Il revient à ma mémoire des souvenirs oubliés… Douce France… Cher pays de mon enfance… Bercée de tendres insouciances, je t’ai gardé dans mon cœur… (Charles Trenet).
En furetant dans ma bibliothèque en quête de lectures champêtres pour honorer le challenge Cottagecore, je suis tombée sur ces deux jolis livres pour enfants : Caroline et ses amis. L’une de ces deux éditions m’avait été offerte par mes parents lorsque je n’étais qu’une petite fille, et je l’ai conservée précieusement pendant toutes ces années. Nous avions coutume de lire cette collection ensemble le soir. Depuis, j’ai institué à mon tour ce rituel avec la Poupouche pour lui donner le goût de la lecture mais aussi des animaux qui tiennent une place particulière dans mon cœur tout comme dans ma vie.
Si Martine demeure encore aujourd’hui la référence incontournable de lecture enfantine des 3 à 7 ans. Ma préférence a toujours été à Caroline et ses amis car cette héroïne d’une dizaine d’années était aussi courageuse que déterminée. Elle était aussi toujours accompagnée d’un nombre incalculable de compagnons à quatre pattes, tous plus adorables les uns que les autres. Ces petites boules de poils si charmantes formaient à ses côtés un drôle d’équipage. Les histoires de Caroline plantaient par ailleurs la plupart du temps leurs décors dans des cadres bucoliques bien franchouillards et la campagne était également souvent le théâtre des aventures rocambolesques de cette jolie blonde.
En somme, ces histoires courtes enfantines reflètent à mon sens une époque presque disparue, un temps où l’on savourait et collectionnait encore chaque instant comme de jolis coquillages dénichés sur une plage…
Caroline à la mer est l’un de mes titres favoris. Caroline et sa petite équipe partent découvrir la mer. La petite fille a trouvé une ravissante demeure sur le bord de plage à louer et elle a bien l’intention de profiter de l’été pour vivoter dans les dunes. Malheureusement à leur arrivée, le beau temps n’est pas vraiment au rendez-vous et les cirés vont devoir faire leur retour … Ouf ! Une éclaircie semble timidement poindre à l’horizon, l’occasion pour cette adorable bande d’intrépides compagnons de tester la température de l’eau. Tout semble aller comme sur des roulettes jusqu’à ce que Youpi, le petit chien au pelage roux de Caroline se perde en ramassant des coquillages. La marée monte et le voilà pris au piège ! Pas de panique, Caroline arrive à la rescousse pour secourir son ami !
Ce titre est adorable et les paysages rappellent étrangement le décor normand du Pays d’Auge. On se croirait à Cabourg. On y retrouve d’ailleurs les manoirs à colombage que l’on peut apercevoir sur la digue en bord de plage. J’aime ses paysages bucoliques si familiers…
Caroline et ses amis dans leur maison est aussi une belle lecture. La petite fille a dégoté la perle rare, une ravissante maison de campagne à un prix défiant toute concurrence ! Mais il va falloir se retrousser les manches car la demeure est un poil vétuste et les loirs s’y sont installés … Caroline n’est pas au bout de ses peines lorsqu’elle s’attèle au travail de rénovation. Ses compagnons poilus s’efforcent de l’aider mais les catastrophes s’accumulent …
J’aime particulièrement cette dernière histoire qui me rappelle mes vacances dans notre maison rurale en Normandie. La maison de Caroline ressemble à s’y méprendre à celle où j’ai séjourné durant mon enfance… Cette lecture a donc fait ressurgir des souvenirs chers et tendres de ma jeunesse.
En outre, j’ai été surprise de constater la qualité de l’écriture de ces courts albums illustrés. Le vocabulaire est étoffé et les histoires sont plutôt élaborées malgré leur brièveté. Il y a toujours une petite touche didactique présente en filigrane. Les enfants apprennent ainsi l’importance de l’amitié, la camaraderie est en effet au cœur des aventures de Caroline. La générosité et l’empathie sont aussi des valeurs importantes et souvent mises à l’honneur dans ces doux récits.

