Mentir n’est pas trahir

Gladwyn a vraiment tout pour être heureux : une carrière qui semble plutôt prospère, une petite propriété coquette dans une banlieue paisible et huppée de la périphérie londonienne où il vit aux côtés de sa belle et tendre épouse Blythe et de son adolescent sans problème. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Aucun nuage à l’horizon. Gladwyn se laisse bercer par cette existence routinière sans embûche qui semble lui satisfaire.

Alors qu’il se rend comme à son habitude à la campagne des Downs chez sa mère pour lui tenir compagnie un après-midi, il croise sur sa route Lara, une jeune artiste adorable qui vient de tomber de bicyclette et s’est esquintée la cheville. Il décide de lui porter secours. Cette rencontre fortuite scellera sa destinée. Cette initiative qui à première vue paraîtra chevaleresque tournera finalement vite en opportunisme crasse. Charmé par cette jolie jeune femme pleine de fraîcheur, Gladwyn, pourtant marié, succombera à la tentation et s’enlisera dans d’inextricables mensonges, se réinventant une situation, jusqu’à franchir le point de non-retour. Il échafaudera de multiples plans extravagants et des plus malhonnêtes pour entretenir deux liaisons. Gladwyn découvrira à ses propres dépends que tromper ne peut se faire impunément, et engendre toujours inéluctablement son lot de drames… Il tergiversera longtemps, mais ce sera sans compter sur l’ironie impitoyable du destin qui se chargera de décider pour lui…

Voilà un roman qui m’a de prime abord fait l’effet d’une claque ! Angela Huth nous entraîne dans une intrigue digne d’un épisode de Barnaby où des drames d’alcôves dans une campagne sauvage un peu arriérée, gardent encore une certaine brutalité. Dans ce roman au style d’écriture plutôt fluide et à mi-chemin entre le vaudeville et le roman noir, l’auteure dissèque avec aisance les sentiments humains de l’homme dans tout ce qu’il a de plus vil. Elle nous dépeint ainsi le caractère fourbe moyennement flatteur de la gente masculine et s’intéresse plus particulièrement à sa duplicité. La romancière pousse le lecteur à s’interroger sur la possible souffrance d’un homme en proie aux remords. Est-on vraiment un goujat en agissant de la sorte ? (Oh que oui !) L’amour est-il exclusif ? Sommes-nous destinés à tromper nos conjoints ? Ses questions ne me semblent pas justifier une telle traîtrise car Gladwyn n’a finalement aucune raison valable de tromper sa femme. En effet, lui-même se considère heureux en ménage et n’a nul reproche à adresser à Blythe. Son seul vrai regret, étant d’avoir choisi de vivre dans la banlieue londonienne plutôt que de s’être installé avec sa famille à la campagne dans un cottage pittoresque. Est-ce néanmoins suffisant pour justifier sa liaison adultérine? Aux lecteurs d’en décider…

Le personnage principal semble de ce fait dépourvu de toute fibre héroïque, c’est avant tout un pleutre égoïste qui ne se soucie guère que de lui-même. L’expression « l’occasion fait le larron » n’aura jamais pris autant de sens ici.

Gladwyn jonglant entre deux femmes, déploie des subterfuges franchement méprisables tels que le fait d’acquérir deux portables pour pouvoir communiquer en toute discrétion avec sa maîtresse ainsi qu’avec son épouse. Pour se donner bonne conscience, ce quadra en pleine crise de jeunisme joue également les maris attentionnés et aimants. Il se présente comme un époux dévoué prêt à tout pour satisfaire sa femme, lui proposant des escapades romantiques pour compenser ses petits écarts conjugaux sans qu’elle, trop confiante, ne se doute de rien… Cette fourberie en devient insupportable au fil des pages. En somme, cet homme d’apparence tendre et réfléchie se comporte comme le dernier des mufles. C’est pourquoi je n’ai éprouvé aucune empathie pour lui et l’ai trouvé franchement exécrable.

Dès lors, difficile de dire si j’ai vraiment apprécié cette histoire sordide dont la fin glaçante m’a particulièrement mise mal à l’aise. A bien des égards, ce roman psychologique présente des faiblesses d’écriture. J’ai ainsi noté de nombreux points noirs comme l’attitude des personnages féminins qui m’a semblé trop passive pour notre époque. Toutes deux sont les dindons de cette farce douteuse.

Comment Blythe, cette petite bourgeoise aux allures de Bree Van De Kamp, ne peut-elle pas émettre plus tôt des soupçons ? Sa foi inébranlable en son mari la rend agaçante.  Ne vérifie-t-elle pas les comptes ? Comment peut-il réussir à financer un petit studio à Londres sans se faire pincer ? La naïveté de Lara est tout aussi déconcertante. Cette pseudo-artiste traîne un pyjama d’adolescente attardée et a conservé sa chambre d’enfant… Cette facette infantile de sa personnalité la rend un peu bécasse aux yeux du lecteur. Il n’est par conséquent pas aisé de s’attacher à ses deux portraits de femmes trop caricaturaux.

