L’heure des soirées lectures cocooning a enfin sonné! Je déclare officiellement la saison des billets frissonnants ouverte ! Les températures chutent progressivement à la tombée de la nuit, ce matin à l’aube, j’ai d’ailleurs pu constater que le gel avait fait son retour. Les jours rétrécissent aussi de plus en plus et les feuilles de nos arbres fruitiers commencent peu à peu à roussir. Quant à ma garde-robe, les couleurs bariolées de l’été ont fait place à des teintes principalement ocres et bleu indigo, des tons que j’affectionne tout particulièrement et qui m’aident à affronter la grisaille saisonnière. Me voilà donc parée pour accueillir comme il se doit l’Automne !
Je suis fin prête à pousser les portes grinçantes du manoir hanté de Lou et Hilde pour y découvrir si d’étranges et inquiétantes créatures ne sont pas tapis dans l’ombre … Bien que cette année, les ambiances cosy et réconfortantes au coin du feu sont avant tout mises à l’honneur pour cette nouvelle édition du Challenge le mois Halloween (pour la période du 15 septembre au 15 novembre 2021), sur Art De Lire on aime toujours autant se faire peur… Toutefois, c’est promis, point d’effusions de sang dégoulinant par ici, nous nous efforcerons de nous concentrer sur des histoires fantastiques un brin étranges (en gardant une toute petite place aux récits d’épouvante) … Les lectures angoissantes se mêleront donc aux ambiances chaleureuses du Pumkin Autumn challenge, des atmosphères qui finalement ne sont pas autant incompatibles qu’elles n’y paraissent. Voilà donc le petit programme prévu, un programme qui je l’espère vous réjouira tout autant que moi.
Alors installez-vous confortablement sur votre canapé, allumez une jolie bougie parfumée, enfilez votre plus beau pyjama d’intérieur et préparez-vous un breuvage bien chaud. Il ne vous reste plus qu’à suivre le guide !
Pour inaugurer cette période merveilleuse, une petite incursion dans l’univers sombre et un tantinet macabre d’Edgar Allan Poe me semblait une belle façon d’introduire en douceur le Mois Halloween… Ce petit recueil de nouvelles semblait à première vue bien innocent puisqu’il se destinait initialement à un jeune lectorat. Je pensais ainsi rester dans une catégorie gentillette. Toutefois, il ne faut jamais se fier aux apparences. Ce petit échantillon adapté des histoires d’Edgar Allan Poe s’est révélé extrêmement dérangeant. Ma connaissance de son oeuvre étant très lacunaire, j’ai fait la découverte inattendue d’un univers complètement fou et tordu où des personnages névrosés, aux comportements souvent imprévisibles, mués par un instinct bestial, sont capables des pires bassesses pour arriver à leur fin.

