Artdelire fête ses un an!!

Eh oui, déjà un an ! Le temps passe vite !

Marylin Monroe

Je souhaitais vous remercier d’être toujours plus nombreux à me suivre. C’est grâce à votre soutien que le site continue de tourner sur wordpress. Vos commentaires font vivre ce blog.

Même si je suis parfois lente à vous écrire, que je ne publie pas toujours chaque semaine, je suis toujours très heureuse de revenir vers vous pour partager mes coups de cœur. J’ai rencontré des gens formidables via la blogosphère et j’espère faire encore de nouvelles connaissances.

Alors je vous dis encore merci à tous !

Et je reviens cette semaine comme promis pour de nouveaux billets !

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Ma PAL fond au soleil chez Métaphore

Sigin in the rain

Après avoir mûrement réfléchi, j’ai décidé cet été de voyager en lectures en m’inscrivant au challenge de Métaphore (pour y jeter un coup d’oeil c’est par ici). Ce défi a débuté au moins de juin et s’achèvera le 31 août  2013. Eh oui, malheureusement le soleil n’a pas l’air de vouloir poindre le bout de son nez, la grisaille s’est installée et un immense nuage a décidé de prendre racine au-dessus de ma petite ville de Tiverton. Bien entendu, il pleut des cordes… Mais qu’importe ! Haut-les-cœurs ! Bien que je doute de pouvoir chanter sous la pluie comme Gene Kelly, je n’ai pas l’intention de me laisser abattre. Il ne me reste qu’une solution : m’évader en lectures en attendant de pouvoir partir enfin sous les tropiques.

Challenge PAL fond au soleilPour me tenir occupée durant ces journées pluvieuses interminables, j’ai choisi d’emporter dans ma valise ces quelques titres qui me font de l’œil depuis plusieurs mois :

La bête dans la jungle d’Henry James (Editions Points, 98 pages). Ma première rencontre avec l’auteur s’était révélée mitigée mais je lui laisse le bénéfice du doute en lisant l’une de ses célèbres nouvelles. Il semble qu’Henry James excelle davantage dans ce genre que dans le roman.

Chéri de Colette (Livre de Poche, 185 pages). J’ai une préférence particulière pour cette écrivaine française. Depuis ma visite à l’exposition de Granville l’été dernier où j’avais acheté un magnifique poster de la romancière, je me suis passionnée pour sa vie si riche en rebondissements. J’ai déjà visionné l’adaptation de Chéri il y a quelques années dans un avion en partance pour l’Afrique (j’étais alors chanceuse!). Fort heureusement, il ne m’en reste que des souvenirs flous, je vais donc pouvoir apprécier l’œuvre à sa juste valeur.

Zelda de Jacques Tournier (Editions Points, 178 pages). J’aime toujours autant me plonger dans l’univers pailleté des Fitzgerald et suis particulièrement attirée par le parcours tortueux de l’épouse qui sombrera peu à peu dans la dépression, victime de son grand amour pour Scott, son mari. Une femme talentueuse qui n’aura pas pu s’élever comme elle le désirait et qui terminera malheureusement ses jours dans un asile d’aliénés.

Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé (Editions Babel, 284 pages). J’ai lu de nombreuses critiques élogieuses sur ce roman et j’ai toujours été fascinée par les récits familiaux depuis la découverte de la Maison aux Esprits d’Isabel Allende. Cette histoire se déroule à Montepuccio dans un petit village d’Italie. Je n’en sais pas plus et c’est tout aussi bien !

Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar (Editions Folio de poche, 364 pages). L’auteure nous narre la vie d’un empereur depuis son enfance jusqu’à sa disparition. J’ai déjà débuté cette lecture mais je préfère la savourer. Le livre est dense.

Les poneys sauvages de Michel Déon.(Editions Folio de poche, 564 pages). Mon père avait eu un coup de cœur pour cette lecture et me l’a chaudement recommandé. Je me suis donc laissé tenter par ce roman nous racontant la vie de plusieurs étudiants d’Eton (dont un Français) à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale.

L’Idiot de Dostoïevski (Editions Le Livre de Poche, 900 pages). Depuis l’été dernier, j’avance toujours à tâtons dans cette œuvre foisonnante. Je consacre pour l’instant tout mon temps à cette lecture pour pouvoir en venir enfin à bout (il serait temps!). Je ne baisserai pas les bras, la fin approche.

Cent ans de solitude (Editions Points, 461 pages) est un roman que je souhaitais lire depuis plusieurs années maintenant. J’avais découvert cet auteur sud-américain après avoir visionné l’adaptation cinématographique de L’amour au temps du choléra. Depuis, l’écrivain avait piqué ma curiosité. Ce roman est tout comme Le soleil des Scorta, le récit d’une génération. J’ai donc hâte de le commencer!

J’ai reporté certains livres de ma PAL consacrée aux billets futurs parce que je ne les ai pas terminés. Évidemment, étant une « book addict », à peine ai-je fait baisser ma pile de livres qu’elle a déjà gonflé à nouveau. Il se peut qu’au fil de mes envies j’ajoute d’autres lectures. Mais pour l’heure, je me tiendrai à cette liste bien fournie!

Et vous? Avez-vous choisi vos lectures pour cet été?

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L’invasion des Zombies en Philosophie

keep-calm-and-readEn prévision du mois anglais auquel je me suis inscrite hier chez Titine et Lou, je suis partie ce matin à la recherche de lectures insolites typiquement britanniques. C’est en furetant à Tiverton dans une maison de presse très « British » que je suis tombée sur ce magazine londonien de Philosophie. Je n’ai pas pu résister à la tentation d’acquérir ce numéro consacré aux zombies !

Zombie philosophy magazineVous vous demandez sûrement quelle mouche me pique de vous parler de ces monstres sanguinaires. Eh bien, je dois vous avouer que j’ai un petit faible pour les histoires horrifiques et bien que je raffole davantage des récits vampiriques et en particulier de la série True Blood, j’ai pourtant suivi fanatiquement la première saison de The Walking Dead pour laquelle j’avais apprécié l’esthétisme (si si on peut trouver du beau dans le grimage des morts-vivants!).