La fin bien qu’inattendue m’a laissé assez sceptique. Peut-on vraiment rebâtir une relation matrimoniale sur un mensonge ? J’avoue avoir été plus intéressée par l’aspect du roman noir mais dommage qu’il soit exploité maladroitement et ne serve que de prétexte pour démasquer l’infidélité de Gladwyn. Pourtant, le personnage de l’ouvrier agricole qui rôde toujours autour du cottage de Lara comme un charognard souhaitant à tout prix s’attirer les faveurs de la jolie blonde, m’a donné la  chair de poule, sachant la jeune femme esseulée au beau milieu de la campagne, avec pour seul voisin cet homme inquiétant et intrusif.

Certes, je n’ai fait qu’une bouchée de ce roman très bien écrit mais je n’ai aimé ni le thème de l’adultère ni le personnage principal qui, au final, m’a écœurée. De plus, la mièvrerie empiète trop sur l’histoire dans les dernières pages et le dénouement trop lisse m’a mise en colère ! A mon sens, cette histoire reste en effet cousue de fil blanc. Mon opinion reste donc en demi-teinte.

En bref : Sans être un chef-d’œuvre, ce « petit » roman aux accents de vaudeville se lit assez bien. Il est cependant regrettable que cette œuvre, ancrée dans la culture anglo-saxonne se focalisant sur une petite société soucieuse de préserver les apparences, se soit malheureusement révélée trop convenue…

Lecture commune sur Angela Huth dans le cadre du Mois anglais

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Hiver

Pour cette deuxième contribution au challenge Le Mois anglais, mon choix s’est porté sur ce roman au contexte littéraire très victorien. J’ai été immédiatement attirée par cette magnifique couverture aux couleurs froides semblables à celles du givre en hiver, qui m’évoquent les paysages rustiques et pittoresques du milieu rural anglais dépeints avec virtuosité par les sœurs Brontë.

J’en avais fait l’acquisition il y a deux ans,  lorsque j’avais découvert avec émerveillement Thomas Hardy grâce à son œuvre de jeunesse Loin de la foule déchaînée dont je garde un souvenir impérissable (mon billet ici). Cet illustre écrivain-poète britannique est ici mis à l’honneur puisque ce livre n’est autre qu’une biographie romancée. Christopher Nicholson s’intéresse à un épisode insolite mais pourtant bel et bien véridique de la vie de Thomas Hardy : son ultime faiblesse de cœur pour la belle et ténébreuse Gertrude Bugler, une jeune actrice amateur dont il se serait secrètement épris à l’aube de sa mort.

Nous sommes au milieu des années 1920. A 84 ans, la réputation de ce romancier britannique auréolé de gloire n’est depuis longtemps plus à faire. Hardy, qui a épousé en secondes noces Florence Dugdale après la disparition douloureuse de sa précédente femme, Emma Gifford, est bien déterminé à finir ses vieux jours dans le Dorset, à la campagne dans sa propriété de Max Gate où les jours rythmés par ses projets d’écriture s’égrènent paisiblement. A l’hiver de sa vie, l’écrivain pense d’ailleurs en avoir fini avec les affres de la passion quand une pièce de théâtre, adaptée de son chef-d’œuvre Tess d’Uberville, est montée dans son village. L’auteur fait alors la connaissance de Gertie, une jeune actrice talentueuse tenant le rôle-titre. La ressemblance troublante de cette jolie brune pleine de fraîcheur avec son héroïne Tess, le fascinera autant qu’elle le bouleversera. Elle ravivera dans le cœur du vieillard une flamme qu’il pensait depuis longtemps à jamais éteinte. Le lecteur suivra cette passion secrète à travers le regard plein d’amertume de Florence, cette épouse vieillissante et délaissée, qui tentera désespérément de reconquérir son époux, en vain.

L’actrice Gertrude Bugler qui incarna Tess d’Uberville durant les années 1920.

Sans prendre parti, l’auteur portraiture avec finesse la personnalité souvent complexe et contradictoire de Thomas Hardy. Difficile finalement de percer à jour le caractère véritable de cet écrivain toujours nimbé de mystère. Certains y percevront celle d’un homme taciturne et pessimiste, dénigrant toutes formes de mondanités. Un homme parfois également peu attachant, à l’attitude aussi glaciale que l’hiver qui mettra un point final à sa vie. D’autres y découvriront un écrivain trop souvent tourné vers le passé. Thomas Hardy aimait en effet planter ses intrigues romantiques dans un décor sauvage, celui d’une campagne anglaise rustique et encore marquée de traditions païennes. C’est pourquoi ses œuvres étaient toujours volontairement enracinées dans le terroir anglais, ce « paradis primitif » comme il le décrivait si bien lui-même. Il était, de ce fait, convaincu que l’homme ne pouvait accéder au bonheur que par le maintien d’une certaine ignorance, et craignait le progrès. Il se méfiait du téléphone, un complot diabolique orchestré selon lui par les autorités pour espionner ses conversations, et méprisait tout aussi bien les automobiles, des engins bruyants qu’il jugeait contre- nature, voire même extrêmement dangereux. Il opposera un refus catégorique à l’installation de l’électricité dans son cottage, au grand dam de son épouse Florence qui souhaitait profiter de plus de confort.

