fiction connu grâce à la petite série édulcorée de Disney channel) plus mature et plus sombre qui en fait, se rapproche davantage du personnage original des anciens Comics publiés pour la toute première fois en 1962 !

Parue en avril 2019 à la suite du succès retentissant de la série T.V Netflix, cette bande-dessinée collector insolite est un pur joyau pour les aficionados !  Une fois franchi le cap de l’intrigue quelque peu rocambolesque, j’ai très vite été happée par cet univers inquiétant au décor pop. Les illustrations tout comme le choix des teintes ocres et bordeaux m’ont d’emblée séduite. L’aspect et la noirceur de la plume de l’auteur hispanique Roberto Aguirre-Sacasa apporte d’ailleurs une touche un tantinet baroque et décalée à l’atmosphère déjà gothique du livre. Certes, les vignettes sont parfois gores mais cela n’a étrangement en rien entravé mon plaisir de lecture. J’ai été complétement conquise ! Qu’on se le dise, on est avant tout dans de la fiction pure. Suspend your disbelief ! L’ambiance morbide parfois barrée rappelle aussi beaucoup par certains côtés les contes de la Crypte. Le cadre temporel m’a également beaucoup plu. Sabrina évolue dans un univers parallèle à Riverdale très rétro, les années 60, une période que j’adore.  L’œuvre fourmille entre autres de clins d’œil au roman de Levin, Rosemary’s baby ou encore à la Famille Adams.

En bref : un Comics original qui flirte avec l’épouvante et l’univers rock des vieilles B.D vintage, dont je n’ai fait qu’une bouchée et que j’ai savouré comme une délicieuse friandise d’Halloween. Si ma passion va principalement à la lecture de romans, j’avoue malgré tout mon petit plaisir coupable pour les Comics. Les Nouvelles aventures de Sabrina a été pour moi un régal !  J’ai désormais hâte de lire la suite qui n’est pour le moment pas encore annoncée… En attendant, j’ai commandé pour Noël, Afterlife, une histoire Zombiesque dans la même collection et un petit hommage à l’œuvre Loftcraftienne tout comme à l’humour morbide et toqué des films de Sam Raimi (comment ne pas penser à Evil Dead en jetant un œil à la couverture ?!).

Le teaser de  la première partie des Nouvelles aventures de Sabrina sur Netflix (à noter que la nouvelle saison sortira en janvier 2020):

° Pumkin Heads :

Ce roman graphique est une petite bluette. L’histoire prend pour toile de fond la période d’Halloween. Toutefois, pas d’horreur ici, aucune présence spectrale ni monstrueuse dans cette intrigue somme toute assez simpliste : chaque automne, deux lycéens se retrouvent pour travailler au « Best pumpkin patch », un parc d’attraction à thème qui propose de nombreuses activités liées à la récolte de citrouilles…  Cette saison se révèle bien différente des précédentes puisque les deux jeunes gens terminent enfin leur mission. L’année suivante, ils rentreront à l’université et devront stopper leur petit job d’étudiants. Josiah mélancolique, regrette de ne pas avoir avoué sa flamme à la ravissante « Fudge girl », une collègue de travail toujours débordée qu’il admire à distance depuis ses débuts au parc… Deja, quant à elle, n’a pas l’intention de laisser s’envoler l’opportunité de profiter pleinement de cet endroit fantastique avant son départ, c’est pourquoi elle propose à Josiah d’emprunter exceptionnellement le chemin de l’école buissonnière… Les deux camarades se lancent alors dans une quête insensée pour retrouver la mystérieuse « fudge girl » …

Autant, l’avouer tout de suite, si je n’avais pas lu cette lecture en V.O, elle se serait révélée sans grand intérêt. L’histoire manque cruellement d’originalité. Toutefois, les illustrations sont un plaisir pour les yeux. Cette comédie romantique rafraîchissante a au moins eu le mérite de procurer une parenthèse joyeuse et une petite détente fort agréable dans le climat tendu actuel.

En bref : Sans être un chef-d’œuvre, cette lecture légère est un très bon divertissement. Bourré d’optimisme, ce cocktail vitaminé idéal pour cette saison morose nous rappel que l’Automne est tout de même l’une des plus belles périodes de l’année. Je garde quant à moi mon exemplaire, une ressource que j’espère pouvoir exploiter avec mes élèves.