La présence et l’analyse du comportement des zombies dans une étude philosophique sérieuse n’attise-t-elle pas votre curiosité ? (Moi si!) Pourquoi donc un tel sujet ? Et bien tout simplement parce que le « zombie » est devenu un véritable phénomène de société. Nous sommes obsédés par la mort et la putréfaction des corps reste un événement mystérieux qui nous fascine autant qu’il nous répugne.

Ce magazine soulève d’ailleurs de nombreuses interrogations.  Même si de prime abord, elles m’ont paru farfelues, elles se sont pourtant finalement révélées pertinentes.

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L’Amant de la Chine du Nord

la chine du nord

Suite à l’agréable découverte littéraire d’un Barrage contre le Pacifique, j’ai souhaité poursuivre l’exploration des contrées indochinoises en me plongeant à nouveau dans une lecture « durassienne ». En outre, m’étant récemment inscrite chez Heide à un challenge consacré à Marguerite Duras (pour vous inscrire c’est ici!), il me fallait bien honorer ma promesse en lisant plusieurs de ses romans. Je m’étais donc procuré pour cette circonstance ce titre incontournable, un roman emblématique de l’œuvre de cette romancière française illustre. Je vous l’avoue sans détour, la magie de son écriture magnétique pourtant parfois déroutante et qui m’avait séduite à la lecture du « Barrage », a une fois de plus opéré. J’ai été d’emblée envoûtée par le style épuré bien que poétique de l’Amant de la Chine du Nord. Mon bonheur a été à son apogée après avoir découvert une magnifique adaptation cinématographique datant de 1992 et réalisée par Jean-Jacques Annaud, à qui l’on doit notamment le très beau film Sept ans au Tibet. Ni une ni deux, j’ai lu le roman puis ai visionné le film dans la foulée.

L’Amant de la Chine du nord est la réécriture d’un Barrage contre le Pacifique publié en 1984. Ce récit discontinu redonne ses titres de noblesse au personnage du Chinois que Duras dépeint ici sous les traits d’un homme séduisant éperdument épris d’une jeune fille de quinze ans.

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Dans les années 30 de l’entre-deux guerres une jeune française fait, durant la traversée d’un bac sur le Mékong, la connaissance d’un riche Chinois à l’élégance rare. L’homme est au premier regard subjugué par cette demoiselle solitaire qui voyage seule sans se soucier de sa sécurité, encore moins des convenances. « L’enfant » (comme la surnomme la narratrice tout au long de l’histoire) est quant à elle attirée par les manières raffinées de cet homme au costume immaculé et aux chaussures vernis, tout comme par sa limousine noire rutilante. Après avoir échangé quelques banalités, le Chinois lui propose de la conduire en auto à son pensionnat plutôt que de prendre un bus avec les indigènes. La fille accepte. C’est dans l’intimité de cette habitacle que débute les prémices d’une liaison sulfureuse. La proximité de leurs corps, le frôlement de leurs mains vont engendrer des sentiments contrariés chez les deux protagonistes donnant naissance à une passion dévorante. Après cette rencontre hasardeuse, chaque jour, au vu et au su de toute la communauté française désapprobatrice, l’enfant s’engouffrera dans la limousine noire stationnée devant sa pension pour rejoindre son amant qui l’attend fiévreusement dans un appartement à Cholen. C’est dans cette garçonnière, sous la chaleur suffocante des soirées d’été, que le Chinois l’initiera aux plaisirs de l’amour.

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Publié dans littérature française | 28 commentaires

Washington Square

CouvertureVoilà un roman qu’il me tardait de découvrir. Après avoir lu sur la toile de nombreuses critiques élogieuses concernant cet auteur éminent de la littérature anglo-saxonne du 19ème siècle, une période historique que j’affectionne particulièrement, je n’ai pas lambiné pour me procurer ce titre. L’histoire m’était également un peu familière puisque j’avais visionné il y a quelques années l’adaptation cinématographique dont je garde à présent un souvenir flou. En effet, le film ne m’avait pas marqué outre mesure. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi. Avant de vous livrer mon ressenti, je voudrais une fois de plus attirer votre œil critique sur l’édition en ma possession. Certes, l’illustration aguicheuse nous dévoile une affiche vintage à la manière de Scott Fitzgerald, mais cette couverture est pourtant à mon grand regret trompeuse. En effet, elle présente un anachronisme, le récit ne se déroulant pas durant les années 30 comme l’image sépia le laisse suggérer, mais pendant l’époque victorienne en 1850, un choix étrange et maladroit des éditions Piccolo. Ce roman écrit de la main d’Henry James n’était-il pas suffisamment vendeur ? A mon sens, cette erreur souligne un manque sérieux d’intérêt des éditions françaises pour la littérature étrangère. Enfin, cessons de rouspéter et voyons ce qu’il en est de l’histoire.

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Publié dans Littérature américaine | 15 commentaires

Back on the saddle again!

vive les vacances

Les examens ont pris fin, il n’est plus temps de faire marche arrière puisque les dés sont désormais jetés. Après m’être accordée une longue semaine de repos peu productive où je n’ai fait que buller sous le soleil anglais (mais quel plaisir!!) me voilà à nouveau prête à remettre le pied à l’étrier pour vous faire partager mes derniers coups de cœurs et coups de griffes. J’avoue avoir laissé un peu le blog ces dernières semaines en jachère ayant eu quelques tracas à régler et je m’en excuse. Malgré mon absence, je n’ai cependant pas arrêté mes explorations livresques (comme vous le verrez ci-dessous). Je n’ai pas l’intention de m’endormir sur mes lauriers. Mon programme de lectures estivales va être relativement chargé. Je suis actuellement en train de vous concocter plusieurs billets et ai préparé une liste spéciale de romans alléchants à lire durant les grandes vacances. Même si l’Été est à mon sens la période la plus propice aux lectures denses, cette activité doit toutefois rester avant tout un plaisir, c’est pourquoi, je posterai des articles plus « légers » (peut-être moins académiques selon l’envie).