Le cottage de Thomas Hardy en 1885, bâti à partir des plans de l’écrivain qui était architecte de formation.

Si Thomas Hardy, un brin égoïste, fascine autant qu’il dérange, sa personnalité reste malgré tout jusqu’à la dernière page insaisissable. Je dois admettre que le portrait pathétique que campe l’auteur de sa seconde épouse m’a bien plus touché. Finalement, c’est celle qui souffrira le plus de cette ultime passion. Cette femme de l’enfermement, trop jeune pour se marier à un vieillard (de 39 ans sa cadette) et pourtant déjà trop abîmée par le temps, suscite la pitié. Comment pourrait-elle rivaliser face à la jeunesse impitoyable de Gertrude Bugler ? Florence, qui espérait naïvement pouvoir aussi remplacer Emma, la première épouse disparue que chérira Thomas Hardy jusqu’à sa mort, sera hantée toute sa vie par le fantôme de cette défunte, et cette ombre spectrale ne cessera de planer sur leur couple comme un mauvais présage. Le caractère de cette femme tourmentée, un tantinet dépressive et d’une cruauté parfois féroce envers sa nouvelle rivale, la jolie Gertie, m’a étrangement rappelé celui de Zelda Fitzgerald qui se sentait elle aussi étouffée par le talent écrasant de son mari. Tout comme cette dernière, Florence s’est essayée sans grand succès à l’écriture et tout comme elle, elle demeurera malheureusement toujours une piètre écrivaine dont le nom restera inéluctablement associé aux triomphes littéraires de son époux. D’une tristesse désespérante…

Florence Dudgale et Thomas Hardy aux côtés de leur chien Wessex.

En bref : Christopher Nicholson nous livre avec grâce un récit doux-amer sur la vieillesse et la dissolution malheureuse d’un couple mythique de la littérature anglaise. D’une prose délicate, l’auteur esquisse dans ce huis-clos mélancolique le portrait saisissant d’un vieil homme en quête perpétuelle de l’idéal féminin recouvrant les traits imaginaires de son héroïne de papier, la belle Tess d’Uberville. Cette figure ensorcelante, Thomas Hardy n’aura de cesse de la chercher dans toutes ses conquêtes féminines sans toutefois jamais vraiment l’atteindre… Cette recherche insatiable demeurera l’un des principaux drames intimes de sa vie.

Certes, la lecture de ce roman d’atmosphère très évocateur peut s’avérer fastidieuse pour un lecteur en quête de rebondissements car les pages se succèdent bien souvent avec lenteur, à l’image des vieux jours du romancier. Toutefois, ce rythme parfois contemplatif n’a en rien entravé mon plaisir de lecture. Ce joli roman qui s’adresse avant tout à un lecteur averti désirant entrevoir un peu plus les coulisses de la vie d’écrivain de ce grand auteur, fut pour moi une très belle découverte. Je compte d’ailleurs poursuivre mon initiation littéraire en lisant prochainement Les Forestiers

Deuxième billet consacré à l’exploration de l’époque victorienne tout comme à ses grands écrivains dans le cadre du challenge Le Mois anglais.

 

 

 

 

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Un roman anglais

Attention, coup de cœur !

Pour ouvrir le bal de cette sixième saison du Mois anglais, mon choix s’est porté sur ce court roman de Stéphanie Hochet, une romancière contemporaine française. Acquis en librairie la semaine dernière, je n’ai pas lambiné à le lire. Il faut bien l’admettre, cette superbe couverture incarnant à merveille le style victorien m’a tout de suite séduite. Elle m’évoque de nombreuses représentations romantiques, entre autres celle d’une jeune femme aux traits délicats et à la complexion pâle, se prélassant dans un jardin parsemé de massifs de fleurs sauvages, des roses écarlates et de lierre à profusion, et prenant appui sur le pan d’un mur de pierres grises d’un charmant cottage ou encore l’image d’une tasse de thé bleue, en porcelaine, un peu ébréchée, remplie d’un liquide ambré encore fumant et au parfum enivrant. En somme, une vision de la culture anglo-saxonne un tantinet « cliché » mais du moins réconfortante, que de nombreux aficionados de la littérature britannique continuent d’entretenir (moi la première !).

Trêves de digressions, rentrons dans le vif du sujet !

La trame de ce roman prend pour toile de fond la Première Guerre mondiale. Nous sommes en 1917, quelque part dans une contrée anonyme, en pleine compagne anglaise et à l’abri des bombardements qui frappent encore Londres. Anna Whig, une jeune bourgeoise lettrée, mère d’un petit garçon de deux ans, suggère à son époux Edward d’engager par courrier une garde d’enfant afin qu’elle puisse reprendre sereinement ses activités de traductrice littéraire. Lorsqu’elle part à la gare accueillir sa nouvelle employée, Anna découvre avec stupeur que la gouvernante n’est autre qu’un jeune homme séduisant à la santé souffreteuse, George…

Londres bombardements de 1915 à 1917.

