Il y a quelques jours, la plateforme Netflix, surfant sur le petit succès des Chroniques de Bridgerton (une série pseudo-historique qui a provoqué un regain d’intérêt pour le period drama), a cette fois-ci décidé de s’attaquer à un monument de la littérature britannique du XIXème siècle, Persuasion, un roman posthume de Jane Austen. A l’annonce de cette énième adaptation austenienne, j’étais initialement réticente à la visionner (était-ce vraiment nécessaire d’en produire une nouvelle alors qu’une brillante adaptation avait déjà vu le jour en 2007?), puis finalement heureuse et enthousiaste qu’un film soit consacré à Anne Eliott, un personnage féminin fabuleux et une héroïne touchante malgré ses principales faiblesses: son caractère parfois trop influençable et ce tempérament introverti qui la mènera à éconduire l’homme qu’elle aime…
Anne, persuadée par sa famille qu’il ne convient pas à son rang commettra une erreur stupide de jeunesse qu’elle regrettera encore huit ans plus tard lorsque ce même prétendant se présentera à nouveau sur son chemin. Wentworth désormais capitaine de la marine anglaise est devenu un parti enviable pour les jeunes filles aisées de bonne famille. Quant à Anne, elle n’est toujours pas mariée et s’est retrouvée sans le sou à la suite d’un revers de fortune. Parviendra-t-elle de ce fait, avec si peu d’atouts, à se faire à nouveau aimer de Wentworth? Comment pourra-t-elle à présent gagner son cœur?
A peine sortie sur Netflix, cette adaptation a déjà réussi à faire polémique. La toile s’est d’ailleurs enflammée et en particulier chez les janéites provoquant parfois des échanges quelque peu musclés. Gardons tout de même notre calme, chacun est libre de ses opinions. Les avis sont d’ailleurs assez tranchés. Soit cette adaptation a plu à un certain nombre d’internautes qui n’ont vu en elle qu’une comédie romantique rafraîchissante et plutôt gentillette, rien de plus ; soit, celle-ci a été au contraire détestée catégoriquement car elle pervertit, selon les fans, l’œuvre originale de Jane Austen… Ainsi donc, j’ai eu moi aussi l’envie de vous livrer mon ressenti, sans bien entendu aucune objectivité! A bon entendeur!

Je dois l’avouer sans détour, je fais partie de la seconde catégorie. J’ai profondément détesté le nouveau Persuasion. Mon sang n’a fait qu’un tour quand, dès les premières minutes du film, Dakota Johnson (bien trop belle pour le rôle… ) s’adresse directement à la caméra pour expliquer la scène qui se déroule pourtant sous les yeux du spectateur, un choix scénaristique qui m’a donné l’impression désagréable de suivre une histoire faite de carton-pâte et d’être prise pour une parfaite imbécile. Je pensais que les incursions seraient savamment dosées et apporteraient une profondeur psychologique à l’héroïne du film, or il n’en est rien. Ses monologues sont bavards et souvent inutiles voire même ridicules. Anne Eliott n’égrène que des platitudes et s’exprime le plus souvent comme une adolescente attardée. Les dialogues sont d’ailleurs d’une nullité rare tout comme le langage anachronique bizarre et dissonant qu’emploient les protagonistes (l’exemple le plus frappant: “nous sommes pires que des “ex”, nous sommes des amis” sic).
Si le film est d’un point de vue visuel incontestablement beau, qu’il s’agisse des décors comme des costumes, il propose néanmoins une reconstitution historique fantasmée. Au delà du wokisme dégoulinant qui s’en dégage (je ne m’attarderai pas sur cet aspect qui fait désormais partie des cases à cocher pour produire un film, RIP les productions historiques somptueuses et fidèles), cela m’a fait penser aux vidéos Cottage Core à l’esthétisme soigné que j’adore regarder pour me détendre sur Youtube. Des jeunes filles/femmes aux allures de nymphes égarées se mettent en scène, prenant des pauses suaves sur des nappes de pique-niques tout en étant habillées de tenues d’inspiration vintage …

Un exemple parmi tant d’autres, les vidéos de Darling Desi (sa chaîne ici) que j’affectionne tout particulièrement (mon petit péché mignon). Seulement, est-ce vraiment ce qu’on attend de Netflix, nous proposer un film qui ressemble à une pub de parfum ou à un vlog d’influençeuse? (pourquoi pas un tutorial beauté Anne Eliott tant qu’on y est) Pour ma part, voir Dakota Johnson prendre la pause avec un petit lapin dans les bras (parce que cela fait mignon, hein!) en faisant l’amour à la caméra, (Anastacia Steel sort de ce corps) très peu pour moi.