Ce petit condensé, davantage une mise en bouche qu’un vrai recueil abouti, inclut quatre nouvelles incontournables d’Edgar Allan Poe.
♠La première intitulée Le chat noir est incontestablement ma nouvelle préférée. Un homme amoureux des bêtes, versant peu à peu dans la boisson, est poussé jusqu’à la folie par un félin aux griffes acérées… La chute de cette histoire est terrible et m’a donné la chair de poule. Je l’ai depuis relue dans sa version intégrale pour le plaisir de découvrir la plume acérée tout comme l’ambiance sinistre mais néanmoins hypnotisante que décrit Edgar Allan Poe avec maestria.
♠La deuxième nouvelle plante son décor dans un cadre moyenâgeux où la peste que l’on nomme “La mort rouge” s’invite à un bal masqué. Tandis que ce terrible fléau ravage les campagnes environnantes d’un château prospère, un prince noceur d’un égoïsme crasse, décide de se confiner dans son royaume. Barricadé avec sa cour, il a déserté sans scrupule son pauvre peuple qui se retrouve abandonné à son triste sort… Mais la faucheuse avide d’âmes en déroute ne se soucie guère des classes sociales, elle balaie sans vergogne tout sur son passage et s’immisce par tous les interstices, rien ne peut lui résister …
♠La troisième nouvelle, Hop-Frog,est celle que j’ai le moins aimée. Les protagonistes et le dénouement sont particulièrement glauques. Cette courte histoire morbide m’a mise profondément mal à l’aise. Un nain, bouffon du roi, lassé d’être constamment humilié, décide de se venger de son oppresseur et de sa cour en leur jouant un vilain tour … L’expression “les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures” prend ici tout son sens. La conclusion est d’une violence inouïe, j’en tremble encore… Je doute de la relire un jour même dans son intégralité. Je ne suis pas sûre qu’elle soit adaptée à un jeune lectorat… Bien que l’illustrateur américain Gris Grimly ait réussi brillamment l’exploit de ne jamais versé dans le gore, ses esquisses conservant toujours une part d’humour noir savoureuse. Par ailleurs, il ne dévoile jamais à travers ses dessins les scènes brutales de torture et de meurtres en préférant avant tout croquer le portrait de ses personnages qui frisent parfois la caricature.
♠Enfin, l’ultime nouvelle La chute de la Maison Usher me plait beaucoup. Je ne l’ai pas tout à fait achevée, aussi reviendrai-je vous en parler lorsque j’aurais lu cette nouvelle dans une version non abrégée, appréciant assez peu celle que je possède. Dès les premières pages, l’atmosphère sombre et gothique est néanmoins admirablement bien restituée. Le curieux propriétaire du logis, à l’aspect cadavérique et au teint cireux fait froid dans le dos. Cette histoire de maison hantée m’a d’emblée conquise mais je compte bien la relire dans son texte en version originale, même si bien évidemment cette traduction de Charles Baudelaire est de qualité car la langue d’Edgar Allan Poe doit être indubitablement exquise. J’ai aussi dans l’idée d’étudier des extraits en anglais avec mes élèves … Une version abrégée en édition bilingue existe a priori pour les collégiens.
Pour conclure, si les illustrations originales, qui rappellent entre autre l’univers fantasmagorique des Orphelins Baudelaire ainsi que l’atmosphère sinistre et morbide de Tim Burton sont très belles, cet album illustré donne avant tout plutôt l’envie de se plonger dans l’œuvre originale d’Edgar Allan Poe. Ce conteur hors pair intrigant m’a charmé même s’il faut l’avouer, on est à la fois fasciné et répugné par ses histoires. Si effroyables et farfelues, elles n’en demeurent pas moins extraordinaires ! J’ai déjà craqué en faisant l’acquisition de la somptueuse édition pour adulte de luxe des « Maîtres du fantastique » dont la couverture noir agrémentée de gravures de l’époque est exceptionnellement réussie et soignée. Le texte intégral étant dense et touffu, je prends mon temps pour lire et relire chaque nouvelle afin de pouvoir m’imprégner pleinement de cette atmosphère si particulière où l’épouvante suinte à chaque page.

Un dernier mot concernant cette édition jeunesse parue aux Éditions Flammarion en 2004. Il est regrettable que la couverture de l’album soit si peu attirante et donc si peu vendeuse. Les illustrations de Gris Grimly sont pourtant surprenantes. En outre, cet artiste américain renommé a reçu de nombreuses distinctions tout au long de sa brillante carrière d’artiste pour ses travaux. Ses illustrations auraient de ce fait mérité un meilleur écrin… Cette édition ne rend ainsi donc pas justice à son contenu et manque à mon sens d’originalité tout comme de pep’s. J’ai bien l’intention de poursuivre durant ces prochaines semaines mon exploration livresque de l’œuvre d’Edgar Allan Poe, c’est pourquoi le premier tome illustré de ses nouvelles par Benjamin Lacombe devrait rejoindre très prochainement les étagères de ma bibliothèque … Je partagerai aussi mon ressenti sur cette énième adaptation dans les jours à venir, en espérant que cette fois-ci le texte n’ait pas été trop tronqué …
Première participation au Challenge Le Mois Halloween (merci les filles pour ce superbe logo qui me donne envie de ressortir mes écharpes et plaids en tartan ) et au Pumpkin Autumn challenge dans le menu Automne frissonant, le Folklore de Chipenden (fantastique et obscure).

