Jules et Jim

Qui est l’auteur?

La vie d’Henry-Pierre Roché, écrivain dilettante de nature, est peu banale. Voyageur, artiste-peintre, traducteur et chroniqueur, Henri-Pierre Roché est sorti de l’ombre à l’âge de soixante- quatorze ans et n’a écrit que deux romans, Jules et Jim (dont le titre original est un pur amour à trois) suivi de Deux anglaises et le continent. Décédé en 1959, le romancier ne vit jamais son œuvre portée à l’écran par  François Truffaut.

Résumé:

La plupart des lecteurs seront peut-être déstabilisés par cette tragi-comédie prônant l’amour libre. L’histoire raconte l’étrange amitié de deux hommes, Jules et Jim épris de la même femme. Jules timide et étranger, débarque à Paris où il fait la connaissance de Jim, un français séducteur. Très vite, une amitié singulière débute entre eux deux. Ils se découvrent des goûts communs pour les cafés littéraires et partagent leur passion de la philosophie.

Le livre est focalisé sur leurs aventures sentimentales et leurs impacts. On suit pas à pas, la succession de leurs conquêtes féminines, des femmes mariées, veuves et célibataires, de différentes nationalités, françaises comme allemandes. Celles qui ont compté le temps d’une soirée tout comme celles qui ont meurtri leurs cœurs tout au long de leur vie. Il y a Lina, Gertrude, Magda, Lucie, Odile à la beauté nordique qui parle « petit français » et puis surtout il y a Kathe, celle qui les bouleversera tout deux. Avec elle, Jules et Jim mènent une existence de bohème. L’amour est ici perçu comme une girouette destructrice.  Frappant au grès de ses envies et de ses caprices, elle est personnifiée sous les traits de la fragile Kathe, une femme à la beauté fatale et au caractère indépendant. Une créature insaisissable qui ne peut appartenir à personne. Sa personnalité est complexe, tantôt douce et aimante, tantôt colérique et cruelle, elle est l’incarnation de la Femme.

« Dans un couple, il faut que l’un des deux au moins soit fidèle : l’autre » (Jules).

Mon avis:

Jules et Jim sont à mes yeux de drôles d’oiseaux. Leur relation est déroutante. Jules, un romantique inconditionnel m’a particulièrement intrigué. Il idéalise ses amours et les vit à travers son meilleur ami, il va même jusqu’à donner ses maîtresses à Jim. En revanche, il semble vouloir faire une exception lorsqu’il s’agit de Kathe. Jules dit à Jim en évoquant cette dernière, « mais pas celle là » et Jim semble comprendre. Pourtant, Jim devient lui aussi l’amant de Kathe avec le consentement de Jules. Jim est un homme plus pratique et peut-être moins romantique que son ami. A première vue, ce ménage à trois parait bien s’accommoder de son mode de vie, mais il n’en est rien. Les personnages souffrent dans leur effort à vouloir toujours conserver leur liberté. Pour eux, la jalousie n’a pas de raison d’être, ils l’a refusent mais pourtant, étrangement ils la ressentent et en souffrent quotidiennement. La notion de mariage tout comme de divorce n’est qu’une formalité et ne freine en aucun cas leur besoin de tromper l’autre. Ils ne considèrent d’ailleurs pas l’infidélité comme un pécher (ils sont au-delà des morales régies par la religion tout comme par les institutions) mais comme un moyen d’atteindre l’amour pur et juste, dénué de toutes barrières et de toutes limites.

En bref:

Dire que je n’ai pas aimé ce roman serait mentir, même si je ne partage pas les mêmes valeurs que les protagonistes, j’ai tout de même trouvé la lecture de ce livre grisante. L’écriture est fluide et reflète une époque révolue, celle d’un mode de vie difficile à suivre finalement, le dandysme. Si l’histoire en elle-même est dramatique et traite d’amour libre, curieusement, l’ambiance du livre n’est cependant pas malsaine et est tout de même pleine d’espoir et d’allégresse. C’est un roman dense dont la fin logique et tragique n’en reste pas moins magnifique. L’adaptation de François Truffaut est excellente. Le réalisateur a choisi de rassembler les nombreuses personnalités des maîtresses de Jules et Jim et de les condenser en un seul personnage, une seule femme,  incarnée dans le film sous les traits de la belle Jeanne Moreau. Qu’importe si Truffaut a modifié l’histoire, si l’héroïne n’est plus allemande mais française et si elle ne s’appelle plus Kathe, l’esprit du film est tout de même respecté. Déstabilisant tout comme le roman, il reste un pur chef d’œuvre du patrimoine français.

Et pour la Gueuse, voici le tourbillon de la vie, une magnifique chanson du film, interprétée par Jeanne Moreau:

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2 commentaires pour Jules et Jim

  1. Armelle dit :

    Tout à fait de ton avis sur le roman et sur le film.

  2. Ping : La femme d’à côté | Artdelire

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