Avec un tel résumé, le lecteur s’attend de prime abord à lire un banal roman sur l’adultère, mais c’est sans compter sur le talent inné de Stéphanie Hochet qui brise ici avec maestria les conventions littéraires en s’écartant du schéma du trio amoureux quasi-éculé et souvent grossièrement focalisé sur la tension sexuelle. Certes, l’ambiguïté entre les deux protagonistes, Anna et George, est belle et bien palpable, toutefois, elle est avant tout basée sur une amitié amoureuse non avouée. Anna trouvera en George, ce jeune homme à l’attitude dilettante et originaire d’un milieu modeste, un confident sur qui s’épancher, de même qu’une ouverture sur un univers moins étriqué par des codes absurdes qui semblent de plus en plus l’asphyxier.

Ainsi, l’auteur dissocie la sensualité du sentiment amoureux. Rappelons que l’histoire se déroule dans un cadre post-victorien très collet monté où les émotions sont toujours réfrénées derrière des attitudes pondérées. Point de place pour les épanchements sentimentaux dans ce climat de guerre déjà très lourd et pourtant, c’est un véritable cataclysme qui semble progressivement s’opérer en Anna.

En effet,  sans tomber dans les écueils du journal trivial et à la manière de Virginia Woolf, l’auteure tente de sonder l’âme de son héroïne en s’appropriant à son tour le « stream of consciousness », ce procédé narratif qui s’attarde davantage sur le combat intérieur d’un personnage plutôt que sur ses actions dans le monde réel.

Le roman s’articule également autour du thème de la maternité. Une manière aussi de mieux cerner le trouble qui intervient chez une femme après la naissance de son enfant. Comment aimer son enfant ?  A vouloir trop l’aimer, Anna doute, s’effraie de sa propre dépendance à cet être, cette excroissance qu’elle semble traîner comme un fardeau. Anna semble dès lors subir une forme de dépression post-natale.  Dans cette période de troubles, elle s’interroge, est-elle une mère ou une épouse ? Qu’en est-il de son statut de femme à part entière ? Comment peut-elle reprendre sa place au sein du foyer familial quand son mari Edward semble peu à peu la délaisser depuis la naissance de leur fils Jack, lui préférant la compagnie rassurante de la mécanique de précision de ses horloges. Son époux est d’ailleurs un pur produit de cette société édouardienne. Edward reste, en effet, complètement hermétique à l’esprit féminin ; lui non plus ne sait pas véritablement aimer et dénigre souvent son épouse tout comme sa progéniture. Il jalouse de ce fait George, ce jeune homme complice de son fils qui semble savoir naturellement compenser l’absence d’instinct parental du couple. Ce rôle de garde d’enfant assumé par George dérange et même provoque du dégoût chez Edward. Il juge cette relation intime trop vulgaire, voire même animale. Le gouffre social entre les deux protagonistes masculins, l’un d’extraction très modeste, originaire du nord industriel du pays, l’autre représentatif de cette bourgeoisie terrienne, ne peut que renforcer la distance qui les sépare.

Si le statut d’homme Alpha et de patriarche qu’incarne Edward est clairement représenté, celui d’Anna reste assez flou tout comme celui des femmes de son époque. C’est pourquoi cette œuvre riche par ses multiples interprétations m’a grandement plu car elle provoque aussi chez le lecteur de nombreux questionnements. Les personnages de ce huis-clos dramatique sont souvent en proie aux affres induits par cette guerre inquiétante qui ne semble épargner personne, pas même ceux venus se réfugier loin du front, dans cette campagne anglaise rassurante. Cette bulle en apparence paisible et protectrice ne peut qu’être fragilisée par l’écho des bouleversements de ce conflit mondial. Dans cet avenir incertain, quel sort leur sera réservé ? Pourront-ils s’adapter à cette nouvelle société britannique qui semble appelée à de profondes mutations ?

A la manière d’un classique et sans « s’écouter écrire », Stéphanie Hochet dresse le portrait vibrant d’une femme en prise avec son temps. Cette œuvre d’ambiance intimiste et très pudique faite de non-dits, dépeint avec beaucoup de subtilité les préoccupations féminines de l’époque, dont la remise en question de la condition de la femme par les suffragettes. En outre, cette écriture poétique est agrémentée d’une finesse psychologique analogue aux œuvres phares de Stefan Zweig.

Mouvement de suffragettes

En bref : un bel hommage aux piliers de la littérature anglo-saxonne victoriens tels que DH Lawrence ou Virginia Woolf. Un pari d’écriture largement relevé pour cette auteure française dont la plume tout comme le sujet, m’ont totalement éblouie. A conserver !

Première participation au défi Le Mois Anglais, respectant le thème de la campagne anglaise.

 

 

 

 

Publié dans Classique britannique, littérature française | 27 commentaires

Retour en catimini sur la blogosphère/ Challenge Mois Anglais

Après une longue absence, chers blogueurs me voilà de retour pour partager avec vous de nouveaux coups de cœur comme de nouvelles déceptions littéraires. Il m’aura fallu du temps… Bien deux ans pour revenir vers vous. Pour ma défense, mon plaisir de lecture s’était quelque peu affaibli dernièrement. La lecture devrait, en effet, toujours être avant tout un plaisir plutôt qu’une corvée. Lire pour produire des billets n’a jamais eu de sens à mes yeux et écrire sur des lectures creuses me semblait superflu. Mon temps est précieux tout comme le vôtre. C’est pourquoi, la grande procrastinatrice que je suis a finalement pris la décision regrettable de mettre son blog « en pause » pour un temps pour pouvoir se consacrer avec plus de sérénité à la vie et à son lot quotidien de responsabilités (en autre un changement de carrière qui nécessitait des ajustements dans le choix de mes priorités). Les mois se sont succédés et les billets se sont espacés jusqu’à disparaître complètement sans que je brise pour autant définitivement mes liens avec la blogosphère ni que je délaisse mes lectures.