En bref : ces lectures de jeunesse ont ravivé de jolis souvenirs de vacances à la campagne et au bord de mer. Les Caroline sont des livres aux illustrations pastelles vintage fleurant bon les plaisirs désuets. Cette héroïne si sympathique et tellement mignonne, tout comme ses compagnons attachants, touchent le cœur des petits tout comme des plus grands qui s’émerveillent en suivant ses pérégrinations au fil des pages. Ainsi, les aventures de Caroline et ses amis réussissent encore avec brio (même une soixantaine d’années après sa première parution!) à embellir le quotidien des enfants et leurs rappellent avec finesse que chaque jour recèle son lot d’aventures. Les surprises ne sont en effet jamais bien loin ! Il suffit d’ouvrir les yeux !
Ces lectures délicieuses un tantinet nostalgiques s’inscrivent ainsi merveilleusement bien dans l’ambiance du Cottagecore pour les catégories : Retour aux sources, Rêveries au bord de l’eau et Propriétés et jardins dissimulés.
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XIXème siècle au milieu de la campagne anglaise. Emma Woodhouse, une jeune fille aisée, passe le plus clair de son temps à s’immiscer dans la vie de ses amis pour jouer les marieuses. Elle-même a prêté serment de ne jamais se laisser passer la bague au doigt. Son père étant âgé et vulnérable, elle refuse de l’abandonner. D’autant plus que ce dernier n’a toujours pas digéré le mariage de sa fille aînée qui l’a lâchement désertée pour vivre sa vie d’épouse comblée à l’autre bout du comté. Pour occuper ses journées d’oisiveté, Emma décide de dégoter un parti convenable pour son amie Miss Harriet Smith, une jeune fille de basse extraction qui devient sa demoiselle de compagnie. A mesure que notre héroïne tisse des projets matrimoniaux extravagants pour sa petite protégée, les déboires s’accumulent pour former un imbroglio de quiproquos ridicules et farfelus … 




A la suite d’une déception amoureuse douloureuse, Ruriko décide de tout quitter, Tokyo et son rythme de vie effréné, pour s’installer en pleine forêt dans un chalet. Là-bas, elle tente de se reconstruire en s’adonnant à sa passion, la calligraphie dont elle doit désormais vivre chichement. Non loin de sa “cabane”, à la lisière de la forêt, elle fait la rencontre d’un curieux duo à la fois tranquille et discret : Nitta, un ancien pianiste tourmenté devenu facteur de clavecins et sa jolie apprentie, Kaoru, qui cache un terrible passé. Tous deux sont toujours accompagnés de leur vieux chien, le touchant Dona complètement aveugle et à moitié-sourd. Nitta est incapable de jouer en présence d’un public, pourtant un matin, Ruriko surprend l’homme jouer un morceau mélancolique pour Kaoru, Les tendres plaintes. Cette scène secrète où la sérénité semble presque palpable bouleverse Ruriko …

