
Judy Cameron, une aristocrate anglaise fortunée mais capricieuse s’ennuie ferme à Londres. Ce microcosme étriqué ne trouve plus grâce à ses yeux car elle aspire avant tout au grand air et rêve d’évasion. Alors qu’elle flâne comme de coutume dans les rues de la capitale, une mystérieuse peinture exposée dans une échoppe attire son œil. Ensorcelée par cette gravure populaire d’une vieille bâtisse écossaise perdue en pleine campagne dans les Highlands, là voilà prête à tout pour retrouver ce lieu auréolé de mystère. La jeune femme s’empresse de déposer une annonce dans le journal local afin de trouver un endroit de villégiature en Ecosse pour elle et sa famille. S’ensuit une lettre d’un propriétaire énigmatique prêt à louer pour quelques semaines son bien, la demeure vétuste de Glen Suilag. Arrivée à bon port, Judy est prise d’un curieux sentiment de déjà-vu. La propriété isolée la fascine autant qu’elle l’inquiète. Se pourrait-elle qu’elle ait déjà franchi les grilles de ce portail patiné par le temps?
Voilà une lecture de facture gothique savoureuse ! Dénichée sur les étalages d’un bouquiniste au détour d’une balade, je suis d’emblée tombée sous le charme de sa couverture sépia mettant en scène une Ecosse romantique fantasmée. J’avais par ailleurs déjà découvert Elizabeth Goudge, une romancière anglaise remarquable en lisant son chef-d’œuvre Le pays du Dauphin vert, l’une de mes plus grandes émotions de lectrice, et l’un de mes tout premiers billets littéraires sur ce même blog ! (voir mon billet ici). Ce roman a été aussi un grand coup de cœur ! Je l’ai d’ailleurs quitté avec regret.
J’ai adoré l’ambiance de cette lecture romanesque teintée de surnaturel. Il est ici question de réincarnation et d’amour courtois. La thématique de la vie après la mort sujette à de nombreux débats m’a toujours passionnée. Je suis convaincue tout comme l’auteure que chaque demeure est imprégnée de ceux qui l’ont habitée. Judy, l’héroïne est sous l’emprise de l’ancêtre des lieux. Elle entend les échos d’une vie antérieure et est totalement subjuguée par le pouvoir hypnotique de Glen Suilag, cette propriété délabrée. L’endroit joue par ailleurs sur son humeur et sa santé pour avoir été fortement marqué par une tragédie. Glen Suilag semble ainsi ouvrir une brèche dans le temps, une idée originale qui a été reprise avec brio par Diana Gabaldon dans sa saga Outlander. Comment d’ailleurs ne pas penser à cette série romanesque haletante, d’autant plus quand cette dernière relate elle aussi la funeste bataille de Culloden, point d’orgue de l’inévitable chute des Highlanders ? N’était-ce finalement qu’un prétexte d’écriture pour rendre hommage à ces jacobites rêveurs disparus ? Ces guerriers déterminés ont tenté coûte que coûte de sauver leur territoire, en prenant les armes pour une cause qu’ils savaient pourtant déjà perdue d’avance. Cet épisode sombre de l’Histoire anglo-saxonne du XVIIIème siècle est admirablement bien narré. Il bouleverse le lecteur.