Voici donc tous les livres qu’il me tarde de vous faire découvrir durant ces prochaines semaines, en espérant que vous y trouverez votre bonheur :

° Washington Square d’Henry James (lu)

°Moderato Cantabile de Marguerite Duras (lu)

° La promesse de l’aube de Romain Gary (lu)

°La couleur des sentiments de Katryn Stockett (lu)

°L’Amant de la Chine du nord de Marguerite Duras (lu)

°Les Boucanières d’Edith Warthon (en cours de lecture)

°C’est une chose étrange à la fin que le monde de Jean d’Ormesson (lu)

° Bonjour Tristesse de Françoise Sagan (lu)

°Quand j’étais Jane Eyre de Sheila Kohler (lu)

°Les poneys sauvages de Michel Déon (en cours de lecture)

°Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar (en cours de lecture)

° Une odeur de gingembre d’Oswald Wynd (lu)

°La Pitié dangereuse de Stefan Zweig

°Misery de Stephen King (lu)

° L’Idiot de Doistoëvski (en cours de lecture)

°Les Naufragés de l’île Tromelin d’Irène Frain (lu)

Je compte également chroniquer les films suivants :

° Mildred Pierce de Todd Haynes (mini-série américaine de 2011)

° Wuthering Heights de Coky Giedroyc (mini-série britannique de 2009)

° The lover de Jean-Jacques Annaud (film américain de 1992).

Je vous retrouve d’ici deux jours pour débuter cette grande aventure ! Et vous laisse en attendant en compagnie de Lana del Rey, une chanteuse à la voix sensuelle et fantomatique, et aux chansons à l’atmosphère nostalgique. J’adore!

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David Copperfield

İion`è†`øã^’ä^dIl y a quelques mois, j’ai lu David Copperfield de Charles Dickens (à ne pas confondre avec le magicien, hum hum..). Il était grand temps que je vous en parle car Dickens est devenu l’un de mes écrivains favoris. Il faut bien l’admettre, les tribulations du héros ont réussi à me faire verser des larmes de compassion. Nous suivons pas à pas le parcours initiatique de David Copperfield, de sa naissance jusqu’à son passage à l’âge adulte.
Il est vrai que l’histoire, pourtant hautement romanesque, reste toujours raisonnable, en bon conservateur, l’auteur ne remet jamais vraiment en cause les principes moraux établis, et son récit reste d’un bout à l’autre pétri de bons sentiments. Cependant, l’auteur arrive à redonner de l’éclat à la banalité bourgeoise en embellissant un quotidien en apparence morne. Son œuvre pourtant dense est addictive. J’ai pris beaucoup de plaisir à la lire. Une grande déception toutefois :

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Trois maîtres

20130430_220112Grâce à mon tendre j’ai désormais en ma possession un outil informatique décent de seconde main (avec un grand écran et un processeur rapide. Je suis aux anges !), qui n’est certes pas à la pointe de la technologie mais qui me permet tout de même de rédiger avec plus d’aisance mes billets. Il faut dire qu’avant, je devais me contenter d’un tout petit ordinateur de dépannage sur lequel je m’abîmais la vue et que récemment il écrasait systématiquement mes rédactions, un vrai casse-tête pour vous concocter des articles. C’était la croix et la bannière rien que pour sauvegarder mes dossiers (Word ne répond pas, pourquoi il n’y a qu’une lettre sur deux qui s’affiche quand je tape sur le clavier ?!… Non mais où est passé mon travail?! Il est pas dans les documents, ni dans la corbeille… On ne panique pas et on reste zen…Il est où ???).

trois-maitres-stefan-zweig-9782253136286Je profite donc de cette agréable surprise pour vous faire partager un petit coup de cœur, un livre que j’ai lu il y a quelques mois pour étayer un peu plus ma culture, un recueil d’essais biographiques remarquable illustrant l’admiration sans borne de Stefan Zweig pour trois auteurs phares de la littérature européenne du 19ème siècle : Dostoïevski, Dickens et Balzac.

S’il y a certes quelques fois des redondances propre au style de Stefan Zweig, elles ne font pourtant pas barrière à la lecture. La plume de l’auteur est tellement fluide qu’il m’a été bien difficile de délaisser son livre ne serait-ce qu’un instant. Je l’ai d’ailleurs lu en une après-midi. L’écrivain autrichien réussit à nous transmettre avec brio sa passion pour ces trois auteurs, ne  nous donnant qu’une seule envie, nous replonger dans leurs œuvres ou les découvrir. Zweig nous apporte des informations indispensables à la compréhension de l’univers de ces œuvres, ayant un intérêt tout particulier pour les personnages-types qu’ils ont créé. Bien qu’il soit hautement subjectif dans ses commentaires (Zweig pense que Dickens a éclipsé Walter Scott!), ses analyses sont d’une grande finesse.

Un extrait:

« Toujours et sans cesse, il a reparlé de ce garçon rêveur, humilié, abandonné, effarouché, délaissé par ses parents, comme un orphelin; ici vraiment son pathos est devenu voisin des larmes, sa voix est devenue sonore, pleine de retentissante comme un son de cloche. Cette ronde d’enfants dans les romans de Dickens est inoubliable; ici le rire et les pleurs, le sublime et le ridicule se pénètrent dans un éclat unique d’arc-en-ciel; le sentimental et la grandeur, le tragique et  le comique, la vérité et la fiction se réconcilient en quelque chose de nouveau et d’entièrement inédit. »

 Zweig n’est pas seulement un nouvelliste talentueux, il prouve ici qu’il est aussi un grand critique dont les analyses littéraires sont d’une richesse inouïe. Trois maîtres est un ouvrage dédié à tout lecteur désirant étoffer un peu plus sa culture littéraire. Un indispensable pour tout book worm. J’ai désormais hâte de lire Marie-Antoinette.

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Un barrage contre le Pacifique

Un Barrage contre le PacifiqueJ’ai longtemps eu un a priori contre Marguerite Duras, l’une de mes professeurs de français au collège me l’avait en effet déconseillée, elle trouvait l’écriture de l’auteur trop brouillonne, manquant cruellement de cachet littéraire. Je m’en étais donc soigneusement éloignée jusqu’à présent. Mais il y a quelques mois, en admirant la liste des suggestions alléchantes d’Amazon que le site me laissait miroiter, cette œuvre de mémoire, l’histoire d’une famille française désargentée et établie en Indochine alors encore colonie française, a attisé ma curiosité. Étant particulièrement intéressée par cette période de notre Histoire, il ne m’en fallait pas plus pour me décider à l’acquérir. Je ne regrette pas ce choix ! Marguerite Duras se lit et même agréablement bien !

