Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

Une merveille!

Scandale dans la petite pension de famille de Monte-Carlo. Madame Henriette a pris la clé des champs sur un coup de tête après la visite inattendue d’un jeune Français, laissant derrière elle un mari effondré et deux ravissantes petites filles. Cet évènement vient briser la quiétude de la petite communauté d’expatriés venus se réchauffer sur la Côte d’Azur. L’adultère considéré de prime abord comme de très mauvais goût entraine une gêne au sein du groupe. Le narrateur exacerbé, qui se plait à contredire, prend la défense de cette femme sans morale, comparée à une vulgaire Bovary. Il soutient que la femme peut parfois agir à l’encontre de ses convictions morales malgré elle. S’ensuit dès lors un débat enflammé sur le caractère instinctif de la femme.  Une vieille dame discrète au flegme britannique est intriguée par le discours du narrateur et se propose de lui confier un épisode bouleversant et compromettant de sa vie qu’elle a gardé secret depuis de nombreuses années. Ainsi une nouvelle histoire est amorcée au cœur du récit.

A la sortie d’un casino, une veuve solitaire décide de porter secours à un jeune homme qu’elle croit désespéré et sans le sous. Son instinct se révèle juste, l’homme ruiné par des dettes de jeu,  projette de mettre fin à ses jours en commettant un acte irréversible. La jeune veuve, oubliant le devoir et la raison, en fait son protégé le temps d’une nuit. C’est ainsi qu’elle découvre la véritable identité du joueur. Lorsque ce dernier n’est pas sous l’emprise du jeu et de l’atmosphère grisante des casinos, le jeune garçon redevient un étudiant brillant en diplomatie, issu d’une famille de la vieille noblesse polonaise et aux manières très distinguées. La jeune Britannique lui vouera une passion brève et illusoire qui lui laissera une empreinte indélébile.
A travers ce récit encadré, Zweig fait tomber le masque de la femme respectable en dressant le portrait d’une personnalité spontanée et passionnée prête à tout par amour au risque d’y perdre non seulement sa réputation mais pis encore, sa raison. Sous forme de psychanalyse (on notera que Sigmund Freud fut un ami intime de Stefan Zweig), l’auteur nous dévoile la passion folle et brève d’une femme pour un jeune joueur sans parole ni morale.
L’œuvre a été librement adaptée en 2008 avec l’actrice Agnès Joui et  Bérénice Bejo.
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6 commentaires pour Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

  1. Syl. dit :

    Un beau livre que je préfère au film. Le film est très esthétique.
    Il faut que je lise « Lettre d’une inconnue ».

  2. La Gueuse dit :

    Stefan Zweig est un auteur bluffant. On croirait que c’est une femme qui écrit, tout dans son style, la psychologie de ses personnages, le rythme laisse à penser que c’est une femme. Et pourtant… Cela ne m’étonnerait pas que les personnages principaux ne soient que des portraits de dames habillement dépeints, qu’il a lui-même côtoyé.

  3. Lili dit :

    Pour le coup, ce n’est pas le Zweig qui m’a le plus bouleversée, moi 🙂

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