Et que dire de la personnalité d’Anne Eliott à l’écran? Si Dakota Johnson est indiscutablement sublime, son personnage n’est pas pour autant attachant. L’héroïne transposée en femme moderne est devenue une célibataire blasée et condescendante qui méprise sous cape sa propre famille. Elle n’a du reste aucune classe. Toute l’histoire est perçue par son prisme impitoyable. Lorsqu’elle évoque ses proches, ses sœurs ne sont à ses yeux que des idiotes mesquines et narcissiques (dit Anne qui parle constamment à la caméra en prenant la pose…) tout comme son père apparemment dont la principale activité est de dilapider le peu de fortune qui lui reste en fanfreluches… Anne se présente ainsi avec une fausse modestie comme étant le vilain petit canard de la famille, l’enfant mal aimé, dont personne ne se soucie.

La scène d’introduction du clan Eliott est en outre complètement grotesque. Dakota Johnson se trouve souvent assise sur le divan, toujours située au centre et écrasée entre les membres de sa famille… Bien évidemment ces dernières sont des blondes éthérées et un brin tartignoles, en comparaison de Dakota Johnson, l’actrice, à la chevelure sombre et au teint de poupée de porcelaine. On a du mal à imaginer qu’elle ne soit pas la plus courtisée des trois. Anne éclipse incontestablement par sa beauté ses sœurs. Comment se fait-il qu’elle soit dès lors restée célibataire si longtemps? Impensable. Et quant au Capitaine Wentworth, pourtant militaire, sa mine est toujours débraillée et il n’est d’ailleurs jamais rasé. L’acteur est malheureusement dépourvu de tout charisme… Par contre, c’est un homme au grand cœur puisqu’il défend les baleines… Pour vanter ses qualités, une amie d’Anne évoque, l’œil brillant, un épisode mémorable où le capitaine aurait dévié la trajectoire de sa propre flottille pour amarrer une baleine échouée sur une plage et la sauver d’une mort certaine… Du grand n’importe quoi… Encore une case cochée, Greenpeace doit être satisfait.
Les choix absurdes scénaristiques sont de ce fait multiples. La réalisatrice s’en est donné à cœur joie pour innover. On a le droit à des plans moches où Anne se déculotte derrière un tronc d’arbre pour faire ses besoins (façon Emma, autre adaptation ratée et assez vilaine de Jane Austen disponible sur Netflix, mon billet ici), où elle se met sans raison à faire la planche dans la mer toute habillée (un clin d’oeil au t-shirt mouillé de Darcy?), où elle picole comme une pocharde et se met à meugler comme une poissonnière, le nom de son ancien amant à la fenêtre pour attirer son attention (Frederiiick!) et où elle avoue même avec une certaine pointe de fierté devant une tablée entière que le mari de sa sœur en pinçait d’abord pour elle avant de se résoudre à épouser cette dernière en second choix (quelle punaise!)… Bref, c’est le pompon.