La romancière dépeint ici dans ce récit hautement autobiographique, la déchéance des colonies françaises à travers la description de personnalités rugueuses. Elle fait, en particulier, le portrait sans œillères d’une femme, sa propre mère, usée et égratignée par les coups du sort qui se sont acharnés sur elle au cours de sa vie d’expatriée. Le narrateur est inconnu. L’histoire s’ouvre sur le quotidien d’une petite famille vivant en marge de la communauté française. La mère, une ancienne institutrice, veuve et issue d’une vieille famille de paysans s’échine à cultiver du riz sur une terre stérile pour pouvoir faire vivre son fils et sa fille qu’elle garde jalousement auprès d’elle. A la suite d’une escroquerie, elle s’est retrouvée à la mort de son époux, sans grandes perspectives d’avenir. Les agents cadastraux lui ont en effet vendu une concession qu’ils savaient pourtant incultivables car les terres sont régulièrement englouties par les marées et par les crabes qui se délectent des récoltes. Si la mère n’arrive pas à tirer profit de ces terres avant la prochaine moisson, ces « vautours » reprendront ses maigres biens. S’entêtant à poursuivre une chimère utopique, construire un immense barrage de bois pour empêcher l’eau salée de se déverser dans les rizières, la mère a privé son fils et sa fille d’éducation. Elle ne reculera devant rien pour obtenir ce qu’elle désire et lorsqu’un riche propriétaire chinois tombe sous le charme de sa jolie fille Suzanne, la mère y voit un coup de la providence pour s’enrichir enfin.

Il y a dans ce livre une atmosphère malsaine et pesante pour le lecteur, une impression d’étouffement. Le désenchantement des colonies est ici total. L’écrivaine ne glorifie pas l’attitude des expatriés français outre-mer, elle nous narre l’existence misérable de ceux dont les rêves se sont heurtés à la réalité grandiloquente, la lente décadence des colonies. Cette histoire est assez déstabilisante car elle révèle le destin chaotique d’une femme obstinée et dont la vie s’achèvera inexorablement dans la misère et dans la folie.

Dans cette œuvre la tension sexuelle est aussi palpable à chaque page tout comme dans les autres œuvres de Duras.

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Dernière ligne droite avant les examens!

caricature

Chers blogueur-lecteurs

Étant actuellement en pleines sessions de révisions intensives, (mes examens commencent dès le 27 mai et je suis sur les nerfs!!), j’ai, à mon grand regret, peu de temps à vous consacrer ces temps-ci.

game_of_thrones_book_coverToutefois, je ne vous oublie pas, je reviens doucement vous lire. Malgré mon programme chargé, je ne cesse pas pour autant mes lectures. Je me suis enfin plongée dans le premier tome de la saga Game of Thrones de George R.R Martin que je suis en train de dévorer en anglais. Une histoire riche en rebondissements dont la trame complexe risque de me donner du fil à retordre pour la rédaction de mon billet mais dont j’ai très hâte de vous parler. Je suis déjà accro !

Comme promis (depuis déjà un mois) cette semaine je vous livrerai mon ressenti sur Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras dont j’ai visionné l’adaptation cinématographique française dernièrement. Je vous laisse découvrir la bande-annonce ci-dessous :

 

si-par-une-nuit-d-hiverEnfin, je viens à peine de débuter la lecture de Si par une nuit d’hiver  un voyageur d’Italo Calvino, le dernier roman de mon programme universitaire.

J’ai délaissé mes autres lectures temporairement pour ne pas trop me disperser ce mois-ci. Je me limite donc pour l’heure à deux romans, un en anglais, l’autre en français, mais ce n’est que partie remise !

Je vous souhaite une très bonne semaine, et bon courage aux étudiants en partiels ! Je reviens cette semaine.

 

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Han d’Islande et la monstruosité

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Han d'Islande le livreLorsque Victor Hugo s’attèle à la rédaction d’Han d’Islande en 1821, le jeune homme n’a encore qu’une vingtaine années. Il est alors follement épris de la belle Adèle Foucher, une amie d’enfance avec qui il entretiendra une correspondance assidue et secrète. A la grande déception de la mère d’Hugo qui voit cette alliance d’un mauvais œil, cet échange épistolaire se clôturera pourtant par le mariage des deux jeunes amants en 1822 et par la publication l’année suivante de sa première œuvre romanesque finalisée, Han d’Islande, évoquant leur amour contrarié.  Il semble qu’Adèle restera longtemps l’une des principales muses de ses écrits et ait inspirée la figure virginale d’Ethel, cette ravissante captive pour qui bat le cœur d’Ordener dans ce roman.

Victor Hugo jeuneSi Hugo a déjà fait ses preuves dans le monde des lettres grâce à ses célèbres poèmes, rassemblés plus tard en recueils (Les contemplations), sa carrière romanesque ne sera véritablement amorcée qu’à la suite de cette première parution en prose. Dès lors, Hugo à l’ambition démesurée (on se rappelle cette phrase sans appel devenue légendaire qu’il avait écrite dans son cahier d’écolier « Je veux être Chateaubriand ou rien ! ») et déjà en rupture avec le classicisme,  deviendra également un politicien et intellectuel engagé par la suite. Il n’hésitera pas à défendre ses idéaux, munie de sa principale arme, sa plume affûtée qu’il utilisera avec détermination et ferveur. Les thèmes chers à l’auteur, entre autres la misère (davantage exploités dans les Misérables) à travers le soulèvement des montagnards norvégiens, mais aussi la monstruosité, que l’ont retrouvera dans ses chefs-d’œuvre futurs (Notre-Dame de Paris et l’Homme qui rit notamment), ont un rôle primordial dans ce roman historique. On dit d’un individu monstrueux qu’il est caractérisé par une difformité, qu’il est contre nature ou qu’il commet des actes abominables.

          Cette définition de la monstruosité réside de prime à bord dans le personnage haut en couleur du terrible Han d’Islande, figure grotesque et mythique du roman, mais est également perçue de manière plus subtile à travers le tempérament inflexible du bourreau Nychol Orugyx, un être dit civilisé mais pourtant tout aussi inquiétant, car s’il représente la loi, il est toutefois dénué de scrupule et ne montre aucune compassion envers ses victimes.

