La jeune fille à la perle

Tracy Chevalier a imaginé l’histoire qui a conduit à la création de l’œuvre, La Jeune Fille à la Perle, réalisée par un peintre flamand de renom, Johannes Vermeer. Appelée aussi « La Joconde du Nord », pour ses multiples similarités avec celle de Léonard de Vinci, cette peinture a été achevée en 1665.

A travers les ressentis d’une jeune servante, Griet, l’auteur tente de donner une réponse alternative au mystère qui entoure le tableau depuis sa conception. Intriguant et fascinant, ce portrait est le seul de Vermeer où le modèle se retourne pour voir au dessus de son épaule comme pour fixer quelqu’un. Sa position suggère que la jeune femme regardait le peintre lui-même dans les yeux lorsqu’il l’a peinte. Une telle audace n’aurait  pu être permise que par quelqu’un d’intime avec l’artiste. C’est à partir de cet élément que l’auteur a choisi d’inventer les mémoires fictives de celle qui inspira ce génie du XVIIème siècle.

Griet fraîchement engagée pour servir la famille du peintre Vermeer  se retrouve malgré elle prise en « otage » par ce dernier et devient très vite son assistante clandestine. L’épaulant dans son atelier, apprenant à broyer avec minutie les pigments pour créer des nuances de couleur, elle se met à dos la femme de ce dernier qui voit en son rapprochement artistique et en ses privilèges, une menace pour son foyer.

Bien que l’idée initiale soit originale, le livre reste toutefois très décevant. Tracy Chevalier nous livre un roman bancal, trop court pour cerner vraiment la psychologie des personnages où la mollesse de l’intrigue quasi- inexistante et la lenteur pesante des événements rendent le récit pompeux. L’atmosphère est froide et sombre, une structure caractéristique des romans nordiques que l’écrivain semble bien maîtriser.  Cependant, l’auteur est impartial quant à son héroïne qui n’est pas franchement extraordinaire ni inoubliable. Son comportement passif vis-à-vis des événements et sa loyauté aveugle font d’elle une personne antipathique, une fausse victime, sorte de bête de somme esclave de son maître. Le peintre lui- même est distant et il est difficile de saisir sa personnalité.

Si l’économie du dialogue donne une impression de claustrophobie dans le roman et  que le rythme du texte soit dénié de relief,  la véritable faiblesse du livre réside plus dans l’histoire elle- même qui semble tout droit sortie d’une nouvelle.  En effet on ne peut que déplorer un sérieux manque d’action. Ces mémoires fictives, écrites à la première personne n’apportent aucune clé à l’univers de l’artiste peintre.  Tout comme celui qui la peint, le personnage principal reste insondable jusqu’à la fin et on a peine à ne pas éprouver un certain soulagement à l’idée d’en finir enfin avec le livre. Mortel.

Pour les plus courageux qui souhaitent voir l’adaptation cinématographique avec Scarlett Johansson et Colin Firth, voici la bande- annonce:

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2 commentaires pour La jeune fille à la perle

  1. Linette dit :

    J’avais bien aimé ce livre moi. ^^ Justement j’aimais la pudeur de la narration qui donnait un certain charme à l’histoire. Par contre le film, bof. J’ai du mal à supporter Scarlett Johansson maintenant.

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