L’été se profilant doucement à l’horizon et mes tâches scolaires s’amoindrissant progressivement, le désir de lire tout comme d’écrire est devenu plus impérieux durant ces derniers mois.

Il ne me fallait plus qu’un nouveau défi littéraire pour me remettre le pied à l’étrier et m’atteler à la rédaction de nouveaux billets. Lou et Cryssilda m’en ont donné l’opportunité grâce à leur rendez-vous littéraire annuel, le challenge du Mois anglais qui se déroulera en juin prochain (Pour vous inscrire c’est ici.) La littérature anglo-saxonne étant avant tout mon domaine de prédilection, je ne pouvais refuser une telle occasion ! Je compte bien en profiter pleinement!

Bien entendu, ma PAL (pile de livres) est déjà prête. Longtemps indécise, j’ai finalement sélectionné cinq titres (trois ont été acquis récemment, deux autres proviennent de la demeure familiale) que je chroniquerai pour célébrer cette saison. Je compte par ailleurs participer à quatre lectures et rendez-vous communs organisés tout au long du mois. Voici donc mon programme :

°Le 5 juin s’articulera autour du thème de la campagne anglaise

°Le 14 juin sera consacré à l’exploration de l’époque victorienne tout comme à ses plus grands écrivains.

°Le 17 juin nous permettra de faire plus ample connaissance avec une auteure contemporaine anglaise, Angela Huth.

° Le 23 juin mettra enfin à l’honneur l’une de mes romancières anglaises favorites, Jane Austen.

Je vous souhaites de belles lectures et vous retrouve très prochainement pour débuter cette nouvelle exploration livresque!

Publié dans blablas littéraires | 25 commentaires

Crimson Peak

Crimson-Peak-Movie-Poster-2Edith Waring, romancière en herbe incomprise de la petite bourgeoisie new-yorkaise du XIXème siècle, comble ses journées d’oisiveté en s’attelant à la rédaction de nouvelles fantastiques, des histoires frissonnantes de fantômes, qui ne trouvent malheureusement pas grâce auprès des maisons d’édition, plus friandes de littérature sentimentale, un style qui semble à son grand regret faire davantage fureur chez la gente féminine. La jeune femme, entêtée, aspire pourtant à gagner son indépendance en devenant une écrivaine illustre à l’instar de son principal modèle, Mary Shelley, pour qui elle voue une admiration fervente. Mais ses grands projets d’écriture – tout comme ceux de célibat – sont finalement chamboulés lorsqu’elle rencontre Thomas Sharpe, un séduisant aristocrate britannique sans le sou, au charme redoutable, pour lequel son cœur chavirera. Cette soudaine idylle ne plait guère au père de la jeune femme. Les mains délicates de ce noble personnage aux vêtements élimés ne lui inspirent que du mépris. Il n’apprécie pas non plus sa sœur, Lady Lucille, une pianiste virtuose qui l’accompagne à chacun de ses déplacements. A la mort subite de son père, Edith prendra une décision irrévocable qui bouleversera à jamais sa destinée : celle d’épouser Thomas Sharpe malgré les avertissements de son entourage et de s’embarquer avec lui pour la vieille Europe. Là-bas, en Angleterre, l’attend la demeure familiale délabrée des Sharpe, Crimson Peak, un manoir vétuste, juché au milieu de terres arides qui semblent abriter de terribles secrets. Que dissimulent vraiment ses murs pourris par l’humidité et le passage impitoyable du temps ? Edith le découvrira bien vite à ses propres dépens…

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J’attendais avec une impatience fébrile la sortie en salles obscures de ce film de Guillermo del Toro. Ce long-métrage puise en effet sa principale source d’inspiration dans l’adaptation hollywoodienne de Dragonwick (Le château du dragon), un roman gothique américain d’Anya Seton que j’affectionne particulièrement. Bien qu’il présente quelques faiblesses d’écriture, le scénario est assez bien ficelé. Le réalisateur a su, tout en respectant les codes de ce genre, apporté une petite touche de modernité au film. Les décors sont aussi somptueux tout comme les couleurs des étoffes que porte chaque protagoniste. La robe de Lady Lucille, d’un rouge écarlate, est splendide. J’ai ainsi trouvé la photographie magnifique. Il est regrettable cependant que le réalisateur n’ait pas corrigé ses travers, cette tendance à verser inutilement dans le gore. Certaines scènes sont de ce fait d’une brutalité insoutenable. Par ailleurs, elles n’apportent rien à l’intrigue. Au contraire, ces passages violents souvent déplaisants plombent l’ambiance du film. A mon sens, le réalisateur a saboté son propre travail, ce qui est regrettable car ce film aurait pu devenir un chef-d’œuvre du genre à l’instar de Sleepy Hollow de Tim Burton, un film d’épouvante devenu aujourd’hui culte. Et pourtant, j’avais relevé quelques éclairs de génie du réalisateur mexicain comme cette incroyable trouvaille consistant à planter son décor sur une ancienne carrière d’argile. En hiver, la terre prend une teinte rouge qui donne l’impression désagréable que le sol est inondé de sang. Ce phénomène étrange renforce ainsi un peu plus le caractère fantasmagorique du manoir. Sa façade menaçante, une silhouette sombre et anguleuse faite d’un empilement de tours tarabiscotées, est admirablement bien restituée.