Voici donc mes dernières lectures du Mois Halloween ainsi que du Pumpkin Autumn Challenge dans les catégories Automne frissonnant (Les chimères de la Sylve rouge pour les créatures de la nuit) et Automne douceur de vivre (Il fait un temps épouvantail!)

 

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Soirée Pop Corn#2 Spécial Halloween

Le Mois Halloween arrive bientôt à sa fin… A l’annonce du reconfinement et pour chasser les idées noires, cette année, point de films d’horreurs pour nous ; nous avons préféré opter pour des films tout en légèreté et essentiellement destinés à être vus en famille, des histoires fantastiques qui font gentiment frissonner sans toutefois sombrer dans l’épouvante. Bref, des films « plaisir » pour se vider la tête et se déconnecter de ce monde déjà suffisamment sombre et inquiétant. Dans cette optique, Maggie du blog 1001 classiques et moi vous proposons un rendez-vous mensuel pour parler  de notre passion commune: le cinéma.

Pour ma part, voici trois films que j’ai visionné pour célébrer Halloween:

°The witches:

Cette nouvelle adaptation du livre pour enfant de Roald Dahl par Zemekis, l’excellent réalisateur de Retour vers le futur, relate le destin hors du commun de Bruno, un petit orphelin recueilli par sa grand-mère. Le film s’écarte de l’intrigue originale du roman en plantant son décor dans les années 60 en Alabama. Ainsi, ce choix de temporalité et de décor apporte une certaine touche d’originalité et de renouveau à l’œuvre quelque peu poussiéreuse de Roald Dahl. L’idée de transposer l’histoire de l’Angleterre au sud des Etats-Unis était de prime abord une belle trouvaille et permettait à l’actrice Octavia Spencer de briller dans son registre. Elle incarne une grand-mère énigmatique que l’on soupçonne de tremper elle aussi dans la sorcellerie… Disons-le franchement, tout comme dans La couleur des sentiments, l’actrice crève l’écran et cabotine ici à merveille ! Elle ne déçoit pas.  C’était sans-doute le personnage le plus intéressant du film.

Le réalisateur a également tenté d’apporter une petite touche de gothique et d’étrange, une initiative diablement intéressante. Ainsi, le début du film rappelle étrangement l’atmosphère mystérieuse et sombre de Beloved … Toutefois, la comparaison s’achève là. Cette adaptation étant avant tout destinée à un public jeune, les scènes grotesques et hasardeuses ont malheureusement repris le dessus. Le résultat est un film un peu bancal, parfois bavard et saupoudré d’effets spéciaux ridicules et bâclés.

Bien qu’Anne Hathaway nous livre une performance une fois de plus remarquable, elle n’apporte finalement rien de nouveau à l’adaptation déjà mémorable de 1990. Angelina Huston était selon moi bien plus effrayante… Enfant, ce personnage maléfique me terrifiait, aujourd’hui cela n’a pas changé !

Dommage… Finalement, je ne retiendrai de ce film que cette jolie scène où Octavia Spencer tente désespérément de redonner goût à la vie du petit Bruno en se trémoussant sur le tube Stop in the name of love… Une scène magnifique et tellement émouvante, d’une puissante étonnante. La bande-son est d’ailleurs un pur régal.

En bref : Un petit divertissement avec quelques belles surprises mais qui malheureusement n’éclipse en rien la réussite de l’adaptation grinçante de 1990.

La bande-annonce:

°The craft/The craft legacy:

The craft legacy, les nouvelles sorcières est, à la grande surprise générale, non un remake, mais bien une suite à The Craft (traduit sous le titre de Dangereuses alliances en français), un film sorti en 1996 : Hannah, une jeune fille réservée et introvertie débarque dans un nouveau lycée. Elle fait la connaissance de trois jeunes filles étranges qui prétendent être des sorcières. Séduite par leurs excentricités, Hannah découvre avec elles la pratique de la sorcellerie et tente de transformer ses rêves en réalité…

Soyons clairs, The craft était déjà tout de même un petit navet, là on a racle le fond…