Avant de me lancer pour de bon dans le 
Un dernier mot sur l’adaptation télévisée de 1999 qui prend de nombreuses libertés d’écriture une fois encore dans l’intrigue, comme pour tenter de faire oublier le plagiat trop évident des romans. Les costumes sont somptueux et l’époque est plutôt bien restituée mais la qualité de son est tout bonnement catastrophique. Il m’a fallu beaucoup de concentration pour entendre les dialogues. Pourquoi a-t-on toujours autant de difficultés à entendre les acteurs français qui parlent souvent dans leur barbe?
Agatha Raisin, une quinqua carriériste londonienne un tantinet pète-sec, décide de plaquer sa vie de citadine pour prendre sa retraite dans les Cotswolds et réaliser ainsi son rêve d’enfance, celui d’acquérir un joli cottage bien douillet et coquet. Mais à peine arrivée dans la petite bourgade paisible de Carsely, voilà qu’elle déchante vite ! Si l’endroit digne d’une carte postale est à première vue enchanteur, l’ennui la gagne pourtant rapidement… Point d’excitation dans ce village trop calme à son goût où seules les kermesses et les compétitions culinaires semblent les principales attractions des habitants peu exigeants… 


Les vacances estivales touchent à leur fin… Pour moi, elles n’ont pas été des plus joyeuses. Espérons que les prochaines seront meilleures. La vitamine C m’a manqué cette année et les mauvaises nouvelles se sont accumulées au point de me laisser complètement rincée. Même plus l’envie de lire… Ceux et celles qui me suivent sur Instagram comprendront. Mais il est grand temps de positiver ! N’est-ce pas là la recette secrète du bonheur?
XIXème siècle. Une jeune châtelaine, Lady Viviette Constantine, esseulée depuis que son époux l’a abandonnée pour chasser le lion en Afrique, parcourt son domaine en quête d’une possible distraction. Dans une tour désertée, une lumière jaillit d’un interstice. Une présence humaine semble y avoir pris ses quartiers. Lady Viviette décide d’y jeter un œil et découvre à son émerveillement un jeune astronome séduisant qui vient chaque nuit observer les astres pour les étudier. Cet étrange couple va peu à peu nouer des liens amoureux et tenter de s’unir secrètement… Mais ces deux êtres, que tout semble éloigner se trouvant pourtant attirés l’un vers l’autre malgré leurs différences sociales, peuvent-ils vraiment s’opposer aux tumultes de la vie et au fossé grandissant creusé par la différence de leurs âges ? Cet amour pourra t-il surmonter les obstacles qui semblent continuellement les séparer à mesure qu’ils tentent de se rapprocher?
Lady Constantine m’a en revanche fait beaucoup de peine. La trentaine, cette jolie veuve est encore considérée dans sa société comme un parti plutôt attractif. Follement éprise de Swithin, elle est en effet prête à renoncer à tout pour le satisfaire et ne pas devenir une entrave à sa progression, quitte à sacrifier ce qu’elle a de plus cher… Mais ce jeu en vaut-il vraiment la chandelle quand c’est elle qui sans cesse cherche du regard Swithin? Trop absorbé par ses étoiles, ce dernier ne voit pas vraiment les sacrifices de cette femme étincelante, et ce n’est qu’en entendant son entourage évoquer une possible liaison illicite avec elle qu’il finit vraiment par la considérer comme une éventuelle conquête. Le dénouement m’a bouleversée malgré tout car Lady Constantine, bien trop vulnérable, est une fois encore une victime du pur égoïsme masculin. Elle s’éteindra pourtant le sourire aux lèvres avec la certitude d’être aimée et chérie par un homme faible qui ne voit au fond en elle qu’une triste femme à la beauté déjà fanée … Une fin pour le moins amère … Était-ce intentionnel de la part de l’auteur? Sans aucun doute !

Années 40.