 Bien que Han d’Islande prête son nom au titre de ce roman historique, il n’est curieusement pas le principal protagoniste. Ce dernier reste bien au cœur de l’intrigue mais la narration, elle, suit avant tout les péripéties d’Ordener Guldenlew.

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La légende de Bloodsmoor (ou Beaucoup de bruit pour rien)

Voilà un roman gothique que j’avais programmé de lire avec mon amie Lili du blog La Marchande de Prose. J’étais très enthousiaste à l’idée de découvrir cet auteur incontournable de la littérature contemporaine américaine, et en particulier après avoir lu des critiques élogieuses sur son roman Blonde. J’avais d’ailleurs débusqué ce titre à la librairie Gibert Jeune lors d’une escapade parisienne où ma chasse aux livres avait été très fructueuse.

la légende de Bloodsmoor

Mes yeux s’étaient tout de suite attardés sur la magnifique couverture représentant le tableau aux couleurs pastelles de quatre femmes qui auraient très bien pu appartenir au décor romantique d’une adaptation cinématographique austenienne.

L’histoire de la légende de Bloodsmoor se déroule à la veille du XXème siècle en Pennsylvanie. Le lecteur suit l’évolution des Zinn, une famille respectable aux codes de conduites surannés. Le Père, John Quincy, un brillant scientifique, accessoirement puritain, s’est voué corps et âmes dans ses recherches pour devancer son ennemi juré, le célèbre Edison, en inventant la redoutable chaise électrique. Un procédé, suggéré subtilement par son épouse Prudence. Cette idée est certes peu orthodoxe et mercantile, mais se révèle tout de même moins barbare qu’une exécution traditionnelle à la hache ou à la guillotine qui, reconnaissons-le est désagréablement salissante (ce qu’aurait très bien pu vous dire cette charmante femme!). Tandis que Monsieur Zinn, qui, reclus dans son atelier, poursuit ses travaux avec acharnement et que sa femme s’évertue à mener l’existence oisive qui sied à son rang, ces derniers ne réalisent pas que leurs demoiselles sont sur le point de prendre leur destin en main malgré elles. Les murs de la prison dorée retenant les jeunes filles vont peu à peu s’effriter pour finalement céder sous le poids des bouleversements. Cette évolution sera amorcée par la disparition soudaine et énigmatique de Deidre des Ombres, la cadette, une enfant adoptée et indésirable, qui sèmera le trouble au sein du cocon familial, plongeant successivement tous ses membres dans la déchéance et le déshonneur.

Avant de vous livrer mon opinion, j’aimerais attirer une fois de plus votre attention sur la couverture dont la signification m’a laissée un peu songeuse. Si ce roman relate le parcours tumultueux de cinq héroïnes et de leur famille, le lecteur attentif remarquera que l’illustration n’en présente que quatre comme pour lui rappeler que l’une d’entre elles demeurera toujours indésirable aux yeux des autres. Je ne sais toutefois si ce détail est voulu ou si l’éditeur a une fois de plus oublié l’une des filles. En effet, je profite de l’occasion pour donner une « petite tape » sur les doigts de l’éditeur qui a omis d’évoquer dans son résumé le destin d’Octavia et une seconde au traducteur pour avoir « subtilement » remplacé romance en anglais par légende en français. Pourquoi donc ce contresens saugrenu ? Le titre n’était-il pas assez accrocheur ?

Cessons les mystères, voici mon ressenti:

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Publié dans Littérature américaine | 17 commentaires

Bilan des lectures Novembre/Mars, partie 1.

Il semble qu’un « petit » récapitulatif de mes dernières lectures ne soit pas inutile. Une fois de plus, j’ai manqué à mon devoir de blogueuse-chroniqueuse. Non pas que je me sois tourné les pouces et n’aie ouvert aucun ouvrage récemment, au contraire j’ai hiberné pour mieux les savourer. Ayant été prise d’une folle frénésie de lectures comme une gloutonne que je suis, je n’ai pu m’arrêter dans mon élan. Le résultat est là : j’ai de nombreux coups de cœurs comme quelques coups de griffes dont j’aimerais bien vous parler. Je vais donc vous présenter plusieurs bilans ce mois-ci, en plus de mes billets habituels.

susan hill howards endJe me suis inscrite le mois dernier au challenge I read in English chez Miss Bouquinaix et pour honorer ma promesse,  me suis lancée tête baissée dans Howards End is on the landing de Susan Hill (l’auteur du conte fantastique  The Woman in black, adapté récemment pour le grand écran), une sorte de témoignage de l’écrivaine qui a décidé de lire essentiellement durant un an les livres de sa bibliothèque qu’elle avait accumulés tout au long de sa vie,  et en particulier ceux poussiéreux qu’elle a délaissés au fond de vieux cartons. Une résolution économe mais également un excellent moyen de faire le point sur l’évolution de sa personnalité au fil des années. L’idée en elle-même est originale et m’a inspirée, bien qu’elle me paraisse difficilement réalisable étant une acheteuse compulsive (à défaut de grignotage, je fais flamber ma carte bleue sur Amazon, vous imaginez donc la quantité de livres alléchants encore à ma disposition et m’attendant sagement sur mes étagères). Cet ouvrage m’avait été confié par un professeur de lettres que j’ai rencontré lorsque j’enseignais le français l’année dernière. Je dois admettre n’avoir jamais vraiment eu l’envie de l’ouvrir. A l’avenir, je suivrai mon instinct, ce témoignage s’est révélé bien décevant. Je pensais que la romancière, dont j’avais tant apprécié les contes fantastiques, se focaliserait davantage sur son voyage intérieur et ses réflexions intellectuelles découlant de ses lectures mais non, elle a préféré nous raconter des anecdotes sur les rencontres qui l’ont profondément marquée. Je raffole peu de ce genre d’histoires et en particulier lorsque ces fragments de mémoire reflètent un certain snobisme littéraire.

L’attrait de Susan Hill pour les mondanités m’a fortement irritée. Certes, l’auteur évoque à maintes reprises son admiration pour des écrivains de renom tels qu’Edith Wharton, Elizabeth Bowen, Henri James et mêmes certains contemporains qu’elle a rencontrés en chair et en os. Toutefois, ces anecdotes restent assez superficielles et n’apportent pas vraiment d’informations susceptibles d’étayer notre culture littéraire.