The craft, le premier opus que j’ai visionné dans la foulée, avait au moins le mérite de posséder une bande-originale excellente. Les tenues des années 90 étaient d’avant-garde et ont inspiré une génération d’adolescente en mal d’indépendance et de reconnaissance. L’intrigue était  aussi plutôt originale pour l’époque (même si depuis, elle paraît un peu éculée) : embrigadée dans un groupe de filles exerçant de mauvaises influences, une petite sainte-ni-touche (jouée par la jeune actrice de Gilmore Girls qui est toute aussi agaçante que dans cette série dégoulinante de bons sentiments) s’émancipe peu à peu, traîne dans des endroits glauques, découvre sa sexualité et son pouvoir de séduction à travers la pratique de la sorcellerie et, bien évidemment, sombre progressivement dans le côté obscur de la Force … Ces quatre jeunes filles sorcières jouant à se faire peur finiront logiquement par en payer le prix…

L’intérêt de The craft, en comparaison de The craft legacy, résidait dans la relation ambiguë qui liait les quatre adolescentes. Elles n’entretenaient pas à proprement parler une véritable amitié mais davantage une relation opportuniste. Les quatre filles à la fois complices et rivales ne pouvaient accéder à leurs dons que si elles maintenaient au sein du groupe une certaine unité qui chancelle inévitablement à mesure que leur soif de pouvoir grandit… Cette relation étrange et franchement malsaine était très bien exprimée. Toutefois le « génie » s’arrête là. Ce petit film de série B n’a d’ailleurs pas particulièrement bien vieilli même s’il reste encore culte.

La bande-annonce de The Craft sortie en 1996:

The craft legacy a tenté de reprendre le même filon et n’apporte finalement rien de neuf. L’intrigue est tellement tarabiscotée que j’ai failli piquer du nez… Quant aux dialogues, ils sont d’une platitude déconcertante. L’actrice principale au joli minois, la coupe à la garçonne, semblait prometteuse mais son personnage est finalement trop superficiel pour qu’on s’y attache. Le jeu des actrices est d’ailleurs extraordinairement mauvais. Les adolescentes frisent parfois l’hystérie et sont bourrées de tiques. Tant qu’à revoir un petit nanar, autant se rabattre sur la série Charmed qui, finalement, n’est pas si mal en comparaison…

En bref : Quand le cinéma s’acharne à tenter de faire du réchauffé avec des ingrédients déjà périmés… Voilà malheureusement le résultat obtenu, une souplette indigeste. The craft Legacy est une grande déception !

La bande-annonce:

Pour finir, je ne retiendrai que cette chanson inoubliable et originale, entendue pour la première fois dans The craft, How soon is now ? par les Smith, un tube des années 90 que j’adore encore écouter, et qui est devenu depuis culte grâce à Charmed qui l’avait remise au goût du jour :

Premier rendez-vous soirée Pop Corn ciné avec Maggie… Pour lire son billet c’est ici!

Avant-dernière participation également au Mois Halloween!

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Ma vie de Prof d’Anna Chronique

Cette semaine, j’ai eu envie de faire une petite parenthèse au Mois Halloween pour partager avec vous cette petite trouvaille… A l’heure de ce deuxième confinement et dans ce climat ambiant anxiogène, il est bon parfois de se tourner vers des lectures légères et rafraîchissantes. J’ai ainsi fait l’acquisition de ce petit recueil de vignettes humoristiques consacré à la vie parfois tumultueuse des professeurs du collège.

 

Je suis tombée par le plus grand des hasards sur la page Facebook de l’autrice Anna Chronique, alors que cette illustration circulait :

Elle reflétait tellement bien mon état d’esprit et ma situation actuelle que la curiosité piquée au vif, j’ai dans la foulée commandé un exemplaire de son livre. Les événements récents tels que la disparition tragique de ce professeur d’Histoire-Géo, Samuel Paty, ainsi que le retour des professeurs en classe malgré le confinement m’ont fait réfléchir au statut finalement bien précaire d’enseignante ; ce métier est malheureusement de plus en plus dénigré que ce soit dans la cellule familiale comme dans les médias. A qui la faute ? Le professeur continue d’être rabaissé et a de moins en moins de moyens à sa portée pour enseigner dignement en classe.

Que dire de son autorité qui est sans cesse remise en question même par son propre gouvernement, de plus en plus démissionnaire ? Sans compter le salaire de misère qu’on lui concède après de nombreuses années d’étude et un concours qui se révèle de plus en plus similaire à un parcours du combattant.