Me voilà de retour par ici … Je profite de ce nouveau format “fourre-tout“ pour vous donner quelques nouvelles … 
Anna, une jeune fille solitaire et introvertie, est envoyée par Mme Preston, sa mère adoptive, chez un couple de vieux amis, les Pegg, qui vivent paisiblement à la campagne pour y passer l’été. Cette décision n’enchante guère Anna qui se sent une fois de plus abandonnée. La timide jeune fille, d’une tristesse désolante depuis que ses parents tout comme sa grand-mère ont péri en la laissant orpheline, n’a d’autre choix que de se plier à la volonté de Mme Preston. Cette dernière est en effet inquiète de la voir chaque jour de plus en plus renfermée sur elle-même. Elle ne sait plus comment aider cette petite, toujours chagrine et contrariée. Qu’est-ce qui peu bien passer par la tête d’Anna, toujours rêveuse et si distante?



Un dernier mot

Enfin les vacances ! Après ces dernières semaines extrêmement éreintantes au collège et une fatigue persistante qui m’a laissée complètement amorphe, le blog a tourné un peu au ralenti. Rassurez-vous, les billets vont progressivement reprendre par ici. Je suis bien contente de pouvoir souffler. Je regrette cependant de n’avoir pu apporter davantage de contributions au 
De nombreux critiques se sont permis de déceler une ressemblance très dickensienne dans la plume trempée de cyanure d’Elizabeth Mcneal. Cette comparaison me semble un tantinet trop facile. Certes, les personnages de ce roman font souvent référence au grand écrivain au fil de l’intrigue et sont censés être ses contemporains, mais n’ont toutefois l’atmosphère morbide qui se dégage de cette oeuvre. En outre, l’ambiguïté de ses personnages n’ont rien à voir avec les protagonistes un peu lisses mais hauts en couleur des romans de Dickens qui sont souvent des stéréotypes de la société victorienne. La vision de cet auteur est somme toute toujours très manichéenne. Les bons sont récompensés pour leurs bonnes actions, les mauvais finissent toujours par être punis pour leur vilenie. Or ici, dans La fabrique de poupées, il n’en est rien. Le mal s’immisce partout et l’auteure fait fi de considérations religieuses. De plus, Dickens avait un talent inné pour dépeindre la misère avec une certaine beauté. Elizabeth Mcneal décrit quant à elle cette pauvreté sordide avec un réalisme déconcertant. Cette laideur et cette saleté immonde des bas-fonds londoniens, peuplées d’orphelins édentés, de prostituées usées et d’êtres difformes trop souvent maltraités par les coups du sort, sont donc représentés dans un cadre très réel. Cet aspect du livre m’a de prime abord désarçonnée, d’autant plus que la couverture trompeuse aux couleurs gaies et aux illustrations quelque peu poétiques suggérait une douce romance victorienne. J’ai très vite déchanté !
Depuis plus d’une soixantaine d’années, plus personne ne se préoccupe du sort d’Esme Lennox. Internée à l’adolescence dans un asile psychiatrique en Ecosse, à Cauldstone (nom particulièrement bien choisi !), pour une raison obscure, la dame d’un certain âge est finalement libérée car le bâtiment miteux qui l’abrite depuis toutes ces années est sur le point de fermer définitivement ses portes, faute de moyens pour l’entretenir. Iris, une jeune femme dont la vie est déjà bien compliquée, est à sa grande surprise contactée pour s’en occuper. Esme Lennox serait en effet sa grand-tante perdue dont elle n’a jamais jusqu’à présent entendu parler … Sa grand-mère ne lui a pourtant jamais fait part de l’existence d’une sœur cadette disparue. D’abord réticente à l’idée de rencontrer ce personnage revenu d’outre-tombe, Iris décide contre toute attente de l’accueillir sous son toit afin de percer le mystère qui entoure son retour… Les parts d’ombre vont progressivement faire place à la lumière pour dévoiler peu à peu le véritable calvaire qu’à subi Esme au fil du temps.
Mandy, une adorable orpheline d’une dizaine d’années, très solitaire et un brin rêveuse, recherche désespérément un endroit qu’elle pourrait considérer comme son propre foyer. Un jour qu’elle flâne dans la cour de son orphelinat lugubre, elle décide d’escalader le mur de vieilles pierres dans l’idée de jeter un œil à ce qui pourrait bien se cacher derrière… Mandy découvre avec émerveillement un monde à part, suspendu dans le temps et qui abrite un petit bois dissimulé en pleine campagne ainsi qu’un adorable cottage qui semble abandonné. La petite fille a pris sa décision, elle deviendra la gardienne de ce jardin secret et en fera son repaire … Les saisons défilent et Mandy prend très à coeur cette nouvelle mission. Ce lieu merveilleux bien qu’en jachère, mérite un soin tout particulier. Notre orpheline travaille donc d’arrache-pied à désherber, débroussailler, tailler et planter pour redonner à cette propriété cachée son éclat d’antan. Parfois, elle n’a d’autre choix que “d’emprunter” des outils pour entretenir et aménager son petit monde devenu au fil des mois un véritable havre de paix. Malheureusement, un soir d’orage, Mandy attrape froid, la voilà souffrante dans son cottage glacial où l’humidité suinte à travers chacun de ses recoins. Personne ne semble connaître sa cachette. La petite fille intrépide est alors portée disparue … Mais un “admirateur” secret veille sur elle …
Non seulement elle est une actrice talentueuse mais à ma grande surprise j’ai découvert qu’elle était aussi une romancière hors pair à la plume classique et d’une grande fluidité. Son roman est une friandise délicieuse dont je me suis délectée. En outre, cette lecture en version originale s’est révélée plutôt accessible. Certes, le vocabulaire peut parfois paraître un brin désuet pour un lecteur habitué aux lectures contemporaines, mais c’est aussi là que réside son originalité. Cette lecture paraît plus ancienne qu’elle ne l’est véritablement. On y décèle quelques clins d’oeil aux romans victoriens anglo-saxons, un choix d’écriture qui n’est sans doute pas anodin connaissant l’auteure classieuse qui l’a écrit…



