Carnet de lectures #2 (British Mysteries+ Thématique du naufrage)

20220319_151623

Après une absence de cinq jours à Lille pour une formation de préparation au concours du Capes extrêmement dense mais passionnante et enrichissante, me voici de retour chez moi en Normandie. Je suis arrivée hier soir à la nuit tombée. Contente de retrouver mon petit monde, ma Poupouche, mon mari et ma petite ferme. Ereintée par cette semaine et le voyage ! Mais le soleil m’a revigorée pour venir par ici et papoter avec vous. Je voulais vous partager mes dernières trouvailles livresques.

Je poursuis toujours ma petite lecture victorienne dans le cadre de la quinzaine du challenge British Mysteries. Je suis évidemment en retard (comme pour tous les défis auxquels je prends part) mais j’y participe tout de même. Je lis actuellement L’hôtel hanté de Wilkie Collins, un roman étrange mais à l’écriture fluide. Une femme à la peau d’albâtre, d’une beauté insolite et à l’identité mystérieuse vient rendre visite à un médecin réputé, le docteur Wybrow. Elle lui confie d’emblée être atteinte d’un mal inconnu. Le médecin sceptique lui prête tout d’abord une oreille peu attentive. L’homme de science très rationnel s’attend en effet à devoir soigner une quelconque crise de nerfs, une maladie imaginaire qui semble foisonner chez la gente féminine qui, nous le savons bien, reste avant tout un sexe faible facilement impressionnable et contrarié… Et hop ! Le récit est saupoudré d’une petite touche gentillette de misogynie propre à son temps… Qu’à cela ne tienne, la plume classique de Wilkie Collins est suffisamment rythmée pour appâter le lecteur et lui donner envie de continuer… Ce récit à tiroirs est pour l’heure plutôt distrayant. Les histoires sont enchâssées et les digressions pourtant nombreuses, caractéristiques des romans à feuilletons, réussissent à relancer l’intérêt du lecteur qui ne faiblit jamais.

De quel mal peut donc bien souffrir cette étrange femme au regard de braise? Elle serait, d’après elle, habitée par le Malin… Voilà donc une introduction somme toute peu banale pour un roman de cette époque. Le médecin, à sa grande surprise, va développer peu à peu une attirance et une curiosité malsaine pour cette drôle de patiente séduisante, une comtesse étrangère qui plus est veuve et à la réputation plus que sulfureuse. La dame va lui conter son histoire et c’est ainsi que nous lecteurs nous retrouvons à notre tour, comme ce médecin un peu bourru, happés par la tournure que vont progressivement prendre les événements… Il y est question de fiançailles avortées, de jalousie féminine et d’une fiancée éconduite qui semble exercer une certaine influence néfaste sur le destin de cette belle comtesse qui a elle-même soi-disant passant ravi son amour de jeunesse… Bref, tout un programme ! Avez-vous déjà lu L’hôtel hanté et avez-vous aimé ? Je n’ai lu qu’une quarantaine de pages mais je suis déjà conquise…

20220319_151551En parallèle de cette lecture pour la quinzaine du British Mysteries, je devais lire un roman sur la thématique des naufrages et des récits d’exploration. Mon choix s’est porté sur cette belle édition Omnibus qui rassemble les cinq premières aventures du seigneur de la jungle, le héros mythique du sauvage blanc crée par Edgar Rice Burroughs. Je ne connaissais pour ainsi dire presque rien sur ce fameux personnage, mis à part bien sûr le dessin animé de Disney (une version très édulcorée et qui s’écarte grandement de l’histoire originelle) ou le dernier film très politiquement correct de David Yates (plus connu pour ses comédies romantiques) qui redore l’image un tantinet trop impérialiste voire raciste de Tarzan. Certes, l’adaptation est initialement inspirée de l’œuvre de l’écrivain américain, toutefois, l’histoire a une fois de plus subi un léger « rafraîchissement » pour la mettre un peu plus au goût du jour… Pas grave, le film ne se veut pas vraiment intellectuel, c’est avant tout un excellent divertissement avec en prime l’acteur BG suédois de True Blood qui, pour l’occasion, a suivi un entraînement extraordinaire pour pouvoir développer une carrure presque animale et proche du gorille… Le résultat est assez convaincant… Admirez la bête !

tarzan-gif-577bc8c20f624La bande-annonce épique de La légende de Tarzan de David Yates (je pense que je vais me refaire une séance cinoche ce soir):

A la lecture du premier tome de ce recueil, la violence inouïe de Tarzan saute aux yeux. Le récit s’ouvre avec le départ du couple Greystoke pour l’Afrique coloniale. John Clayton, Lord Greystoke, est chargé d’une mission plutôt délicate, celle d’effectuer des rapports secrets sur la situation des indigènes recrutés comme soldats et réduits en esclavage par une autre puissance européenne présente sur le territoire (on n’en dit pas plus). Cette puissance demeure inconnue… Les Anglais sont dès lors perçus comme les sauveurs des pauvres populations noires exploitées dans le but d’extorquer du caoutchouc et de l’ivoire aux tribus sauvages du Congo et de l’Aruwimi.
Une mutinerie bouleverse les projets du couple Greystoke qui se trouve contraint de débarquer sur un petit bout de terre sauvage inoccupé. Ils devront vivre à la manière de naufragés en subvenant à leurs propres besoins, en attendant d’attendre un secours possible du Colonial Office qui a sans-doute eu vent de leur disparition soudaine…