En voyant ce film, je me suis demandée si la réalisatrice avait seulement pris la peine de lire le roman original? A croire qu’elle s’est procurée un exemplaire du fameux Jane Austen pour les nuls pour concevoir son scénario brouillon. Mais ce n’est pas tant cette multitude de choix scénaristiques complètement foutraques et absurdes qui m’a le plus gênée, non, c’est la trahison de l’essence même de l’œuvre de Jane Austen. J’ai lu d’après certaines critiques que la romancière aurait ri aux éclats en visionnant cette nouvelle adaptation oh combien “originale et avant-gardiste”. Qu’en savons-nous vraiment? Pour ma part, j’en doute, à l’heure qu’il est, l’auteure doit sûrement se retourner dans sa tombe à la manière d’une centrifugeuse…
A mon sens, Persuasion reste le roman le plus mature de Jane Austen (j’en parle ici) car c’est dans cette œuvre sublime et bouleversante que l’auteure a mis le plus d’elle-même. Ce livre qui évoque les rendez-vous manqués a d’ailleurs été écrit à la fin de sa vie. Anne, c’est un peu Jane qui imagine ce que sa destinée aurait été si elle avait eu une seconde chance d’accepter la proposition de son fiancé, cet amant qu’elle a finalement déserté. Je repense à ce superbe biopic, Becoming Jane, relatant avec brio son destin d’écrivaine et son grand amour avorté (sortez les mouchoirs, ce film est une petite merveille). Certes, cette biographie est largement romancée mais pourtant tellement belle et touchante (ma critique ici).
Pour conclure, Persuasion est un petit nanar sans éclat qui m’a profondément ennuyée. La réalisation s’est de plus révélée décevante et grotesque. Cette adaptation qui se voulait sans doute dans l’ère du temps, progressiste et engagée, est en effet une fumisterie. Le film m’a paru bâclé et d’une médiocrité affligeante. Jane Austen était elle-même une féministe avant l’heure, nul besoin dès lors de caricaturer son héroïne en la métamorphosant en une célibataire à la sauce hollywoodienne, vulgaire, méprisante et hautaine pour la rendre plus femme et authentique. Pour moi, tout ceci n’est qu’un féminisme dévoyé. Jane Austen met toujours en valeur des figures féminines conscientes de leur place précaire dans la société. Sa vision sur les femmes est toujours un peu cynique. Ce sont malgré tout à leur manière des héroïnes de papier fortes qui luttent constamment pour s’affirmer et exister dans un monde fait par les hommes et pour les hommes. Dommage que la réalisatrice ne se soit pas penchée davantage sur cet aspect sociétal en mettant en lumière les désillusions de l’héroïne dans le contexte de l’époque victorienne. Anne Elliot, une femme du XIXème siècle, a perdu les feux de sa jeunesse et sait pertinemment bien qu’elle ne peut conquérir le cœur de Wentworth en mettant en avant une beauté déjà passée (si on se réfère au livre original), c’est la finesse de son esprit et son caractère humble qui feront finalement la différence.
Une femme mûre et raisonnable ferait ainsi une bien meilleure épouse qu’une jeune et jolie tête écervelée, ce que semble suggérer l’auteure. L’image grossière presque caricaturale d’une midinette garce et nombrilique que dépeint la réalisatrice ne colle donc pas du tout à la véritable personnalité d’Anne Eliott.

Ce film souligne à mon sens les dangers mercantiles de l’industrie cinématographique actuelle. A force de vouloir sacrifier toujours un peu plus l’art au profit capitaliste en n’hésitant pas à concéder au passage à la pensée wokiste (puisque c’est la tendance), le cinéma est en train de scier la branche sur laquelle il est encore assis. On tourne en rond et on se retrouve avec du Bridgerton “resucé”. La qualité n’est plus au rendez-vous et pondre des films bon marché passablement divertissants et réalisés à la “va comme je te pousse », est devenu la norme. En somme, il ne semble plus exister que des long-métrages prémâchés pour des spectateurs considérés de plus en plus, avec une petite pointe de mépris à peine dissimulée, comme des décérébrés. Cette adaptation en est le parfait exemple. Pourra t-on encore aujourd’hui produire des chefs-d’œuvre du cinéma? En avez-vous d’ailleurs vu ces cinq dernières années? Je repense avec une certaine mélancolie et nostalgie à la superbe adaptation de Raison et sentiments d’Ang Lee et je m’interroge sur la place du cinéma dans la culture occidentale, a t-il encore un avenir? Qu’en pensez-vous? Avez-vous, vous aussi, le même ressenti? Ou avez-vous au contraire apprécié cette nouvelle adaptation austenienne? (dites-le moi dans les commentaires, cela m’intéresse d’en parler avec vous).