Si j’ai trouvé le personnage de l’héroïne un brin agaçant car les premières pages du roman s’ouvrent sur ses caprices (elle se plaît entre autre à martyriser son fiancé qui doit se plier inlassablement à ses nombreuses lubies), j’ai toutefois réussi à m’attacher progressivement à elle. Sa sensiblerie un peu mièvre déroute un peu parfois le lecteur mais j’ai apprécié sa capacité singulière à s’émerveiller pour tout ce qui l’entoure. De prime abord, futile et écervelée, Judy, une vraie tête de linotte, devient plus mûre au fil des pages. La romancière, souvent dure, n’est guère tendre pour décrire avec une petite pointe de misogynie, la nature entêtée de son héroïne de papier… Le majordome, personnage taciturne et secret qui n’est pas s’en rappeler la gouvernante aigrie et intrusive de Rebecca (voir mon billet ici) se plaint ainsi constamment des “vapeurs” et évanouissements de Judy. Il juge son caractère faible. La demoiselle se tourmente en effet sans cesse pour un rien.
Judy a pourtant bien des raisons de s’inquiéter, étant convaincue d’être possédée… Sa mémoire est embrumée par les souvenirs troubles d’une autre… Pourtant fiancée, la belle héritière se sent aussi irrépressiblement attirée par le charme redoutable de Ian Mcdonald, le maître du logis dont les traits ressemblent à s’y méprendre au portrait de son ancêtre, un highlander farouche et plein de panache qui aurait péri au XVIIIème siècle durant la révolte des Jacobites. Ian Mcdonald, ce personnage hautement romantique féru d’Histoire, m’a évidemment beaucoup plu.
Pour conclure, en dépit d’une intrigue assez prévisible et d’un dénouement un peu tardif dans les derniers chapitres, L’appel du passé reste une œuvre d’atmosphère douce et mélancolique que j’ai adorée. Ce petit trésor de lecture un peu suranné, paru en 1935, m’a en effet enchantée. J’ai tout de même achevé cette belle lecture, une petite pointe au cœur, en réalisant que ce genre de romans appartient déjà à une époque révolue car la lenteur et les descriptions poétiques contemplatives ne sont désormais plus de mise. Pour ma part, elles n’ont en rien entravé mon plaisir de lecture. Au contraire, j’ai eu l’impression de sortir d’un songe…
Elizabeth Goudge a en outre un talent inné pour dépeindre la nature sauvage écossaise et en particulier ses collines verdoyantes tout comme ce climat venteux et cette bruine persistante si caractéristique au temps anglo-saxon. De plus, elle mêle aussi habilement le fantastique au romantisme.
J’ai beaucoup pensé au fil de ma lecture à la somptueuse comédie musicale Brigadoon de 1954 (découverte lorsque j’avais à peine quinze ans sur TCM, une chaîne de télévision consacrée aux classiques du cinéma rétro). Cela m’a naturellement donné l’envie de revoir ce petit joyau.
Je vous laisse en compagnie de Cyd Charisse et Gene Kelly pour faire perdurer un peu plus le rêve… Cette prestation étincelante demeure encore aujourd’hui ma scène préférée du film. Bon visionnage!









Si les sœurs Bennet semblent avoir pratiquement toutes trouvé chaussures à leurs pieds (et filent le parfait amour ou presque avec leurs époux respectifs), Mary Bennet demeure encore la grande déception de sa mère qui ne sait que faire de ce vilain petit canard. Moins chanceuse que sa fratrie, la jeune femme un tantinet gauche et timorée, ne paraît posséder en effet ni sa beauté ni sa grâce pour pouvoir envisager une quelconque union. La voilà à la merci de sa mère, une femme bavarde, acariâtre et mesquine qui ne voit en elle qu’un terrible fardeau. Mary s’est résignée : ses attraits peu sensuels n’ont guère d’effet sur la gente masculine… 





Emma Cullen, une jeune veuve revancharde accompagnée de son associé Teddy Q, engage une armée de sept mercenaires pour protéger sa petite ville de Rose Creek, qui est sous la coupe de Bartholomew Bogue, un industriel despotique souhaitant piller son or. Désespérée, elle fait appel à des hors-la-loi à la morale flexible. Ces sept mercenaires de prime abord motivés par un opportunisme mercantile, ne se doutent pas du combat qui les attend pourtant à leur arrivée… Cette mission suicidaire remettra en question leurs principes fondamentaux…
Notre dernier rendez-vous ciné avec
A la lisière de la forêt, Nell et Eva, deux jeunes sœurs que tout oppose, se retrouvent du jour au lendemain isolées dans leur demeure familiale. Leur monde si familier a vacillé à la suite de l’effondrement de la société. Pour survivre, les deux jeunes filles n’ont d’autre choix que de renoncer à leurs rêves respectifs, matérialistes et vains (l’une aspirait à devenir une grande ballerine, l’autre avait pour projet d’intégrer Harvard), ainsi qu’au confort rassurant de leur existence moderne réglée comme du papier à musique. Mais leurs ambitions seront fatalement balayées à mesure que leur monde s’effrite autour d’elles pour finir réduit à une peau de chagrin. 
Par certains moments, j’ai retrouvé dans cette lecture méditative, l’ambiance pessimiste du film apocalyptique, dur bien que réaliste et crédible de
XIXème siècle. Une jeune châtelaine, Lady Viviette Constantine, esseulée depuis que son époux l’a abandonnée pour la chasse au lion en Afrique, parcourt son domaine en quête d’une possible distraction. Dans une tour désertée, une lumière jaillit d’un interstice. Une présence humaine semble y avoir pris ses quartiers. Lady Viviette décide d’y jeter un œil et découvre à son émerveillement un jeune astronome séduisant qui vient chaque nuit observer les astres pour les étudier. Les protagonistes de cet étrange couple vont peu à peu nouer des liens amoureux et tenter malgré leur place dans la société de s’unir secrètement… Mais ces deux êtres, que tout semble éloigner se trouvant pourtant attirés l’un à l’autre malgré leurs différences sociales, peuvent-ils vraiment s’opposer aux tumultes de la vie et au fossé grandissant creusé par la différence de leurs âges ? Cet amour pourra t-il surmonter les obstacles qui semblent continuellement les séparer…
En attendant de pouvoir vous parler d’une nouvelle lecture Halloweenienne satisfaisante, voici un billet sur
Je déclare officiellement la saison halloweeniene ouverte ! Je l’attendais avec impatience ! Le temps s’accorde d’ailleurs à merveille à cette occasion. En Normandie, une pluie fine associée à une bourrasque fraîche s’est progressivement installée. Les jours se raccourcissent peu à peu, la luminosité baisse et les feux de cheminées ont repris ! J’ai donc retrouvé avec plaisir mon petit rythme de croisière de lectures automnales en me plongeant dans quelques œuvres frissonnantes. Mon choix s’est tout naturellement porté sur ce roman, une histoire glaçante de hantise :
Pour célébrer Halloween comme il se doit, je me suis lancée ces dernières semaines dans des lectures de saison (j’en ai à foison dans ma PAL). Je suis toujours aussi friande de récits frissonnants bien glaçants, et j’avoue avoir une petite faiblesse pour les histoires de revenants aux accents gothiques, en particulier si elles prennent pour cadre une vieille demeure inquiétante et énigmatique au beau milieu d’une campagne esseulée. Mon attention s’est donc naturellement portée sur ce roman estampillé « terreur ».
Attention! Méfiez-vous de l’eau qui dort…

