Karaté Kid/ Soirée Pop Corn rétro #4

C’est le retour de notre rendez-vous mensuel, Les soirées pop corn avec Maguy pour partager avec vous (en toute légèreté et sans prétention) notre passion commune pour le cinéma. Nous avions sélectionné pour cette nouvelle édition des films rétros (je suis en retard !) J’avais tout d’abord l’intention de visionner un grand classique du cinéma (un film de John Ford), malheureusement, mon ordinateur n’en a fait qu’à sa tête, mon dvd s’est révélé illisible… Bref, qu’à cela ne tienne, je me suis rabattue sur une valeur sûre, un bon petit film de la culture pop qui a bercé mon enfance et les premières années de mon adolescence: Karaté Kid ! J’ai donc visionné ce weekend le premier volet. 

Et oui, cette sélection de film paraît à première vue improbable pour un blog de livres, mais, voyez-vous, Karaté Kid, c’est un peu ma madeleine de Proust. J’ai visionné les deux premiers films très jeune et j’en garde encore aujourd’hui un souvenir mémorable. Ma soeur et moi étions complètement fans. Nous avions visionné la série de films en boucle et nous connaissions les dialogues par cœur. 

Le héros, Daniel (dans lequel nous nous retrouvions un peu) découvre le Karaté et un moyen d’affronter les “bullies” de son lycée, ces élèves mesquins qui le brutalisent et l’humilient continuellement. A l’école, c’est la loi de la jungle et il n’a d’autre solution pour survivre que de se battre pour conserver sa dignité et se faire respecter (en gros, un pied dans la figure vaut bien mieux que de tendre l’autre joue (…). Ma sœur et moi n’avions malheureusement pas de cours de Karaté à disposition dans notre village, c’est pourquoi nos parents nous avaient finalement inscrits à des cours d’Aïkido. Pas grave, nous nous prenions pour des petits samouraïs (les “samouraïs en sucre” comme nous surnommait notre Sensei avec ironie…). Pendant de nombreuses années, nous pratiquions avec plus ou moins de sérieux et de talent cette noble discipline. Parfois, nous nous retrouvions trois fois par semaine pour tenter de maîtriser le Bokken (le sabre en bois japonais) tout comme le Nunchaku qui atterrissaient respectueusement bien souvent sur nos doigts de pieds, nous laissant au passage des marques violacés, ou en pleine tête, sonnés, avec des hématomes gros comme des oranges… Qu’importe, nous avions l’impression de combattre comme des pros.

Karaté Kid c’est aussi le début de mes tout premiers émois pour la littérature japonaise. Je découvrais dans la foulée avec émerveillement la magnifique fresque épique du Clan des Otoris, une série de romans d’aventure pleine de poésie qui contait le destin d’un jeune samouraï dans le Japon féodal. Cette saga m’a donc ouvert les portes de l’univers infini des livres… Depuis, presque une vingtaine d’années plus tard, je suis toujours aussi fascinée par la culture nippone tout comme par les arts martiaux. 

Aussi, lorsque j’ai eu l’occasion de revoir ces deux petits films d’anthologie, je n’ai pas boudé mon plaisir. L’histoire de Karaté kid tout le monde la connaît plus ou moins. Un jeune ado, Daniel Larusso, déménage en Californie à Reseda avec sa mère qui l’élève seule. Il est persécuté à l’école par ses nouveaux camarades de classe qui voient en lui un “plouc” texan. Comment peut-il supporter cette situation qui devient de plus en plus intolérable? Doit-il lui aussi se tourner vers la violence pour s’intégrer au sein d’un groupe? Sa rencontre avec un vieux sage japonais énigmatique transformera sa vision du monde… Daniel apprendra grâce au Karaté à maîtriser ses émotions et à affronter ses plus grandes peurs…