J’ai également noté de multiples références culturelles et littéraires. La demeure est infestée d’insectes, et des papillons gigantesques viennent ainsi réchauffer leurs ailes aux flammes vacillantes des chandeliers. Ce détail rappelle étrangement les nouvelles macabres d’Edgar Allan Poe. Le jeune baronnet, exploitant d’argile ambitieux, travaille aussi d’arrache-pied dans un atelier étrange où il fabrique parfois des jouets mécaniques tels que des pantins articulés aux visages inquiétants. Cet atelier semble tout droit sorti des contes d’Hoffman. Enfin, la machine qu’il a conçue dans le but de forer la terre d’argile est un clin d’œil évident au Steampunk, ce genre littéraire mêlant avec habileté la science-fiction à l’ère industrielle de la fin du XIXème siècle qui utilise des machines à vapeur futuristes dans un décor décalé, ici victorien. Cette idée brillante m’a grandement plu. L’intrigue se déroule d’ailleurs durant l’âge d’or industriel américain. Enfin, si les fantômes existent bel et bien dans ce film d’épouvante, ils ne sont néanmoins pas au cœur de l’intrigue et servent avant tout de prétexte pour accentuer l’atmosphère lugubre de Crimson Peak. Le réalisateur est clair sur ce point : « Ce n’est pas un film de fantômes, c’est un film avec des fantômes ». Pour ma part, je leur ai préféré les vivants, et en particulier ce frère et cette sœur en parfaite symbiose, qui vivent à l’écart du monde. Ce couple énigmatique évoque avec maestria la société aristocratique européenne en délitement, une classe sur le déclin incapable de résister à l’ascension fulgurante du progrès américain. Malgré la lente décrépitude de leur propriété, cette famille désargentée et décadente tente coûte que coûte de conserver son rang.

Bien entendu, Thomas Sharpe reste mon personnage masculin favori. A l’image de Rochester de Jane Eyre, ce baronnet romantique cache un lourd fardeau. Cet homme torturé est inexorablement  rattrapé par les fantômes de son passé. Comment résister au charme ravageur de Tom Hiddleston ? L’acteur campe un personnage ténébreux des plus séduisants. J’ai aussi beaucoup aimé l’histoire d’amour impossible d’une tristesse désespérante, présente en filigrane. Ainsi, Crimson Peak s’intéresse davantage aux passions interdites et la rédemption qu’aux histoires de revenants.  Bien plus qu’une maison hantée, cette demeure insalubre reflète l’âme putride de ses habitants. Quant à Edith Waring, elle présente les caractéristiques essentielles d’une figure romanesque, bien plus combative que ces héroïnes de papier trop virginales et vulnérables à mon goût. Depuis sa tendre enfance, Edith Waring possède le don de converser avec les esprits disparus. En somme, cette femme peu farouche incarne parfaitement son époque tout comme le milieu dont elle est issue, la société américaine arriviste des années 1900. Mais la palme du personnage le plus fascinant revient tout de même à Lady Lucille, cette femme démente glaçante, prête à tout pour conserver l’homme qu’elle aime. J’ai trouvé sa personnalité très dérangeante.

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En bref : j’ai succombé à mon tour à l’attirance magnétique de cet étrange manoir. D’un esthétisme remarquable, ce film où perce malheureusement parfois une violence injustifiée, est malgré tout une belle réussite. Guillermo del Toro associe en effet avec brio la romance gothique anglo-saxonne au style baroque hispanique, un cocktail détonnant et surprenant qui fonctionne pourtant ici à merveille. Crimson Peak, un conte de fées macabre se clôturant inévitablement en cauchemar, vous fera assurément frissonner. Vous voilà prévenus !

La bande-annonce du film:

Ma troisième participation au challenge Halloween.