La bande-annonce de Persuasion:

L’été s’est bel et bien installé pour mon plus grand bonheur. Il fait ici une chaleur quasi-caniculaire! Je profite donc d’après-midis de farniente pour bouquiner (et cuire) sous ma tonnelle au soleil. J’ai d’ailleurs entrepris la lecture du premier tome d’une saga immersive fabuleuse. Vous raffolez des secrets de famille, des romans historiques et des histoires d’amour presque impossible? Ne cherchez plus, cette fresque romantique est faite pour vous! Il faut bien l’avouer, j’ai toujours eu un petit faible pour les sagas familiales romanesques et cette dernière lecture s’est révélée plutôt satisfaisante de ce point de vue.



J’ai visionné en parallèle de ma lecture le premier et le second épisode du feuilleton canadien, 
Tsubaki, le poids des secrets.

Le challenge “
Milieu du XIXème siècle. Dans le Pacifique, le Sloughi, un yacht luxueux est à la dérive après qu’une terrible bourrasque l’ai poussé sur des écueils. A son bord se trouve un drôle d’équipage, une petite bande de collégiens d’un pensionnat anglais de Nouvelle-Zélande, sans aucune escorte adulte, que la perspective d’un voyage en mer avait initialement pourtant enchantée. Les voilà à leur grande surprise précipités sur des récifs inconnus. Ces jeunes gens, désormais naufragés, débarquent sur une île déserte. La croisière de rêve se révèle bien plus longue que prévu car les vacances devaient durer six semaines ; elles se prolongeront finalement deux ans les enfants n’ayant d’autres choix que de s’établir sur cette terre hostile et isolée pour pouvoir survivre dans l’attente d’un possible sauvetage… Cette robinsonnade extraordinaire fera mûrir ces aventuriers en herbe qui devront affronter la dureté des éléments, la solitude, les tensions au sein du groupe tout comme l’arrivée impromptue de bandits sans foi ni loi envieux de leur petit coin de paradis… Dès lors, une lutte sans merci semble inévitable.
Plébiscité depuis près de deux siècles à travers le monde par un nombre incalculable de lecteurs enthousiastes, Jules Verne continue de passionner autant qu’il fascine. J’ai rejoint le club des aficionados adeptes de ses récits d’explorations fleurant bon l’aventure et l’appel du grand large. Paru en 1888, 
Un dernier mot sur le feuilleton de 1976 que je suis actuellement en train de visionner : Doniphan est ici davantage le héros de cette série. Cette belle adaptation intelligente réussit brillamment à converser l’esprit de l’œuvre originale de Jules Verne bien que la pellicule soit un peu passée. Il faudrait la remastériser. Il est bien dommage qu’une nouvelle adaptation n’ait pas vu récemment le jour, car elle donnerait pourtant matière à un très bon film d’aventure… Il est surprenant que personne ne se soit encore attelé à cette tâche.



Ce roman me laissera sans doute un souvenir impérissable. Je n’oublierai jamais l’existence fracassée de Mathinna, cette jeune et jolie aborigène, incontestablement trop jolie pour son bien, prise sous l’aile faussement protectrice du couple Franklin, en apparence pétrie de bons sentiments, et encore moins le caractère faible et volatile de Lady Jane, une femme au cœur de pierre incapable de surmonter ses convictions racistes, ou même cet horrible missionnaire qui se fait surnommer le “Protecteur”, un véritable boucher œuvrant pour le bien de l’église.
Camille et Georges forment avec leur jeune fils une famille excentrique et improbable. Chaque soir, ils dansent sur des rythmes endiablés mais leur chanson préférée reste encore la mélodie rythmée et entêtante d’En attendant Bojangles. Chez eux, il n’y a de place que pour la fantaisie et les rires. D’ailleurs, ce joyeux couple n’ouvre jamais son courrier… Jusqu’au jour où la mère dépasse les bornes, mettant en péril la bulle protectrice familiale qui s’effrite peu à peu face à sa folie destructrice… L’amour indéfectible que porte George pour sa femme peut-il surmonter cette terrible épreuve ?
