L’été de la sorcière de Nashiki Naho

OIP (2)Mai, une petite fille de treize ans, timide et introvertie, manque de confiance en elle. Sa mère ne la reconnaît plus et s’inquiète de la voir de plus en plus sombrer dans la mélancolie. Elle se terre dans le silence et ne veut rien divulguer. Du jour au lendemain, la jeune fille a décidé qu’elle ne voulait plus franchir les grilles de son école. Qu’est-il arrivé à sa fille si joyeuse ? Désemparée, sa mère, décide de l’envoyer se ressourcer durant les vacances d’été à la campagne chez sa grand-mère d’origine anglaise. Celle que l’on surnomme dans la famille la “sorcière” possèderait des dons de guérison pouvant panser les plaies les plus profondes. D’abord réticente à l’idée de quitter son foyer, dernier rempart à la vie extérieure qui l’effraie, Mai ne se doute pas de ce qui l’attend là-bas… Cet été demeurera pourtant à jamais l’un des plus beaux souvenirs de son enfance…

Je ne sais comment aborder la critique de ce petit livre… J’en garde déjà étrangement un souvenir vague à peine terminé, ce qui m’arrive rarement lorsque je lis… Ma lecture fut en effet à mon grand regret en demi-teinte. Si ce court roman durant sa première publication en 1991 avait remporté un petit succès d’édition et avait été couronné de trois prix, aujourd’hui à mon sens, l’histoire paraît un tantinet éculée. Pourquoi me direz-vous? Et bien tout bonnement parce que depuis ce petit phénomène littéraire, d’autres auteurs ont repris le même filon avec davantage de succès et d’inventivité. Il semble d’ailleurs que cette œuvre s’inspire déjà quelque peu des Souvenirs de Marnie de Joan G. Robison, un classique anglais du XXème siècle réédité cette année par les éditions de livres de luxe, Toussaint Louverture (sans-doute l’une des prochaines lectures programmées).

Néanmoins, les personnages sont touchants tout comme la relation qu’ils tissent peu à peu. Ce lien particulier qui unit une grand-mère à sa petite fille est très émouvant. Leur complicité évolue à mesure qu’elles découvrent toutes deux leur passion commune pour la terre. Autour du potager, de la culture des plantes et de la confection de confitures de délicieuses fraises cueillies au détour d’une clairière, Mai va peu à peu conjurer le chagrin et l’angoisse qui la tenaillent et l’empêchent d’avancer dans sa vie. En ordonnant son quotidien, elle découvre le plaisir des choses simples comme l’odeur du linge propre lavé avec soin … Ainsi, le personnage de la grand-mère dont on ne connait très peu le passé, lui apprend à maîtriser les émotions fortes qui la submergent inlassablement, et à affronter également sa peur viscérale de la mort… Elle lui inculque aussi la patience et la gratitude.

Cette recette du bonheur m’a grandement plu tout comme le jardin enchanteur de cette grand-mère si généreuse et bienveillante qui devient pour Mai un sanctuaire paisible. Malheureusement, à la lecture du livre, un aspect du roman semblait dissonant. L’écriture est finalement assez inégale. La première partie fut excellente à l’exception du monologue final de la grand-mère dans les derniers chapitres censé clôturer ce joli livre qui plombe le rythme du roman.

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Photo extraite de l’adaptation cinématographique japonaise du livre intitulée The Witch of the West is Dead (le film est introuvable malheureusement)

Au fond, si cette bluette aux vertus pseudo-thérapeutiques semblait prometteuse, elle s’est tristement révélée trop brumeuse et superficielle. Il semble que la romancière se soit essoufflée à mi-parcours. Certes, l’écriture est limpide, les descriptions de la nature sont merveilleuses et ont le mérite de nous faire ressentir à nous lecteurs, tout comme la jeune héroïne l’éprouve à mesure qu’elle découvre sa grand-mère, une certaine quiétude, apaisante et réconfortante. Mais le roman a t-il nécessairement besoin d’autant de digressions? Malgré sa petite épaisseur (164 pages), le livre m’a paru interminable. L’intrigue est inexistante et le dénouement semble avorté comme si l’auteure n’avait su comment conclure son histoire qui reste au final en suspens.