C’est avec une grande tristesse que ce soir en rentrant du travail, j’ouvre mon ordinateur pour apprendre cette terrible nouvelle. La grande Lucinda Riley, une romancière irlandaise prolifique que j’affectionne tellement, vient de s’éteindre. J’ai le coeur gros. J’avais d’emblée été prise sous le charme de sa plume saisissante en dévorant l’
Cette semaine, pour honorer mon rendez-vous mensuel 


Voilà un petit roman qui porte bien son nom, il est en effet charmant ! J’ai éprouvé un certain plaisir délectable en savourant cette petite bluette “sans prise de tête”.
Bien que les relations des personnages soient artificielles et les dialogues un peu plats, j’ai été davantage attirée par les “mood board” d’Amelia à chaque début de chapitre qui nous permet d’entrevoir et d’imaginer le nid douillet qu’elle se crée progressivement. Cela m’a aussi donné des idées pour notre projet d’achat de maison. Ce roman s’adresse ainsi donc à un lectorat fasciné par les ambiances et décors champêtres chic à la sauce Art et Décorations ou Maisons de Campagne pour les amoureux des vieilles pierres (j’adore au passage ces magazines qui fourmillent d’inspirations originales et alléchantes).
Suffolk dans la campagne anglaise.
Pour conclure, j’ai éprouvé étrangement une certaine mélancolie une fois la dernière page tournée. J’ai d’ailleurs eu du mal à me plonger dans une nouvelle lecture. Il m’a fallu du temps pour quitter cet univers so British tellement réconfortant. Je m’étais tant attachée à ces personnages de papier que j’en avais presque oublié la réalité. J’avais déjà eu la même expérience en lisant 