Et voilà ! Il était grand temps qu’un challenge littéraire soit enfin lancé sur 


En furetant à la médiathèque de ma ville, j’ai déniché deux albums illustrés jeunesse qui m’ont d’emblée tapé dans l’œil. Si ces deux beaux livres sont davantage destinés à des enfants, je me suis tout de même régalée à leur lecture. J’ai admiré la finesse des illustrations d’un goût exquis, et ai eu finalement envie d’acquérir mes propres versions pour compléter la petite bibliothèque de ma fille.
Cette histoire émouvante qui traite avec habileté de la vieillesse tout comme de la vie et de sa finalité est étonnamment dense pour un livre de jeunesse. La parcours initiatique de cette petite fille sensible nous transporte dans un univers doux et rythmé par le passage des saisons. La nature tient d’ailleurs une place prépondérante dans ce conte. Il en va de même dans 
Après avoir lu respectivement, il y a deux ans,
En bref : l’auteur bourre un tantinet trop son récit de péripéties et de réflexions pseudo-philosophiques nébuleuses dont on se passerait bien et qui ont rendu le récit interminable. Ses scènes passablement érotiques semblent aussi davantage un appât mercantile et un brin malhonnête pour relancer l’attention déjà défaillante du lecteur qui n’est malheureusement pas dupe… Si les thèmes chers de l’écrivain sont bien présents ici, tels que l’angoisse de la page blanche, le néant spirituel ou l’amour non partagé, il n’en restent pas moins abordés avec maladresse et superficialité. La trame est aussi décousue.
Abandonné par son oncle qui convoite son titre tout comme ses terres, puis laissé pour mort dans une forêt enchantée, le jeune Shikanoko est recueilli par un sorcier mystérieux. Ce dernier lui façonne un étrange masque aux pouvoirs inquiétants, à partir d’un crâne d’animal sauvage. Il devient dès lors “l’enfant cerf”. Grâce à ses nouveaux dons qu’il doit encore apprendre à maîtriser, Shikanoko peut désormais parler aux créatures de la forêt tout comme aux fantômes. Lorsqu’il se retrouve malgré lui plongé en pleine débâcle politique, alors que le puissant empereur vieillissant se meurt et que deux clans s’affrontent pour obtenir le trône, les Kakizuki encore au pouvoir, et les Miboshi, Shikanoko n’a d’autre choix que de ruser en mettant sa magie au service des puissants pour pouvoir naviguer à travers les multiples complots qui menacent l’équilibre déjà fragile du royaume…
Enola Holmes, sœur cadette du grand détective Sherlock Holmes, apprend avec effroi le jour de son anniversaire la disparition mystérieuse de sa mère. Cette dernière s’est volatilisée sans crier gare. A-t-elle été enlevée ou est-elle partie de son plein gré ? La demoiselle, digne sœur de son frère, décide d’enquêter après avoir découvert parmi ses présents de sa mère, un curieux recueil contenant un mystérieux message codé…
Il y a quelques mois, j’avais découvert avec un plaisir délectable la fameuse adaptation télévisée du premier tome de la saga 
Deux petites filles, Satsuki et Mei, emménagent avec leur père dans une maison de campagne sans luxe pour se rapprocher de l’hôpital où leur mère séjourne pour une durée indéterminée. La vieille demeure est enserrée d’une forêt mystérieuse où habitent de fabuleuses créatures aussi douces que discrètes : les Totoros. Ces animaux fantastiques sont des esprits bienveillants qui se nourrissent essentiellement de noix et de glands, et ne se montrent qu’aux yeux des enfants. A mesure que leur solitude grandit et que leur père se réfugie de plus en plus dans son travail universitaire pour noyer son chagrin, les deux petites filles vont progressivement apprivoiser ces étranges créatures et se lier d’amitié avec ces esprits protecteurs qui les mèneront à un monde enchanteur, loin des tracas des adultes.

Kyoto, début du XXème siècle.
L’originalité de ce récit réside également dans la description de ses personnages qui ne sont finalement que des esquisses, comme des aquarelles aux contours flous et insaisissables. Ils ne sont au fond qu’un prétexte d’écriture pour mettre en lumière une époque époustouflante, celle des années 1900 et de la grande Exposition Universelle de Paris (la cinquième officiellement mais l’une des plus marquantes de l’Histoire française) et l’événement de ce siècle. Le lecteur découvre avec émerveillement cette période mémorable de notre patrimoine français, on y entrevoit au passage la première installation d’un trottoir roulant mécanique pour permettre aux visiteurs (comme à Disney !) de se déplacer plus rapidement, ou bien encore la création d’un gigantesque Globe Céleste (“l’attraction des astronautes de fauteuils”…). 
C’est aujourd’hui le rendez-vous mensuel de notre soirée 