Non, vraiment, il faut sûrement être un tantinet maso ou un doux-rêveur pour vouloir poursuivre encore dans cette voie.  Certes, Anna Chronique fait elle-aussi le constat grinçant et sans œillères de cette situation, toutefois sans amertume, elle décrit ce quotidien parfois éprouvant avec une touche d’autodérision délicieuse. Cela donne des scènes drôlissimes bien que souvent criantes de vérité. Tout y passe : l’angoisse des professeurs devant leur classe, un public qui peut s’avérer remuant et récalcitrant au travail… ce qui peut être un brin décourageant, le jargon incompréhensible des profs qui parfois ne se comprennent même pas entre eux à mesure que les réformes changent et évoluent sans cesse, les portraits grinçants de collègues, les réunions parents-profs qui peuvent aussi parfois être extrêmement houleuses et délicates… et les amis tout comme la famille qui se moquent gentiment du travail de « feignasses » de ces professeurs toujours en vacances. Enfin, cette charge mentale écrasante que subissent inlassablement les enseignants. Le livre regorge ainsi donc de vignettes percutantes.

En bref : à travers ces vignettes humoristiques bien sympathiques, qui ont sans-doute dû lui servir parfois d’exutoire, Anna Chronique nous propose un petit livre intelligent. Sans complaisance mais avec beaucoup de bienveillance, cette bande-dessinée au graphisme léger et édulcoré, dévoile les coulisses pas toujours reluisantes du métier de prof au collège. Je garde quant à moi cet exemplaire que j’ai dévoré. Il a déjà trouvé une place de choix sur mon bureau et le ferai sûrement circuler en classe et en salle des profs si j’en ai l’occasion pour en faire la pub… Une très bonne idée de cadeaux à l’approche des fêtes pour un/une ami(e) collègue… A mettre entre toutes les mains et à savourer sans modération !

Voici un petit aperçu de ce petit recueil original qui regorge de vignettes hilarantes. Cet extrait m’a vraiment fait sourire car je m’y suis complètement retrouvée :

Le page Facebook d’Anna Chronique: https://www.facebook.com/annachroniquebd/

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Simetierre de Stephen King

Le mois Halloween sans Stephen King, c’est comme célébrer Noël sans sapin ! C’est impossible… C’est pourquoi j’ai une fois de plus exhumé de ma PAL un nouveau titre de son œuvre prolifique.  

Quelle idée franchement ! Je pense que je n’étais pas préparée psychologiquement à encaisser les retournements multiples et sordides de cette histoire macabre. Une de mes tantes m’a dit un jour que si Stephen King n’avait pu être écrivain, il serait sans-doute devenu serial killer. C’est peu dire…

Résumé :

Le jeune docteur Louis Creed, de Chicago, s’installe avec sa famille à Ludlow, petite bourgade américaine paisible du Maine. Leur sympathique voisin, le vieux Jude, les emmène découvrir le « simetierre », ce lieu étrange et insolite établi à la lisière d’une forêt sombre, où les animaux de compagnie d’enfants ont été enterrés au fil des générations. Non loin de ces sépultures se trouvent d’anciennes terres indiennes sacrées, un endroit réputé maudit où il ne fait pas bon s’aventurer la nuit… Mais lorsqu’une tragédie secoue la famille Creed, rongée par le chagrin, le jeune médecin prend une décision irrévocable aux conséquences désastreuses…

Verdict ?

Il faut le reconnaître, j’ai rarement été aussi terrifiée en lisant un roman…Même Shining n’a pas eu cet impact, et pourtant le récit m’avait à plusieurs reprises glacée. La fin de Simetierre est franchement dérangeante… J’ai d’ailleurs eu du mal à fermer l’œil la nuit, et ai dû faire quelques pauses durant ma lecture car l’atmosphère du roman m’a plombée…  S’il est ici question de deuil, l’auteur se focalise principalement sur la perte d’un enfant en bas âge, une adorable petite tête blonde fauchée par un camion… De quoi faire déjà cauchemarder n’importe quel parent, moi la première. J’ai donc ainsi été abasourdie par la puissance cathartique de ce roman…

Les récits de Stephen King ont tous cette étrange particularité de nous chambouler, sans-doute parce que ses personnages sont souvent des êtres ordinaires, confrontés à des préoccupations bien triviales, ce qui renforce un peu plus le réalisme du décor. Ces personnages profondément humains sont toutefois capables du pire comme du meilleur… Rares sont les romanciers qui réussissent à décrire avec tant de finesse psychologique la violence sous jacente de la culture américaine, qui, rappelons-le, s’est tout de même bâtie sur du sang. Bercées dans cette culture, les œuvres de Stephen King reflètent l’Amérique profonde, une Amérique sombre et imprévisible.

