Inès de mon âme

Isabel Allende fait revivre au bout de sa plume le destin extraordinaire d’une figure historique peu connue du milieu du XVIème siècle qui participa à la conquête du royaume du Chili.

Inès Suarez, une simple couturière espagnole et une épouse délaissée, embarque pour le Nouveau Monde dans l’idée de retrouver son mari qui l’a lâchement abandonnée derrière lui pour poursuivre une chimère, celle de la cité de l’or perdue, la mythique Eldorado. Arrivant enfin en Amérique après un voyage en mer mouvementé, la jeune femme apprend que son mari a été tué lors d’une embuscade orchestrée par de redoutables mapuches, un peuple cannibale indomptable et sans merci. Bien décidée à rester coûte que coûte, malgré le danger et sa condition de femme, la jeune veuve fait la connaissance de deux conquistadores à la destinée héroïque. Le premier, un célèbre commandant prénommé Pedro de Valdivia, soldat noble, admiré pour ses hauts faits d’armes et sa bravoure, devient son amant, et Inès le suit comme son ombre – « Inès de mon âme » comme il la décrit- dans la longue et tumultueuse conquête du Chili. Le deuxième homme, le bel hidalgo Rodrigo de Quiroga partagera maritalement sa vie pendant plus de trente ans et apaisera son cœur. Le voyage que l’héroïne entame pour conquérir le Chili est jonché de cadavres mapuches comme espagnols. Aux côtés de son amant, cette femme admirable au courage légendaire gouvernera le Chili d’une main de fer.

  A travers ce récit épique, l’auteur relate également la vie dissolue du gouverneur Pedro de Valdivia qui, à cause de son ego démesuré et de sa soif de gloire, deviendra tyrannique et commettra des actes de cruauté impardonnables à l’égard des indigènes. Ses visées politiques l’éloigneront de son amour pour la belle Inès et de sa bonne étoile. Rattrapé par son destin, il finira par succomber sous des sévices atroces tout comme ses victimes avant lui. Au lecteur de découvrir, si l’estomac lui en dit, quel sera son châtiment.

Il est parfois difficile d’apprécier ce goût prononcé qu’ont les auteurs hispaniques pour la souffrance et la décadence des Hommes.  Une sorte de voyeurisme déplaisant toujours présent dans leur littérature. Tout comme dans La Maison aux Esprits (La Casa de los Esperitus) , Isabel Allende renoue avec cette ambiance malsaine qui caractérise ses romans.  Le récit est emprunt d’âpres échos primitif souligné par des descriptions parfois gores de batailles sanglantes. Le texte est aussi rempli de descriptions sèches, celles de tortures sont particulièrement vives et la lecture peut être quelque fois ardue quand les scènes de combats se succèdent sans trêve.

Bien que l’histoire soit écrite sous forme d’autobiographie fictive, celle d’Inès à l’hiver de sa vie, on se perd toutefois dans une imbrication d’anecdotes parfois confuses car chacune d’entre elles pourrait être isolée du reste. Il est regrettable qu’Isabel Allende ne parvienne pas à faire rejaillir l’étincelle de ses premiers écrits. L’écrivaine se repose sur ses acquis, dissimulant derrière une écriture efficace, une intrigue plutôt molle sans vrais dialogues ni surprises.  Dommage qu’on ne puisse le qualifier de grand roman.

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