Que m’importe de savoir qu’untel n’était pas dans son assiette au cocktail d’un tel, que Susan Hill s’est assis sur une marche avec Monsieur X et qu’ils ont tout deux observé les étoiles. En définitif, si ce livre ne m’avait pas été donné et avait été traduit en français, je ne l’aurais sans- aucun doute jamais lu. Maigre consolation, Susan Hill éprouve tout comme moi des difficultés à lire Proust et est intimidée par son œuvre. Mais qui ne l’a pas été au départ ?

Un livre creux sans grand intérêt dont je ne garde à présent rien qui vaille la peine de partager avec vous.

cov_nabokov_litteraturesVoici une meilleure idée de lecture. Si vous vous passionnez pour l’analyse littéraire et l’étude de personnages légendaires, l’ouvrage Littératures de Vladimir Nabokov, un condensé de ses cours universitaires dans lesquels je me plonge régulièrement, est fait pour vous. L’auteur de Lolita (qu’il me tarde de lire) décortique la psychologie des protagonistes de Mansfield Park, Bleak House, Crime et Châtiment, Anna Karénine, Madame Bovary et bien d’autres encore. Ce dernier pensait qu’il fallait avant tout s’intéresser aux détails, à la construction narrative et non à la vie de l’écrivain pour saisir le sens caché d’une œuvre. A mon sens, ces deux aspects sont tous aussi importants. Je ne me lasse pas de parcourir ce recueil bien plus dense que les « mémoires » faussement honnêtes de Susan Hill.

trois-maitres-stefan-zweig-9782253136286Et pour ceux qui raffolent des belles plumes, pourquoi ne pas lire Trois maîtres de Stefan Zweig, une biographie de Charles Dickens, Honoré de Balzac et Fedor Dostoïevski, que j’ai dévorée ces dernières semaines et dont je vais vous parler prochainement dès que je pourrai lui consacrer suffisamment de temps ?

Je vous retrouve très vite pour vous dévoiler mon avis sur le fameux roman gothique de Joyce Carol Oates,  La Légende de Bloodmoor.

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Dom Juan

Les lettres modernesCes deux dernières semaines, ayant été prise d’une flemme aiguë, je n’ai pu coucher sur le papier (ou devrais-je dire sur le clavier !) mes dernières réflexions et impressions personnelles plus tôt. Mais si fait, me voilà à nouveau en forme et pleine de tonus, bourrée de vitamine C, prête pour poursuivre la chronique de mes dernières lectures ! Comme vous le verrez malgré mon rythme de travail dilettante, je n’ai tout de même pas chômé (la position allongée a d’ailleurs facilité la tâche ! J’ai pu bouquiner à tête reposée)

 Dom JuanJ’ai lu Dom Juan le mois dernier, dans le cadre de mes études littéraires. Malgré mes réticences à me replonger dans une nouvelle œuvre de Molière (je raffole peu de son humour grotesque, garde un souvenir exécrable de l’École des femmes tout comme du Misanthrope et supporte modérément l’Avare, seulement sur l’écran et lorsqu’il prend les traits ahuris de Luis de Funes). Cette pièce de théâtre atypique s’est pourtant finalement révélée être une lecture plutôt agréable ! Il est vrai que ce personnage mythique de la littérature me fascine toujours autant et semble être encore un sujet intarissable de nos jours. J’avais parcouru durant mon adolescence la mort de Don Juan de Patrick Poivre d’Arvor, inspiré de l’œuvre de Byron, un roman qui m’avait beaucoup plu à l’époque, et était tombée littéralement sous le charme de Johnny Deep (qui ne l’est pas me direz-vous !) dans une version cinématographique improbable mais délicieusement loufoque, intitulée Don Juan de Marco (une surprise vous attend à la fin de ce billet). J’ai d’ailleurs également hâte de découvrir la version théâtrale d’Alexandre Dumas fils, Don Juan de Marana que ma sœur la Gueuse a gentiment accepté de me prêter.

L’histoire de Don Juan est connue de tous (on notera l’originalité de l’altération du titre par Molière « don » devient « dom » issu de l’étymologie latine dominus, ainsi « dom » ne fait pas référence au titre de noblesse comme dans Don Quichotte mais plutôt à l’appellation distincte de « maître »). Dom Juan est un séducteur invétéré, véritable coureur de jupon qui ne peut s’empêcher de défier la religion comme les convenances. Il accumule  toujours de nouvelles conquêtes féminines pour les abandonner une fois séduites, sans se préoccuper des conséquences qu’entraînent ses nombreuses infidélités. Son valet Sganarelle, le sermonne sans cesse espérant, à grand renfort de discours moralisateurs, pouvoir un jour le remettre enfin sur le droit chemin. Mais Dom Juan est un libre-penseur libertin qui n’a nullement l’intention de se plier aux exigences de la société. Également sourd aux supplications de son père Dom Carlos et de son épouse Elvire qu’il a cruellement délaissée, le courtisan est irrévocablement voué à une mort certaine, prix de son existence dépravée.

OnlyLove

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Darcy’s in town, watch out!

Après une longue absence due à une grande fatigue et à une vilaine grippe persistante, me voilà à nouveau de retour sur la blogosphère pour vous parler de ma toute dernière trouvaille littéraire.

20130217_134920Face à la concurrence des nouvelles technologies et en particulier du E-book qui est de plus en plus perfectionné, les maisons d’édition ont tout intérêt à renouveler et à réinventer le support papier si elles veulent conserver leur clientèle. A mon sens, les beaux-livres restent le meilleur filon commercial, ce que Pulp the classics a bien compris. Cette dernière vient de lancer une collection de livres de poche aux couleurs très flashy. Ce weekend en faisant une promenade à Exeter, mon cher et tendre a décidé de prolonger un peu plus la St Valentin et de m’emmener faire une descente en librairie pour m’offrir l’une de ces éditions rétros: l’exemplaire de Pride and Prejudice pour lequel j’ai complètement craqué! Ce petit bijou a vu le jour en janvier dernier à l’occasion de la célébration du 200ème anniversaire de la parution de l’œuvre.