Et voilà, les beaux jours reviennent progressivement, la grisaille disparaît peu à peu pour laisser place à une luminosité plus chaleureuse. Le printemps n’est pas loin tout comme le 



Début du vingtième siècle dans les îles Salomon. Un jeune aventurier et planteur britannique, David Sheldon se retrouve perdu sur un petit bout de terre désolée au milieu du Pacifique. Loin de toute civilisation et dévoré par une fièvre tropicale, il accuse coups sur coups, d’abord avec la perte de son navire de marchandise puis avec la mutinerie de ses employés, des autochtones anthropophages au caractère particulièrement réfractaire. Seul sur son îlot isolé, son destin semble scellé. Pourtant, l’arrivée d’une séduisante Américaine, Joan Lackland, au caractère indépendant et aux idées fort novatrices, bouleverse sa routine de vieux célibataire …
Alors que ce roman aurait dû consolider sa renommée, l’accueil du public se révèle finalement assez tiède. Le livre passe quasiment inaperçu à sa sortie en librairie. La critique semble dès lors le bouder. Pourquoi donc ce revirement de situation? Et pourquoi la réputation de Jack London semble désormais entachée? Tout simplement parce que cet écrivain remarquable a toujours jusqu’à présent été avant tout considéré comme un romancier social, un grand humaniste, depuis notamment le succès d’édition de son roman 
A mon sens, on ne devrait pas ignorer cette part d’ombre de l’écrivain, ses zones grises de son œuvre sont nécessaires si on souhaite connaître la véritable personnalité de Jack London. Bien que ce roman insolite ne trouve guère sa place aujourd’hui dans le courant de pensée actuelle, il nous permet d’en apprendre davantage sur l’homme qui s’est longtemps caché derrière ses écrits et non la légende que le monde littéraire a forgé de toute pièce autour de lui. Jack London était au fond, un homme pétri de contradictions, avec ses qualités tout comme ses défauts et ses faiblesses, capable de défendre la veuve et l’orphelin dans
Je vous souhaite à tous une très belle année ! J’espère que vous avez passé de très bonnes fêtes en famille ou avec vos amis, que vous avez bien ripaillé et que vous avez été raisonnablement gâtés ! Je vous souhaite également du bonheur et une santé mentale comme physique de fer pour ces prochains mois (nous en aurons bien besoin ! Satané 
Et voilà, Noël approche à grands pas ! J-2 avant le réveillon ! Le temps a filé tellement vite que je n’ai pu bloguer comme je l’avais initialement prévu. Qu’importe, me voici à nouveau de retour parmi vous après une longue pause qui m’a fait le plus grand bien. Bien entendu, si je n’ai pas été très présente par ici, je n’ai pas pour autant négligé mes lectures. J’ai en effet fait malgré tout quelques petites trouvailles littéraires dont j’aimerais beaucoup vous parler dans les prochains jours. Et quel meilleur moyen de patienter en attendant Noël qu’en lisant tranquillement au coin du feu !
Halloween s’est officiellement achevé ce week-end, toutefois ma famille et moi n’avons pu célébrer dignement cette fête dont nous raffolons tant, faute de disponibilité. Nous avons cependant tenté de rattraper ce petit contretemps en improvisant une petite célébration mais étant tous malades de la grippe et fatigués, la soirée fut de courte durée. Pas grave, nous nous rattraperons l’année prochaine.
Lovecraft fut un auteur torturé, atteint de terreurs nocturnes et sans doute agoraphobe. Calfeutré constamment entre quatre murs et terrifié par le monde environnant, il aurait été obsédé dans sa jeunesse par des idées plutôt nauséabondes sur la supériorité de certaines races… (d’où l’exploitation un peu farfelue et réductrice de ce trait de caractère de l’auteur dans 
Milieu du XIXème siècle.