Sortie durant les années 80, cette série de films (qui en compte au total quatre !) est devenue au fil des années culte, au même titre que les Goonies. Elle aura marqué toute une génération. “Le coup du héron”, cette technique de Karaté pour mettre son adversaire K.O reste une scène de combat d’anthologie. Il faut dire que la réalisation a bien vieilli. En effet, les films tiennent aujourd’hui plutôt bien la route. Le réalisateur de Rocky s’était appliqué.  Les dialogues sont assez drôles et enlevés. On en redemande. Le personnage de Daniel Larusso est aussi touchant. Ce jeune garçon, doux et aimant, à la gueule d’ange, est plein d’insouciance. Sa gentillesse est son talon d’Achille, il devient malgré lui le souffre-douleur de ses camarades.

Si j’adore ce héros fort attachant, je lui ai cependant toujours préféré son maître aux allures de Yoda…  La scène des baguettes et de la mouche reste l’une de mes scènes favorites. J’ai d’ailleurs visionné dans la foulée le remake de 2010 avec Jackie Chan, qui calque l’intégralité de l’intrigue transposée cependant en Chine (le seul bon point du film reste le fameux clin d’oeil aux baguettes) et même si certaines scènes tentent d’égaler l’humour caustique des films originaux, je n’ai malheureusement pas retrouvé le souffle épique de Karaté Kid. Alors oui, les mauvaises langues diront aujourd’hui que les films originaux étaient un pot-pourri éhonté de stéréotypes ethniques et présentaient une vision manichéenne du monde, un brin trop tronquée (les gentils sont récompensés pour leur cœur pur, les méchants prennent une claque sur la main). Honnêtement, je m’en moque royalement ! Cette série de films ne prétend à rien d’autre que de divertir son audience et elle remplit à mon sens pleinement sa fonction. J’ai toutefois été un peu décontenancée par le dénouement abrupt de chaque film qui n’a pas vraiment de conclusion. Le méchant prend la poussière et boom ! Le rideau se ferme ! Générique et c’est plié ! Pas le temps de faire de la poésie et d’ajouter des dialogues bavards…  

D’ailleurs, j’ai découvert avec bonheur sur Netflix, une série savoureuse et jouissive, Cobra Kaï, qui raconte la suite de Karaté Kid et reprend avec brio son filon.  Le pitch est une trouvaille tout simplement géniale. L’histoire se focalise avant tout sur le bad boy des premiers films, Johnny, l’un des ennemis de Daniel Larusso et nous fait découvrir une autre facette de l’histoire originale. L’action se déroule une trentaine d’années plus tard, après la victoire de Daniel Larusso à un tournoi de Karaté. Le casting est explosif, on y retrouve quasiment tous les anciens acteurs de Karaté Kid (à l’exception malheureusement du professeur de Daniel, décédé depuis). 

Johnny, le perdant de ce tournoi, est devenu un homme paumé, un “traîne savate” qui noie ses regrets dans l’alcool. Lui qui appartenait dans sa jeunesse au club très sélect des golden boys se retrouve à la cinquantaine bien sonné à vivre, faute de moyens, dans le quartier pauvre de Reseda (là où ça craint…). Daniel Larusso quant à lui a tout réussi, il est désormais un business man réputé qui se sent malgré tout lui aussi un peu perdu sans les conseils de son mentor disparu… Lorsque Johnny décide de faire revivre le célèbre dojo Cobra Kaï, il ne se doute pas que sa rivalité avec son ennemi de toujours Daniel vient également de refaire surface. Ces deux adversaires pourront-ils parvenir à trouver un jour un terrain d’entente et ce, malgré la rancœur qu’ils gardent au fond d’eux depuis toutes ses années?

Voici une série à l’humour abrasif excellent. J’ai visionné l’intégralité des quatre saisons en quelques mois seulement et attend fiévreusement la suite. C’est devenu incontestablement l’une de mes séries fétiches. Le personnage de Johnny campé par William Zabka est un Senseï de prime abord raté mais complètement déjanté et qui se révèlera à sa propre surprise un bon professeur, à l’écoute de ses élèves. Je l’adore ! Il est infâme, vulgaire et un chouilla cracra mais aussi profondément humain et parfois même touchant. 