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Publié dans Chronique diabolique 2015, Cinéma | 23 commentaires

Shining/La maison des damnés

Shining - Stephen KingJack Torrance, ancien alcoolique et professeur de Lettres raté, accepte un poste de gardien à L’Overlook Hotel, un établissement de luxe à la réputation sulfureuse qui domine les montagnes escarpées d’une petite bourgade isolée du Colorado. Les portes de ce palace mystérieux restent closes l’hiver. Le froid mordant et la neige épaisse dissuadant les touristes de passages de s’aventurer sur les routes accidentées, l’endroit est déserté pendant plusieurs mois de l’année. Jack accompagné de son épouse Wendy et de son jeune fils Danny, pense y trouver une retraite idéale tout comme un refuge pour s’adonner à ses projets d’écriture et renouer avec sa famille. Mais cette bulle de quiétude sera très vite bouleversée à la suite de manifestations surnaturelles pour le moins inquiétantes…

Longtemps, j’ai dénigré Stephen King, réticente à lire cette littérature américaine populaire que j’associais dans mon esprit au même rang vulgaire que le roman de hall de gare ou au polar fantastique de bas étage, ces œuvres brouillonnes qui déploient à tout-va des scènes grotesques saupoudrées d’hémoglobine écœurante. Le gore à outrance si apprécié dans la littérature contemporaine n’étant pas vraiment ma tasse de thé, ma préférence a toujours été aux histoires de revenants prenant pour toile de fond l’époque victorienne ou edwardienne où tout l’intérêt de l’œuvre souvent gothique réside principalement dans le cadre lugubre dans lequel l’histoire est plantée et au talent inné d’écriture de l’auteur qui parvient à nous glacer les sangs grâce à son pouvoir de suggestion. Malheureusement j’ai sous-estimé son génie littéraire. A mon grand étonnement, je me suis une fois encore fourvoyée, Stephen King mérite incontestablement son titre de maître de l’épouvante. Cette lecture hautement anxiogène me fait curieusement penser aux montagnes russes car lire Shining, c’est comme monter à bord d’un manège infernal en sachant pertinemment bien qu’il nous donnera au mieux la chair de poule, au pire des brûlures d’estomac…

L’auteur joue ainsi avec nos peurs irrationnelles, la crainte de regarder sous son lit pour voir ce qui s’y cache ou même de tirer le rideau de douche de la salle de bain pour y découvrir peut-être le cadavre d’une suicidée à la peau boursouflée… Un passage effroyable du roman m’a d’ailleurs terrorisée au point de ne plus pouvoir rentrer à la tombée de la nuit dans ma propre baignoire. Lecteur, si vous êtes peu téméraire, passez votre chemin cette lecture angoissante risque fort bien de vous faire passer quelques nuits blanches. Vous voilà prévenus ! J’en venais pour ma part à appréhender la suite des événements. En dépit de scènes d’horreur parfois glaçantes, le roman reste malgré tout plausible car il s’appuie sur des phénomènes qui semblent de prime abord explicables, ne vous y fiez pas trop cependant car Stephen King parvient toujours avec brio à pousser les lecteurs même les plus sceptiques dans leurs retranchements.

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Par ailleurs, le mal qui habite l’hôtel est avant tout l’alcoolisme, cette addiction dévastatrice dont Jack Torrance, ce père et mari médiocre, ne peut se défaire. Le sentiment claustrophobe renforcé par la tempête de neige qui le maintient enfermé entre quatre murs fait ressurgir les symptômes de son manque cruel pour la boisson le poussant inexorablement à la folie schizophrène et à une violence sans nom. Il semble dès lors possédé. A l’écran, Jack Nicholson réussit avec maestria à altérer les traits de son visage pour se tordre dans un horrible rictus. A mon sens, personne ne pouvait aussi bien interpréter Jack Torrance. Impossible de dissocier ce personnage de l’acteur au talent monstrueux. En outre, l’adaptation cinématographique excellente de Stanley Kubrick qui reste pour moi une réécriture brillante de l’œuvre culte de Stephen King, réussit à éclipser son roman à l’intrigue pourtant étonnement riche de rebondissements. Sans effet de manches ni effets spéciaux rocambolesques, le réalisateur nous livre un thriller éprouvant essentiellement basé sur la psychologie ambiguë de ses protagonistes et la performance subtile de ses acteurs poussés à bout. Ainsi, l’actrice qui interprète Wendy aurait véritablement été prise d’une crise d’hystérie face à la violence des assauts de Jack Nicholson. Par ailleurs, j’ai trouvé ce personnage féminin à l’écran tout comme dans le livre trop lisse à mon goût et  même presque misogyne. Wendy est une épouse soumise qui se range la majeure partie du temps à l’opinion de son mari, en somme le romancier nous dépeint une vision peu reluisante de la femme au foyer actuelle.  J’espérais la voir plus combative. Peut-être est-ce là un choix d’écriture de Stephen King qui souhaitait lui donner un visage plus réaliste ?

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Stephen King évoque aussi dans ce thriller, deux thèmes récurrents de son œuvre, la violence domestique tout comme l’angoisse de la page blanche. Jack Torrance est un homme tyrannique qui n’hésite pas à battre sa femme tout comme son fils lorsqu’il est sous l’emprise de l’alcool, cette bête qui vit tapie en lui n’est autre que sa violence contenue, le symbole d’une médiocrité littéraire refoulée.