Milieu du XIXème siècle.
Certes,
Vianne Rocher, une chocolatière séduisante, et sa petite fille Anouk, s’installent à Lansquenet, un petit village français pour ouvrir une confiserie non loin de l’église. L’endroit semble idéal pour prendre racine mais dès leur arrivée, les commérages vont bon train. Si certains villageois cèdent à la gourmandise, d’autres ne voient pas d’un bon œil ce temple de la tentation. Craignant que les habitants sombrent peu à peu dans l’oisiveté et le péché de gourmandise, le prêtre Reynaud tente l’impossible pour saborder la chocolaterie …
Qu’en est-il du film?
Emma Cullen, une jeune veuve revancharde accompagnée de son associé Teddy Q, engage une armée de sept mercenaires pour protéger sa petite ville de Rose Creek, qui est sous la coupe de Bartholomew Bogue, un industriel despotique souhaitant piller son or. Désespérée, elle fait appel à des hors-la-loi à la morale flexible. Ces sept mercenaires de prime abord motivés par un opportunisme mercantile, ne se doutent pas du combat qui les attend pourtant à leur arrivée… Cette mission suicidaire remettra en question leurs principes fondamentaux…
Notre dernier rendez-vous ciné avec 

J’ai découvert la collection Histoire et société en flânant au hasard sur la blogosphère. 

Après la lecture en demie-teinte de 
Si j’ai adoré suivre le destin légendaire de cette femme exceptionnelle, j’ai également été époustouflée par la description des paysages majestueux de l’Afrique dans ce roman. Elles m’ont rappelé mon expérience personnelle lorsque je vivais adolescente au Zimbabwe. Le roman foisonne d’informations épatantes sur cette époque incroyable. On assiste de ce fait aux balbutiements de l’aviation, les premiers vols et l’arrivée en masse des touristes européens en quête de frissons et d’adrénaline. J’avais visionné avec un certain dégoût Mogambo, un film de John Ford, qui même s’il était considéré comme un grand classique du cinéma avec Ava Garner, Clark Gable et Grace Kelly, m’avait malgré tout un peu révoltée. Il m’aura au moins permis d’avoir une vision claire de cette époque. Les animaux étaient traités sans égard, chassés pour le seul plaisir du sport, ou capturés pour l’étude dans des zoos animaliers. J’avais par ailleurs découvert avec effroi que la direction du film sur le tournage de Mogambo avait elle-même maltraité d’innombrables bêtes sans trucage pour renforcer l’authenticité du contexte historique. Navrant.
En bref :
Années 50
En bref
Il y a quelques semaines, j’ai revu avec nostalgie le film Out of Africa, un long métrage magnifique aux paysages grandioses qui m’a émerveillée autant qu’il m’a passionnée. Il m’a donné l’envie de me replonger dans des lectures consacrées à l’Afrique coloniale pour explorer un peu plus cette période toute particulière et si controversée de l’Histoire. J’avais conscience que la trame du film avait été quelque peu magnifiée pour séduire le public qui se nourrissait à l’époque de récits de voyages exotiques édulcorés. Mais j’étais néanmoins loin de me douter que cette vision romantique fantasmée de l’Afrique s’écartait autant de la réalité …
Le visage de Meryl Streep a finalement embelli et modifié la réalité assez décadente du personnage originel. Karen Blixen n’était en effet pas une femme attachante. Elle était certes une survivante, sorte d’Amazone guerrière faisant parfois preuve d’une certaine bravoure, mais sa personnalité n’était nullement généreuse. Ainsi, le lecteur découvre avec effroi le véritable tempérament de l’écrivaine. A son arrivée en Afrique, Karen Blixen que l’on a longtemps dépeinte comme une chasseresse intrépide, a participé au massacre de plus d’une quarantaine d’animaux de la faune africaine à elle seule et pour son bon plaisir. La jeune femme alors fraîchement débarquée s’est ainsi donc adonnée à la chasse pour tromper son ennui… Certes, cette pratique était coutumière de l’époque, toutefois, elle ne peut que choquer le lecteur contemporain qui connaît désormais les conséquences désastreuses qu’ont entraînées ce loisir aujourd’hui. Quelle tristesse de savoir qu’elle a contribué volontairement à la disparition de ces animaux (lions, éléphants, cheetahs et autres). 



