Femmes sans merci de Camilla Läckberg

Hier après-midi, se déroulait la réunion mensuelle de mon book club. L’une de mes amies membres du cercle m’a chaudement conseillé et gentiment prêté cette novella qui vient tout juste de paraître dans la collection Actes Sud. Je ne raffole guère des romans policiers, encore moins lorsqu’ils plantent leur intrigue dans un décor froid d’un pays nordique lointain. Ces romans à l’atmosphère claustrophobe me glacent habituellement. Cependant, j’ai décidé de sortir en ce moment un peu de ma zone de confort pour me tourner vers une lecture axée sur le polar. Je dois avouer que le sujet de cette lecture agréable et initialement alléchant s’est révélé somme toute un brin prévisible…

Résumé :

Trois femmes subissent leur mariage ; trois femmes qui n’ont à première vue rien en commun, se découvrent sur la toile pour échanger et confesser leur quotidien.

Il y a Ingrid qui a délaissé un poste de journaliste et de correspondante pourtant prometteur pour se consacrer à sa petite fille, et devenir une mère au foyer multitâches. Son époux en a profité quant à lui pour établir une prestigieuse carrière au sein d’un journal en devenant un brillant rédacteur en chef. Tout semble aller bon gré mal gré pour cette petite famille, jusqu’au jour où Ingrid découvre que son mari peu scrupuleux la trompe…

Birgitta quant à elle est enseignante. Proche de la retraite elle sait pertinemment bien que son cancer du sein la ronge progressivement… Pourtant, Birgitta ne fait rien pour soigner ce mal, elle redoute de consulter un médecin et de lui révéler par la même occasion les bleus que son mari lui inflige quotidiennement et ce, depuis plusieurs années. Jusqu’à présent, elle s’est forcée de dissimuler à ses fils le tempérament monstrueux de leur père colérique et imprévisible. Mais désormais malade, qui donc s’occupera d’eux lorsqu’elle quittera pour de bon ce monde ? Comment peut-elle accepter de les laisser entre les mains d’un homme qu’elle sait tyrannique ?

Enfin, il y a Victoria, une jeune Russe ; ancienne cocotte d’un gangster, elle a accepté d’épouser par le biais d’un site de rencontre un Suédois qu’elle ne connaît pas. Malte qui semble de prime abord le mari idéal se révélera être un péquenaud ignorant, violent et borné. Victoria se retrouve séquestrée dans sa propre maison, isolée de tout…

Trois femmes donc qui vont unir leur force pour échafauder un plan machiavélique et faire disparaître un à un leurs bourreaux de maris… Reste à trouver le meurtre parfait !

Verdict ?  Voilà donc un court roman cinglant qui surfe clairement sur la tendance actuelle Hashtag Me too. La romancière suédoise incontestablement féministe n’y va pas avec le dos de la cuillère pour égratigner la gente masculine misogyne qui en prend pour son grade au fil des pages. Sans grande originalité, ce petit roman à l’intrigue un tantinet mollassonne se lit malgré tout agréablement bien. Le style fluide présente cependant peu d’envolée, et le dénouement n’en ai pas véritablement un. La trame est finalement assez convenue.

Il n’en demeure pas moins que je n’ai pas boudé mon plaisir et ai lu goulûment ce bref roman sans prétention en l’espace de quelques heures. Je doute cependant que cette novella soit accueillie avec chaleur par les critiques tout comme les lecteurs… Le parti pris de la romancière risque d’en faire crisser plus d’un. Par ailleurs, je me suis tout de même interrogée quant à la portée finale du message de l’autrice car peut-on vraiment justifier et excuser un meurtre d’autant plus s’il est prémédité ? Camilla Läckberg semble en être convaincue par l’affirmative. Si la victime se révèle plus monstrueuse que son assassin, qu’à cela ne tienne ! Hop ! Un déchet humain de moins…. Un argument discutable vis-à-vis de la loi…

L’édition française semble s’être elle aussi emparée du sillon Hashtag Me too. Alors, Femmes sans merci est-il encore une fois de plus une nouvelle initiative mercantile ou bien un véritable pamphlet féministe ? A vous lecteurs d’en décider…

En bref : Malgré quelques faiblesses d’écriture évidentes, cette lecture qui sent bon le cyanure, aura eu le mérite de me divertir durant cette journée d’automne particulièrement grise et pluvieuse. Je vous retrouve dans un prochain billet pour vous parler de Dirty Betty, une série télévisée diffusée sur Netflix qui aborde avec davantage de panache le thème de l’abus au sein du couple.

Cette lecture s’inscrit dans le défi Pumpkin Autumn Challenge dans la catégorie Je suis Médée, vieux crocodile (thriller/polar). Elle s’inscrit aussi dans le challenge Polars et Thrillers de Sharon.

Cet article a été publié dans Pumpkin Autumn challenge, Roman noir/policier, Thriller. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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