Cette série limitée risque de faire de nombreux émules chez les bibliophiles. Les couvertures sont très originales. Elles rappellent les affiches de films westerns et sont fortement inspirées des romans « cheap » des années 60. Les pages ont été également trempées dans de l’encre rouge ce qui donne un fini très kitch au livre. Enfin, les éditeurs ont pris la liberté d’ajouter quelques commentaires humoristiques et un peu décalés. Ainsi on peut lire sur la couverture d’Orgueil et Préjugés cet avertissement digne d’une affiche Wanted de Cow-boys; « Lock up your daughters, Darcy’s in town ». D’autres titres paraîtront prochainement. Vous pourrez ainsi découvrir dans le courant de mai 2013 The Great Gasby, Robinson Crusoe, Tess d’Ubervilles, Wuthering Heights et même The hound of the Baskervilles. Espérons que cette initiative de « relooking » soit reprise par nos éditions françaises.

Pour les commander et les précommander c’est ici (à noter qu’ils sont aussi disponibles sur Amazon).

THE GREAT GASBY PULPROBINSON PULPtHE HOUND PULP THE CLASSICSwuthering heightstess d'Uberville

Franchement, n’est-ce pas une bonne excuse pour se remettre à l’anglais? Et histoire de bien rentabiliser ces nouveaux achats livresques pourquoi ne pas participer également au challenge de Miss Bouquinaix qui nous propose de lire en version originale? Pour s’inscrire c’est ici. Cette année la demoiselle a décidé de pimenter un peu son défi en nous invitant à partir à la découverte d’oeuvres essentiellement britanniques. Bien entendu j’y participe. J’ai choisi le niveau Gruffalo, soit cinq romans à lire.

20130218_195403Et parce que mon Valentin devait trouver que je n’étais pas suffisamment gâtée, il m’a aussi offert cette semaine un kindle ! (Admirez la pochette très « girly » pour protéger ma liseuse électronique, ma petite touche personnelle)  Malgré mon scepticisme quant à son utilité, j’ai tout de même promis à mon homme de m’en servir. Nous verrons si j’adhère au concept, peut-être l’inaugurerais-je en lisant le premier tome de Game of Thrones.

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Une anglaise à Bicyclette/ Article rappatrié

Avec un titre si prometteur, je me suis lancée la tête la première dans ce que je pensais être une grande œuvre romanesque. Quelle déception ! Ce livre m’a mise hors de moi.

une anglaise à bicycletteIl est curieux que le magazine Lire que j’affectionne tant en ait fait une critique si élogieuse, puisqu’il lui a tout de même consacré deux pages, c’est pour dire ! (le journaliste serait-il l’un des camarades de Didier Decoin?) Est-ce parce que ce dernier est membre de l’Académie Goncourt? Comme si cette simple appellation empêchait tout échec d’écriture de l’auteur. D’où lui vient donc son succès? Serait-ce parce qu’il reste le fils d’un grand scénariste? Ceci expliquerait cela…

 Savoir écrire n’est pas tout, autant faut-il avoir de l’imagination et un vrai fil conducteur pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. On ne s’invente pas écrivain. Dans ce récit bancal et farfelu, ce « plumitif » semble s’être perdu entre deux envies de choix d’écriture – inspirée en premier lieu du massacre de Wounded Knee vers 1890 dans le Dakota du sud, puis en second lieu de l’histoire d’une jeune anglaise bien curieuse, partie sillonner les routes de campagne à bicyclette, sur la piste de mystérieuses fées – et qu’il a tenté de consigner dans un seul et même roman, ce qui rend cette histoire cousue de fil blanc.

 L’écrivain semble vouloir tenter de nous appâter avec des débuts d’intrigue qui au final ne mènent à rien. Ainsi, on nous apprend à mi-course que la première femme de Jason, le  personnage principal, (un photographe britannique ayant sauvé, adopté puis épousé la jeune Ehawee!), a trompé son mari avant de succomber à une grave maladie. Le héros ne le saura jamais et persistera à chérir son souvenir ; quel intérêt de mettre le lecteur dans le secret? Il semble que Didier Decoin ait gardé précieusement cet élément dans l’idée de l’exploiter plus tard pour finalement s’abstenir, à moins qu’il l’ait égaré dans le fouillis de sa ronde de personnages (Sitting Bull, Sir Arthur Conan Doyle et j’en passe).

L’académicien bourre aussi son récit de scènes racoleuses qui n’apportent rien à l’histoire. Pour une raison saugrenue, l’auteur s’est passionné pour une étude pseudo-scientifique de l’ère victorienne qui compare la bicyclette à un instrument pervers permettant aux femmes d’assouvir leurs désirs les plus secrets, d’où ses élucubrations pour le moins fumeuses sur l’attrait de la selle de bicyclette comme instrument de masturbation. Bref, cet auteur lubrique s’en donne à cœur joie !

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Envie de vous parler de… Joël Dicker

Paris_Update_Joel_Dicker_La_Verite_sur_lAffaire_Harry_QuebertVoilà un jeune auteur apparemment très prometteur dont je n’ai encore rien lu. Après avoir visionné un épisode de l’émission culturelle « On est pas couché« , j’en ai appris d’avantage sur son parcours professionnel. Joël Dicker de nationalité suisse a 27 ans et a récemment remporté le Grand prix du Roman de l’Académie française. Je convoite furieusement son dernier roman « américain » La vérité sur l’affaire Harry Québert ». Il semble que le livre ait eu de nombreuses critiques élogieuses. L’avez-vous déjà lu?

Voici une courte émission passionnante sur son oeuvre et sur sa vie:

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Mon petit péché mignon/ Un concours littéraire et une belle récompense!

livre acheté récemmentJ’ai encore succombé à la tentation ! Pour ceux qui suivent ce blog depuis un moment, vous ne serez sans-doute pas surpris de lire ce billet consacré aux dernières acquisitions livresques. Il faut dire que j’ai encore une très bonne excuse. La neige a fondu, une pluie fine l’a remplacé depuis plus de trois jours, je ne peux pas courir à cause de ce satané verglas! Et je suis en manque ! Il n’en faut pas plus pour me mettre le moral en berne. Je ne vous le cacherai même pas, je suis une vraie toxico, une acheteuse compulsive !! Et ce mois-ci j’avoue tout, j’ai fait un gros craquage !