L’écrivain offre par ailleurs sous le couvert d’un roman estampillé « terreur », une réflexion philosophique étonnamment dense sur la mort et notamment sur le pouvoir des rites de mémoire tels que l’enterrement plutôt que la crémation. Ce qui est né de la terre retourne à la terre… Stephen King puise le plus souvent son inspiration dans le folklore américain et en particulier dans les croyances et les vieilles traditions indiennes. Le résultat est bluffant. La légende du Wendigo semble plus vraie que nature. A noter que l’idée d’un cimetière pour animaux établi sur un ancien site indien maudit était une trouvaille particulièrement brillante…

Ainsi donc, si le surnaturel prend évidemment une place prépondérante dans ce récit morbide, ce n’est pas l’exploitation de cette idée qui m’a semblé la plus intéressante. Les chapitres dédiés au chagrin du deuil, et en particulier à l’enterrement du petit garçon, d’une tristesse désolante, m’ont davantage marquée. J’en ai pleuré.

Le désespoir du narrateur est très bien restitué. On croirait le vivre nous-mêmes. C’est la force des écrits de Stephen King, nous toucher jusqu’à l’âme. L’histoire entre d’ailleurs étrangement en résonance avec le contexte actuel, une époque où la mort est sans cesse dissimulée et aseptisée, la vieillesse tout comme la maladie, demeurant encore aujourd’hui des sujets tabous. On montre rarement aux informations télévisées la réalité des coulisses (Covid 19).

On a tendance à vouloir encore camoufler la vérité brute, la mort dégradante. Stephen King l’assure, notre rapport à la décrépitude des corps est devenu malsain, les morts nous gênent. La preuve, nous tentons inlassablement de freiner les effets du temps en ralentissant tout signe de vieillesse… Pour l’auteur, cette phobie diffuse pour la mort est le présage d’une déchéance progressive de notre civilisation qui tente de gommer au passage toute spiritualité.

Il y a un dialogue mémorable entre le vieux Jud et Louis qui illustre à merveille cette idée. Jud, qui a frôlé la mort à de nombreuses reprises (deux guerres mondiales et la grippe espagnole), s’adresse à Louis et tente de le raisonner en lui expliquant le rapport de sa génération à la mort. Il en est convaincu, on ne peut pas tromper la faucheuse qui dissémine au gré de ses envies celui qui a le malheur de croiser son chemin. Il faut apprendre à l’accepter : « Pour nous, la mort était à la fois une amie et une ennemie » décrit-il.

Pétri de bonnes intentions, notre héros Louis Creed, refuse de voir la mort en face et, à l’instar du scientifique Frankenstein, décide de commettre un acte impie en se substituant à Dieu. Le résultat se révèle une fois de plus un échec cuisant… Cage reviendra d’entre les morts complètement métamorphosé… Cette contrefaçon dérangeante un brin macabre m’a donné la chair de poule. La description du petit Cage fraîchement décédé est innommable. L’auteur s’en donne à cœur joie. Certaines scènes sont, en outre, particulièrement gores.

Et l’adaptation dans tout ça ?

Si j’ai bien entendu visionné l’adaptation du roman, qui est plutôt réussie même si elle diffère tout de même de l’intrigue du roman, je dois reconnaître que l’œuvre originale est nettement meilleure. Est-il de toute façon possible de restituer tout le génie d’écriture de Stephen King en le condensant en une adaptation de 2h ? J’en doute…

En bref : un excellent roman terrifiant qui hante le lecteur même après avoir tourné la dernière page. Une œuvre sombre et puissante sur la mort, une finalité inévitable mais pourtant naturelle pour tout être vivant… Un chef-d’œuvre du genre. Attention cependant, ce roman d’épouvante est réservé avant tout à un public averti. A bon entendeur…

La bande-annonce du film:

Nouvelle participation au Mois Halloween dans les catégories Les cimetières, le deuil et la perception de l’au-delà ainsi  que  les  créatures  de  la  nuit  puisque  c’est  une  histoire « zombiesque »…Participation  également  au  défi  Pumpkin Autumn  Challenge  dans  la  catégorie  Automne  Frissonnant,  Esprit  es-tu  là?

Publié dans Challenge Halloween, Chronique diabolique 2020, Cinéma, Classique horreur, Lire du fantastique, Littérature américaine, Thriller | 14 commentaires