Aussitôt lue et aussitôt chroniquée! Je viens tout juste d’achever de lire cette anthologie d’horreur de comics books adaptée de scénarios de Stephen King pour la série télévisée des années 80, 



Et voilà ! L’équinoxe d’automne marquant la transition hivernale a finalement débuté cette semaine pour mon plus grand bonheur ! Les soirées cocooning vont donc pouvoir reprendre tranquillement. Une petite bruine légère s’est d’ailleurs posée délicatement ce matin sur l’herbe de notre jardin et les feuilles des arbres commence à roussir à vue d’œil. Nous avons même fait une jolie flambée dans la cheminée pour faire fuir l’humidité. Je compte donc lancer les réjouissances automnales habituelles (en commençant par les balades en bottes de pluie sur les chemins boueux de campagne et les promenades avec mes chiens en bord de mer, que j’affectionne particulièrement en cette saison). Le challenge, “
S’agissant des « familles extraordinaires », mon choix s’est de ce fait porté sur
Richard Papen, jeune étudiant boursier, plaque sa Californie natale pour rejoindre l’université de Hampden dans le Vermont. Prêt à tout pour gravir les échelons, il prend la décision d’intégrer la classe privilégiée et originale du professeur Julian dédiée à l’étude des langues mortes, et en particulier du grec ancien et du latin. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de ses camarades, des personnages énigmatiques semblant tout droit sortis d’une œuvre de fiction. Cette rencontre métamorphose Richard, hypnotisé par leur aura magnétique…

Après un retour de vacances sur les chapeaux de roue, me voilà à nouveau fin prête à retrouver mes activités bloguesques habituelles. Je prends petit à petit mes marques dans mon nouveau poste au lycée et je commence à m’habituer à l’idée que ma fille n’est désormais plus un bébé puisqu’elle a fait cette année sa toute première rentrée! J’ai a contrario davantage de temps pour lire et écrire, ce qui n’est pas une si mauvaise chose me direz-vous (plus d’excuses!). 



En attendant le début des festivités du
Une professeure installée dans une petite bourgade française, à la campagne, se remémore les années passées à l’autre bout du globe lorsqu’elle vivait à Madagascar.



Et pour ceux qui souhaiteraient découvrir Madagascar, voici une lecture plus légère bien qu’un brin superficielle pour les jeunes (mon billet
L’adaptation cinématographique de ce magnifique roman sortira en salle le 17 août prochain! Le film est produit par Reese Witherspoon et d’après les premières critiques, c’est un petit bijou! Avez-vous lu le roman et avez-vous aimé? Hâte de connaître votre avis et de pouvoir enfin voir le résultat sur grand écran! Pensez-vous vous déplacer pour le voir ou préférez-vous attendre sa sortie en DVD? En attendant voici mon billet consacré au livre
Non loin d’une petite bourgade de Caroline du Nord, une jeune femme surnommée Kya a vécu seule depuis son enfance tumultueuse dans les marais de Barkley Cove. De nombreuses rumeurs se sont développées à son sujet, donnant naissance également à quelques préjugés. Celle que l’on surnomme “la fille des marais” aurait été une petite sauvageonne illettrée incapable de s’exprimer correctement. Pourtant, Kya est bien plus que cela. A l’âge de dix ans, la pauvre petite fille, démunie, se retrouve abandonnée de tous et n’a d’autre choix que d’apprendre à se débrouiller seule dans les marais fangeux pour subvenir à ses propres besoins. Cet endroit, de prime abord hostile, deviendra peu à peu un refuge, loin des habitants mesquins et intolérants toujours prompts à l’accabler de tous les maux.





