Le goût du bonheur, Adélaïde

Il est rare de lire un roman contemporain aussi prenant qui ne présente aucun signe d’essoufflement dès le deuxième tome. Si Marie Laberge a choisi un registre traditionnel, la saga familiale, un genre littéraire assez délicat, le défi est toutefois largement relevé.

Ce roman poursuit la trame du précédent. La chaîne de la vie continue son chemin et une génération s’éteint pour laisser la place à une autre. C’est ainsi que l’on quitte avec regrets la famille Miller pour découvrir la famille Mc Nally. Cette suite se déroule  dans le Québec des années 1940.  Adélaïde est désormais la nouvelle âme du roman. Tout comme sa mère Gabrielle l’avait fait avant elle, elle s’efforce de maintenir la paix familiale dans un climat hostile où la guerre persiste à creuser le fossé entre les siens. Soutenue par les deux hommes de sa vie, Nic Mc Nally son mari patient et attentionné qu’elle doit apprendre à aimer, et Florent, son ami d’enfance toujours loyal, devenu un talentueux couturier, Adélaïde doit faire face courageusement aux accros de la vie. Au sein d’une société aux valeurs rétrogrades qui la juge constamment et élevant avec fierté son enfant illégitime, elle réussit à évoluer brillement dans une époque en pleine mutation. On pourrait craindre qu’elle ne soit seulement qu’une pâle copie de sa mère mais au contraire elle est bien plus entière. Intelligente et courageuse, belle et indépendante, fidèle et passionnée, elle rayonne dans son mariage tout comme dans sa vie professionnelle.

Marie Laberge dresse le portrait d’une héroïne vibrante tant elle est humaine. Adélaïde, un brin féministe, annonce la venue de la femme moderne telle que nous la connaissons aujourd’hui.

L’auteur décrit avec poésie les battements de la vie de gens réalistes en apparence simple qui par leurs choix et leurs actions sont tous extraordinaires et uniques.   Déchirés par une succession d’événements dramatiques, ils évoluent au fil des pages devenant de plus en plus touchants. Dut-elle évoquer des drames, son timbre demeure allègre et il est difficile de ne pas poursuivre sa lecture, l’intérêt du lecteur étant constamment relancé par des intrigues secondaires. Ces intrigues intègrent les problématiques actuelles de notre société (sexualité, remise en question de certains principes religieux, grossesses non désirées) sans pour autant abandonner l’optimisme.

Le Goût du Bonheur est rempli d’un amour familial en mode sépia qui arrachera des larmes aux lecteurs.  L’écriture est virtuose. La fin tragique est déchirante.  Après ce roman captivant, comment résister à l’envie de se plonger directement dans le troisième et dernier tome : Florent pour savoir ce qu’il adviendra de nos héros ?  Voilà une saga que l’on n’est pas prêt d’oublier.

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