La narratrice m’a également souvent agacée par son attitude agressive et toujours sur la défensive. Ses états d’âme tout comme sa tristesse m’ont laissée de marbre. En outre, elle manque cruellement de sympathie. C’est une adolescente renfrognée. Bien entendu, ce comportement est lié à une sévère phobie scolaire mais on ne sait ce qui lui est véritablement arrivé en classe avec ses camarades. J’aurais aimé en savoir davantage sur son passé et ses traumatismes pour éprouver davantage d’empathie envers elle. Je suis restée sur ma faim. Les réflexions sur la vie qui passe sont en outre un peu survolées. La peur de la mort demeure une thématique récurrente dans les œuvres japonaises. Cependant, elle me paraissait mieux abordée dans de précédentes lectures, plus profondes et ce malgré leur brièveté. Le somptueux album illustré Le Kimono Blanc destiné à un lectorat jeunesse m’avait davantage touchée et émue (ma chronique ici) et pourtant il est bien court en comparaison.

Pour conclure, ce roman d’apprentissage est un peu trop tristounet à mon goût. Cette petite parenthèse pourtant douce mais sans véritable remous, à mon sens, est un peu fade. J’ai été d’abord particulièrement attirée par les thématiques proposées telles que l’acceptation de la mort ou encore la difficulté d’aborder le harcèlement à l’école avec un adolescent, mais à mon grand regret, l’ennui s’est promptement installé. Le livre a fini par me tomber des mains. J’ai dû me faire violence pour ne pas stopper net cette lecture un brin trop contemplative et devenue au fil des pages de plus en plus laborieuse et presque soporifique. Un vrai calvaire … Je suis complètement passé à côté de ce “bijou”…

Peut-être ai-je trop lu récemment de littérature japonaise et suis enfin arrivée en bout de parcours. Il semble que j’ai atteint avec ce roman une certaine lassitude… Heureusement le challenge Le mois anglais se profile doucement à l’horizon et fête d’ailleurs ses dix ans ! Nous voilà donc partis pour une nouvelle incursion littéraire qui promet d’être très enrichissante et passionnante ! Je suis sur les starting blocks ! Je vous retrouverai donc prochainement pour  partager pour l’occasion ma PAL avec vous !

Cette lecture conclue ma participation au challenge Un mois au Japon et s’inscrit aussi dans le challenge Cottagecore dans les catégories The cottagecore lifestyle, Retour aux sources et Propriétés et jardins dissimulés.
Challenge Cotagecore 2021 2
un-mois-au-japon-2020
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14 commentaires pour L’été de la sorcière de Nashiki Naho

  1. dasola dit :

    Bonsoir Missycornish, dommage pour cette lecture en demi-teinte. En tout cas la couverture est jolie et elle attire l’oeil. Bonne soirée.

  2. Chicky Poo dit :

    Oh ben décidément c’est vraiment pas celui-ci qui me fera avoir envie de découvrir la littérature japonaise ^^

  3. alexmotamots dit :

    Dommage, les romans japonais m’intéressent, mais ce que tu dis de celui-ci ne me tente pas.

  4. Maggie dit :

    Dommage, je pensais qu’on parlait vraiment de sorcière. Une thématique qui le plaît…

  5. Marjorie de Bazouges dit :

    Je ne suis décidément pas attirée par la littérature Japonaise.

  6. Moui bon alors au final ce sera non… 🙂 Merci pour ta chronique honnête!

  7. rachel dit :

    Oh punaise comme Blandine…mais bon puisque c’est court je pense m’y lancer…..juste parceque c’est court….;)

  8. Blandine dit :

    Tout du long de ma lecture de ta chronique, mes sentiments ont oscillé. Les thèmes me tentent mais la forme que tu décris me refroidit

    • missycornish dit :

      Bonsoir ou plutôt bonne nuit Blandine ! 😊 C’est un peu le problème de ce livre. Je n’ai pas su quoi en penser au final. J’ai eu l’impression qu’il y avait deux écrivains et pas un dans la construction du livre. C’était étrange et déroutant. J’ai été assez mitigée et pourtant le début était très bien.

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