Trois maîtres

20130430_220112Grâce à mon tendre j’ai désormais en ma possession un outil informatique décent de seconde main (avec un grand écran et un processeur rapide. Je suis aux anges !), qui n’est certes pas à la pointe de la technologie mais qui me permet tout de même de rédiger avec plus d’aisance mes billets. Il faut dire qu’avant, je devais me contenter d’un tout petit ordinateur de dépannage sur lequel je m’abîmais la vue et que récemment il écrasait systématiquement mes rédactions, un vrai casse-tête pour vous concocter des articles. C’était la croix et la bannière rien que pour sauvegarder mes dossiers (Word ne répond pas, pourquoi il n’y a qu’une lettre sur deux qui s’affiche quand je tape sur le clavier ?!… Non mais où est passé mon travail?! Il est pas dans les documents, ni dans la corbeille… On ne panique pas et on reste zen…Il est où ???).

trois-maitres-stefan-zweig-9782253136286Je profite donc de cette agréable surprise pour vous faire partager un petit coup de cœur, un livre que j’ai lu il y a quelques mois pour étayer un peu plus ma culture, un recueil d’essais biographiques remarquable illustrant l’admiration sans borne de Stefan Zweig pour trois auteurs phares de la littérature européenne du 19ème siècle : Dostoïevski, Dickens et Balzac.

S’il y a certes quelques fois des redondances propre au style de Stefan Zweig, elles ne font pourtant pas barrière à la lecture. La plume de l’auteur est tellement fluide qu’il m’a été bien difficile de délaisser son livre ne serait-ce qu’un instant. Je l’ai d’ailleurs lu en une après-midi. L’écrivain autrichien réussit à nous transmettre avec brio sa passion pour ces trois auteurs, ne  nous donnant qu’une seule envie, nous replonger dans leurs œuvres ou les découvrir. Zweig nous apporte des informations indispensables à la compréhension de l’univers de ces œuvres, ayant un intérêt tout particulier pour les personnages-types qu’ils ont créé. Bien qu’il soit hautement subjectif dans ses commentaires (Zweig pense que Dickens a éclipsé Walter Scott!), ses analyses sont d’une grande finesse.

Un extrait:

« Toujours et sans cesse, il a reparlé de ce garçon rêveur, humilié, abandonné, effarouché, délaissé par ses parents, comme un orphelin; ici vraiment son pathos est devenu voisin des larmes, sa voix est devenue sonore, pleine de retentissante comme un son de cloche. Cette ronde d’enfants dans les romans de Dickens est inoubliable; ici le rire et les pleurs, le sublime et le ridicule se pénètrent dans un éclat unique d’arc-en-ciel; le sentimental et la grandeur, le tragique et  le comique, la vérité et la fiction se réconcilient en quelque chose de nouveau et d’entièrement inédit. »

 Zweig n’est pas seulement un nouvelliste talentueux, il prouve ici qu’il est aussi un grand critique dont les analyses littéraires sont d’une richesse inouïe. Trois maîtres est un ouvrage dédié à tout lecteur désirant étoffer un peu plus sa culture littéraire. Un indispensable pour tout book worm. J’ai désormais hâte de lire Marie-Antoinette.

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15 commentaires pour Trois maîtres

  1. Eliza dit :

    Je ne connais pas cette oeuvre de Zweig, dont j’ai déjà lu quelques bios (Marie Stuart, Marie-Antoinette), mais OMG, tu as un portrait de Darcy près de ton bureau !! Quelle bonne idée 😀

    • missycornish dit :

      Il est chouette, hein? J’aimerais bien aussi en avoir un de Richard Armitage dans North and South mais je crois que mon fiancé me tuerait si j’en ajoutais un second.

  2. Armelle dit :

    Stefan Zweig vient d’entrer dans la Pléïade, il n’était que temps. J’ai d’ailleurs consacré un article à cet événement. « Marie-Antoinette » est un pur chef-d’oeuvre, peut-être le livre de lui que j’ai préféré avec « Lettres d’une inconnue », autre merveille. Vos visites me manquent cette année mais j’imagine aisément que vous êtes surchargée. Viendrez-vous prochainement en Normandie ? Je mets la dernière touche à ma conférence à la mairie de Cabourg le lundi 15 juillet sur « Mariano Fortuny y Madrazo » un génie touche à tout qui apparaît à de nombreuses reprises dans la Recherche pour la bonne raison qu’il habillait toutes les femmes élégantes de l’époque et qu’il avait de nombreux points communs avec Marcel en ce qui concernait l’art. Il y aura une vingtaine de photos projetées de ses créations qui étaient magnifiques et toujours si originales. On l’a appelé le magicien de Venise et son palais abrite toujours des expositions temporaires.
    Bonnes prochaines vacances et pourquoi pas… à bientôt.
    Armelle B.

    • missycornish dit :

      Bonjour Armelle,

      Toujours très heureuse de vous lire sur mon blog. Je n’ai pas été présente sur le site à cause de mes études. Je viens de terminer mes examens par correspondance et je reviens doucement sur la blogosphère. Je vais écrire un nouveau billet cette semaine et je suis plongée dans les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar. J’espère vous revoir cet été en Normandie (je rentre en juillet). Peut-être à Cabourg ou même chez moi? Dans mon village? Je vais venir vous lire demain pour rattraper toutes mes lectures manquées. A très bientôt pour de nouveaux échanges. A

      • Armelle dit :

        Contente de savoir que tout va bien. Je croise les doigts pour la réussite brillante de vos examens, dont je ne doute guère. « Les mémoires d’Hadrien » sont un grand souvenir pour moi. Je devais avoir votre âge lorsque je les ai lues. Ce fut une révélation. Ensuite j’ai tout lu de Yourcenar. mais celui-ci reste mon préféré. J’étais très émue lorsque j’ai visité la villa Hadriana. Encore un grand souvenir.

        • missycornish dit :

          Je viens de débuter mais c’est passionnant, extrêmement bien écrit. Je me suis acheté une étude en complément dans la collection foliothèque, j’ai hâte de m’y plonger.

  3. grigrigredin dit :

    Oui ! Comme Darcy, c’est un beau brun ténébreux…

  4. titine75 dit :

    Je l’ai noté depuis un moment puisque je suis intéressée par les trois auteurs dont il parle.

  5. denis dit :

    Zweig c’est toujours un grand bonheur et j’ai lu ce livre comme ses biographies avec un réel bonheur tellement il sait rendre les ambiances avec clarté
    un de mes auteurs favoris

  6. Ondine dit :

    Merci ! Je ne connaissais pas ce roman, j’ai hâte de le lire !

  7. grigrigredin dit :

    C’est Darcy sur ton mur ??? Ton cher et tendre n’est pas trop jaloux ? Imagine s’il avait un grand portrait d’Emma Bovary au-dessus de son ordi…

    • missycornish dit :

      Lol au début il l’était un peu. Emma Bovary ce n’est tout de même pas Darcy! Lol il n’y a que moi qui est le droit! Il veille sur mon travail, j’aime bien ce poster à l’imitation vieillote. Je l’ai dégoté au Jane Austen Centre à Bath, il y a tout ce dont les fans peuvent rêver.

      • grigrigredin dit :

        En même temps, je te comprends…J’aurais mis Darcy sur mon mur plutôt que le professeur Tournesol !

        • missycornish dit :

          ça fait moins rêver tout de suite. Dommage qu’il n’existe pas de poster vieillot de Richard Armitage avec sa petite cravate comme dans North and South. Lol si j’en trouve un je crois qu’il risquerait de détrôner Darcy. Il est beauuu!

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