jl0612-1978L’auteur a  ainsi un talent indéniable pour nous mettre mal à l’aise. L’histoire étant perçue à travers le prisme du regard d’un petit garçon aux dons de médium, maltraité par un père imprévisible, elle n’en devient que plus effrayante. Stephen King qui souhaitait désespérément égaler la plume acide de Richard Matheson, un écrivain américain de science-fiction et de littérature fantastique angoissante, surpasse finalement son modèle en restituant une atmosphère plus terrifiante. J’ai voulu cette fois-ci faire d’une pierre deux coups en lisant également cet écrivain incontournable du genre, auteur du best-seller Je suis une légende, pour entrevoir un peu plus son univers. A mon grand regret, j’ai trouvé que La maison des damnés, l’œuvre dans laquelle Stephen King a puisé sa principale source d’inspiration, faisait plutôt pâle figure face à Shining qui est plus abouti. Il est de surcroît difficile de ne pas établir un lien entre ces deux romans, les similitudes étant trop flagrantes. De ce fait, la demeure maléfique chargée d’un passé douteux de l’Overlook Hotel n’est pas sans rappeler la maison Belasco qui abrite aussi des esprits malfaisants. Ces deux établissements auréolés de scandale auraient tous deux été la propriété de gangsters. Ces détails expliquant le passé tourmenté de ces lieux hantés par le Mal, sont repris avec plus d’habileté dans Shining.

Le résumé de La maison des damnés, une histoire de fantômes un peu extravagante est par ailleurs assez basique en comparaison de l’œuvre élaborée de Stephen King : le docteur Barett, un para-psychologue émérite et sa petite équipe de scientifiques, s’installent dans un vieux manoir réputé hanté pour effectuer des recherches sur les phénomènes paranormaux afin de sonder les mystères de l’âme humaine, la mission que leur a confié un milliardaire excentrique malade finançant l’expérience.

Cette intrigue vaguement inquiétante, ayant été pourtant considérée comme avant-gardiste lors de sa première publication en 1971, est aujourd’hui passée de mode. Même si la lecture fût plutôt haletante, le dénouement reste selon moi bien trop prévisible et les mécanismes utilisés par l’auteur pour faire frémir le lecteur sont complètement éculés : le sang à profusion n’impressionne plus de nos jours ni les scènes racoleuses trop souvent injustifiées. Je doute d’ailleurs garder un souvenir marquant de cette lecture superficielle.

En bref : Si les revenants sont ici dans ces deux œuvres littéraires, aussi inquiétants que ceux peuplant les nouvelles gothiques anglo-saxonnes du XIXème siècle, ils deviennent plus vraisemblables quand ils revêtent le visage de l’Amérique profonde et décadente de notre siècle. Ma préférence va néanmoins à Shining, une œuvre culte de la littérature d’épouvante parue en 1977 ( soit six ans après la publication de La maison des damnés!) qui elle, n’est pas prête de tomber dans l’oubli. Je dois bien l’admettre, ce huis-clos terrifiant m’a au final beaucoup plu.

Ce roman angoissant me rappelle étrangement la chanson macabre « Hotel California », du groupe musical The eagles, qui aurait pu très bien amorcer les premières lignes d’une nouvelle fantastique prometteuse… Peut-être qu’un auteur au charisme de Stephen King s’attèlera-t-il un jour à la tâche ambitieuse d’écrire son histoire pour nous révéler ses secrets…

Pour finir, voici la bande-annonce remastérisée du film de Stanley Kubrick de 1980 :

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Personnaliser sa bibliothèque

bibliothèque 2     Une fois n’est pas coutume, je souhaitais faire une petite parenthèse légère au « Challenge Halloween » pour partager avec vous ma passion pour les bibliothèques. Je possède une grande collection de livres. Depuis notre installation dans notre nouvelle demeure, j’ai dû investir dans quelques meubles d’appoint pour contenir toute ma pile de livres qui s’alourdie un peu plus chaque mois. J’aime beaucoup les étagères blanches « Shabby chic », un style très british dont je raffole particulièrement. Je flâne d’ailleurs régulièrement dans les boutiques de Maisons du monde pour puiser mon inspiration lorsque je décore mon intérieur. Malheureusement, les meubles en bois de cette enseigne sont bien souvent trop onéreux pour mon modeste budget. Mais qu’à cela ne tienne ! J’essaie toujours de chercher des bons plans pour décorer sans trop me ruiner. Mon tendre m’a offert récemment un meuble magnifique bien rustique, blanc de surcroît, que nous avons dégoté… chez Ikea. Nous avons décidé ensemble de le customiser pour rendre son aspect plus vieillot et authentique. Si notre idée d’ajouter une petite touche colorée au meuble pour lui donner plus de cachet semblait en soi être au départ une bonne idée, l’entreprise s’est finalement révélée complexe. Le papier peint que nous avions choisi n’adhérait d’abord pas correctement au bois et il se gondolait et se décollait par certains endroits, une vraie catastrophe ! Il nous aura fallu nous armer de beaucoup de courage tout comme de patience pour pouvoir mettre cette bibliothèque enfin sur pieds, une tâche fastidieuse à laquelle nous avons consacré plusieurs soirées d’affilée. Alors que j’étais sur le point de baisser définitivement les bras, mon tendre m’a fait la surprise cette après-midi de finaliser seul le travail.  L’attente en valait la peine, je suis aux anges ! Le meuble me plait grandement et a déjà pris ses marques dans mon boudoir. Le résultat n’est-il pas bluffant ?

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