Et il y a bien pire encore je n’ai pas fait les librairies de mon quartier (laquelle d’ailleurs? La dernière en date a mis la clé sous la porte), résidant en Angleterre, le meilleur moyen pour moi de me procurer de nouveaux romans en français est d’effectuer mes achats sur internet et en particulier sur Amazon. J’en entends déjà gronder… Que voulez-vous on ne se refait pas !

Pour couronner le tout, il m’a bien fallu installer de nouvelles étagères ! Preuve à l’appui (à droite, deux rangées ont été ajoutées sous Marylin depuis Noël…).

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Voici donc les nouvelles recrues venant rejoindre une collection de livres déjà bien conséquente :

JacquouJacquou le croquant : J’ai visionné la bande-annonce durant un moment de paresse faiblesse et ai trouvé Gaspard Ulliel quand même bien apetissant talentueux. En lorgnant les images du film et du bel acteur français sur internet, j’ai appris de fil en aiguille qu’il existait initialement un roman jeunesse. Je me suis donc empressée de le commander et le lirai avant de visionner l’adaptation cinématographique.

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Vipère au poing

Ce livre ne se sera pas resté bien longtemps dans ma PAL. Je vous en avais parlé dans l’un de mes derniers billets dédiés aux récentes acquisitions de Noël. Si je connaissais l’écrivain de réputation, je n’avais pourtant jamais lu auparavant l’une de ses œuvres et n’avait qu’une vague idée de leur contenu. Et bien c’est chose faite ! Je suis bien contente d’avoir franchi le pas!

Vipère au poingsCe roman hautement autobiographique à la couverture sévère relate l’enfance éprouvante d’Hervé Bazin et en particulier la relation tumultueuse qu’il entretint jusqu’à sa mort avec sa mère.

Durant l’été 1922, aux côtés de son frère aîné Ferdinand, Jean dit Brasse-Bouillon, le narrateur vit chichement sous la tutelle de sa grand-mère paternelle dans la propriété lugubre de la Belle-Angerie, ses parents s’étant établis pour une durée indéterminée en Chine, où le père entreprend d’importantes recherches pour ses travaux d’entomologie. Par malheur, cette grand-mère bienveillante décède à la suite d’une longue et pénible maladie, abandonnant la jeune fratrie à leur triste sort. Les parents légitimes se voient dès lors dans l’obligation de revenir en France, ayant hérité de la vieille demeure, et s’étant résolu à prendre en main l’éducation des deux enfants. Brasse-Bouillon et son frère y voient une occasion rêvée de faire enfin la connaissance de leurs chers parents et de leur frère cadet, Marcel, qui lui a eu le privilège de naître outremer. Les deux jeunes gens se réjouissent trop vite de ce changement de vie ne se doutant pas du fléau qui les attend.

« Le hasard donc, le même hasard qui fait que l’on naît roi ou pomme de terre, que l’on tire une chance sur deux milliards à la loterie sociale, ce hasard a voulu que je naisse Rezeau, sur l’extrême branche d’un arbre généalogique épuisé, d’un olivier stérile complanté dans les derniers jardins de la foi. Le hasard a voulu que j’aie une mère. »

Leur mère se révélera être une femme infâme à la personnalité vipérine. Elle tentera de leur imposer une éducation rigide et draconienne. Mais Jean, le plus valeureux d’entre eux ne craint pas les serpents, lui a pris l’habitude de les étouffer dans ses petits poings, il opposera un refus formel à sa mère et mènera contre elle une guerre sans merci, au risque d’y perdre sa propre âme…

Voici la bande-annonce du film:

Hervé Bazin n’y va pas de main morte pour brosser le portrait de sa mère. Cette dernière est en effet peu ménagée tout au long du livre. Sa rigidité morale se lie dans son aspect physique : Madame Rezeau, née Pluvignec, est laide, a le cheveu filasse et le menton en galoche. Son seul trait de beauté réside dans son regard affuté. Ses yeux ont la couleur de ceux d’un reptile et se plissent comme ceux d’une vipère lorsqu’ils se veulent scrutateurs. Les enfants exècrent cette femme à la fois acariâtre, sectaire et castratrice qui n’hésite pas à affirmer son petit pouvoir en martyrisant sa propre progéniture. « Folcoche » contraction subtile de deux mots « folle » et de « cochonne », le sobriquet ridicule dont les enfants ont affublé leur mère odieuse, emploie sans scrupules de multiples subterfuges outranciers pour punir injustement ses enfants, les accusant de tous les maux possibles et imaginables.

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Novembre

                Je  m’incline devant celui qui a réussi à terminer ce roman sans plisser de l’œil  au moins une fois! …Respect. 

Flaubert novembre livre

Novembre est l’une des premières ébauches littéraires de Gustave Flaubert. Cette œuvre écrite durant sa jeunesse vers 1842-1843, alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années ne sera publiée qu’à titre posthume tout comme L’Education sentimentale. Bien que Flaubert l’ait écrit initialement dans le but de peaufiner son écriture encore trop trébuchante à son goût, ce récit est une véritable analyse psychologique du grand romantique tourmenté. Le roman éponyme, Novembre, sera d’ailleurs intitulé à l’origine Exercice d’un style quelconque.

Novembre est un pastiche des romans du courant romantique du XIXème siècle. Le roman s’ouvre sur l’obsession maladive du narrateur, Novembre, pour la mort.

 Dans la première partie du livre, le personnage principal se remémore sa jeunesse et nous dévoile ses états-d’âmes à travers les descriptions pittoresques qu’il fait de la campagne. On retrouve tout au long du récit, les leitmotives de la mort et du froid: « Tout va dormir ou mourir ». Cette phrase reflète la personnalité indolente du narrateur, un trait de caractère qui semble être accentué par le climat hivernal de la saison. Cet endormissement semble affaiblir davantage le moral de Novembre. Le narrateur demeure en grande partie statique, nous narrant des bribes de sa jeunesse et faisant surtout l’analyse de l’évolution de son caractère. Bref, l’histoire est passionnante ! (sentez-vous l’ironie ?).

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