Après le défi littéraire 
Mai, une petite fille de treize ans, timide et introvertie, manque de confiance en elle. Sa mère ne la reconnaît plus et s’inquiète de la voir de plus en plus sombrer dans la mélancolie. Elle se terre dans le silence et ne veut rien divulguer. Du jour au lendemain, la jeune fille a décidé qu’elle ne voulait plus franchir les grilles de son école. Qu’est-il arrivé à sa fille si joyeuse ? Désemparée, sa mère, décide de l’envoyer se ressourcer durant les vacances d’été à la campagne chez sa grand-mère d’origine anglaise. Celle que l’on surnomme dans la famille la “sorcière” possèderait des dons de guérison pouvant panser les plaies les plus profondes. D’abord réticente à l’idée de quitter son foyer, dernier rempart à la vie extérieure qui l’effraie, Mai ne se doute pas de ce qui l’attend là-bas… Cet été demeurera pourtant à jamais l’un des plus beaux souvenirs de son enfance…

Milieu du XIXème siècle. Quelque part dans la campagne anglaise vit Miss Charity, une demoiselle discrète et solitaire. Victime de négligence depuis son plus jeune âge, et avide de chaleur humaine, la jeune femme a été tristement encouragée à demeurer invisible aux yeux de la société victorienne très collet monté car jugée trop extravagante. D’après cette dernière, elle manque cruellement d’éclat.
Enfin, les descriptions bucoliques de la campagne avoisinante sont délicieuses tout comme les petites bêtes adorables qui habitent ce domaine. Les errances de Miss Charity sont toujours passionnantes car elles se clôturent généralement par la découverte d’une nouvelle créature. J’ai par ailleurs aimé la façon dont l’illustratrice transfigurait les personnages du roman en les revêtant des caractéristiques animales. Ainsi peut-on y découvrir le héros masculin représenté sous la forme d’un renard affublé d’un costume de gentilhomme.
Non loin d’une petite bourgade de Caroline du Nord, une jeune femme surnommée Kya a vécu seule depuis son enfance tumultueuse dans les marais de Barkley Cove. De nombreuses rumeurs se sont développées à son sujet, donnant naissance également à quelques préjugés. Celle que l’on surnomme “la fille des marais” aurait été une petite sauvageonne illettrée incapable de s’exprimer correctement. Pourtant, Kya est bien plus que cela. A l’âge de dix ans, la pauvre petite fille, démunie, se retrouve abandonnée de tous et n’a d’autre choix que d’apprendre à se débrouiller seule dans les marais fangeux pour subvenir à ses propres besoins. Cet endroit, de prime abord hostile, deviendra peu à peu un refuge, loin des habitants mesquins et intolérants toujours prompts à l’accabler de tous les maux. 
Kya est une belle âme. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé sa vision du monde tout comme son rapport à l’animal. Cette façon bien à elle de s’émerveiller de son univers sans rechercher davantage que le bonheur de cette solitude d’abord imposée. C’est une femme admirable. J’ai aussi été émue par son sort et par l’histoire d’amour présente en filigrane qui m’a rappelé l’atmosphère bucolique et pessimiste propre à la culture du Sud. Je pense notamment à une petite bluette, pourtant marquante, que j’avais visionnée il y a déjà quelques années et qui s’intitulait
Charpentier et violoniste talentueux, Solomon Northup est un homme noir né libre. Marié et père de trois enfants, il mène une vie paisible dans le nord des Etats-Unis, jusqu’au jour où il est approché par deux bonimenteurs qui lui proposent de lui offrir une mission temporaire dans leur cirque itinérant. Cette opportunité semble une aubaine parfaite pour améliorer sa situation financière, c’est pourquoi il décide de les accompagner dans une ville voisine, sans même avertir sa famille. Malheureusement, ces deux hommes malhonnêtes le droguent et il se retrouve le lendemain matin les fers aux pieds, prisonnier dans une cellule d’esclaves. Quand Solomon tente de revendiquer son statut d’homme libre, il est battu et on l’avertit de ne plus jamais mentionner son passé new-yorkais. Transporté par bateau, puis ballotté d’une plantation à une autre, Solomon vivra un enfer sur terre pendant une douzaine d’années. Il sera finalement affranchi et écrira ses mémoires pour témoigner des conditions de vie abominables des esclaves en Amérique.