Enfin, la réussite de cette série nostalgique, réside principalement sur le ton moyennement politiquement correct des dialogues qui sont parfois quelque peu “fleuris”. Certains passages sont franchement hilarants. L’intrigue est aussi très rythmée et les scènes de combat sont un pur régal pour les yeux (ça bastonne dur d’un bout à l’autre). Le scénario ne manque d’ailleurs pas de rebondissements. Du divertissement comme on les aime ! 

En bref, une série qui dépote ! Cobra Kaï est un bel hommage à Karaté Kid et au kitch des années 80 ! A voir sans modération !  

Le teaser:

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25 commentaires pour Karaté Kid/ Soirée Pop Corn rétro #4

  1. clairebelgato dit :

    Karaté Kid est l’un des films de mon enfance ! Je suis donc d’autant plus curieuse de la série Netflix ! Et la vache ! « Daniel Larusso » vieillit super bien O_O

  2. dasola dit :

    Bonjour missycornish, je n’ai jamais vu Karaté Kid (une lacune qu’il faudrait que je comble). Ce n’était pas le genre de films que j’allais voir à l’époque. Un peu trop vieille peut-être… Bonne journée.

  3. maggie dit :

    PS : moi aussi, j’ai du retard. Il va falloir qu’on choisissent le thème du prochain ( on peut aussi faire un autre rétro, qui ça te dit, c’est inépuisable…

  4. maggie dit :

    Je viens d’une autre planète : je n’ai pas vu cette série et je n’ai pas vu les goonies non plus… Je vais essayer de regarder la série 🙂 et en plus, je note les clan des otoris car je ne connais quasiment pas la littérature japonaise…

  5. C’est marrant, Totoro (2e dan dans la vraie vie) veut absolument me faire voir l’original « Karaté Kid » et qu’on enchaîne avec la série !! 🙂 J’avais bien aimé ‘The karaté kid’ avec Jackie Chan. Bon week-end 🙂

  6. La Gueuse dit :

    Je dois corriger simplement ici que j’étais le seul samouraï en sucre et tu as toujours eu bien plus de talent que moi pour l’Aïkido (missycornish est ceinture marron, faites gaffe). Je m’incline devant mon maître ! J’adore Cobra Kaï
    Oh shit. Don’t worry. You fell like a champ’ !

    • missycornish dit :

      Lol on se prenait toutes les deux de sacrés gamelles et coups. 😉😊 La dernière saison est vraiment très drôle. C’est un régal à voir. J’ai revu certains épisodes pour le plaisir.

  7. rachel dit :

    Oh oui assez fan de ce film…j’ai meme vu celui avec le fils de will smith….faut le faire…lol….mais bon y’a Jacky Chang…lol…en tout cas vrai pop corn trop bien….;)

  8. Marjorie de Bazouges dit :

    Superbe article .Je crois que je vais me refaire une cure!😀

  9. Chicky Poo dit :

    Je n’ai jamais vu Karaté Kid et j’avoue que ça ne me tente que très moyennement. Mais par contre, il faudrait que je me décide à lire Le clan des Otori!! 🙂

  10. cora85 dit :

    J’aime beaucoup ce film, découvert à l’âge adulte. J’adore Daniel car il a le courage de défendre une fille contre plusieurs mecs, ce qui est rare, crois-moi…
    J’ai très envie de lire « Le clan des Otori », car je n’en n’ entends que du bien.
    Bonne semaine !

    • missycornish dit :

      Oui c’est un peu le chevalier moderne. C’est un très beau personnage. Le clan des Otoris est vraiment une pure merveille. Les trois premiers tomes sont passionnants. Je n’ai pas lu la suite mais j’ai très envie de reprendre depuis le début.

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