Portrait littéraire: Amélie Nothomb

Le visage pâle comme la lune, les cheveux sombres et le regard souvent fuyant et toujours aux aguets, Amélie est l’un des auteurs les plus acclamés de sa génération. On la recommande et même on étudie ses textes à l’école. La plupart de ses lecteurs la qualifient de génie, le Times écrit qu’elle est « un monstre littéraire ».

Issue d’une famille d’aristocrates belges, son père est baron et a été durant de nombreuses années ambassadeur, souvent en déplacement, Amélie a donc beaucoup voyagé et a eu le temps d’observer l’Homme sous tous ses aspects. En effet, elle a vécu en Birmanie, en Chine, à New- York et au Japon. Elle a d’ailleurs été fortement inspirée par la culture nippone. Il n’y a qu’à voir son accoutrement. Habillée de justaucorps noirs, le visage peint comme une gheisha, Amélie ressemble étrangement à une gothique romantique. De son expèrience japonaise, Amélie a tiré deux romans autobiographiques. Le premier Stupeurs et Tremblements, une critique satirique de la bureaucratie japonaise l’a propulsée au rang d’écrivaine la plus géniale de son temps. Son avant- dernier livre Ni d’Eve ni d’Adam a été écrit dans la même veine et relate sa courte relation amoureuse avec un étudiant japonais.

Amélie fréquente assidûment les Salons du Livre et est toujours accueillie par un grand comité d’admirateurs. Elle est cependant considérée comme pessimiste, arrogante voire même pédante. Ses romans ont également des faiblesses. Son style d’écriture est bien souvent compliqué et son intrigue parfois molle. De plus qui comprend rééllement ses oeuvres? Qui peut- dire qu’il a vraiment apprécié son univers quand la plupart de ses personnages principaux sont dérangés? Car l’univers d’Amélie Nothomb c’est aussi la description des faiblesses humaines et de ce qu’il y a de plus malsain et vile chez l’être humain. Elle évoque notamment l’anorexie et la cruauté féminine. De ce que l’on sait d’elle, d’après les propos recueillis de sa soeur aînée Juliette, Amélie a toujours été solitaire et n’a pas toujours été heureuse enfant. C’est aussi un auteur prolifique qui ne peut passer une journée sans écrire (elle écrirait en moyenne quatres livres par an pour n’en soummettre qu’un seul au final à son éditeur). On l’accuse aussi de bâcler ses romans. En effet, ses descriptions sont parfois vagues, le vocabulaire trop souvent compliqué et ses phrases sont trop courtes.  L’ambiance est bien souvent malsaine et ses personnages sont trop ambigus.  Bien que considérées comme originale Amélie a aussi des lettres, et on ne peut s’empêcher de remarquer ses nombreuses inspirations. La plus forte provenant du Horla de Guy de Maupassant où tout comme les deux personnages principaux de Journal d’Hirondelle et de Hygiène d’un Assassin, on retrouve un caractère schizophrène. L’un des thèmes récurrents de ses oeuvres étant la folie de l’homme.

Et même si on persite à dire qu’elle est géniale, au fond ses livres restent un mystère car pour écrire des histoires si sordides, il faut sûrement avoir un grain de folie pour mettre sur papier de telles horreurs. Comment ne pas penser à cette fin ridicule dans Journal d’Hirondelle où le personnage principal après avoir tué la femme de sa vie, se suicide en ingurgitant des tonnes de papiers journaux pour succomber de constipation aigue. On se demande si Amélie Nothomb en écrivant cette nouvelle prend rééllement au sérieux son public. Alors manupulatrice? Sur la couverture de Ni d’Eve ni d’Adam, elle apparait, déguisée en Samouraï, tenant un sabre japonais à la main, est- ce un clin d’oeil à Kill Bill, l’oeuvre artistique d’un autre génie de la création, Quentin Tarentino? Au passage, il est difficile de ne pas remarquer un point commun entre eux d’eux : la folie. Car bien que génial, Quentin Tarentino reste tout de même un grand malade qui serait sûrement devenu un « serial- killer « s’il n’avait pas trouvé un moyen de contrôler sa violence. Pour moi Amélie est une femme tourmentée, qui pour canaliser ses pulsions morbides, écrit et après tout c’est aussi ça l’écriture; réaliser sa catharsis. Et même si les lecteurs ne la comprennent pas souvent, elle reste fascinante car elle représente le symbole même de l’artiste romantique incomprise, ce qui  la différencie incontestablement de ses auteurs contemporains français.

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2 commentaires pour Portrait littéraire: Amélie Nothomb

  1. Ondine dit :

    Très belle critique, bravo !
    Je lis tout ce que je trouve sur cette dame à la personnalité originale et attachante. Mes romans favoris sont « Stupeur et tremblements » et « Antéchrista ».
    Je suis d’accord avec tes remarques concernant les faiblesses de certains de ses livres : des intrigues parfois un peu molles, comme celle de « Ni d’Eve ni d’Adam », par exemple.
    Je me demande si j’ai compris « Péplum »…
    J’apprécie qu’elle utilise un vocabulaire peu courant, et c’est justement sa vision hors-norme du monde qui me séduit chez elle ; son côté « fêlée » m’amuse et m’épate plus qu’il ne me met mal à l’aise.
    Je ne sais pas si la comparaison avec Q.Tarantino est ingénieuse car je connais mal ses films, qui ne m’attirent pas du tout (à part peut-être « Pulp fiction » et « Django unchained » pour admirer L.DiCaprio). De plus, l’homme me met très mal à l’aise, il ne dégage pas d’ondes positives, brrr !!!!
    J’espère que tu as passé un bon Noël !
    Gros bisous !

  2. Ondine dit :

    Très belle critique, bravo !
    Je lis tout ce que je trouve sur cette dame à la personnalité originale et attachante. Mes romans favoris sont « Stupeurs et tremblements » et « Antéchrista ».
    Je suis d’accord avec tes remarques concernant les faiblesses de certains de ses livres : des intrigues parfois un peu molles, comme dans « Ni d’Eve ni d’Adam », par exemple.
    Je me demande si j’ai compris « Péplum »…
    J’apprécie qu’elle utilise un vocabulaire peu courant, et c’est justement sa vision hors-norme du monde qui me séduit chez elle ; son côté « fêlée » m’amuse et m’épate plus qu’il ne me met mal à l’aise.
    Je ne sais pas si la comparaison avec Q.Tarantino est ingénieuse car je connais mal ses films, qui ne m’attirent pas du tout (à part peut-être « Pulp fiction » et « Django unchained » pour admirer L.DiCaprio). De plus, l’homme me met très mal à l’aise, il ne dégage pas d’ondes positives, brrr !!!!

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