L’introduction d’un personnage féminin (une professeure de musique) moyennement convainquant a, à mon sens, ruiné la dynamique du roman. Une histoire d’amour saphique naît en effet progressivement entre Aimée et cette professeure, ce qui a priori ne devrait pas vraiment gêner (c’est dans l’ère du temps me direz-vous). Cependant, cette idylle peu crédible semble étrangement forcée et est finalement traitée avec maladresse, comme si l’auteure elle-même ne savait comment vraiment l’aborder et s’était pliée à la politique du “en même temps”, une manière bancale de répondre au quota actuel imposé dans la littérature contemporaine comme dans le cinéma. Voilà encore un moyen peu honnête et mercantile d’appâter le lecteur. 

Mike est un écrivain désabusé et chasseur de fantômes étonnement sceptique. Pour lui, les esprits appartiennent au domaine de la fiction. Il a d’ailleurs passé suffisamment de temps dans des endroits réputés hantés pour le confirmer… Jusqu’à ce qu’il enquête sur l’existence de la chambre 1408 du Dolphin Hotel où d’étranges phénomènes pour le moins inquiétants se seraient produits. L’endroit maudit aurait en effet provoqué la mort de nombreuses personnes au fil des années… Mike qui a dans l’idée de fournir à son éditeur un recueil de nouvelles de fantômes à la manière d’un “guide du routard” souhaite y ajouter un récit inédit et juteux, une anecdote croustillante sur cette chambre troublante dont le directeur persiste pourtant à lui refuser l’entrée … Lorsque ce dernier cède enfin, l’écrivain blasé décide d’y séjourner une nuit… à ses risques et périls …
Si ce récit fantastique d’épouvante est excellent, je dois admettre avoir eu une petite préférence pour son adaptation cinématographique de 2002 qui reprend d’ailleurs certains passages légendaires de la novella, comme le dialogue alarmant du directeur Olin, incarné par un Samuel L.Jackson impeccable. Ce personnage trouble et ambigu m’a donné la chair de poule. Quant à John Cusack, un grand acteur des années 90 que j’affectionnais particulièrement adolescente, ce rôle de romancier alcoolique un tantinet méprisant et imbu de lui-même semblait parfaitement taillé pour lui. Dommage que ce dernier ait lui aussi sombrer dans l’alcool tout comme son personnage mettant ainsi fin à une carrière pourtant brillante… Où est-il aujourd’hui?
Marie Yellan, une jeune fermière, se retrouve sans le sou après que sa mère ait succombé d’épuisement. Sur son lit de mort, cette dernière lui a fait promettre de rejoindre sa jolie tante Patience, l’épouse d’un aubergiste au commerce florissant. Là-bas, à l’auberge de la Jamaïque, l’attend une vie meilleure, loin du labeur éreintant de sa modeste condition. Mais à son arrivée, la jeune femme déchante promptement, l’endroit est lugubre, les cochers ne tardent guère dans ce lieu infâme à la réputation plus que douteuse. L’auberge sinistre se dresse en effet sur une colline déserte, balayée par des bourrasques infernales… Dans ce lieu reculé, Marie Yellan découvre plein d’effroi un climat des plus austère, et son oncle, Joss Merlyn, un homme rustre et vulgaire au tempérament colérique et brutal. Quant à sa tante, ce petit bout de femme fragile et larmoyante, elle semble terrifiée par son environnement. Que se passe-t-il vraiment au sein de cette auberge? Où sont donc passés les clients? Et pourquoi l’endroit n’est pas davantage entretenu? La jeune héroïne se retrouve malgré elle prisonnière de ce lieu effroyable qui lui révèle peu à peu les terribles secrets des naufrageurs, ces brigands qui parcourent la nuit les dunes de sables pour y commettre des crimes abominables …
L’écrivaine se frotte ainsi donc toujours à la question du mariage et au rôle de la femme dans cette société. Elle souligne le caractère faible de son sexe incapable selon elle de vivre indépendamment de l’homme. Pour elle, la femme aspire à une liberté toute masculine mais sa position de femme freine inexorablement ses désirs d’évasion. Certains dialogues entre Marie Yellan et le héros ténébreux et ambigu du roman Jem incarnent parfaitement cette vision et ce questionnement :
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