Autant l’avouer franchement, si le récit est bourré de préjugés raciaux et d’éloges à peine dissimulées pour l’empire britannique (il est difficile de passer parfois outre…), l’histoire à proprement parler est néanmoins un régal pour les amateurs de romans d’aventure. Je dévore le premier tome qui comporte peu de temps morts. Ce premier volet nous raconte les origines de Tarzan et sa survie au milieu d’une tribu de gorilles tout comme sa rencontre avec la belle Jane. J’aime la façon dont les animaux revêtent presque des caractéristiques humaines tout en conservant leurs instincts bestiaux. L’auteur ne fait pas non plus de pathos lorsqu’il relate la mort des parents de Tarzan, l’histoire suit son cours. J’ai d’ailleurs découvert qu’à l’origine, les parents sont tués non pas par un léopard mais par Kerchak, le chef de la tribu des gorilles qui recueillera par la suite l’enfant sauvage pour l’élever comme le sien. Tarzan est avant tout un homme-singe plus proche de l’animal que de l’humain. Il est habitué à vivre dans un univers chaotique et brutal. La mort ne lui fait pas peur car il ne possède pas la notion du temps et n’a jamais été influencé par une quelconque croyance religieuse. Il tue pour survivre comme par plaisir, en somme sans aucun scrupule. Ce n’est pas vraiment un humaniste. Il a cependant des allures de Rahan, à me lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au générique de ce dessin-animé un peu daté que je regardais enfant. On y retrouve la même ambiance.

20220319_151226Je n’avais jamais réalisé avant mes recherches de lectures pour le Book club que Tarzan était avant tout une robinsonnade. Et pourtant, tous les ingrédients sont présents ! Notre héros fait preuve d’une grande ingéniosité pour survivre dans la jungle utilisant les fameuses lianes pour se déplacer d’arbres en arbres mais aussi pour créer un lasso et attraper ses proies.

L’homme-singe doit aussi vaincre ses ennemis mortels, la lionne Sabor mais aussi le chef Mbonga qui le traque depuis que Tarzan a assassiné de sang-froid son fils pour venger la mort de sa mère, la gorille Kala. Vous suivez toujours ? Bref, je suis une grande fan, ça déménage. Pas étonnant que cette série ait donné naissance à une multitude d’adaptations pour le cinéma. J’ai déjà lu une petite centaine de pages. Je vous raconterai mes dernières impressions plus tard ce weekend. Je retourne à mes lectures au soleil ! Je vais profiter du jardin avant que les nuages ne fassent leur retour. En Normandie cela peut vite changer ! Le jardin est fleuri et la tonte du gazon est bien tentante, c’est aussi un peu la jungle de ce côté-ci… Quel bonheur de pouvoir profiter de l’extérieur ! Bon samedi !

Cet article a été publié dans blablas littéraires, Challenge British Mysteries, Classique britannique, Lire du fantastique, Littérature américaine, Littérature anglaise, Roman d'aventure, Roman noir/policier. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

8 commentaires pour Carnet de lectures #2 (British Mysteries+ Thématique du naufrage)

  1. Hilde dit :

    J’avais bien aimé l’ambiance de « L’Hôtel Hanté »! L’histoire était assez mystérieuse. Je suis moins tentée par Tarzan et Rahan, j’ai peut-être tort ! 😉

  2. Alex Mot À Mots dit :

    Un week-end bien rempli.

  3. Marjorie de Bazouges dit :

    Hé hé ça donne envie d’aller voir le film.

  4. Chicky Poo dit :

    Je ne connais pas L’hôtel hanté, mais je suis assez curieuse du coup ! Par contre, je vais laisser passer ce tarzan 😉 Je n’ai jamais trop accroché, mais là ce que tu en dis me retient encore plus fortement j’avoue !
    C’est rigolo, tu n’étais pas loin de chez moi quand tu étais à Lille (j’habite à 40 minutes en voiture environ !)

    • missycornish dit :

      Coucou Chicky Poo, c’est sympa comme lecture. J’adore cet auteur depuis La dame en blanc que j’avais dévoré. Tarzan c’est pas mal du tout, je comprends pourquoi ça a eu un succès fou à sa première parution. Il a un peu un côté Rahan. Ah c’est drôle j’ai de la famille à Lille alors j’y vais souvent, peut-être qu’un jour on se rencontrera pour un café?

  5. rachel dit :

    Et bin tout un chouette retour et bon repos….je n’avais jamais pense a lire Tarzan…..mais pourquoi pas didonc ?….en tout cas toute une bien belle pause britannique (il y a le match de rugby France – Angleterre didonc)…;)

On papote?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s